‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 138 sur 138 · TATION · texte numérisé non relu

TATION

Eau.

OBSERVATIONS

EtÉCHAU

FFEMEN

Début

du

réchauffement.

gramm.

[degrés.

gramm.

gramm.

L’animal , dès la fin de la 2e minute , s’est mis à fermer les yeux , et la réanimation s’est faite successivement et comme à l’ordinaire.

( Il avril , 6b 27' p. m.)

Vers le milieu de cette première heure , il a cherché à se percher sur le rebord de son étuve; mais il n’a pas pu s’y maintenir.

Le blé qu’on lui ingère s’arrête dans le pharynx, sans arriver dans le jabot.

Il boit en lui plongeant le bec dans l’eau ; après avoir bu , le blé descend dans le jabot.

IJ

Il se pcrcbe sur le rebord de son étuve , et réussit à s’y fixer, après beaucoup de vacilla-

Il est resté tranquille sur son étuve pendant la 2e, la 3e et la 4° heure. Il boit un peu d’eau.

Ingéré du blé , et bu pour le faire descendre.

Il reste perché sur le rebord de son étuve pendant la G0, la 7e, la 8°, la 9e et la 10e heure.

Il quitte son étuve pour se mettre à marcher et à voler; mais comme cela ne paraît dépendre que du besoin de nourriture, on lui fait l’ingestion ci-contre, après laquelle il reste tranquille sur son étuve.

Il est très-bien ; il quitte son étuve à différentes reprises, vole à plusieuis pieds de distance et en s’élevant en l’air.

Pris blé et eau. — Tranquille la 13° et la 14e heure. Agité la 15e heure.

Il rend des fèces qui , pour la première fois , présentent des traces de pelures de blé.

Pris blé et eau , en buvant pour la première fois avec avidité. Il reste tranquille sur son étuve après cette ingestion.

Fèces chargées de beaucoup de pelures de blé teintes en vert.

Pris blé et eau , en buvant avec avidité.

11 est parfaitement bien.

Pris blé et eau en deux fois. — Tranquille perché sur son étuve.

SUR L’INANITION

TEMPS

POIDS

ALIMENTATION

| Jours.

| Heures. .

| Minutes.

du

CORPS

Blé.

Eau.

OBSERVATIONS

gramm.

degrés.

gramm.

gramm.

Pris blé et eau en trois fois. — Tranquille sur l’étuve, sauf quand il a faim.

Les fèces perdent la teinte verte et deviennent d’un jaune naturel.

Il rejette 2 grammes 91 de blé humide, qu’on lui réingère huit heures plus tard , sans le coucher de rechef dans la colonne de l’alimentation.

Pris blé et eau en deux fois. — Tranquille sur son étuve.

Pris blé et eau. — Tranquille et très-bien.

Pris blé et eau. — Tranquille sur l’étuve; bouche et iris encore très-pâles.

Pris blé et eau. — Bouche un peu moins pâle; du reste très-bien.

Pris blé et eau en deux fois — Plein de vie et de force ; il ne quitte plus l’étuve, depuis qu’on le nourrit régulièrement.

Pris blé et eau. — Le blé de Turquie est substitué au blé ordinaire depuis et compris l’ingestion de ce matin. On lui ingère auss: 0e, 4 de carbonate de chaux.

Pris blé de Turquie et eau. — Iris moins pâle , plus ora: gé vers la grande circonférence.

Pris blé de Turquie et eau. — L'iris devient orangé dans une plus grande étendue; la bouche devient plus rosée aussi.

Il a rejeté quelques graines de blé de Turquie , qu’on lui réingère trois ou quatre heures après, sans les faire reparaître dans la colonne de l’alimentation.

Pris blé de Turquie et eau. — Il quitte souvent son étuve.

Cessation

du

réchauffement.

(Naples, 18 avril 1828, àllh40' a. m.)

