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L'examen des tableaux qui résument les expériences du chapitre précédent dispense de longs commentaires.
L'alcool ingéré passe de la mère au fœtus avec une telle facilité que les teneurs en alcool du sang maternel et du sang fœtal sont sinon égales du moins très voisines, et de ce fait on est en droit d'assurer que les désordres nerveux, ivresse, anesthésie, ete.; qui sont la conséquence de Papparition dans le sang d'une quantité déterminée d'alcool ont par cela même une répercussion immédiate sur l'organisme fatal.
Dans un autre ordre d'idées j'ai démontré, dans une note publiée à la Société de Biologie (t. LIT, p. 622, 23 juin 1900), : que l'alcool ingéré dans l'estomac sous forme d'alcool à 10 % passe dans les glandes et sécrélions suivantes : testicule, prostate, ovaire; liquide des vésicules séminales el sperme. Voici le résumé des expériences dont les détails paraitront dans un travail d'ensemble entrepris par M. Renaut, élève du Laboratoire, que je suis heureux de remercier ici de laide qu'il a bien voulu me prêter-
Quantité d'alcool absolu
Liquide Quantité Temps 0 ou tissu étudié. d'alcool ingéré compté pour 100gr. pour 100 — par kilogr. depuis la fin de liquide de sang Numéro du poids de ou tissu au même des expériences de l'animal l'ingestion considéré instant . Testicule :
Exp.I (3cobayes réunis). SE 1u20m 0,24% 0,30 Exp. Il(4 cobayes réunis). 5 1b30m 0,40 0,48 Exp. III (chien)... 3 3h30 PH us 0,50 Prostate :
: . 0,19 (2) | Exp lechiont PRET 3 3030 10 (2) (0,30 Ovaire : Ù Exp iA(cHenne) ec. 5 4h 0,30 0,51 Exp. ITM(chienne). 3 ANtO® 0,17 0,27 Liquide des vésicules séminales :
Exp.I (3 cobayes réunis). 3 1u20% 0,22 0,30 Exp. 11 (4 cobayes réunis). 5 130 0,37 0,48 Sperme :
Exp." (homme)... 1,5 2u 0,11 0,15(3)
(1-1) Les analyses ont porté sur les deux testicules.
(2-2) Il s’agit de la partie droite et de la partie gauche de la glande
(3) Non déterminé expérimentalement, c'est le chiffre fourni qar les courbes de M. le Professeur Gréhant sur le passage de l'alcool dans le sang (Voir p. 31).
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Finalement on peut conclure que : Si, d'une part, l'organisme mâle est sous l'influence de l'alcool, les glandes (testicule, prostate) préposées à l'élaboration des liquides fécondants aussi bien que l’ensemble de leurs sécrétions (sperme), sont imprégnées de ce principe. Si, d'autre part, l'organisme femelle, qu'il soit ou non en état de gestation, subit cette même influence, c'est dans le premier cas le fœtus qui est immédiatement atteint; et quelle ne doit pas être alors la toxicité de l’aleool pour un organisme et surtout pour un système nerveux en voie de formation? Dans le second cas, c'est l'ovaire et par cela même l’ovule qui est touché.
On comprend alors facilement la pathogénie de ce que l’on appelle en clinique : hérédité alcoolique avec ses conséquences : naissances avant terme, avortements, mortinatalité et mortalité infantile; et plus tard à l’âge adulte : la dégénérescence physique et mentale.
À dessein, je ne veux pas m'étendre sur cette question considérée dans son ensemble clinique; je sortirais des cadres de mon travail qui est tout entier du domaine expérimental. Mais vraiment les preuves accumulées, tirées d'expériences nombreuses et variées, conduites avec toute la rigueur scientüifique désirable, ne sont-elles pas suffisantes pour d'ores et déjà admettre à côté des différentes formes d’éthylisme que nous décrivent les ouvrages de pathologie, une nouvelle forme d’alcoolisme : celle de l'embryon dès sa conception et pendant son évolution ?
Pour ma part, convaincu qu'avant peu des observations anatomo-pathologiques, en dehors de celles que nous possédons déjà (4), viendront en achever la détermination en apportant les preuves morphologiques qui manquent encore; je propose de nommer cette variété de l'alcoolisme : € alcoolisme congénital. »
(4) Bouin et Garnier. — Alléralions du tube séminifère au cours de l’alcoolisme expérimental chez le rat blanc. — Comptes rendus de la Sociélé de Biologie, t. LIT, p. 23, 11 janvier 1900.