VINGT-DEUXIÈME EXPÉRIENCE
Vingt pigeons adultes et dans l’état normal de l’alimentation ont été soumis, chacun pendant un certain nombre de jours con-
1 Quand j’eus fait à peu près la moitié de mes observations, je lus, en i83i je crois, une note à ce sujet à la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève-, mais je ne l’ai point fait imprimer dans la collection de ses Mémoires, ayant voulu, avant de rien publier, multiplier encore davantage les observations et ne point les séparer du reste de mon travail. Je ne voulais que prendre date.
sécutifs de cette alimentation, à l’observation de la chaleur animale aux heures de midi et de minuit. Ces observations se faisaient comme suit :
1. L’on cherchait, en général, que les animaux fussent en pleine digestion pour l’heure des observations, et l’on s’en assurait par la présence d’une certaine quantité de blé dans leur jabot lors des prises de chaleur.
2. La chaleur se prenait avec un thermomètre centigrade à petite boule. J’ai eu. le rare bonheur de pouvoir faire toutes mes observations (comme du reste toutes celles de ce Mémoire) avec un seul et même instrument, que j’ai prié M. Gourdon, constructeur des thermomètres de l’observatoire de Genève , de comparer à son propre étalon.
3. La chaleur animale se prenait dans le cloaque, en enfonçant la boule du thermomètre de un à deux centimètres de profondeur. Chaque prise de chaleur durait exactement cinq minutes; c’était plus qu’il n’en fallait pour que le thermomètre arrivât au maximum, et y restât stationnaire.
4- Dans la plupart de ces séries d’observations, j’ai déterminé par des séries correspondantes les variations de température de la chambre qu’habitaient les animaux, afin de savoir si l’oscillation diurne de la chaleur animale était ou non en rapport avec les variations de l’air ambiant. Ces variations de température de la chambre étant très-minimes, pour abréger, je n’en indiquerai que la moyenne relative à chaque cas particulier.
5. Pour obtenir la chaleur animale correspondante aux deux périodes du jour et de la nuit, j’ai choisi pour époque des observations les heures de midi et de minuit, comme celles dans lesquelles les influences diurne et nocturne devaient se trouver aussi développées que possible. C’est donc autour de ces heureslà qu’oscillaient, autant que le permettait leur multiplicité, toutes les observations journalières; et la moyenne de l’heure de ces observations pour chaque série individuelle indiquera jusqu’à quel point l’on s’en est approché.
SUR L’INANITION. 97
Le résultat de chacune de ces observations est consigné dans le tableau n° 60 ci-après:
tableau N» 6o. OSCILLATION DIURNE DE LA CHALJ