Pris blé de Turquie et eau. — L’iris est encore plus coloré qu’hier. De recbef il a quitté très-souvent son étuve pour se percher dans le voisinage , et ce n’était pas la faim qui l’y en gageait , puisqu’il avait le jabot plein d’aliments et qu’il restait tranquille dès qu’il n’était plus sur l’étuve. C’était un signe qu’il pouvait se soutenir par lui-même sans chaleur étrangère. Aussi l’on éteint l’étuve au bout de 161 heures (zz 6 jours 17 heures) de réchauffement. — Sept heures après la cessation du réchauffement , la chaleur animale était ZZ 41° 8, comme il est indiqué ci-contre.

TEMPS

POIDS

ce .

ALIMENTATION

D Jours.

1 Minutes.

du

CORPS

CHALE

ANIMAL

Blé.

Eau.

OBSERVATIONS

Molo di Gaeta .

(19 avril 1828.)

degrés.

ÉTAT

gramm.

NORMA

Le lendemain du jour où l’étuve a été éteinte, je me suis remis en route pour le nord de l’Italie , la Suisse et l’Allemagne. Pendant ce trajet , l’on prit chaque jour, jusqu’à la fin du second mois, le poids de l’animal, celui de ses ingesta , et sa chaleur animale. Je joins ci-contre l’extrait des résultats obtenus ainsi :

volonté.

Velletri

Rome

Idem.

L’iris est beaucoup plus foncé qu’auparavant.

Viterbe

Idem.

Florence

Idem.

Bains de Pise. .

Idem.

Bains de Pise . .

(Il mai 1828.)

Idem.

L’iris est fortement orangé , et le rouge des pattes très-vif.

Bains de Pise . .

Idem.

L’iris est plutôt marron qu’orangé. — Le 38e jour, l’animal a chanté pour la première fois.

Tortone.

(10 juin 1828.)

Idem.

Passé le 60€ jour, l’animal étant beaucoup plus fort et plus pesant qu’au début de l’expérience , l’on a cessé les observations. Je dirai seulement que, dans cette dernière portion de 'expérience , l’animal ayant parfois cessé d’avoir do l’appétit, ou même ayant rejeté par vomissement le blé de Turquie qu’on lui ingérait, on rétablissait bientôt les fonctions de 'estomac , en lui fournissant des fragments de substances calcaires à avaler.

Le 80° jour (30 juin 1828), étant à Friesenîeim , dans le grand duché de Baden , la cage îst restée ouverte, et l’animal a pris son essor ît s’est envolé. — Je l’ai bientôt perdu de vue, t ainsi il m’a donné la preuve que son rétajlissement était complet et que l’expérience v-ait réussi à tous égards.

SUR L’INANITION

(Genève, 14 décembre 1831.)

Un pigeon du poids de 36o gramm. 53 cent., dont 1 alimentation normale et journalière (tabl. n° 4) était de j 22,

a été soumis à une alimentation insuffisante dont la moyenne diurne a été de 1^ = à volonté, cest-é-dire de moitié de la quantité nécessaire pour maintenir le corps à son état naturel.

Sous l’influence de cette dernière alimentation, l’animal s’est progressivement affaibli, et s’est trouvé, le 38e jour de ce régime, avoir atteint le terme de mort imminente, caractérisé par l’impossibilité de la station, le refroidissement général du corps (lors de l’ingestion du blé, dont nous parlerons ci-après, le doigt enfoncé dans l’œsophage le trouve tiède, presque froid) l’occlusion des yeux et le spasme de l’œsophage, qui rend la déglutition impossible.

Voulant recommencer l’alimentation en même temps que le réchauffement artificiel, on débute par ingérer à l’animal 32 gram. 38 cent, de blé, lequel s’arrête dans l’œsophage, sans presque descendre dans le jabot, alors même qu’on le pousse avec le doigt. — Cette opération faite, l’animal paraît tellement près de la mort, qu’on ne peut ni prendre son poids ni déterminer sa chaleur finale, et qu’on se décide à commencer immédiatement le réchauffement.

L’on obtient alors les résultats suivants :

TEMPS

du

RÉCHAUFFEMENT

OBSERVATIONS

Il février 1832.

