‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les (volume 2)Chapitre 30 sur 58 · En second lieu , la délimitation du rôle que · texte numérisé non relu

En second lieu , la délimitation du rôle que

jouent les diverses parties nerveuses qui concou-

rent à un mouvement volontaire a montré que

les nerfs n'y sont proprement que pour Vexcita-

.tion des contractions musculaires; la moelle

épinière, pour la liaison de ces contractions en mouvemens d'ensemble; le cervelet, pour la coordination de ces mouvemens en nîouvemens déterminés, saut, vol, marche, course, station, préhension, etc. ;,et les lobes cérébraux, pour la volition de ces mouvemens.

4. On a vu ensuite que le principe primordial du jeu de l'iris et de l'action de la rétine dérive des tubercules quadfijumeaux.

5. Et il a été démontré enfin que le principe des sensations , des perceptions et des volitions réside exclusivement dans les lobes cérébraux ; comme la coordination des mouvemens volontaires, dans le cervelet.

6. La masse cérébrale se compose donc jusqu'ici, et sans compter la moelle alongée proprement dite, de trois organes essentiellement distincts : savoir, les tubercules quadrijumeaux, les lobes cérébraux, et le cervelet; et chacun de ces trois organes a des fonctions non moins distinctes que spécifiques.

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7. Il y a un centre primordial du jeu de Tirls et de Faction de la rétine, et il réside dans les tubercules quadrijumeaux ; il y a un centre des perceptions et des Tolitions , et il réside dans les lobes cérébraux; il y a enfin un centre coordonnateur des mouvemens volontaires, et son sLég& est le cervelet.

8. Ces divers points établis , il ne restait plus qu'à déterminer si les mouvemens dits involoniaireêy les seuls dont nous n'eussions pas encore parlé, n'avaient pas aussi quelque pareil centre d'action ou de coordination ; et ce centre supposé, quel en pouvait être te siège.

Tel a été l'objet des expériences suivantes.

1 . Je retra^nchai , sur un jeune et vigoureux lapin, d'abord les lobes cérébraux, et l'animal perdit aussitôt toute faculté de vouloir et de percevoir ; puis le cervelet , et il perdit toute faculté de se mouvoir avec ordre et régularité ; enfin les tubercules quadrijumeaux, et ses iris, jusque là contractiles et mobiles, perdirent bientôt tout ressort et tout mouvement.

Malgré ces diverses mutilations, l'animal vivait et respirait bien.

Ce fut alors que je commençai à retrancher,

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par tranches successives , la moelle alongée d'avant en arrière.

Dès le^prenGiières tranches, la respiration parut laborieuse et troublée , et cette fatigue et ce trouble s'accrurent de plus en plus à mesure que j'avançai.

Aux moyennes tranches , l'animal ne respirait déjà plus qu'avec des efforts inimaginables.

Les dernières tranches coupées , il ne respirait plus.

2. Je pris un autre lapin; je retranchai pareillement les lobes cérébraux, les tubercules quadrijumeaux et le cervelet.

Pareillement , la respiration persistait , et persistait toujours avec une justesse et une harmonie parfaites.

Je retranchai la moelle alongée tout d'un coup, et tout d'un coup la respiration fut éteinte.

3. Je supprimai, par coupes graduelles et successives, d'avant en arrière, la moelle alongée, sur une poule : à chaque coupe, la respi* ration devint de plus en plus irrégulière et pénible; et la dernière coupe opérée, il n'y eut plus de respiration.

4^ Je retranchai , sur une poule et sur un pigeon , les lobes cérébraux , les tubercules qua-

drijumeaux et le cervelet, sans toucher à la moelle alongée.

La poule survécut deux jours à ces graves mutilations, et Je pigeon en survécut trois.

Chez ces deux animaux, la respiration ne s'affaiblit et ne se troubla d'une manière sensible qu'aux derniers momens de leur existence.

5. Je supprimai tout d'un coup , sur une autre poule et sur un autre pigeon, la moelle alongée tout entière ; et, chez ces deux animaux, la respiration fut tout d'un coup abolie.

6. J'ai répété ces expériences sur un grand nombre de poules , de lapins , de pigeons , de chats, de chiens, de canards, de cochons-d'inde : toujours le résultat a été le même.

7. Ainsi donc , ni les lobes cérébraux , ni le cervelet, ni les tubercules quadrijumeaux, n'exercent une influence directe et immédiate sur la respiration : la moelle alongée est la seule partie, entre celles qui composent la masse cérébrale , qui exerce sur cette fonction une pareille influence.

