‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrés (volume 3)Chapitre 63 sur 67 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Détermination des propriétés du système nerveux.

On sait que le système nerveux est tout à la fois l'origine des sensations et des mouvemens. Mais est-ce par une propriété unique ou par deux propriétés différentes qu'il détermine deux plié-

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nomènes aussi distincts? Cette question, presque aussi ancienne que la science, n'a jamais été résolue d'une manière définitive.

L'opinion la plus générale a toujours été que le-S3''stème nerveux n'est doué que d'une propriété unique, en vertu de laquelle il détermine également et les sensations et les mouvemens. Néanmoins, et à diverses reprises, quelques physiologistes ont soutenu l'opinion contraire : savoir, qu'il y a deux propriétés distinctes, l'une pour les mouvemens, l'autre pour les sensations. Mais, quand on leur a demandé si ces deux propriétés résidaient dans les mêmes parties ou dans des parties différentes, nul n'a répondu par des expériences directes; et ainsi cette opinion, tour à tour abandonnée ou reproduite dans la science, n'a jamais été ni complètement établie, ni complètement réfutée.

Pour concevoir les motifs de cette longue indécision , on n'a qu'à réfléchir au peu d'expériences suivies qu'on a jusqu'ici tentées sur le système nerveux. Les premières, en date comme en importance, remontent incontestablement à Haller et à ses disciples ; et , pendant près d'un siècle et demi, on n'a fait que les répéter, ou que raisonner sur elles. Il faut excepter toutefois les expériences vraiment neuves de Lorry et de Le

Gallois ; mais ces expériences elles-mêmes sont plutôt neuves quant aux résultats , que quant à la méthode ; et cette méthode , n'isolant point complètement les parties expérimentées, ne pouvait conduire à l'isolement complet des propriétés : or on ne peut douter que cet isolement ne soit , du moins en grande partie , la véritable cause des plus grands résultats obtenus par M. Flourens.

Selon lui , il y a deux propriétés essentiellement distinctes dans le sjstème nerveux : l'une, d'exciter les contractions musculaires ; l'autre , de percevoir les impressions.

Il s'agissait donc de déterminer expérimentalement quelles parties de ce système servent exclusivement à la sensation, et quelles, au contraire , servent exclusivement à la contraction.

Évidemment , l'expérience de chaque partie pouvait seule en constater la propriété : M. Flourens a donc expérimenté , tour à tour et séparément , sur les nerfs, la moelle épinière , la moelle alongée , les tubercules- quadrijumeaux , le cervelet et les lobes cérébraux.

De ces expériences ainsi délimitées il suit :

1° Que les nerfs , la moelle épinière , la moelle

alongée et les tubercules quadrijumeaux sont susceptibles d'exciter des contractions musculaires ; 2° que les lobes cérébraux et le cervelet ne sont pas susceptibles d'en exciter.

§• ni.

Déjà Haller et Zinn avaient signalé l'impassibilité des couches supérieures des lobes cérébraux ; Lorry , celle du corps calleux : M. Flourens a le premier reconnu cette impassibilité dans tout l'ensemble de ces lobes , dans le cervelet ; et le premier il en a fixé la limite aux tubercules quadrijumeaux.

D'ailleurs, de l'impassibilité observée dans certains points des lobes cérébraux, les physiologistes précédens n'avaient rien conclu, sinon que ces points étaient impassibles. M. Flourens a eu le premier l'idée de rechercher, dans les parties impassibles, le principe des volitions et des perceptions, comme, dans les parties excitables , le principe des mouvemens.

Tel a été l'objet d'une suite d'expériences variées à l'infini , et desquelles il résulte qu'en isolant convenablement ces diverses parties , on provoque tour à tour la contraction ou la sensation , et toujours l'une séparément de l'autre.

D'un autre côté, on savait bien que toute par-

tie séparée, d'une manière quelconqu<^, de la masse cérébrale, perdait aussitôt la faculté d'éprouver des impressions perçues , et d'obéir à la volonté ; mais on ignorait encore si la cause de ce phénomène résidait indifféremment dans tous les points de la masse cérébrale , ou dans certains d'entre eux seulement. M. Flourens a le premier montré qu'elle réside exclusivement dans les lobes cérébraux ; et le premier il a bien circonscrit ces lobes , en en détachant tout-à-fait , quant à leur manière d'agir, les tubercules quadrijumeaux et le cervelet.

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