EXPÉRIENCE XX VII
« Avec une dilution aqueuse de matière cérébrale provenant d'un chien mort de rage furieuse à l’infirmerie de M. Bourrel, vétérinaire à Paris, j'ai pratiqué l'inoculation à neuf rats, suivant la méthode que j'ai exposée dans une Communication du mois de juin dernier.
« Trois de ces rats furent abandonnés à eux-mêmes et les six autres furent soumis, dès le jour même de l’inoculation, à une alimentation se composant d’un mélange d'ail pilé et de viande, le tout intimement mélangé au mortier et dosé de telle sorte que chaque rat mangeait, en moyenne, 4 gr. d’ail par jour. Tous ces animaux moururent du dixième au quinzième jour avec les symptômes ordinaires de la rage chez le rat (agitation, priapisme, fureur, altération du : cri, puis trémulation, paraplégie, inappétence et paralysie générale. A l’autopsie: aucune lésion du cerveau appréciable à l'œil nu).
mon
Expérience XX VIII.
« Quatre rats, pesant en moyenne 150 gr., furent soumis pendant un mois à la même alimentation alliacée que les précédents. Au bout d'un mois, ces animaux subirent l'inoculation rabique et l'on continua à leur faire manger de l'ail aux mêmes doses quotidiennes. Ils c'en suecombèrent pas moins dans les délais ordinaires avec tous les symptômes pathologiques et anatomiques que nous venons d'énumérer. à
« La substance nerveuse de ces rats fut inoculée à plusieurs animaux de la même espèce et l'inoculation fut suivie de rage. Deux chats, inoculés avec cette même matière, succombèrent, l’un au bout de dix jours, l’autre le douzième jour, après avoir présenté les acci= dents effrayants de la rage furieuse, si bien exposés par M. Bouley dans sa description de cette maladie chez le chat.
« Ainsi donc, dans cette dernière expérience, voilà des animaux qui ont mangé, dans l’espace de quarante jours, une quantité d'ail supérieure à leur propre poids, et cette énorme proportion a été impuissante à empècherle développement de l'agent morbide dans leur substance. Celle-ci devait cependant en être saturée, car, à l'ouverture des cadavres, on percevait une odeur d'ail très accentuée.
« Un homme de taille moyenne ne pourrait sans doute pas se préserver davantage de la rage, même s'il consommait, à partir du jour où il aurait été mordu, 1 kg ou 2 kg d'ail par jour, ce qui me semble impossible malgré le goût que l’on puisse avoir pour ce végétal et le désir que l’on ait de se guérir.