‹ Recherches expérimentales sur les effets physiologiques de l'augmentation de la pressionChapitre 18 sur 20 · Ï7 3T5 37 IS · texte numérisé non relu

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En examinant les graphiques et les tableaux qui précèdent, on est frappé du parallélisme qui existe entre la marche des combustions organiques et celle de la température animale. Gomme la production de l'urée, la température s'élève d'abord sous l'influence de l'air comprimé, au-dessus de son niveau à l'air libre,- pour baisser de même graduellement à mesure que la durée du séjour dans l'air comprimé se prolonge.

Quant à l'influence du degré de pression sur la température, cette influence s'exerce également dans le même sens que pour la production de l'urée et de l'acide carbonique et se traduit aussi par une tendance de la température â diminuer à mesure que la pression s'élève, comme on peut

le voir dans les graphiques 3 et 4 et dans le tableau 15 ter qui représente la moyenne des températures prises dans la

Jx)uche et dans le rectum ^

Un âdt remarquable dans les modifications de la température sous l'influence de l'air comprimé est l'écart assez considérable qui existe entre la marche de la température rectale et celle de la température buccale, cette dernière s'abaissant en général plus que la première. Cet écart me paraît tenir à ce que les capillaires superficiels, donnant passage à une moindre quantité de sang qu'à l'air libre et les phénomènes nutritifs devenant par cela même moins actifis, les pertes de chaleur par rayonnement sont plus considérables à la périphérie que dans les parties profondes mieux protégées contre les causes de refroidissement.

En considérant l'ensemble des modifications imprimées à Ifi nutrition par l'augmentation de la pression atmosphérique, on voit, comme le démontrent les faits que j'ai exposés plus haut, l'activité des combustions organiques croître d'abord parallèlement d'une manière absolue, pour diminuer relativement, puis absolument à mesure que le séjour dans l'air comprimé augmente de durée ou que la

^ L'abaissement de la température sous Tinfluence de Texcès de pression, qui se présente d'une manière encore peu tranchée aux pressions qui ne dépassent pas 70 centimètres de mercure, devient trés-considérable, comme l'a remarqué M. Bert* sur les animaux soumis à ses expériences, lorsque la pression s'élève à plusieurs atmosphères.

. * Paul Bert, lo:. cit , p. S8 et «9.

pression dépasse une certaine limite, tout en se maintenant en général au-dessus de ce qu'elle est à lair libre, si Taugmentation de la pression est inférieure à une atmosphère.

Ou peut s'expliquer d'une manière assez satisfaisante l'augmentation absolue de la production de l'urée et de l'acide carbonique d une part et de la température de l'autre, par ce fait que, chez les sujets plongés dans une atmosphère plus riche en oxygène sous le même volume, l'organisme se trouve dans un état dihyperoxhèYnie ^ la •quantité de ce gaz dissous dans le sérum du sang étant plus considérable qu'à la pression normale, d'où résulte une oxydation plus active de l'hématoglobuline ; mais il est plus diflScile de se rendre compte de l'abaissement relatif et pouvant même devenir absolu qui se produit dans l'énergie des combustions organiques si le sujet prolonge son séjour dans l'air comprimé ou si l'on exagère la pression.

Deux hypothèses peuvent être mises en présence. Dans la première, l'excès d'oxygène introduit dans le sang produirait, pendant les premiers instants de séjour dans l'appareil, une suractivité des combustions organiques qui se traduirait au dehors par l'augmentation de la quantité d'urée sécrétée et d'acide carbonique exhalé, d'où l'élévation de la température et, pai^ suite, l'accélération du pouls que l'on remarque au début. Les matériaux en imminence de transformation seraient brûlés les premiers, puis, la quantité d'éléments combustibles diminuant, la production de l'urée et, par suite, de la chaleur, diminueraient également à mesure que le séjour dans l'appareil se prolongerait, malgré l'afflux de l'élément comburant et cette diminution amène -

rait à son tour rabaissement de la température et le ralentissement du pouls.

Enfin, rabaissement brusque que l'on remarque, après la sortie de l'appareil, dans la production de l'urée, serait dû à la fois à la diminution des matériaux combustibles dont la dépense aurait été plus grande et au moindre afflux de l'élément comburant par le retour à l'air libre.

Cette théorie peut rendre compte d'un certain nombre de faits, mais elle n'explique pas la diminution de Ténergié des combustions à mesure que la pression augmente.

Je crois donc qu'il faut chercher ailleurs la solution du problème , et voici l'explication qui me paraît la plus satisfaisante .

On sait que toutes les causes qui produisent l'accélération ou le ralentissement de la circulation amènent parallèlement l'augmentation ou la diminution de l'activité de la nutrition ^ Or, comme on l'a vu plus haut, l'élévation de la pression atmosphérique, en augmentant la tension artérielle, ralentit la circulation, et ce ralentissement est d'autant plus marqué que la durée du séjour dans l'air comprimé est plus longue ou que la pression est plus forte. On est donc conduit à penser que, chez les sujets plongés dans l'air com-

* L'influence que la plus ou moins grande activié de la c'rculation exerce sur la nutrition est démontrée d une manière bien évidente par les deux faits suivants, qui sont en parfaite harmonie d'opposition.

D'une part, à la suite de la section du pneumogastrique, on voit les mouvements du cœur s'accélérer et consécutivement la quantité d'urée sécrétée augmenter en proportion de l'élévation du pouls (S.'egmund. , Archio. fiir patholog. Anat, und Physiol., von R. Wirchow. 1853, G® vol. p. k^^).

D'autre part, la digital-j qui, en augmentant la contractilité des capilla'res et, par suite, la tension artérielle, ralentit la circulation, amène corrélativement une diminution notable dans la production de l'urée et dans la température, dont l'abaissement peut atteindre dans certains cas jusqu'à trois degrés centigrades (Legroux, Ga^. hebd. de méd. et de cAiV., 1867, p. 119).

primé, il s'établit un antagonisme entre l'action comburante de l'oxygène introduit dans le sang en plus grande quantité et l'action mécanique de la pression qui tend, au contraire, en ralentissant la circulation, à diminuer en même temps l'énergie des combustions organiques. Les variations que l'on observe dans la production de l'urée et de l'acide carbonique, puis consécutivement dans la calorification, seraient donc dues aux variations de la résultante de ces deux actions contraires. Dans les premiers instants de séjour dans l'appareil, l'élément suroxygénation l'emporterait, puis, sous lïnfluence de la durée du séjour, d'une part, du degré de pression employé, de l'autre, le travail du cœur étant plus considérable, par suite de l'augmentation de la tension artérielle, la circulation, et, par suite, l'activité des actes nutritifs iraient en se ralentissant.

Quant à l'abaissement du chiffre de l'urée qui suit la sortie de l'appareil, on en trouve l'explication rationnelle d'une part, dans la diminution de l'oxygène contenu dans le sang au moment du retour à l'air libre, et, de l'autre, dans cette circonstance que j 'ai signalée plus haut, que le pouls, après une légère élévation au moment même de la décompression, ne reprend pas immédiatement sa fréquence et son amplitude, ce qui entraîne nécessairement, pendant quelque temps encore, après la sortie de l'appareil, un ra lentissement de la circulation capillaire et consécutivement de la nutrition, d'où les variations que l'on remarque dans la quantité d'urée produite en 24 heures suivant que la circulation met plus ou moins de temps à recouvrer son activité normale.

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