AVERTISSEMENT
A peine le Rapport de M. le baron Cuviersur le Mémoire que je soumis, en avril 1822, au jugement de l'Académie, avait-il paru, que quelques personnes , sur la simple lecture , et très probablement sur une lecture très superficielle de ce Rapport, se hâtèrent de dire et de répéter, dans quelques journaux, que les expériences de ce Mémoire n'étaient qu'une répétition de celles de M. Rolando, publiées en 1809, en Sardaigne.
Je reproduis ici les éclaircissemens que j'eus l'honneur de communiquer , dans le tems , à l'Académie , relativement à ces assertions ; et je place , en tête de ces éclaircissemens j, les expériences mêmes de M. Rolando , en les accompagnant de quelques notes destinées beaucoup moins à montrer , par une comparaison de détails superflue, combien les résultats de M. Rolando diffèrent des miens ( ce qui, en soi, importe assurément fort peu à la science ) , qu'à
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faire mieux ressortir encore combien , avec des expériences telles que les siennes , avec une méthode aussi vague, aussi défectueuse, aussi incomplète que celle qu'il a suivie , il était impossible d'arriver à des résultats précis.
Mais il est une autre vue qui m'a principalement dirigé dans la rédaction de ces notes ; c'a été de montrer, par le détail même des faits, les causes réelles de l'instabilité, de la confusion, de l'incohérence des résultats obtenus soit par M. Rolando, soit par mes autres prédécesseurs, et de parvenir ainsi jusqu'à découvrir la source de leurs erreurs.
Je pense, avec Fontana, « Que c'est une faute » dans ceux qui écrivent les derniers de ne pas » chercher à démontrer l'exactitude de leurs ex- «périences, en comparaison de celles des pre- »miers. C'est cependant à eux, plus qu'à tout «autre, qu'il appartient de remonter à l'origine » des erreurs, et de faire voir comment le premier «observateur a pu se tromper '.»
' Traité sur le venin de la vipère, etc. ïom. I, p. 103.