EXPÉRIENCE XXIV
Le 22 mai 1884. Nous avons inoculé la substance nerveuse de la poule B, citée dans l'observation XXII, à 4 cobaye et à un rat qui moururent avec les symptomes de la rage. Mais 2 chiens, inoculés en même temps, vivent encore aujourd'hui; l'un d'eux a présenté un certain malaise pendant quelques jours, il a même eu des vomissements (du 15 au 22 juin).
Ari
Aujourd'hui il est revenu à un état de santé très satisfaisant, ainsi que son compagnon inoculé en même temps que lui. L'avenir nous apprendra si l'inoculation du cerveau de la poule contaminée avec un virus de provenance avienne peutservir pour le chien de palladium contre la rage.
Nous ne voulons pas terminer cette étude de la rage des oiseaux sans ajouter quelques mots au sujet de rares cas graves qui peuvent entrainer la mort des sujets expérimentés.
Nous avons remarqué d’une façon générale :
1° Que les oiseaux très jeunes ou très faibles, déjà anémiques, avaient plus de tendance aux accidents paralytiques et convulsifs ;
2° Qu'une quantité considérable de virus injectée dans une seule séance pouvait surmonter l’immunité dont les oiseaux paraissent avoir l’apanage, car tous les autres animaux à sang chaud succombent aux coups du virus rabique, si faible que soit la quantité de virus injecté ;
3° Nous avons dit plus haut que la rage transmise de l’oiseau à son congénère semblait avoir pour lui des effets plus violents que lorsqu'elle lui vient d'un mammifère ;
4° Nous avons fait encore cette observation que la virulence persiste beaucoup plus longtemps chez les oiseaux qui ont eu des manifestations graves.
Tandis que la virulence a disparu un mois environ après l’inoculation chez ceux qui n’ont pas de symptômes, elle peut persister pendant plus de deux mois chez les poules qui ont eu de la paralysie. Nous avons constaté le fait plus d’un mois après la guérison de la paralysie. Le virus, dans ce cas, transporté sur les mammifères, a produit beaucoup plus tardivement ses effets. |
Mais une particularité fort intéressante, selon nous, c’est que, même dans les cas qui semblent désespérés, on peut guérir l'oiseau (la poule surtout) et le ramener d’un état voi-
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sin de la mort à la santé la plus parfaite. Dans trois cas, nous avons pour ainsi dire ressuscité un coq et deux poules.
Ces animaux avaient cessé de manger, et leur maigreur était vraiment extrême : ils n'avaient pour ainsi dire plus que la peau et les os; les muscles pectoraux avaient en grande partie disparu ; un coq surtout était parvenu à un véritable état squelettique. Chez tous trois, la paralysie était fort grave : ilS restaient étendus sans mouvement. Nous leur avons pratiqué le GAVAGE avec une pâtée composée de pain bouilli et de peptone. Cette opération fit vraiment merveille, et j'eus le bonheur(je puis bien m’exprimer ainsi) de ramener mes poules, sur le point de succomber, à la vie et à la santé.
Sur les pigeons, l'opération du gavage est plus difficile. Je ne l'ai pas réussie sur le pigeon dont j'ai parlé. J'ai hâté, sinon déterminé, la mort en lui injectant des aliments dans les bronches.
Il existe dans la science une observation, due à M. Leblanc fils, fde guérison de la rage chez un jeune chien que l’on continua d'alimenter pendant sa maladie (1).