‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 108 sur 138 · F. FONCTIONS MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

F. FONCTIONS MUSCULAIRES

A l’exception d’un degré d’affaiblissement qui paraît peu considérable, mais dont on juge mal cependant chez des animaux qu’on tient renfermés, les fonctions musculaires , jusqu’au dernier et à l’avant-dernier jour, n’offrent rien de particulier.

Dans les dernières vingt-quatre heures, à mesure que la chaleur animale s’abaisse, l’on voit les forces musculaires diminuer; et il existe entre ces deux ordres de faits un parallélisme suffisant pour penser qu’ils sont liés l’un à l’autre, et que la faiblesse tient au refroidissement. La chute des forces musculaires suit, en général, trois degrés :

1. Dans le premier, les forces sont seulement diminuées, et l’animal conserve la faculté d’exécuter tous les mouvements qui lui sont naturels.

2. Dans le second, la station sur les pattes est encore possible , mais l’animal ne peut se soutenir qu’en appuyant le ventre, les ailes, la queue et le bec. Cette station est très- va cillante, parce que , les orteils formant la boule , le corps ne porte que sur une surface arrondie, ce qui lui ôte toute fixité, et exige

l’élargissement cle la base de sustentation. Quelquefois l’animai peut encore voler, que la station sur les pattes est déjà très-difficile, parce que la faiblesse est plus prononcée dans les extrémités abdominales que dans les autres.

Chez à peu près tous mes cochons d’Inde, j’ai observé que la faiblesse commençait par le train postérieur : ainsi, les pattes de devant se meuvent encore bien, que le train postérieur traîne comme dans la paraplégie. Chez les lapins , l’étroitesse de l’espace où ils étaient renfermés ne m’a pas permis de constater cette particularité, sauf, et d’une manière imparfaite seulement, chez le troisième d’entre eux.

3. Dans le troisième degré, la station n’est plus possible. L’animal reste étendu dans la position qu’on lui donne, sans avoir la possibilité de reprendre la station. Vers la fin de cette période, quand la mort devient imminente , alors surviennent des convulsions de l’iris, des spasmes des paupières et de l’oesophage, des rigidités et des soubresauts de tendons.

J’ai recherché à quel point de chaleur animale ces trois degrés d’affaiblissement correspondaient, et j’ai obtenu, d’après les observations faites sur vingt-cinq animaux, les résultats suivants :

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