EXPÉRIENCE IV
Chien n° VI. — Noir et feu; poids : 10 kilogr.
Après anesthésie morphine-chloroforme on pratique :
a) ligature sous-duodénale ; b) ligature iléo-cæcale.
Injection intra-musculaire dans cuisse gauche de 3 gr. de bromure de potassium (dans 10 ce. d'eau distillée). Sacrifice de l'animal 24 heures après.
On prélève :
60 gr. d'intestin grêle (240 gr.), 90 gr. de gros intestin (totalité), 50 gr. de foie (200 gr.)
Reins,
Pancréas,
Glandes salivaires,
Point d'injeétion,
255 ce. d'urine (dans la vessie).
Destruction des viscères par la potasse.
La recherche du bromure nous donne les résultats
suivant(s :
Intestin grèle..... 0,08 X 4 — 0 gr. 32 Grosfintes in muse, sntoigra ls DOC RE Liu Hu 0 OR EE mur 0 Glandes salivaires ...... Pre reUl RE ER OC OR TOO 0 Pont d'injeellon ::...... 2 ou ar. OÙ
Quelles conclusions tirer de ces deux expériences ? Et d’abord, disons tout de suite que la seconde, effectuée chez le chien offre davantage d’intérêt. Quoi qu’il en soit, il est frappant de constater que ni l’urine du lapin, après 5 heures, ni celle du chien, après 24 heures, ne contiennent de bromure. L’urine ayant été recueillie dans la vessie, on pourrait admettre que l'élimination par cette voie a été très rapide et qu’une certaine quantité d’urine émise peu après l'injection contenait le médicament. S'il en est ainsi, il demeure étonnant qu'on n’en trouve pas trace dans Purine contenue dans la vessie. Nous constatons ensuite que l’absorption du médicament cest assez lente, puisque 5 heures après l’injection on en retrouve la presque totalité au point injecté et qu'après 24 heures on en trouve encore une nétable proportion.
Nous voyons ensuite que chez le lapin, après 5 heures, le rein renferme seulement quelques milligrammes de bromure, tandis que le foie en contient déjà une petite quantité. L’intestin ne renferme pas traces du médicament.
Chez le chien, et 24 heures après, c’est le contraire qui se produit : l'intestin renferme dans sa totalité 0 gr. 47 de bromure. L’intestin grêle en contient davantage que le gros intestin, en raison de son volume plus considérable, mais à poids égal, l'élimination est plus abondante au niveau du gros intestin.
Les glandes salivaires contiennent une faible proportion du médicament.
Le foie, les reins, le pancréas n’en contiennent pas.
Donc, l'élimination intestinale du bromure de potassium est réelle, elle paraît assez lente et le gros intestin semble être pour ce médicament une voie d’élimination plus active que l'intestin grêle.
Citrate de Fer.
La question de lPabsorption et la transformation du fer dans l’organisme est très discutée, et d’ailleurs ne rentre pas dans le cadre de notre étude, Nous n’avons à envisager que son élimination : bien entendu, il s’agit ici du fer médicamenteux et non du fer normal de l’organisme. Pour ce qui est du fer normal, Richaud prétend que c’est la muqueuse intestinale qui est la voie principale d’élimination. « En faisant la moyenne des dosages de fer exécutés dans les fèces de l’homme par divers auteurs, on arrive à cette conclusion que la quantité de fer éliminé par le tube digestif en 24 heures est d’environ 20 à 30 milligrammes. » (Loc. cit). Quent à l’élimination rénale du fer normal, elle est faible, et l'élimination biliaire est réelle.
Il se fait, dit Manquat, à l’état physiologique une déperdition constante de fer par les diverses sécrétions : peu importante par l’urine, et ne dépassant pas 1 à 2 milligrammes par 24 heures (Hamburger, Gottlieb, Socin, Lapicque, Damaskin, Jacoby), un peu plus par la bile qui en contient de 1 à 3 milligrammes. Chez le chien (Dastre, Hamburger, etc.), la sueur et la salive, elle le devient darantage par le suc gastrique, le suc pancréatique, les sécrétions intestinales, l'intestin grêle surtout, d’après les analyses précises de Fritz Voit et les expériences de Hochhaus, de Quincke, de Cloëtta, de Gaule, de Lapicque. J1 s’élimine encore une minime quantité de fer par le lait et le pus.
Le poids total de fer éliminé par ces diverses voies
PME AE
est d'environ 0 gr. 05 par jour. La plus grande partie se trouve dans les fèces qui en renferment 0 gr. 038 (Fleitmann), O0 gr. 02 (Meyer), 0 gr. C03 à 0 gr. 006 seulement (Stockmann et Greigh). Guillemonat et Lapicque évaluent à 0 gr. 02 la quantité de fer qui passe en 24 heures dans le tube digestif de l’homme. Lapicque estime à environ 2 milligrammes la quantité de fer qui s’élimine par mètre de longueur de l'intestin chez le chien. Une partie de ce fer provient de celui qui est éliminé avec la bile et les sucs digestifs, l’autre partie de celui qui, ingéré avec les aliments, n’est pas absorbé.
L’élimination intestinale du fer médicamenteux est couramment admise par les auteurs. Pour Arnozan, le fer serait rejeté presque en totalité par la muqueuse du gros intestin. D’après Lewin, l'élimination se ferait par la bile, l'intestin, l’urine, le lait, et à doses minimes aussi par la peau. Gaule, Cloëtta, Lapicque, estiment que l'élimination du fer s’effectue surtout avec les matières fécales au moyen des diverses sécrétions qui se réunissent dans l'intestin et surtout par la muqueuse de l'intestin. Ces auteurs ne distinguent pas l’intestin grêle du gros intestin.
Causse et Moreau admettent que le fer s’élimine surtout par le foie qui retient ce métal pour le remettre ensuite en circulation sous forme d’hémoglobine. Ils constatent en outre que le fer est éliminé principalement par les fèces, mais «peu par l'urine, où il fait partie d’une combinaison organique peu connue. »
En réalité, tout le monde connaît le changement de coloration des matières fécales chez les individus qui absorbent du fer et tout le monde est d'accord pour admettre que le fer s’élimine avec les matières fécales. Mais ce fer éliminé vient-il du foie et de la bile, vient-il du pancréas, vient-il de la muqueuse de l'intestin grêle ou de celle du gros intestin ? Nous croyons savoir que les réponses sont assez vagues cet les plus précises même ne s'appuient pas sur des faits expérimentaux certains.
Se Pour élucider la question de élimination du fer, nous nous sommes livrés aux expériences suivantes :