‹ Recherches expérimentales sur la pollinisationChapitre 29 sur 59 · DF CAPSULE · texte numérisé non relu

DF CAPSULE

produites.

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par capsule.

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Cette série de pollinisations, dont on trouvera le détail et le résumé dans les tableaux ci-joints, donne les résultats suivants :

Fig. 24. — Convolvalus arvensis. — I. Plante n« i. A gauche un fruit qui provient .l une Heur croisée (e). — Les fleurs qui ont subi un traitement diflérent (/, g, It) se sont tl. tnes. II. Plante n" 3. Au milieu un fruit, qui provient d'une fleur croisée (f), — Les fleurs qui ont subi un traitement différent (e, g, h) se sont flétries. — (Les lettres renvoient p. 71).

i" Toutes les fleurs châtrées non pollinisées se sont flétries.

DESCRIPTION nr.S r:\PtillIEiVCES ji 2° Les (leurs qui oui subi les pollinisations directe et indirecte se sont toutes flétries sauf une seule, qui d'ailleurs a donne un fruil renfermant une seule graine1.

FiG. 2D. — Convolvulus arvensis. — III. Plante n" 4. A droite un fruit, qui provient d'une Ileur croisée (j). Les Ileurs qui ont sulii un traitement différent (k, I. n, o, p) se sont Qétnes. LV. Plante n° j. A droite un fruit, qui provient d'nne fleur croisée (u). Les Ileurs <[ui ont subi un traitement différent (y, z) se sont flétries. — (Les lettres renvoient p. 71).

3° Les (leurs qui ont subi la pollinisation croisée ont présente toutes donné de beaux fruits qui, à maturité, renfermaient deux, trois ou quatre graines mûres (fîg. ih et 25).

Une opposition complète existe donc entre la pollinisation croisée et les autres modes de pollinisation. Il nous semble

jk liECHEliCIIES EXPÉRIMENTALES SUR l.A POLLINISATION

démontré que. malgré les facilités de L'auto pollinisation, le

Convolvulls ^rvensis n 'est fertile que nous l'influent <■ du pollen d'une plante distincte.

VINCA MINOR

Fie. 26. — Fleur de Vu\CÙ minor.

(Section longitudinale.)

Les fleurs des Pervenches (Vinca) ont une structure particulière, qui a été souvent décrite (fig. 26) et qui est surtout

caractérisée par une conformalion spéciale du style : Celui-ci mince en bas s'élargit, au 3/4 de sa hauteur, en un rendement discoïde horizontal, dont les bords visqueux constituent le stigmate; il se continue au delà par une partie étranglée et son extrémité supérieure est couronnée par un volumineux toupet de poils blancs. Les cinq étamines, dont les anthères do- :nt le plateau stigmatiq ue, portent elles-mêmes de nombreux poils, qui se mélangent aux poils de la tète stvlaire et aux poils qui garnissent la partie moyenne du tube de la corolle.

Kt tous les botanistes ont cherché à donner une signification à cette structure. Certains ont cru qu'elle était destinée à favoriser la fécondation directe ; d'autres, et ce sont les plus nombreux et les plus autorisés, ont voulu y voir une adaptation à la fécondation croisée ; celle-ci serait réalisée par les insectes, qui visitent fréquemment ces fleurs. Il semble en effet qu'en introduisant leur trompe dans le tube de la corolle pour atteindre les nectaires, qui sont au fond, ils doivent forcément toucher les bords du plateau stigmatique et y laisser adhérent le pollen étranger qu'elle porte ; de même qu'en enlevant leur trompe ils doivent passer au travers des poils et ont grande chance d'y récolter quelque parcelle du pollen de

la fleur issu des anthères. Kl ils ajoutenl qu'ils n'ont jamais observé une autopollinisation spontanée du st i «finale ; niais le meilleur argumenl que ces ailleurs présentent en faveur de leur thèse est ce l'ait que les Heurs, non visitées par les insectes, semblent toujours rester stériles.

Darwin a le premier essayé de trancher le problème par La voie expérimentale ( i ) : comme il constate que Vinca major ne donne jamais de fruits en Angleterre et qu'il suppose que c'est parce qu'elle n'est jamais visitée par les insectes, il lui vient à l'idée de pratiquer quelques pollinisations croisées artificielles à l aide d'un crin, qu'il plonge à plusieurs reprises alternativement dans six fleurs de deux piaules distinctes ; et ce traitement lui donne quatre bons fruits.

l'eu de temps après ce même essai était répété par un autre anglais avec le même succès sur les fleurs autostériles de Vinca rosea (2).

