‹ Recherches expérimentales sur la pollinisationChapitre 42 sur 59 · DESCRIPTION DES E X I' E II I E V C E S · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES E X I' E II I E V C E S

n'arrivent à maturité qur vers le iô juillet (presque trois mois après la pollinisation).

Les résultats de celte série d'expériences se trouvent exposés clans les tableaux qui précèdent :

Los résultats obtenus sur cette plante sont tout a l'ail comparables a ceux que nous a donnés le Prinmla grant/ijlora .

Si la pollinisation croisée hétéromorphc parait l'emporter au total sur la pollinisation croisée homomorphe, ce n'est qu'une apparence, car, si Ton regarde d'un peu plus près les tableaux, l'on constate que les deux formes se sont comporter-, d'une façon toute différente.

La forme brachystylée, très féconde après pollinisation croisée hétéromorphe (puisque toutes les fleurs pollinisées ont donne des capsules, qui contiennent en moyenne 3g graines), l'a été beaucoup moins après pollinisation croisée homomorphe to fleurs n'ont donné que (ï capsules qui ne contiennent plus qu'une moyenne de 25 graines).

La forme dolichostylée au contraire est également fertile par l'un el l'autre mode de pollinisation : chez elle c'est même la pollinisation homomorphe, qui donne le maximum de fruits g fruits pour 9 fleurs pollinisées ; la pollinisation hétéromorphe ne donne que 7 fruits pour 8 fleurs.

Les fruits des deux séries sont sensiblement égaux el contiennent presque le même nombre moyen de graines (25,5 et 27,8).

[Cette petite différence lient à ce que j'ai compté pour bonne parmi les capsules homomorphes une capsule de 1 graines, dont la suppression élèverait la moyenne de 25 à 28.]

II est à remarquer que ce résultat s'écarte des expériences de Darwin, dans lesquelles cette forme dolichostylée s'est montrée très pou féconde après pollinisation croisée homomorphe (20 fleurs ne lui ont donné que 5 capsules et des capsules inférieures de presque d'un tiers aux capsules hétéromorpbes .

J'aurais voulu compléter ces expériences en igo/t, et dans ce but j'ai institué en avril toute une série de pollinisations calquée sur celle que je faisais au même moment sur Primula

n8 RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR 1. 1 P&LLINISATIOR

(jrandifloru. Mais elle n';i donné aucun résultat; pour une cause inexpliquée, toutes les fleurs se sont flétries sans donner un seul fruit.

Mais de la série de pollinisations de iqo.'S quia parfaitement réussi, je puis tirer la conclusion suivante :

Le Primi la ofi ici\ w i-. est uneplante hétérostylée dont les deuà formes de fleurs sont très fertiles après pollinisation croisée hélé* romorphe, mais paraissent soumises à des conditions de fécondation différente après pollinisation croisée homomorphe : pollinisées avei du pollen de même forme les fleurs dolichostylées se montrent très fertiles et les /Irai s brachystylées au contraire très peu.

La concordance, qui existe entre ces deux séries d'expériences sur Primula grandiflora el Primula offlcinalis, m'amène à faire les quelques remarques suivantes :

i° Chez les deui formes de fleurs dolichostylées et brachystylées, le maximum de fertilité s'observe après pollinisation croisée kéléromorphe.

Les Primevères ont donc bien, vis-à-vis du pollen, un façon d'être spéciale qu'elles doivent à leur nature hétérostylée, et ces expériences ne fonl que confirmer la théorie générale de Darwin sur ces plantes.

2° La pollinisation croisée homomorphe donne des résultats très différents pour 1rs dru./ formes : la fécondité des fleurs est réduite pour la forme brachystylée ; elle est au contraire très grande pour la forme dolirho^ti/lée.

C'est là une particularité intéressante, qui a été entrevue par Darwin quand il remarque que « excepté pour le P. auricida, les fleurs dolichostylées de l'ensemble des neuf espèces de Primula, étudiées à ce point de vue, sont plus fertiles que les fleurs brachystylées, lorsque les deux formes sont illégitimement fécondées (i) ».

Mes expériences rendent la différence beaucoup plus marquée, et c'est en cela surtout qu'elles s'écartent des expériences de Darwin : elles nous présentent la forme dolicho-

(i) Ch. Darwin. Des différentes formes de fleurs, trad. Heckel, p. 5t.

DESCRIPTION i>h:s /•: v /» i)it i i:\c i:s m,

stylée comme relativement beaucoup plus féconde après pollinisation homomorphe.

3° L'élude de I" pollinisation indirecte <■/ de lu pollinisation directe, que j'ai faite pour le Piumula grandiflora, conduit à la même conclusion .

