‹ Recherches expérimentales sur la croissance et la régénération chez les planairesChapitre 11 sur 38 · ÉLIRE · texte numérisé non relu

ÉLIRE

0 A5 40 60 Fig. 11. — Variations de l'intensité de l'assimilation (trait interrompu) et de la désassimilation (trait continu) en fonction du poils initial, à trois températures différentes.

sont abondamment nourries, elles décroissent jusqu'à ce qu'elles alteignent ce poids d'équilibre. Ce fait, illustré par le lot (a) de l'expérience 7, est particulièrement important, car il justifie l'interprétation que j'ai proposée, basée sur les variations indépendantes de l'assimilation et de la désassimilation ; lorsque le poids de l’organisme surpasse le poids d'équilibre, la désassimilation l'emporte sur l'assimilation, et le poids tend à décroitre.

Dans les expériences précédentes sur l’action de la température, les repas étaient fournis à une fréquence suffisante pour Abeloos. a 3

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assurer la croissance avec sa rapidité maxima à toutes les températures. On peut se demander comment se manifeste l’action de la température lorsque la fréquence des repas est inférieure à la « fréquence limite » qui assure la croissance la plus rapide.

Comme la perte de poids subie par des animaux à jeun est plus forte à température élevée, on peut prévoir qu'il faudra, pour maintenir l'organisme à un certain poids, des repas d'autant plus fréquents que la température sera plus élevée.

Expérience 9. À partir de Planaires récollées à Voisenon le 22-X1-28 et nourries au laboratoire dans une pièce à la température de 149, je constitue, le 10-1-29, trois lots a, b et c, de 10 individus chacun, qui sont placés respectivement aux trois températures (180, 129 et 7°) déjà utilisées dans les expériences 7 et 8. Ces rois lots sont nourris régulièrement toutes les deux semaines et pesés avant el après chaque repas. Aprés le 1er repas, le 11-I-29, le poids moyen des animaux est sensiblement le même dans les trois lots : (34, 33 et 32 mgr.). Sur le graphique de la figure 12, j'ai porté, outre ces poids initiaux, les poids moyens avant chaque repas. Les poids mesurés après les repas ont une signification moins précise, car, après un jeûne de 45 jours, les animaux se gorgent de nourrilure et en rejeltent une fraction assez notable pendant les quelques jours qui suivent.

Dans les lots (a) et (b), placés à 18° et 12, le poids des animaux, pris avant chaque repas, décroîit constamment, d’abord rapidement, puis très lentement ensuite. Ainsi, pour le lot (a), le poids est resté compris entre 8 milligrammes et 11 milligrammes pendant 3 mois consécutifs (fig. 12). Dans le Lot (c), placé à la glacière, le poids s’est maintenu pendant près de 4 mois aux environs de 27 milligrammes (fig. 12). Les animaux de ce lot peuvent donc être considérés comme étant en équilibre pondéral à ce poids, bien inférieur au poids d'équilibre (60 milligrammes, dans l’expérience 7) dans les conditions normales de nutrition à la même température.

Pour les lots (a) et (b), on peut interpréter la décroissance lente de leur poids comme un acheminement vers un poids d'équilibre qui serait, pour le lot (a), inférieur à 8 milligrammes, et, pour le lot (4), inférieur à 13 milligrammes. Pour des raisons qui résulteront de la suite, il convient plutôt d'admettre que ces poids d'équilibre sont respectivement aux environs de 10 milligrammes et 20 mulligrammes, et d'interpréter la lente décroissance de poids comme une manifestation dé la sénilité chez les animaux.

Quoi qu'il en soit, l'exemple du lot (c) montre la possibilité de réaliser, grâce à une nutrition insuffisante, un équilibre pondéral à un poids inférieur au poids d'équilibre dans les

mar.

= = = à A à Lo 6, Co bu nu GY > sy) la be. T4 s+ Fig. 12, — Expérience 9.

conditions de nutrition maxima. On voit donc que les conditions de nutrition influent non seulement sur la vitesse de croissance mais aussi sur le terme de la croissance.

Aïnsi, la fréquence des repas et la température ont une influence sur la rapidité de la croissance et sur Le poids linuite.

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On peut dire qu'à chaque température et à chaque fréquence des repas correspond un poids limite qui est fonction de ces deux variables. Pour des repas très fréquents seulement, ce poids limite est Le poids maximum compatible avec R température de l'expérience. |

Le poids limite doit être dans tous les cas considéré comme un poids d'équilibre, car il peut être atteint aussi bien par voie de croissance que par voie de décroissance.

Le poids limite atteint, les animaux s’y maintiennent un temps plus ou moins long, puis subissent une décroissance lente, accompagnée de phénomènes sur lesquels je reviendrai plus loin, et qui correspond à une phase de sénilité.

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