‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 46 sur 138 · POIDS DI · texte numérisé non relu

POIDS DI

Poids

initial.

CORPS

Poids

final.

PERTE

intégrale

propor-

tionnelle.

DURÉE

de

la vie.

Animaux soumis à l’ingestion d’eau.

gram.

gram.

jours

Je ferai sur ce tableau comparatif les remarques suivantes-

a. La perte diurne des cinq animaux soumis à l’ingestion, en moyenne, a du se rapprocher beaucoup de celle des cinq animaux privés d’eau, c’est-à-dire de 7S, g4 par jour; ainsi l’ingestion journalière de io§, 44 d’eau a dû être plus que suffisante pour la couvrir. Et cependant la perte moyenne de ces cinq animaux n’en a pas moins été de 8s, 5o par jour, ainsi un peu plus forte même que celle des cinq animaux privés d’eau.

Du reste, comme dans le cas d’abstinence, la perte diurne minimum a été en général vers le milieu de l’expérience, et la perte maximum au commencement ou à la fin.

b. La perte intégrale proportionnelle a été plus grande chez les animaux privés d’eau que chez les autres dans le rapport de

4 : 3 à peu près. Ainsi les animaux soumis à l’ingestion n’ont supporté qu’un abaissement très-notablement moindre que les autres. Il est vrai qu’ils étaient en moyenne un peu moinspesants que ceux-ci .

Un fait digne de remarque, c’est que la perte intégrale proportionnelle la plus faible à laquelle j’aie jamais vu la mort survenir, est celle de la tourterelle n° 8, qui avait reçu l’ingestion d’eau, et chez qui l’état de mort imminente s’est établi à o , 1 68. Mais c’est qu’ici nous entrions déjà dans le domaine de l’état pathologique; car chez cet animal l’eau ingérée avait déterminé dans tout le poumon, et surtout dans celui du côté gauche, une infiltration aqueuse tout à fait évidente.

c. Enfin la durée moyenne de la vie a été de 4 jours plus courte chez les animaux soumis à l’ingestion que chez les autres. Ainsi la vie a été abrégée dans le rapport de 3:2.

De tout ceci je crois pouvoir conclure :

1. Que, chez un animal privé d’aliments, une ingestion d’eau hors de proportion avec la soif, au lieu de soutenir la vie, tend au contraire à la raccourcir ; car l’animal périt plus tôt et ne supporte qu’une perte de poids moindre que s’il avait été privé d’eau. La cause de cela me paraît être : a, la trop grande dilution du sang qui en résulte; au moins m’a-t-il semblé que chez la plupart de ces animaux le sang, à l’autopsie, était plus aqueux et moins coagulé que chez les autres, b, des dépôts aqueux qui se forment quelques fois sur certains organes tels que le poumon et le péricarde, et qui rendent l’action de l’eau , dans ces cas-là, en quelque sorte délétère sur l’économie1.

2. Le poids du corps s’abaissant d’une manière tout aussi rapide avec l’ingestion d’eau que pendant la privation complète de ce liquide2, l’eau ingérée ressort donc bientôt du corps, et ne contribue en rien à réparer celle que l’animal perd régulière-

1 Ces espèces de départs sur certains organes s’observaient souvent, dans la cure des maladies fébriles, par l’ingestion de très-grandes quantités d’eau, cure qui a été si célèbre à Naples vers le commencement du siècle dernier, et qui dans ces dernières années a été renouvelée en Allemagne avec quelques modifications.

8 Pour montrer combien peu l’ingestion d’eau modifie la diminution de poids du corps, je

SUR L’INANITION, ment , et que nous avons estimée d’une manière approximative à 6 grammes par jour.

Cela nous conduit à considérer cette dernière portion d’eau , non point comme le produit d’une source extérieure au corps , mais comme provenant du corps lui-même , comme l’efFet du passage de la matière animale à de nouvelles combinaisons, comme le résultat de la transformation de composés albumineux, fibrineux, etc. en produits excrémentitiels, tels que la matière urinaire, la bile, l’eau et l’acide carbonique. L’eau, dans ce cas-là, est-elle véritablement produite , ou ne provient-elle pas plutôt de la simple mise en liberté de celle qui imprimait la liquidité aux composés animaux primitifs ? Cette dernière opinion , qui me paraît certaine pour une grande partie de cette portion d’eau , ne

vais rapprocher, jour par jour, deux des expériences précédentes, exécutées parallèlement sur deux tourterelles de poids semblable, dont l’une était soumise à la privation des aliments et des boissons, tandis que l’autre, privée seulement des aliments, recevait une ingestion d’eau égale en moyenne à ni grammes 5g par jour. (Tourterelles 14 et 15.)

Page 1