(“ 10h 15' a. m.) Début du réchauffement.

L’animal est toujours très-faible , et le corps reste dans un état d’opislhotonos. Le blé ingéré avant le réchauffement est encore dans l'oesophage et n’a pas passé dans le jabot.

Même état de faiblesse et d’opisthotonos : il n’a pas oncore avalé son blé , mais il en a rejeté quelques grains.

Il est beaucoup mieux : il a avalé son blé et s’est assez réchauffé pour quitter l’étuve. — On l’y replace.

Il a bu avec avidité et digère son blé. Il a repris de la chaleur et des forces; il paraît bien remis et quitte son étuve.

L’animal paraissant pouvoir se maintenir par lui-même , l’on essaye de cesser le réchauffement , tout en étant prêt à le recommencer si cela devenait nécessaire.

L’animal s’est très-bien maintenu , malgré la cessation du réchauffement.

L’animal est toujours très-bien : il a encore du blé dans le jabot.

Il est parfaitement bien remis. Poids du corps zz 219e, 37, y compris il est vrai 5 à 6 grammes de blé qu’on sent encore dans le jabot. — On lui réingère alors autres 32e, 37 de de blé.

Pendant les jours suivants on a continué à nourrir l’animal , et il s’est remis complètement *.

(Genève, 1 4 décembre i83i.)

Un pigeon du poids de 4i8g,35, et dont l’alimentation normale et journalière ( tabl. n° 4) était de J j, a été sou-

mis à une alimentation insuffisante , dont la moyenne diurne a été de | gay”vdonté7 j’ cGst-à-dire d’un peu plus de la moitié de la quantité nécessaire pour maintenir le corps dans l’état normal.

Sous l’influence de ce mode d’alimentation, l’animal s’est

Au bout de quelques jours , cet animal a été de nouveau soumis à une alimentation in-

blé = 16B,19 eau à volonté

suffisante, dont la moyenne diurne a été de j

Les forces ont alors progres-

sivement diminué, et, à la fin du huitième jour de ce régime, on a trouvé l'animal mort au moment où l’on espérait pouvoir répéter le réchauffement. Poids du corps un peu après la mort = 217s,56 : ainsi, probablement à peu près le même que celui qu’avait l’animal, lors de la mort imminente, dans l’expérience ci-dessus.

SUR L’INANITION, affaibli progressivement, et le 56e jour de ce régime, il s’est trouvé avoir atteint le terme de mort imminente, caractérisé par l’impossibilité de la station, par la cessation du clignotement des yeux, par le ralentissement du cœur (=89 par minute), par un refroidissement tel que la chaleur dans le cloaque était abaissée à 220, 1, et enfin par la réduction du poids du corps à 2 44g, 75, ce qui représente une perte intégrale proportionnelle = o,4i5.

Dans un tel état de choses, l’on se hâte de commencer le réchauffement, et l’on obtient les résultats suivants :

TEMPS

du

RÉCHAUFFEMENT

OBSERVATIONS

1er mars 1832.

(rr 9h 25' a. m.) Début de réchauffement.

L’animal s’est déjà sensiblement ranimé. — On lui ingère 3e,24 de blé; mais, l’œsophage étant serré, le blé s’y arrête et ne passe point dans le jabot.

Plus animé : cœur à 138 par minute. — La station recommence, mais fort imparfaitement.

La déglutition se fait, mais avec beaucoup de difficulté. On ingère alors 29B,14 de blé, qu’on ne peut faire parvenir dans le jabot qu’en le poussant avec le doigt introduit dans l’œsophage.

L’animal est bien remis. Il s’est perché sur son étuve, et il s’envole quand on l’approche. — L’on lui fournit de l’eau ; il en boit avec avidité.

Le trouvant si bien rétabli, l’on essaye de suspendre le réchauffement.

L’animal est parfaitement bien quoiqu’on ait cessé le réchauffement depuis deux heures de temps. Il est aussi vif et animé que les jours précédents , allant et marchant comme d’ordinaire. Sa chaleur à 5h 11’, à dater du début du réchauffement , :zi 40°, 7. Ainsi il a repris la faculté de produire de la chaleur ; il se soutient par lui-même et son rétablissement est complet.

