‹ Recherches expérimentales sur la croissance et la régénération chez les planairesChapitre 35 sur 38 · CONCLUSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

La période de développement post-embryonnaire de P/. gçonocephala est caractérisée par une augmentation de poids et de taille très considérable, mais ne comporte que des modifications morphologiques ayant un caractère progressif et continu, entrant dans le cadre des phénomènes de dysharmonie de croissance. L'allure de la croissance pondérale accuse cette simplicité : la courbe de croissance est une courbe en S, et l'on peut dire que l'ensemble du développement post-embryonnaire constitue un seul cycle de croissance.

La vitesse de croissance et le poids maximum des animaux peuvent être modifiés dans des proportions considérables sous l’action des conditions externes : nutrition et température. D'autre part, la limite de la croissance correspond à un état d’équilibre entre l'assimilation et la désassimilation qui peut étre déplacé lorsque les conditions externes viennent à changer.

Ces faits confèrent au phénomène de croissance chez les Planaires un caractère spécial. Chez les Vertébrés supérieurs, on peut, il est vrai, arrêter momentanément la croissance par une alimentation ou D ou inadéquate, mais l’état d'équilibre pondéral ne peut être longtemps prolongé. D'autre part, même dans cet état d'équilibre, la différenciation morphologique se poursuit. Enfin, si après une certaine période d'arrêt de croissance, l'animal est à nouveau nourri, on constate une accélération de la croissance, constituant en quelque sorte un phénomène compensateur. Ainsi, chez les animaux supérieurs, la durée de la croissance et sa limite supérieure semblent déterminées essentiellement par des conditions internes, d'ordre héréditaire. Chez les Planaires, ce sont au contraire les conditions physiologiques externes qui déterminent non seulement

{‘) Le lecteur se reportera également aux résumés des deux parlies du mémoire.

126 MARCEL ABELOOS

la durée de la croissance mais la limite supérieure du développement morphologique.

Ce type spécial de eroissance n’est probablement pas limité au groupe des Planaires et les lois que j'ai mises en évidence pourront sans doute être étendues à d'autres Invertébrés, notamment aux Cœælentérés et aux Vers, qui peuvent supporter de longues périodes de jeûne accompagnées de régressions morphologiques. Aucun de ces animaux n’a encore fait l'objet d'une étude systématique semblable à celle que j'ai entreprise sur les Planaires.

Page 1