8. Je passe à l'examen des diverses régions de la moelle épinière.

9. Je retranchai , sur un lapin, toute la moelle lombaire, y compris le renflement postérieur.

La respiration n'en fut point troublée.

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Quelques heures après, je détruisis toute la portion de moelle dorsale qui s'étend de ce renflement postérieur à l'origine delà dernière paire intercostale, et la respiratioïi ne parut point encore essentiellement altérée.

Je détruisis alors, petit à petit, toute la moelle costale ; le jeu des côtes s'éteignit graduellement à mesure que j'avançai, et quand j'eus fini, il était tout-à-fait éteint.

Je pénétrai plus avant, la respiration s'exécutant encore, quoique avec peine , par le diaphragme; j'atteignis enfin l'origine des nerfs diaphragmatiques; et avec la cea^ation du jeu du diaphragme cessa toute respiration effective: car les bâillemens de la bouche et de la glotte, survivant seuls, n'avaient plus d'effet.

10. J'enlevai, sur une poule et sur un pigeon, les moelles lombaire et dorsale, jusqu'à l'origine des dernières paires intercostales.

Ces deux animaux survécurent près de deux jours à cette ablation.

*! 1. Je détruisis graduellement, sur une autre ppule et sur un autre pigeon, la moelle costale. La respiration s'affaiblit de plus en plus, à mesure que s'opérait celte destruction ; et quand celle-ci fut consommée, Jl n'y eut plus de respiration, ou plutôt plus de mouvement des côtes;

car les bâillemens de la bouche et de la glotte persistaient toujours.

12. Je détruisis, sur plusieurs grenouilles, toute la moelle dorsale, sans troubler manifestement la respiration.

J'atteignis enfin Torigine des nerfs de l'appareil hyoïdien; appareil qui, chez, ces animaux^ remplit, comme M. Cuvier* l'a si bien montré , les fonctions du thorax ou du diaphragme : et ce fut alors seulement que cessèrent les mouvemens inspiratoires du tronc , ceux de la tête persistant toujours.

i3. Ainsi donc , on ne détruit tous les mouvemens inspiratoires du tronc, chez, les mammifères, qu'en atteignant l'origine des nerfs diaphragmatiques : la simple destruction de la moelle costale suffit , chez les oiseaux , parcequ'ils manquent d'un diaphragme complet; et

» Leçons d'anatomie comparée, tom. II, pag. 249; et tom. lY, pag. 368.

Tout le moade sait, depuis M. Cuvier, que, chez les reptiles privés de côtes mobiles, comme les salamandres et les grenouilles f ce sont les muscles de la gorge qui font l'effet du diaphragme; l'appareil hyoïdien, l'effet de l'appareil thoracique ; et conséquemment les paires cervicales qui se perdent dans les muscles de la gorge, l'effet des nerfs diaphtagmatiques.

chez les reptiles batraciens, il faut aller jusqu'à Torigine des nerfs cervicaux, ou hyoïdiens.

§. ffl.

1. Maintenant qu'on vient d'énumérer et d'assigner les diverses parties nerveuses qui concourent au mécanisme respiratoire , il s'agit de démêler dans quel ordre, dans quelle mesure, selon quel mode , chacune d'elles y concourt.

2. Tout le monde sait qu'une inspiration, ou un mouvement inspiratoire , se compose de quatre mouvemens bien distincts , quoique exécutés simultanément : le bâillement des narines ou de la bouche, l'ouverture de la glotte , l'élévation des côtes et des épaules , et la contraction du diaphragme.

Or, chacun de ces mouvemens, les bâillemens , la dilatation des narines, l'ouverture de la glotte, l'élévation des côtes, la contraction du diaphragme; chacun de ces mouvemens, dis-je, tient en particulière une origine particulière de nerfs.

Il est donc clair que, tant qu'on ne touche point à cette origine, le mouvement doit se conserver; et il ne l'est pas moins qu'il doit se perdre quand on y touche.

3. J'ai détruit, sur un lapin, la moelle costale , et le mouvement dés côtes s'est aussitôt éteint : mais les trois autres mouveniens, celui du diaphragme, celui des narines, celui de la glotte, subsistaient toujours.

4. J'ai détruit, sur un autre lapin, et la moelle costale, et le point d'origine des nerfs diaphragmatiques; et le jeu des côtes, et le jeu du diaphragme se sont à la fois éteints; mais celui des narines et celui de la glotte n'en subsistaient pas moins.

