‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 115 sur 138 · MINUTES · texte numérisé non relu

MINUTES

On a continué les essais d’alimentation : ainsi la tourterelle 3e reçoit une ingestion de blé et d’eau, de même que la i”, iai/f, la i5'et la 16e. Chez quelques-unes le blé ne descend dans le jabot qu’après l’ingestion de l’eau : plusieurs évacuent beaucoup de fèces vertes et blanches.

Les quatre pigeons restants ont continué à résister, mais sans faire de grands progrès; ainsi, par exemple, le pigeon n° 23 reste

faible et ne peut pas encore avaler son blé; le pigeon 29 ne peut pas se tenir sur ses pattes : quand on le tire de l’étuve, il reste couché sur le côté; le pigeon 34- reprend plus de vie qu’auparavant.

Le cochon d’Inde il0 5 paraît assez bien ; cependant , en l’examinant de près, l’on voit qu’il n’a pas le commandement du train postérieur, qui reste flasque et dans un état paraplégique.

3 et 4

Les mêmes phénomènes se répètent : les animaux , tantôt restent sur \ leur étuve, tantôt se tiennent perchés sur son rebord, tantôt enfin la quittent et s’envolent à un ou plusieurs pieds de distance de là.

Il en meurt un ou même deux , savoir : la tourterelle n° 6 , trouvée morte à la fin de la 4e heure , après qu’on eut cessé de la surveiller pendant deux heures de temps; la tourterelle 1", morte probablement vers la fin de la 4e heure, le réchauffement ayant été cessé depuis le courant de la 3e heure.

Quant aux pigeons, le n° 9 meurt au bout de 2h, 4 8 d’étuve, après quelques mouvements convulsifs légers et une extension générale, la chaleur acquise étant — 4o°,9; le pigeon 23 est toujours

très-faible et n’a pas encore avalé son blé ; le pigeon 24 , à la fin de la 3' heure, est perché sur son étuve et s’envole quand on l’approche; le pigeon 34 reprend plus de force.

Le cochon d’Inde n° 5 meurt après 2h,44’ de réchauffement.

5 et 6

Rien de nouveau. La tourterelle 3° meurt à la fin de la 5e heure pendant la prise de chaleur dans le cloaque, chaleur acquise — 38°, 1 au moment de la mort.

Quant aux pigeons, le n° 23 a avalé son blé et quitté son étuve; le n° 24 n’a plus besoin de son étuve et est complètement rétabli ; le n° 34 a repris ses forces , et, dans les heures subséquentes, il a quitté son étuve pendant un temps prolongé.

§ III. Vie artificielle.

La réanimation s’étant effectuée par le réchauffement artificiel du corps, les animaux, par la continuation de l’application

de la chaleur, ont recouvré successivement l’usage de leurs facultés. Pendant cette existence artificielle, les diverses fonctions, à l’intensité près, se sont exécutées comme dans l’état normal. Ainsi nous avons vu :

A. La sensibilité se rétablir assez vite, et l’animal reprendre les perceptions du tact, de la vue et de l’ouïe;

B. Le mouvement musculaire se rétablir assez promptement aussi, et l’animal redevenir capable de se tenir sur ses pattes, de marcher et de voler,

C. Les mouvements respiratoires, et sans doute aussi la circulation, reprendre leur état normal;

D. Les sécrétions se rétablir pareillement, puisque les animaux réchauffés excrètent une grande quantité de matières vertes et blanches, c’est-à-dire bilioso-urinaires, et que leur poids, comme nous le verrons, diminue avec une grande rapidité.

Reste maintenant à rechercher comment, pendant cette vie artificielle, se sont effectuées la digestion et la caloricité.

E. De la digestion.

L’appétit revient chez les animaux inanitiés qu’on ranime par le réchauffement artificiel; car on les voit quitter leur étuve pour aller picoter tout ce qu’ils peuvent rencontrer. Reste à savoir si à cet appétit se trouve jointe la faculté de digérer, et c’est là ce que nous allons examiner.

1. La digestion ne s’effectue pas quand on suspend le réchauffement artificiel.

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