Il semble donc qu'il faille considérer les deux formes de fleurs dolichostylées el brachy stylées des Primevères comme ayant une manière d'être aussi différente que possible. Toutes deux elles présentent une fertilité maxima après pollinisation croisée hétéromorphe et une échelle de fécondité décroissante jusqu'à la fécondation directe ; toutes deux elles sont hétérostylées parla fonction ; mais, tandis que la forme brachystylée a une sensibilité normale vis-à-vis du pollen, la forme dolichostylée a une sensibilité très émoussée, qui la rend presque indifférenle au mode de pollinisation; cette manière d'être serait comme la conséquence d'une atténuation physiologique du dimorphisme.

PULMONARIA ANGUSTIFOLIA

Mes expériences ont porté sur le Pulmonaria angustifolia des enviions de Paris (fig. 44 et 45) (i).

Mise en expérience. — Au commencement de mai 1903, j'ai à ma disposition un certain nombre de pieds sauvages (forêt de Fontainebleau, bois Gautier), récemment transplantés dans des pots.

Castration. Il est nécessaire de eboisir pour pratiquer la castration les inflorescences à floraison peu avancée et d'opérer sur de jeunes boutons, parce que les anthères entrent assez tôt en débiscence. Dans les fleurs dolichostylées on ne peut saisir les anthères qu'en fendant légèrement le calice et en pratiquant une fenêtre dans la corolle ; le bouton est ensuite maintenu fermé à l'aide d un fil. L'opération terminée ou supprime les boutons inutiles et la hampe florale est enfermée dans un sac protecteur en gaze fine (fig. 46).

Pollinisation. — Parmi ces fleurs les unes restent intactes et servent

(1) Cette espèce est celle qui a été étudiée par Darwin.

no HEC II ERC II ES EXPERIMENTALES SIR LA POLLINISATION

de témoins, et les autres sont pollinisées de façon croisée liomomorphe et croisée hétéromorphe. Autant que possible ces trois traitements sont répartis sur les diverses parties d'une même inflorescence.

Fig. 44, — Fleur dolichostylcc de Pulmo- Fig. 45. — Ficur brachyslyléc de Pulmonaria angustifolia. (Section longitu- naria anguslifolia. (Section longitudi-

dinale.) nale.)

Les fleurs se flétrissent très tôt après leur épanouissement et la brièveté de leur floraison rend la pollinisation assez délicate. Le pollen est pris sur des fleurs jeunes protégée*. I > n atteint le stigmate dans les fleurs bracliystylées en enlevant la corolle, qui tient à peine ; il n'en résulte d'ailleurs aucun inconvénient.

Fructification. — Les pots, d'abord placés dans la serre, sont installés ensuite (i3 mai) dehors sous un vitrage et quelques jours après à 1 air libre contre un mur exposé au Nord.

Les fruits se développent rapidement et le 22 juin tous les akènes sont récoltés.

Cette série d'expériences est exposée dans les trois tableaux qui suivent :

Il suffit de jeter un coup d'œil sur le tableau résumé pour voir que dans les 2 formes de fleurs la fécondation croisée hétéroinorphe est très supérieure par le nombre de fruits qu elle donne à la fécondation croisée homoinorphe.

Ces expériences ne font que confirmer dans l'ensemble les expériences antérieures de Hildebrand et de Darwin.

Dans la forme dolichostvlée l'inégalité entre les deux modes de pollinisation est des plus nettes, puisque la pollini-

DBSCBIPTIOfi DES EXPÉRIENCES lai

sation croisée hétéromorphe donne 6 fruits, 9 akènes, lorsque la pollinisation croisée homomorphe ne produit rien.

La différence enlre ces 2 modes de pollinisation est nette également pour la forme brachystylée. Si la pollinisation homomorphe ne se montre pas tout à fait stérile, sa fertilité est

Ftr.. 'if>. — Pulmonaria antjuslifjlia. Un des pieds d'expérience.

très inférieure à celle de la pollinisation hétéromorphe (dans

le rapport de ^ pour le nomhre de fruits et dans le rapport

3 1 * de — pour le nombre d'akènes produits.

Mais il est intéressant de remarquer la fécondité différente des fleurs doliehostylées et des fleurs brachystylées ; après pollinisation croisée hétéromorphe, les 16 fleurs dolichostylées donnent seulement 6 fruits de i,5 akène en moyenne, tandis

PULMONARIÀ ANGUSTIFOLIA. — DÉTAIL DES EXPÉRIENCES

de mm 1903. — Forme dolichostylée.

IIS CIIATHKKS ou Minrs en ExefaiF.*CK.

Mai

Page 1