.Mais ces quelques pollinisations isolées, faites par une méthode tout à fait rudimentaire, sont insuffisantes pour démontrer que les Pervenches ne donnent des fruits qu'après pollinisation croisée (3).

Je me suis proposé d'étudier chez Vinca minor quelle était la valeur relative des différents modes de pollinisation.

Mise en expérience. — Je dispose pour ces expériences d'un certain nombre de plantes en pots: ce sont des pieds sauvages récoltés le 6 avril en Normandie et que j'ai transportés à Fontainebleau.

Ces plantes présentent un certain nombre de boutons, qui sont divisés comme d'ordinaire en quatre lots :

Pas de pollinisation, Pollinisation directe,

— indirecte,

— croisée.

(1) Darwin. The Gardener's Chroniclc, i8(ii, p. 552.

C. AV. C. Royal Botanic Gartens Kew. The Gardener's Chronicle, 1861, p. 699.

(3) Les pollinisations de Vinca rosea ont été critiquées dès leur publication par un auteur anglais F. A. P. <pii prétend que cette plante est autoferlile. Mais la même année Darwin conteste ce l'ait et cite à l'appui des premières expériences de nouvelles observations, qui lui sont communiquées par M Horwood Voir :

F. A. P. The Gardener's Ghrohicle, 1861, p. 7.30.

Darwin. The Gardener's Chronicle, 1861, p. 83 1.

-fi ItEClIEPCHES EX P Éli 1 M EN TA LE fi SI II LA POLLINISATION

Je ne puis répartir ces divers traitements sur une même plante, à cause de la rareté des (leurs. La réalisation des pollinisations directe et indirecte exige des pieds, qui présentent deux boulons de même âge. .Non seulement cette concordance est assez rare, mais j'éprouve une certaine difficulté à trouver des boutons, qui fassent indubitablement partie du même pied. Très souvent, en effet, les tondes de Pervenche sont formées île liges enchevêtrées, qui malgré leur apparence sont indépendantes les unes des autres. Mais certaines touffes sont encore réunies entre elles par des stolons rampants ; elles sont donc, des ramifications d'une même plante. La plupart des houtons choisis appartiennent à des portions distinctes du même pied ; quelques-uns sont développés sur la même lige dressée.

Castration. — Puis les fleurs deslinées aux pollinisations indirecte et croisée sont châtrées : la castration esi assez, difficile en raison de 1 étroitesse du tube de la corolle et son oblitération presque complète par les poils. Pour enlever les anthères intactes dans les boutons jeunes, je ne vois d'autre procédé que de fendre la corolle longitudinalemenl jusqu'en bas avec un scalpel, suivant deux lignes opposées en continuité avec la fenle de deux pétales.

Il est alors facile d'écarter les deux moitiés de la corolle ainsi sectionnée pour saisir les cinq anthères par leur filet. Puis lorsque les étamines sont enlevées, les deux moitiés de la corolle sont rapprochées à l'aide d'un fil noué et les parties libres des pétales, enroulées comme elles Tétaient primitivement. Comme les anthères entrent très tôt en déhiscence, il est nécessaire, pour les avoir intactes, d'opérer les boutons à l'état très jeune, quand ils sont encore à peine colorés en violet.

Mise en sac. — foutes les fleurs sont isolées dans des sacs de gaze fine. Mises en expérience le 9 avril, elles sont épanouies le i3, et par conséquent aptes à la pollinisation ; les pots d'expérience sont placés en bonne exposition dehors le 9 et introduits le 1 1 dans la serre.

Pollinisation. — La pollinisation demande quelque soin. Puni- réaliser la pollinisation artificielle des fleurs à autoféconder, je crois utile de leur faire subir une opération analogue aux boutons châtrés : je fends donc leur corolle longiludinalement en deux, puis j'en écarte les deux moitiés avec une pince pour saisir avec une pointe (flambée dans la flamme du gaz) le pollen disposé en amas granuleux à la surface des anthères ou au milieu des poils ; et je répartis ce pollen en une couche aussi régulière que possible sur les deux bords papilleux du disque. (Le pourtour du disque étant visqueux, il est facile d'y faire adhérer le pollen.)

Lorsque la fleur est autofécondée, ce qui reste de son pollen sert à polliniser la fleur voisine destinée à la pollinisation indirecte.

Pour la pollinisation croisée il importe que le pollen employé provienne d'une plante distincte. J'ai crains que le pollen de deux plantes

VlNCA MINOH. —

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