DE LA VITESSE DE TRANSMISSION NERVEUSE MOTRICE
Nous venons de voir quels résultats donnaient nos expériences au point de vue des modifications de la conduction centripète; nous pouvons, maintenant, en considérant deux autres séries de chiffres, arriver à nous rendre compte de la vitesse de conduction centrifuge à travers la moelle et les nerfs. Si, en effet, nous comparons les valeurs obtenues en excitant constamment la malléole externe et en plaçant le point de réaction, tantôt à la main, tantôt au pied, c'est-à-dire en ayant un parcours composé d'une part de : le sciatique, la moelle, le cerveau, la moelle, les nerfs Cubital, Radial et Médian, d'autre part de: Le sciatique, la moelle, le cerveau, la moelle, le sciatique, nous aurons par différence le temps employé par l'excitation motrice à parcourir la longueur de la moelle depuis la terminaison intra-rachidienne du plexus brachial, jusqu'à l'origine du plexus lombaire, c'est-àdire 50 centimètres de tissu médullaire (à 5 millimètres près), plus la différence de longueur entre le cordon nerveux du bras et le cordon nerveux de la jambe.
Les chiffres que nous obtenons ainsi ne sont donc pas l'expression de la transmission centrifuge à travers un segment
quelconque Je coivlon nerveux. La vitesse de cette conduction est connue et égale à 33 m. par seconde (1), il en est de même de la vitesse de transmission motrice intra- médullaire à laquelle François-Franck et Pitres assignent une valeur de 10 mètre?, Beaunis de 11 à 12 mètres par seconde.
Les résultats que nous présentons, valeurs complexes, comprenant la vitesse totale de conduction à travers un cordon composé en moyenne de 2/3 de tissu médullaire et de 1/3 de filets nerveux périphériques, ne peuvent donc nous servir que de terme de comparaison entre nos différent sujets (2).
Voyons donc dans ces conditions quelles valeurs nous fournissent les individus que nous avons observés, et pour ne pas nous départir de Tordre habituel, commençons par les sujets sains. Nous donnons la différence entre le temps de réaction à la main et au pied après une excitation à la malléole, et en regard la différence entre la longueur des cordons nerveux à la moyenne desquels il suffit d'ajouter la longueur médullaire constante m. 50, pour avoir le chemin parcouru dans la moyenne des temps indiqués. Comme précédemment, nous faisons précéder du signe -h les différences obtenues en retranchant la petite longueur de la grande et nous désignons par le signe — les valeurs pour lesquelles c'est le cordon le plus court qui nous a donné le chiffre le plus long.
Ces conventions étant bien établies, nous trouvons :
JTUDIANTS. SOLDATS
Différences entre Différences entre Différence» entre Différences entre
les temps de réaction, les long, des ctrdons. les temps de réaction, les long, des oordtns.
+ 0"05610 30 cent. 4- 0"ït)90 31 cent.
+ 0"03520 26 cent. -4- 0"0645 26 cent.
+ 0"(M265 33 cent. + O"0230 29 cent.
H- 0"09800 30 cent. -h 0"0G50 27 ceut.
Moyennes -f- 0"0305 29 c. 7!i + 50 c -|- 0"0504 «8 c. + M c.
Soit 15 m. 65 par seconde Soit 15 m. 52 par seconde.
Soit en moyenne 15 m. 385 chez les sujets sains.
(1) Beaunis, 2« édit., page 540.
(2i D'après les valeurs connues de la transmission dans ces deux organes, nous devions trouver 16 mètres et une fraction par seconde ; nous trouvons 15 m. 60, ce qui est sensiblement la même chose.
Sous l'influence de la chaleur d'une part, d'un bruit intervenant comme distraction d'autre part, nous trouvons les différences suivantes dans la conduction des cordons nerveux moteurs :
TEMPS DORAGE. BHUIT
Moyennes 4- 0"082 0»255 4- 0,50 4- 0"03545 Soit 21 m. 04 par seconde.
Soit une accélération du temps de la conduction motrice sous l'influence d'une perturbation, ce qui n'est pas étonnant si Ton songe que l'attention étant constamment troublée, la volonté intervenait à chaque instant pour rétablir l'équilibre et pouvait ainsi, sous l'influence d'une tension plus grande, amener une accélération de cette vitesse centrifuge, qui est, en réalité, en relation directe avec la volition, autant, au moins, que la vitesse centripète l'est avec l'aperception.
Chez les vieillards, nous avons, si on veut bien se le rappeler, considéré trois séries; mettons en regard les résultats de chacune d'elle.