‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 99 sur 138 · ANIMALE MOYENNE · texte numérisé non relu

ANIMALE MOYENNE

Différence.

Premier jour

T . , , l 1er tiers des sept jours .. .

Jours entre le premier et l v J

l’antépénultième ( en < 2e idem

moyenne sept jours).. ( 3e

Antépénultième jour

Pénultième jour

Dernier jour : chaleur au moment de la mort

Nous ferons sur ce tableau les observations suivantes : a. La chaleur animale de midi s’abaisse régulièrement, mais

SU H L’INANITION, seulement d’une petite quantité, parce que ce n’est pas l’heure à laquelle le corps tend à se refroidir.

b. La chaleur de minuit s’abaisse régulièrement aussi, mais d’une manière bien plus rapide, parce que c’est alors que l’influence nocturne se fait apercevoir.

c. Il résulte de là que la différence entre midi et minuit, c’està-dire l’abaissement nocturne suit une marche progressivement croissante, et que l'oscillation journalière de la chaleur augmente en étendue, à mesure qu’on se rapproche davantage de la mort.

d. L’on se rappelle, sans doute (voyez tableau 63), que l’oscillation normale — En rapprochant sa valeur de celle que

renferme la 3e colonne du tableau précédent (tableau 97), l’on voit que cette oscillation n’est que le minimum de toutes celles que le corps est susceptible d’éprouver, et que le passage de l’état normal à l’état inanitial n’est marqué que par l’augmentation de la valeur de l’oscillation.

e. L’abaissement de l’antépénultième nuit=3°,9; celui de la pénultième — 4°, 3; et enfin l’abaissement final, qui a amené la mort, = io°,7. Il résulte de là que ce dernier abaissement n’est qu’un peu plus du double de celui de la nuit précédente, et moins du triple de celui de l’antépénultième nuit.

L’on voit alors que le refroidissement final n’est qu’un abaissement plus étendu que celui des nuits précédentes, un abaissement maximum à la suite duquel la réascension diurne ne peut plus avoir lieu, parce qu’il atteint la limite à laquelle le refroidissement est incompatible avec la vie.

Il résulte de là que l’inanitiation a pour effet, d’accroître progressivement l’oscillation diurne de la chaleur, jusqu’à ce que le refroidissement devienne assez grand pour que la réaction diurne ascensionnelle ne s’opère plus ou presque plus, et que l’animal périsse prochainement de froid.

10. L’heure de la mort mérite à son tour de fixer notre attention, parce qu’elle se rattache aux influences que nous étudions. Il est bien vrai que , comme la mort n’est que la conclusion d’un

phénomène commencé plusieurs heures auparavant, l’époque à laquelle elle survient serait peut-être moins importante à connaître que celle du début du refroidissement final, lequel, on peut le dire, est le commencement de la mort. Mais, ce début étant très-difficile à constater, surtout à causes des syncopes mortelles que peuvent amener de fréquentes prises de chaleur dans ce degré de débilité du corps, le terme du refroidissement, c’est-à-dire la mort réelle, a été la seule partie dont je me sois occupé.

En divisant les 2 4 heures en deux périodes de 12 heures, l’une de midi à minuit et l’autre de minuit à midi, et classant nos animaux dans l’une ou l’autre de ces divisions, d’après l’heure à laquelle la mort réelle ou imminente est survenue,

nous obtiendrons les résultats suivants :

NOMBHE des morts.

De minuit à midi

De midi à minuit

Total

L'on voit par là que la mortalité de midi à minuit

a beaucoup

dépassé celle de minuit à midi, d’où résulte la conséquence intéressante que l’époque maximum de la mort est celle de l’abaissement de la chaleur animale par le développement de l’influence nocturne, et l’époque minimum celle où la réaction diurne tendrait'à faire remonter la chaleur1.

C’est ainsi que l’époque de la mort se lie aux phénomènes des jours précédents. Dans ceux-ci nous avons vu le refroidissement nocturne augmenter de plus en plus depuis le premier jus-

1 Le refroidissement étant ralenti par l'augmentation du volume du corps, peut-être faudrait-il, pour de plus grosses espèces d'animaux, établir une coupe des vingt-quatre heures un peu différente pour retrouver le résultat ci-dessu*.

SUR L’INANITION. 143

qu’au pénultième jour; et le dernier jour, c’est à l’époque où l’abaissement nocturne devait s’établir, que le refroidissement final a eu lieu et que la mort s’est effectuée. L’on peut donc dire que l’abaissement nocturne des jours précédents n’était qu’un commencement de mort, arrêté par une réaction diurne subséquente; et ce n’est que lorsque les pouvoirs de réaction ont été tout à fait épuisés, que l’influence nocturne a pu prendre le dessus, achever le refroidissement et amener la mort. Et ces pouvoirs de réaction conservatrice sont tellement puissants que , même pendant le refroidissement final, la chaleur étant déjà descendue aux environ de 34°, on voit quelquefois ce refroidissement final s’arrêter pendant plusieurs heures, pour recommencer ensuite et se terminer par la mort.

L’on voit donc que, dans l’inanition, la mort se lie à l’oscillation diurne, et l’on conçoit comment, le refroidissement de la nuit étant l’élément de la mort, il est possible chaque soir de constater les premiers rudiments de celle-ci.

Et cela peut s’entendre aussi de l’état normal, puisqu’à l’intensité près, l’oscillation diurne s’y manifeste d’une manière semblable.

Maintenant, quel rôle l’anémie joue-t-elle dans ces phénomènes? L’inanitiation amenant la destruction successive du sang, la chair musculaire (pour ne pas parler des autres parties du corps) en opère la réparation , et, en se résorbant, maintient pendant un certain temps la crase du sang dans un état à peu près uniforme.

Cependant, plus la chair musculaire a donné et moins elle peut continuer à le faire. Des phénomènes curieux, sans doute, doivent se passer entre la force qui tend à faire rentrer la molécule musculaire dans le sang, et celle qui tend à la retenir dans le muscle. Quel rôle l’amoindrissement progressif de la force du cœur par la destruction successive de sa chair musculaire jouet-il dans tout cela? C’est ce qui ne s’explique point encore. Mais dans tous les cas la masse du sang diminue, et avec elle dimi-

nuent bien probablement aussi la force nerveuse, l’oxygénation du sang et le dégagement d’acide carbonique. L’oscillation diurne devenant de plus en plus étendue, la chaleur animale s’abaisse chaque soir davantage, et enfin l’animal périt dans un degré plus ou moins grand de refroidissement, en général pendant la période de l'abaissement nocturne de la chaleur.

Telle est en abrégé l’histoire de ce qui se passe alors. Reprenons maintenant l’étude des différentes fonctions dans l’inanitiation.

B. RESPIRATION

Il eût été intéressant de faire pour l’inanitiation une expérience analogue à celle du docteur Prout pour l’alimentation normale. L’on eût, sans doute, trouvé d’assez grandes différences pour le dégagement de l’acide carbonique entre le jour et la nuit. N’ayant fait aucune recherche de cette nature, je me bornerai à présenter ici le résultat de mes observations sur les mouvements respiratoires, soit avant, soit pendant le dernier jour de la vie, sans distinction entre l’abstinence complète et l’alimentation insuffisante, parce que les effets de ces deux manières d’être sur la respiration sont absolument les mêmes.

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