5. J'ai détruit enfin , sur un troisième lapin , et la moelle costale, et l'origine des nerfs diaphragmatiques , et l'origine des nerfs de la huitième paire ; soudain le mouvement des côtes , le mouvement du diaphragme, le mouvement de la, glotte, se sont éteints; il ne subsistait pluf que les bâillemens de la bouche et la dilatation des narines.

6. J'ai procédé alors en sens inverse; j'ai retranché la moelle alongée, par tranches successives 9 d'avant en arrière : ce sont les bâillemens qui ont disparu les premiers , puis la dilatation des narines ; il ne survivait plus que les seuls mouvemens inspiratoires du tronc.

7. Ainsi, selon qu'on procède d'avant en arrière, ou d'arrière en avant, ce sont les mouve-

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mens du tronc qui survivent à ceux de la tête , ou ceux de la tête à ceux du tronc.

Nul , à cet égard , n'a de privilège ; nui ne survit qu'autant qu'on respecte son origine. Chacun d'eux peut être isolément détruit ou conservé ; ce n'est conséquemment d'aucun d^eux que dépend l'existence de tous les autres.

§. IV

1. Les divers mouvemens qui composent le mécanisme respiratoire sont donc essentielle-^ ment distincts et indépendans entre eux. D*où vieot donc qu'ils concourent , qu'ils s'unissent, qu'ils conspirent avec un ordre si merveilleux pour l'exécution de ce mécanisme? Chacun de ces mouvemens a-t-il en lui-même et son premier mobile et son principe régulateur? Ou bien y a-t-il un seul premier mobile , un seul principe régulateur, qui les détermine et les ordonne tous ?

â. J'ai coupé , sur un lapin , par une simple section transversale, la moelle épiniére immédiatement au-dessus de l'origine de la première paire intercostale.

Soudain, tous les mouvemens inspiratoires des côtes se sont éteints; et pourtant, chose bien remarquable , le tronçon de moelle duquel

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partent les nerfs des côtes était encore si plein de vie, que, pour peu qu'on l'excitât, la cage respiratoire se mouvait tout aussitôt comme aupara-^ vant.

3. J'ai coupé, sur un autre lapin, la moelle épinière au-dessus de l'origine des nerfs diaphragmatiques; sur-le-<:hamp, les mouvemens inspiratoires des côtes et du diaphragme ont disparu.

Cependant le fragment médullaire postérieur vivait toujours : pour peu qu'on l'irritât , il survenait aussitôt des contractions du diaphragme et des mouvemens des côtes ; il se faisait un véritable mouvement inspiratoire du tronc, et ce mouvement pouvait aller jusqu'à déterminer un certain bruit dans le larynx.

4* J'ai, sur un troisième lapin, coupé la moelle épinière, d'abord au-dessus de l'origine de l'accessoire , et puis à l'origine même de la huitième paire.

D'abord, tous les mouvemens des épaules, des côtes et du diaphragme se sont éteints , et ensuite ceux de la glotte.

Et, dans les deux cas, une excitation extérieure du tronçon de moelle restant pouvait encore les ranimer tous.

5. J'ai coupé enfin la moelle alongée, sur un quatrième lapin , quelques lignes au-dessus de

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l'origine de la huitième paire; et tous les mou«* vemens inspiratoires du tronc se sont conservés. Ceux de la tête continuaient aussi : il ue manquait plus qu'une certaine harmonie entre les uns et les' autres ; harmonie interrompue par l'interruption même du siège dont elle émane.

6. Ainsi, une simple section au-dessus de la moelle costale arrête le jeu dçs côtes; au-dessus de l'origine des nerfs diaphragmatiques , le jeu des côtes et du diaphragme; à l'origine même de la huitième paire, tous les mouvemens inspiratoires du tronc, à la fois ; et, quelques lignes par-delà cette origine, elle n'en arrête aucun.

Nul de ces mouvemens ne contient donc en lui-même le premier principe de son action : il suffit de les isoler d'un point donné pour qu'aussitôt ils s'éteignent ; il suffit de les maititenir réunis à ce point, pour qu'ils se conservent : c'est donc évidemment de ce point et de ce point seul , 4]u'ils tirent leur premier mobile.

7. Il n'est donc pas étonnant qu^en ne supprîmant directement que ce point, on les supprime tous, sans toucher à l'origine immédiate d'aucun.

Toutefois , dans ce cas-ci , ce n'est pas précisément eux qu'on supprime; c'est seulement leur lien et leur premier mobile. Dans le fait, ils survivent tous, sinon en acte, du moins en puissance;

une excitation extérieure peut encore les provoquer chacun en particulier; il n'y a d'éteint que leur simultanéité et leur spontanéité.

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