‹ Recherches expérimentales sur les conditions physiques de la vie dans les eauxChapitre 17 sur 42 · LA LU MI LUE · texte numérisé non relu

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scnce du soleil, et nullement la mesure de son action (lîg. 98).

Jordan eut l idée d’employer, dans ce but, la photographie. Son appareil est formé d’une chambre noire cylindrique, percée de deux trous, par lesquels pénètre la lumière. On introduit,

6*î du matin oNlu matin midi 3l.'dusoir 6*du6oir

Fig. 98 bis. — Résultats fournis par l’appareil Campbell et Stokes.

dans l'appareil, un papier sensible circulaire, et on l’incline suivant la latitude du lieu. Le soleil, par son simple mouvement apparent, trace une ligne circulaire sur le papier sensible, ligne circulaire d'autant plus foncée que les radiations sont plus intenses (fig. 99).

L’héliographe Maurer que représente notre figure 100 dérive

Fig. 99. — Appareil de Jordan pour enregistrer photographiquement les

variations de la lumière.

Fig. 100. — Héliographe de Maurer.

de la même idée. Il est formé d’un cylindre dont l'une des

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bases est coupée obliquement, et percée d’un très petit trou. Le fond du cylindre est garni d'un papier sensible. Les rayons solaires, par suite du mouvement terrestre, viennent décrire un cercle noir sur ce papier sensible. L'intensité est naturellement proportionnelle à l’intensité lumineuse (fig. 101).

vrai

Fig. 101. — Résultats donnés par l’héliographe de Maurer.

Le principe de ces instruments était utilisable pour notre recherche; mais la manière dont ils étaient construits avait absolument besoin d’être modifiée.

C’est alors que nous avons imaginé l’appareil que représente la figure 102. Un lourd plateau de fonte se trouve suspendu, par quatre solides anneaux, à une patte d’oie faite de quatre fils d’acier très résistants, qui rejoignent, au point D, un fil de sonde également en acier. La minceur de ces fils est cause qu’ils n'interceptent en rien la lumière.

Sur le plateau de fonte se trouve vissé un cylindre de bronze, fermé par une plaque ronde suivant une de scs bases.

Sur sa génératrice supérieure D se trouve une fente recouverte d’une glace solidement serrée par une garniture en caout-

chouc et en métal delta. C'est par cette fente que la lumière pénètre dans le cylindre. Elle a un dixième de millimètre de largeur.

Dans l’intérieur du tube se trouve un cylindre que meut un mouvement d’horlogerie. Il fait un tour en vingt-quatre heures. !>ur sa surface se trouve collée une feuille de papier platinographique assez sensible. En tournant, le cylindre présente à la fente successivement les diverses parties du papier qui se trouve impressionné plus ou moins, suivant qu’il arrive à lui plus ou moins de lumière. En retirant le papier après une journée, on le verra donc plus ou moins noirci, suivant que plus ou moins de lumière lui sera arrivé.

L’appareil devant être envoyé assez profondément, il faut que sa surface, et surtout ses joints, supportent la pression. Pour éviter tout accident du côté de la pénétration de l’eau, nous avons pris deux précautions. D’abord, un ballon B, plein d’air, est en rapport, par une tubulure latérale, avec l'intérieur du cylindre; la pression qu’il transmet à l’intérieur étant égale à celle que supporte l’extérieur de l’instrument, elles s’annulent. Comme deuxième précaution, dans la boîte même de l’appareil, nous laissons quelques petits fragments de chaux vive qui absorbe le peu d’humidité qui aurait pu y pénétrer. Un lourd poids P leste le tout, et tend le fil de sonde.

Pour se servir de l’instrument, on procède de la façon suivante : on a deux appareils; l’un reste à bord, à l’extrémité du beaupré; l’autre est immergé. Dans chacun se trouve un cylindre tournant exactement avec la même rapidité. Sur chaque cylindre est un morceau de papier sensible pris dans la même feuille, au même endroit. Des lignes marquent sur chacun les heures et les demi-heures. On met le navire au mouillage par un temps absolument calme, et on immerge l’appareil pendant la nuit, en 1 attachant soit à 1 extrémité du beaupré, soit à une bouée que 1 on laisse loin du navire, pour éviter que celui-ci projette jamais son ombre sur l’appareil immergé. Puis on laisse les deux photomètres s’impressionner toute la journée. On les

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retire quand la nuit est papiers ensemble dans le même bain d’oxalate de fer.

Grâce à l’extrême obligeance du prince Albert de Monaco, nous avons pu voir nos expériences se faire dans des conditions d’exactitude excellentes. Il a transporté nos deux appareils à Madère, très au large, par conséquent loin des cours d’eau qui amènent les particules boueuses dans les eaux.

Les recherches ont été faites par lui sur un navire à l’ancre, en rade de Funchal, pendant le mois de mars 1889.

Le résultat obtenu est représenté par notre planche 111. Les trois jours où les expériences ont eu lieu, il a fait un temps superbe. Les nuages ont été à peu près nuis.

Le 27 mars, l’appareil a été coulé à 20 mètres.

On voit, en examinant la figure, qu’à ce niveau le jour s’est, levé à

tombée, et on développe les deux

Fig. 102. — Photométrographe de P. Regnard.

9 heures du matin, et que la nuit est venue vers o heures du soir. A bord, l’appareil indique que le jour était très net à 6 heures et demie, et qu'à 5 heures et demie du soir il faisait nuit. Les êtres qui vivaient vers 20 mètres de fond ont donc eu quatre heures de jour de moins que ceux de la surface et que les êtres terrestres.

De plus, à 20 mètres, le soleil n’a été visible que de J 1 heures et demie du matin à 1 heure du soir, tandis qu’à terre le soleil a été très intense jusqu’à 2 heures et demie.

Le 29 mars, on a coulé l’appareil à 30 mètres. Ce jour-là, le jour a été très net à 5 heures et demie à terre (la différence avec l’avant-veille tient à la moindre nébulosité du ciel le matin). Le soleil radieux a lui de 7 heures et demie à 3 heures. La nuit photographique est venue vers o heures et demie.

A 30 mètres, le jour s’est levé vers 8 heures et demie; à 1 heure et demie il faisait nuit. Tout au plus le soleil a-t-il été sensible dix minutes vers midi. Les êtres qui vivaient à cet étage marin ont donc eu sept heures de jour de moins que ceux de la surface des continents.

Enfin on a porté l’appareil une autre fois à 40 mètres. Bien que la journée ait été fort belle ce jour-là, c’est tout au plus s’il est arrivé au fond vers 1 heure la faible lueur qui suffit pour voiler légèrement le papier platinographique, lequel est pourtant deux fois plus sensible que le papier au chlorure d’argent.

A 40 mètres c’est la nuit telle que notre œil la connaît puisque pour nous l’obscurité correspond à fort peu près au moment où le papier platinographique peut demeurer un quart d’heure exposé sans donner la moindre réduction.

Jusqu’ici, Messieurs, les études expérimentales ne nous ont donné qu’une notion : il y a, ou il n'y a pas, de lumière dans tel ou tel fond. Tout au plus les recherches de Forel permettaient-elles de comparer l’intensité de la teinte qu’avait prise le papier photographique qu’il immergeait le long de son fil de sonde. Tout au plus aussi peut-on comparer sur notre planche 111

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