‹ Recherches expérimentales sur l'action des préparations opiacées dans l'intoxication mercurielleChapitre 17 sur 21 · ER · texte numérisé non relu

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De plus, les colorations variant avec le métal, sont spécifiques pour quelques métaux. En particulier, la phényl-carbazide donne avec les sels de mercure un sel coloré en bleu violet qui permet de reconnaître la présence du mercure dans des solutions extrêmement diluées.

Pour faire les recherches que nous allons décrire, M. Cazeneuve nous a remis le sel sodique de la phénylcarbazide, produit solide, pulvérulent, coloré en rouge brun et soluble dans l’eau distillée. Sa solution concentrée est rouge sang.

En versant cette solution dans une solution d’un sel de mercure, il se produit une double décomposition avec formation du sel de mercure correspondant. Ce sel de mercure précipite lentement, il est coloré en bleu violet absolument caractéristique du mercure. Le cuivre donne bien une réaction lie de vin ou fraise écrasée, mais celle-ci disparaît par l’addition d’une goutte d’acide acétique, ce qui n’a pas lieu avec le mercure.

Lorsque la quantité de mercure était trop petite pour que la réaction se fit dans un tube à essai,nous employions la méthode de la goutte, c’est-à-dire que nous placions côte à côte sur une soucoupe de porcelaine blanche une goutte de la liqueur à essayer et une goute du réactif. A

- l’aide d’un fil de platine on réunit les deux gouttes. On

voit alors le réactif se diriger lentement vers la goutte blanche et y pénétrer. Si la liqueur contient du mercure, on voit le liquide rouge passer au violet et au bleu au fur à mesure qu’il s’avance, Souvent la variation de couleurs est tres peu sensible, mais grâce à la présence du reste de la goutte de réactif qui n’a pas viré, on peut par comparai-

5e son, reconnaître facilement le changement de couleur, si faible soit-il.

Dans ce cas nous usions d’un artifice qui rendait la réaction plus facile à apprécier. Etirant vivement au tube de verre nous obtenons un fil de verre creux que nous cassons en petits morceaux de 10 centimètres de longueur. Plongeant une des extrémités dans la liqueur à essayer, on en faisait monter un peu par capillarité. On faisait ensuite monter un peu de réactif étendu. Au point de rencontre des deux liquides se formait une légère colonne bleue contrastant avec le reste rouge du réactif.

Nous sommes aussi arrivé à déceler le mercuré dans des solutions au 1/10.000.000, c’est-à-dire de 0 gr. 1 de sublimé par mètre cube. |

En employant toujours le même poids de matière, la même quantité de réactifs, nous étions arrivé par comparaison avec des solutions de titre connus et, par comparaisou avec la méthode de Merget, à nous rendre compte assez exactement de la proportion de mercure par le seul examen, la teinte obtenue apres la réaction.

Mais la condition essentielle pour obtenir la réaction êtait de bien détruire la combinaison organique mercurielle.

En effet, si les chloro-albuminates, les chloro-peptonates de mercure donnent la réaction bleu de la phényl-carba : zide, si des sels de mercure maintenus pendant trois jours en solution dans de la bile à la température de 38 degrés donnent, directement la réaction; les composés organiques très stables où le mercure est compris dans l'urine, la bile et les tissus des animaux intoxiqués ne produisent aucun changement de coloration. Il est nécessaire de

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