J 38 RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
Ce qui donne pour la chaleur moyenne au moment de la mort
Dans les vingt-quatre autres expériences que nous n’avons pas pu faire entrer dans ce tableau, parce que le degré de chaleur au moment de la mort n’avait point été constaté ( sauf dans quatre cas sur lesquels nous reviendrons), lorsque dans le courant du dernier jour il y a eu des prises de chaleur, elles ont toujours indiqué un abaissement plus ou moins grand de la chaleur animale. Ces observations sont incomplètes, mais, dans les limites qu’elles embrassent, elles concordent avec les autres.
7. La chaleur minimum au moment de la mort a été = 1 8°, 5 (20epigeon); la chaleur maximum = 3 4°, 2 (corneille).
8. Les quarante et une expériences précédentes se sont classées de la manière suivante, quant au degré de chaleur au moment
de la mort :
De î 8° à 2 4° î 8 cas.
De 24 à 3o 21
De3oà35 2
Total 4i
Ainsi la mort arrive généralement et indifféremment entre 1 8° et 3o°, très-rarement au-dessus de 3o°.
Maintenant, en rapprochant les uns des autres les différents résultats auxquels nous venons d’arriver, et, en particulier, en voyant nos animaux inanitiés, qui ne baissaient en moyenne que de o°,3 par jour le dernier jour de la vie, se refroidir dans une proportion io3 fois plus rapide, perdre i4°,o de chaleur, et mourir à 2 4° ,9 , avec tous les symptômes de la mort par le froid, et au degré où succombent en général les animaux dans l’état sain plongés dans des mélanges réfrigérants , il paraît évident que le mécanisme qui chez nos animaux inanitiés a amené la cessation de la vie a été le refroidissement du corps, et que ce refroidissement, à peu près comme chez les animaux chez qui l’on a plus ou
SUR L’INANITION. 139
moins complètement anéanti l’influence nerveuse, a été le résultat de la diminution graduelle de la faculté de produire de la chaleur h Nous aurons bientôt l’occasion de fournir la preuve de la justesse de notre conclusion.
Une circonstance qui mérite cependant d’être remarquée, c’est que l’inanition, en se prolongeant, rend les animaux tellement faibles (surtout lorsque le refroidissement final a déjà commencé), qu’une cause assez légère suffit quelquefois pour amener une syncope mortelle. C’est ainsi que quatre de nos animaux sont morts par l’introduction du thermomètre dans l’œsophage ou le cloaque pour la prise de la chaleur animale. Leur température au moment de la mort était la suivante :
PIGEON 2e.
TOUR- TERELLE 28e.