(~12h 55' de la nuit.) Chaleur animale m 39°, 3 (influence nocturne). — L’animal continue à être parfaitement bien, malgré la cessation absolue du réchauffement. Il n’a plus qu’un peu de blé dans le jabot : on lui en réingère 32B,37.

A dater de ce moment, l’animal, pendant plusieurs semaines, a continué à être parfaitement bien et à augmenter de poids. On lui a ingéré régulièrement 328,37 de blé par jour, et son poids s’est trouvé successivement, toujours à compter du début du réchauffement, savoir : — '

TEMPS

DATER DU DÉBUT du

réchauffement.

8° jour 15e idem 22e idem 29' idem

36' jour 43' idem 50e idem 57' idem.

64' idem

-ni nO . !

67' jour.

OBSERVATIONS

Poids du corps 272e, 14

Idem 319 ,48

Cependant la soif s’est développée et est devenue peu à peu assez vive pour que , du 24e jusqu’au 67° jour (c’est-à-dire jusqu’à la fin de la vie), la moyenne de la quantité d’eau consommée journellement ait été de 177e, 5, c’est-à-dire de 4 1 de fois la moyenne de la dépense diurne dans l’ctat normal. En meme temps , il s’est peu à peu établi une diarrhée énorme, qui , de meme que la consommation d’eau, a duré jusqu’à la fin de la vie; et l’animal s’est mis à picoter partout, pour rechercher les substances calcaires qu’on ne lui donnait pas , tout en continuant cependant à lui fournir jusqu’à la fin ses 32e, 37 de blé par jour.

Sous ces diverses influences le poids du corps, qui jusque-là était allé en augmentant , s’est mis progressivement à décroître ; et , toujours à dater du début du réchauffement, il est successivement devenu :

Poids du corps 312g,74

Idem 306 ,53

Idem 278 ,23

Idem 298 ,50.

Idem 240 ,80

Le corps étant arrivé à ce degré d’exténuation , supérieur meme à celui qu’il avait atteint lors de l’état de mort imminente qui avait immédiatement précédé le réchauffement, l’animal avécu encore trois jours , prenant de vingt-quatre en vingt-quatre heures ses 32e, 37 de blé et ses 177e, 5 d’eau , et continuant à évacuer énormément. — Enfin le : le corps étant encore chaud et le cœur rapide, la station est devenue impossible , l’animal est tombé dans un état de prostration , la déglutition est devenue difficile et plus tard le corps s’est refroidi.

L’on a essayé alors le réchauffement artificiel; mais, l’animal n’ayant point été surveillé pendant sa durée, l’on rentre au bout de 55 minutes d’étuve pour le voir expirer. — La chaleur du cloaque au moment de la mort était à 43°, 0, mais les pattes étaient brûlantes.

A mon grand regret il n’y a pas eu d’autopsie, et le poids final du corps n’a pas été déterminé. Mais, en supposant que pendant les trois derniers jours la porte de poids ait été proportionnelle à celle des sept jours immédiatement antécédents, l’on aurait pour le poids final du corps 216e, 17.

Cette expérience remarquable, mais malheureusement incomplète à la fin , offre le passage très-intéressant de l’état physiologique à l’état pathologique. Dans la première partie, l’inanition était la suite d’une alimentation insuffisante; dans la seconde, elle était l’effet d’une diarrhée qui avait amené de la Jicvre , laquelle à son tour, en maintenant la chaleur animale élevée, avait en quelque sorte remplacé le réchauffement artificiel , et avait permis au poids du corps de s’abaisser de la quantité dont cekii-ci diminue sous l’influence du réchauffement artificiel non secondé par l’alimentation. — Et c’est là probablement l’un des offices de la perturbation fébrile, que de permettre au corps de résister à une perte de poids qui eût suffi , sans elle , pour amener la cessation de la caloricité et la mort par refroidissement.

FIN

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