‹ Recherches expérimentales sur la durée des actes psychiques les plus simplesChapitre 29 sur 39 · CINQUIEME PARAGRAPHE · texte numérisé non relu

CINQUIEME PARAGRAPHE

DE L'INFLUENCE DE L'INTENSITÉ DE L'EXCITATION SUR LA VALEUR DU TEMPS DE RÉACTION

Nous venons de voir quelle influence possédaient sur la durée des temps de réaction chez les différents individus sains ou malades les variations dans la longueur des cordons nerveux ou médullaires moteurs et sensitifs, toutes choses étant égales d'ailleurs, c'est-à-dire sans que nous ayons fait varier en quoi que ce soit l'intensité de l'excitation. Mais ce facteur est un élément trop important pour que nous ayons pu le négliger. C'est ainsi que Hirsch observe qu'en diminuant l'excitation électrique de la peau, le temps de réaction s'allonge de '1733 à 0"1911; que Vittisch, en excitant l'œil avec la même étincelle au jour et dans l'obscurité, voit tomber la durée de la réaction de 0"172 à 0"154 ; que Exner en faisant varier la longueur de l'étincelle de mra ,5 à mm ,7 voit le temps subir un raccourcissement de 0"1582 à 0"1229, que Buccola, excitant alternativement chacun de ses sujets avec une étincelle élec-

trique et un tube de Geissler, voit se produire entre les temps de réaction des différences qui oscillent entre 0"013 et 0"03, Vintschgau et Hônigschmied font également des recherches dans ce sens en vérifiant cette loi à la fois sur les muqueuses et sur la langue.

Klectrisation faible de la pointe Klectrisation forte de la pointe

de la langue . de la langue .

Hônigschmied... 0"Ï774 0"1304

D' Fr 0"1545 0"1239

Soit une diminution moyenne de 0"0388 sous l'influence de l'augmentation de l'excitation.

Klectrisation faible de la pointe Klectrisation forte de la pointe

du doigt médius droit. du doigt médius droit.

Hônigschmied... 0"1747 0"1365

D-Pr 0"1499 0"1262

Soit une diminution moyenne de 0"0224 sous l'influence de l'augmentation de l'excitation.

Mais cette loi que Wundt formule ainsi: « Le temps de réaction, toutes choses étant égales d'ailleurs, diminue quand l'intensité de l'excitation augmente, » n'a pas la rigueur absolue que cet auteur semble lui attribuer. Nous verrons en effet que, dans bien des cas, soit sous l'influence de lésions psychiques, soit même consécutivement à une plus grande épaisseur ou à une moins grande sensibilité de la peau, le rapport normal ne se maintient plus et que l'excitation la plus faible peut donner les temps de réaction les plus courts,

Cette disposition paradoxale des résultats obtenus en faisant varier l'intensité de l'excitant peut même se présenter à l'état normal. Kriès et Auerbach (1) en donnent un exemple très net dans les recherches qu'ils ont publiées sur la durée des

(i) Pflûyer's Archiv., Tome X, 1875.

Arch. f. Anat. und Phys. Das Zvitâaiwr (1er ein fâcher psyschischer Veryange, 1877, j>. 37 J.

processus psychiques les plus simples. En effet nous trouvons dans leur travail :

Excitation par choc d'induction excitation par choc d'induction

faible. Tort.

Auerbach 0"145 " 0"142 0"130 ~ 0"120

Différence moyenne : -f- 0"015.

Kriès 0"124 0"124 0"127 0" 13 1

Différence moyenne, : — 0"005.

Excitation par son faible Excitation par son fort.

Auerbach 0"138 0"152 0"I36 0"147

Différence moyenne : + 0"004.

Kriès 0"135 0"14l 0"HiO 0"170

Différence moyenne : - 0"027.

On voit que chez Kriès, la loi est complètement intervertie et que le temps de réaction augmente quand l'intensité de l'excitation s'élève. Ce qui prouve encore une fois l'importance considérable de l'influence dont jouit l'individualité sur toutes les valeurs dont nous nous sommes occupé.

Toutefois nous vérifions la loi de Wundt sur les sujets normaux. Nous allons passer en revue successivement tous les malades qui ont fait l'objet de notre première partie et nous commencerons par l'examen des résultats que nous fournissent les individus sains. Chaque catégorie de sujet comprendra deux séries de chiffres : la première obtenue par la différence entre le temps de réaction au contact et le temps de réaction h la piqûre au niveau du premier métacarpien ; la deuxième en établissant la même différence au niveau de Pacromion. Toutes les fois que les deux chiffres seront dans un rapport normal, c'est-à-dire que la valeur des temps de réaction à la piqûre est la plus faible, nous ferons précéder la différence du signe -+- ; toutes les fois quece rapport sera interverti nous emploierons le signe — .

Sl'JETS SAINS.

SOL DATS. ÉTU DIA NTS

Em Th. » Acroroion. Ern. Th. Acroraion

-<- (TQ250 -h 0"0320 + 0"0344 + (T0198

Moyennes.... 4-0^^ +lrÔ20 -f0"04957 -t 0"04025

Soit en moyenne : Eminence Thénar 0"03078.

— Acromion 0"0i512.

chiffres qui nous serviront de point de comparaison pour ceux qui se présenteront à nous au fur et h mesure que nous avancerons dans notre analyse.

Faisons remarquer de suite ce fait que la moyenne des différences à l'acromiou est moins considérable qu'à la main, ce qui ne peut venir que de la différence d'exercice entre ces deux régions.

Chez les vieillards, nous présenterons les résultats obtenus en respectant la division ,en trois séries que nous avons maintenue jusqu'ici. Il ne faudra pas s'étonner de voir des chiffres négatifs ; nous aurons à les considérer comme l'expression du rôle joué par l'état du tégument externe, d'une part, du centre psychique, d'autre part, dans la constitution des valeurs que nous avons trouvées.

1»" SÉHIE. 2 9 SÉRIE. 3' SÉIUE.

Em. Th. Acromion. Em.Th. Acromion. Km. Th. Acromion.

+ 0"0300 - (TOT 14 - (MM 20 - 0T)83O -f 00701 - 0*0334

Mov. + O"0O98 —0*01029 — 0"00H — 0T4K2 -h 0*0240 -+- O"0079

La seule conclusion que nous puissions tirer de ces chiffres, c'est la moindre accélération du lemps de réaction à la main

sous l'influence de la piqûre chez les malades atliéromateux, que chez les malades atteints d'irritation spinale ; sous l'influence des lésions cérébrales nos valeurs deviennent négatives, au moins chez les malades atteints de sclérose descendante, comme le prouve le tableau ci-dessous.

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