VJ PRÉFACE
OU UH scalpel dans le cerveau par cette ouverture, ne savaient jamais réellement ni quelles parties ils blessaient, nicouséquemment à quelles parties il fallait rapporter les phénomènes qu'ils observaient.
Les compressions que ces observateurs employaient souvent jettent encore bien du louche sur les résultats qu'ils nous ont laissés. Je ne connais pas de voie plus propre à induire en erreur que celle des compressions ; car il est presque impossible de comprimer une partie du cerveau sans toucher aux autres.
L'ablation graduelle et ménagée des parties expérimentées , isolant seule convenablement ces parties , peut visiblement seule conduire à la détermination rigoureuse de leurs fonctions.
Jetons maintenant un coup d'œil rapide sur les principaux résultats contenus dans le Mémoire dont il s'agit.
On a reconnu, de bonne heure, que le système nerveux est tout à la fois l'organe par lequel l'animal reçoit ses sensations^ et l'organe par
PRÉFAGE. Vij
lequel il exerce ou détermine ses mouvemens.
Mais la propriété de sentir réside-t- elle dans les mêmes parties que la propriété de mouvoir ? Mais sentir et mouvoir ne sont-ils qu'une seule propriété? sont-ils deux propriétés diverses? les organes de Tune de ces propriétés sont-ils distincts des organes de l'autre ?
Ces grandes questions , débattues depuis tant de siècles , attendaient encore leur solution.
Mes expériences montrent, de la manière la plus formelle , qu'il y a deux propriétés essentiellement diverses dans le système nerveux , l'unq de sentir, VdiWXxt de mouvoir; que ces deux propriétés diffèrent de siège comme d'effet; et qu'une limite précise sépare les organes de l'une des orgariés de l'autre.
Les nerfs , la moelle épinière , la moelle alongée, les tubercules quadrijumeaux, excitent seuls immédiatement la contraction musculaire ; les lobes cérébraux se bornent à la vouloir , et ne Vexcitent pas : dans le cervelet réside une propriété dont rien ne donnait encore l'idée en
VllJ PREFACE.
physiologie, et qui consiste à. ordonner ou coordonner les mouvemens voulus par certaines parties du système nerveux , excités par d'autres.
Il y a donc , dans le système nerveux , trois propriétés essentiellement distinctes :
L'une de vouloir et de percevoir ; c'est la sensibilité ;
L'autre d'exciter immédiatement la contraction musculaire; je propose de l'appeler excitabilité ;
La troisième de coordonner les mouvemens ; je l'appelle coordination.
U irritabilité^ ou contractilité , est, comme chacun sait depuis Haller, la propriété exclusive au muscle de se contracter ow raccourcir avec effort, quand une excitation quelconque l'y détermine.
Mais , indépendamment de ces trois propriétés fondamentales du système nerveux , l'une de vouloir, l'autre d'exciter., l'autre de coordonner les contractions musculaires ; chaque partie déterminée de ce système joue un rôle déterminé dans les mouvemens dits volontaires, ou de locomotion et de préhension.