QUARANTE ET UNIEME EXPERIENCE
Le pigeon 2 4e a reçu, dès la première heure du réchauffement, une ingestion de 32g,3 7 de blé, et de l’eau à volonté. Se trouvant à la fin de la 3e heure parfaitement bien remis , et s’envolant quand on l’approche, à 3 heures, à dater du début de l’étuve , on cesse le réchauffement. L’on trouve alors :
Après 2 heures de cessation du réchauffement, chaleur (dans le cloaque) = 4o°,7
Après 1 2 heures de cessation du réchauffement, chaleur (dans le cloaque) = 39°, 3
A cette dernière époque, le blé introduit dans le jabot était à peu près tout digéré.
Ainsi, pendant les dix dernières heures de la cessation du réchauffement, l’animal ne s’était refroidi que de i°,4, c’est-à-dire d’une quantité assez minime 1 pour que l’on eût la certitude qu’il pouvait se suffire à lui-même, comme en effet cela a eu lieu. La digestion lui avait rendu sa caloricité2.
Nous voyons dans ces expériences curieuses l’effet de l’alimentation sur la production de la chaleur réduit à sa plus simple expression. En effet, par l’inanitiation préalable poussée jusqu’à la mort imminente, c’est-à-dire jusqu’à la cessation de la caloricité, nous éliminons toute cette masse de matériaux calorifiques , mise en réserve pour subvenir pendant longtemps aux éventualités, afin que la vie de l’individu ne fût pas à la merci d’un repas trop retardé. Cette élimination faite, nous fournissons à l’animal une dose d’aliments que nous lui faisons digérer. Dès lors sa caloricité revient, et il peut se soutenir par lui-même, complètement si l’aliment est abondant, incomplètement, s’il
1 D’autant plus une quantité minime, que ce refroidissement paraît l’effet de l’influence nocturne et non celui de la cessation du réchauffement. (Voyez l’appendice.)
2 La tourterelle n° 9, morte au bout de i3 heures j de réchauffement avec i4s,44 de blé humide dans le jabot, s’étant, depuis la fin de la 4' heure jusqu’à celle de la 12e, toujours tenue perchée sur son étuve, et ayant pourtant encore une chaleur d’environ 39°,0, devait avoir récupéré une partie de sa caloricité, puisque, dans une pareille position , elle devait ne recevoir que fort peu de chaleur de son étuve.
SUR L’INANITION, est en quantité insuffisante , comme dans nos premières expériences. Cette dose d’aliments pourrait donc être considérée comme la petite quantité de matière que nous brûlons dans le calorimètre, et dont la combustion, d’une part, produit la chaleur qui soutient la force nerveuse, la respiration, la circulation, et la digestion ; et , d’autre part , fournit , pour résultat de la combustion, les différents produits sécrétoires et excrétoires. Il ne serait peut-être pas impossible de mesurer la quantité de chaleur produite par cette portion d’aliment ; et j’aurais essayé de le faire, si j’avais pu pousser ces expériences jusqu’ au terme que j’avais projeté.
§ IV. Terminaison du réchauffement.
Le réchauffement, au point où nous l’avons laissé (S i ), c’està-dire à la sixième heure , a continué à s’opérer sans phénomènes nouveaux jusqu’aux environs de sa terminaison. L’on remarquait seulement, à mesure que les animaux reprenaient leur force et leur caloricité , qu’ils préféraient de plus en plus rester perchés sur le rebord de leur étuve , position qu’ils conservaient souvent pendant plusieurs heures consécutives , et dans laquelle ils ne recevaient que fort peu de chaleur. Il leur arrivait aussi de quitter l’étuve tout à fait, et , quand ils s’étaient plus ou moins refroidis, on lesvoyait souvent s’en rapprocher et se réchauffer contre ses parois.
Quant à leur mode de terminaison, les vingt-deux expériences de réchauffement que j’ai faites1 se divisent en deux catégories distinctes, savoir : celles où le réchauffement s’est terminé par la mort, et celles où il a été suivi du rétablissement des animaux. C’est d’après ce point de vue que les vingt-deux expériences en question ont été classées dans le tableau suivant :
1 Si à ces vingt-deux expériences nous ajoutons quatre autres essais de réchauffement (l’un sur une poule et les trois autres sur des pigeons) commencés trop tard pour offrir des chances de réussite, puisque les animaux sont morts peu de minutes après avoir été placés dans l'étuve, ainsi avant un réchauffement réel de corps, nous aurons en tout vingt-six expériences ou essais de réchauffement : c’est la totalité de ce que j’en ai fait.
a Pendant qu'on ne surveillait pas le réchauffement.
Pendant qu’on surveillait le réchauffement.