Je fis avaler, à un moineau , quelques gouttes d'alcool
Ce petit animal présenta bientôt , dans son vol et dans sa démarche , toutes les allures de l'ivresse. Il ne volait plus que d'une manière bizarre et interrompue. Il oscillait, il s'enroulait sur lui-même en volant.
Quand il marchait, ce n'était qu'en chancelant sur ses jambes , et par zig-zags.
Je lui fis avaler quelques gouttes d'alcool de plus. Il perdit jusqu'à la faculté de se tenir debout, ou couché sur le ventre, ou dans toute autre position fixe et équilibrée.
On eût dit, aux premières gouttes, qu'il n'avait perdu que la moitié de son cervelet ; ou eût dit, aux dernières , qu'il l'avait perdu en entier.
2. Pour suivre , dans tous ses détails , cette dégradation parallèle des fonctions du cervelet par la lésion mécanique d'un côté, par l'action
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de l'alcool de l'autre; je fis une expérience de comparaison.
3. Surun moineau, je n'enlevai d'abord que les couches superficielles du cervelet ; je passai ensuite aux couches moyennes; petit à petit j'arrivai aux couches les plus profondes; je finis par enlever le cervelet tout entier.
En même tems, je fis avaler, à un autre moineau, d'abord, deux ou trois gouttes d'alcool; puis deux ; puis deux encore : ce qui fit à peu près six ou sept, en tout.
Ces deux petits oiseaux commencèrent par chanceler sur leurs pâtes ; puis ils ne marchèrent et ne volèrent plus que de la manière la plus bizarre ; puis ils ne surent plus ni marcher, ni voler du tout; ils finirent par ne pouvoir plus même se tenir debout.
Jusqu'ici la concordance avait été parfaite. Une différence essentielle parut alors , c'est que le moineau pris d'alcool , parvenu au dernier degré de l'ivresse, perdit en même tems l'usage de ses sens et de ses facultés intellectuelles ; usage que le moineau privé de son cervelet, conserva toujours.
4. Je fis avaler à plusieurs petits oiseaux, moineaux, bruants, verdiers, pinsons, alouettes, linottes, chardonnerets, etc., etc., quel-
ques gouttes d'alcooî ; et. à mesure que, chez ces divers animaux, les phénomènes de l'ivresse se développèrent . je mis les parois osseuses du crâne à nu.
Chez tous ces petits oiseaux, la région du cervelet et le cervelet se trouvèrent, à l'exclusion des autres régions et des autres parties cérébrales, teints d'un rouge foncé, et gorgés de sang.
5. Je fis avaler cinq ou six gouttes d'alcool à un jeune moineau dont, en même tems, je mis bien tout le crâne à nu.
Au bout de quelques minutes, l'animal commença à chanceler sur ses jambes et à osciller en volant ; rien ne paraissait pourtant encore au crâne.
Une tache d'un rouge foncé parut enfin vers la région crânienne du cervelet. Cette tache s'étendit peu àpeu,prituneteinteplusfoncée; et, à mesure qu'elle s'étendait et se rembrunissait, l'animal perdait de plus en plus l'exercice des fonctions de son cervelet.