‹ Recherches expérimentales sur la pollinisationChapitre 53 sur 59 · NOM · texte numérisé non relu

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produits.

d'un akène.

l'orme

dolichosh lée

Forme lu ,h li\ sh li'c.

Pas de pollinisation

Pollinisation directe

Pollinisation indirecte. .

1*. croisée liomomorphe. .

P. croisée hétéromorphe.

OKf ,02^3

l'as de pollinisation

Pollinisation directe

Pollinisation indirecte. .

P. croisée homontorphe. .

1'. croisée héli romorphe.

OKr , o385

que le nombre des fruits produits représente pour la forme doliehostylée les q3 pour 100, et pour la forme brachystyléo les 76 pour 100 des fleurs pollinisées (1).

(1) Il est intéressant de remarquer la fertilité inégale des deux unions hétéro morphes.

Je rappellerai à ce propos que certains auteurs ont voulu voir dans la particularité physiologique des plantes hétérostylées. grâce à laquelle les deux formes de fleurs remplissent vis-à-vis l'une de l'autre tour à tour le rôle de mâle et de femelle, une tendance nette vers l'état dioïque ; l'hétérostylie devenant alors comme la transition entre les plantes à fleurs hermaphrodites et les plantes à fleurs diclines.

La disposition anatomique des fleurs hétérostylées vient à l'appui de cette hypothèse; on peut considérer, en effet, que les Heurs à grandes étamines tendent vers l'état mâle et les fleurs à long style vers l'état femelle. Mais mes expériences viennent à l'encontre de cette manière de voir.

11 faudrait pour la justifier complètement que le croisement des grandes étamines avec le long style donne les résultats les meilleurs, puisque ces organes présenteraient le maximum de différenciation, où se manifeste la tendance vers l'unisexualité. C'est

DESClilPTION DES EX PÉ /< / E NC ES i3g

Mes expériences montrent que le Sarrasin a une façon d'être

très nettement hélérostylée.

Les deux formes de fleurs présentent d'ailleurs une fertilité légèrement inégale. Si les Heurs doliehosty lées ne sont fécondes qu'à la condition expresse d'être pollinisées avec du pollen de l'autre forme, il n'en est pas de même des Heurs brachy stylées, qui paraissent pouvoir se féconder dans certaines conditions après pollinisation croisée homomorphe : les premières seraient donc physiologiquement plus hétérostylées que les secondes. J'ai déjà signalé des différences de fertilité analogues entre les (leurs dolichoslylées et brachystylées chez les Primevères et la Pulmonaire.

Dans ses observations sur le Sarrasin, Darwin a bien entrevu la supériorité de la pollinisation croisée hétéromorphe, mais elle lui avait paru peu marquée; il lui semblait même que les 2 formes de fleurs étaient capables de donner, surtout en automne, « un nombre considérable de semences autofécondées » ; et cette constatation lui faisait dire que le Sarrasin était « moins hétérostylé fonctionnellement que toute autre espèce d'un genre quelconque » (i).

Mes pollinisations me conduisent au contraire à cette conclusion, cpie le Sarrasin présente une hétérostylie très accentuée au point de vue physiologique. Mais, si elles infirment nu moins partiellement les constatations antérieures de Darwin sur celte plante, elles confirment pleinement la théorie générale du grand physiologiste sur les plantes hétérostylées.

en effet ce qui arrive chez le Sarrasin. Mais ii n'en est pas de même dans les autres plantes que j'ai étudiées, et, si dans le Lin le croisement entre les organes longs donne le même résultat que celui réalisé entre les organes courts, il existe dans les deux autres plantes une différence en faveur de ce dernier mode de croisement : les Primevères sont plus fertiles lorsque le croisement s'opère entre les organes courts (au moins en ce qui concerne le nombre des graines contenues dans chaque capsule) et dans les mêmes conditions la Pulmonaire présente ce caractère encore plus accentué.

Ces dernières constatations vont donc à l'enconlre de la théorie, que je viens de rappeler.

(i) Darwin. L- C, p. at)3,

i'jo RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA POLLINISATION

Ces expériences tendent, en effet, à démontrer que l< s 2 formes de Heurs du Sarrasin ne doivent leur fertilité qu'il leur croisement réciproque, et que, par conséquent, l;i presque totalité des graines de Sarrasin produites dans (a nature sont des graines hétéromorphes, qui ont exigé le concours des deux sortes de fleurs.

COMPARAISON, CHEZ LE POLVdOXLM IWGOPYRUM, DES PLANTES ISSUES DES GRAINES CROISÉES IIO- MOMORITIES ET CROISEES II ÉTEIi< ).M< >R 1M I ES.

Dans les expériences qui précèdent, je n'ai étudié que l'influence du mode de pollinisation sur la fécondité même des Heurs, mais cette influence peut se faire également sentir sur 1rs plantes issues tics fleurs pollinîsées.

Dans son livre sur les différentes formes de fleurs, Darwin consacre un des principaux chapitres relatifs aux plantes hétérostylées à l'étude des semis appelés par lui « légitimes » et « illégitimes » (i).

Les nombreuses expériences que cet auteur a poursuivies sur la descendance de plusieurs espèces pendant plusieurs générations [Lylhrum sa liai r ta , plusieurs espèces à'Oxalis et de Vn initia — expériences que complètent un certain nombre d'observations ducs à Hildebrand — montrent que les semis hélerostvlés, qui proviennent d'une pollinisation directe ou d'une pollinisation croisée entre organes de hauteur différente, se distinguent par deux caractères différents:

i° Ils reproduisent toujours en plus grande quantité, quelquefois même exclusivement, la forme de fleurs dont ils proviennent et cela aussi longtemps qu'on suive leur descendance.

2° Ils sont en général rabougris et peu fertiles, souvent dès les premières générations.

(i) L'on sait que Darwin appelle « légitimes » les croisements opérés chez les plantes hélérostylées dimorphes et trimorphes entre organes de même hauteur ; les croisements entre organes de hauteur différente sont dits « illégitimes ». Et Darwin appelle du même nom les semis qui pro\iennent de ces croisements.

Les graines nombreuses, rj ne m'ont données les pollinisations artificielles de Primevères, de Pulmonaire et de Sarrasin m'ont permis d'étudier en même temps que leur faculté germinalive la nature, la vigueur cl la fécondité de leur descendance.

J'ai donc semé dans des pots les graines des différentes plantes expérimentées en 1903 et j'ai obtenu au printemps de l'année suivante de nombreux plants, car elles ont presque toutes germé. Sur les Primevères et la Pulmonaire en raison de la lenteur rie leur développement, je n'ai pu faire jusqu'à présent que des observations incomplètes ; j'ai pu toutefois constater (pie toutes les plantes, quelle que soit leur origine, paraissaient avoir une vigueur égale.

Je me contenterai de donner ici le résultat des observations plus complètes dont le Sarrasin a été l'objet.

Polygondm Kagopvhlm. — Toutes les ^raines d'origine bétéromorphe sont semées isolément dans des pois; les quelques graines d'origine homomorphe sont placées dans un pot déjà occupé par une des graines précédentes, en avant soin de les mettre toutes deux en des points opposés.

Semées le i3 juin, les plantes sont en complète floraison au commencement d'août. Le résultat des observations faites sur ces plantes est résumé dans le tableau ci-joint.

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