‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 134 sur 167 · HI · texte numérisé non relu

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1. En résumant tout ce qui précède, on voit : 1° Que ni la destruction du tympan, ni celle de

la première portion de la chaîne dite des osselets, n altèrent gravement l’ouie ;

2° Que l’ablation de l'étrier l’affaiblit beau- COUP ;

3° Que la destruction de la membrane qui ferme les fenêtres ronde et ovale (l'étrier toujours enlevé) l’affaiblit encore davantage :

4 Que la restitution de l’étrier semble restituer à l'ouie quelque énergie;

5° Que la rupture des canaux semi-circulaires rend l'audition douloureuse (1), et s'accompagne, de plus, d'une agitation brusque et violente de la tête ;

6°” Que la mise à nu de l'intérieur du vestibule n’altère point notablement l'ouïe ;

7° Que la destruction de l'expansion nerveuse

contenue dans le vestibule, et qui du vestibule se rend dans les canaux semi-circulaires, ne détruit ce sens qu'en partie, et que la destruction complète et de cette expansion et de l'expansion nerveuse du limaçon le détruit complétement (2).

IT. Les conditions fondamentales de l'audition se déduisent tout naturellement, comme on voit, de ces résultats. La partie la plus essentielle à cette fonction est évidemment l'expansion nerveuse du limaçon. C'est même à la rigueur la

(1) Du moins immédiatement : cette sensibilité douloureuse de louïe se dissipe à mesure que la plaie se cicatrise.

(2) Je n’ai pu réussir à détruire l'expansion nerveuse du limacon sans toucher, plus ou moins, à celle du vestibule : mais 1° l’ouie n’est détruite que lorsque les deux expansions nerveuses du vestibule et du limaçon sont détruites; et 2° la destruction des nerfs des canaux semi-circulaires, c’est-à-dire des ramifications mêmes de l'expansion nerveuse du vestibule, ne détruit pas l’ouïe. L’ex-

pansion nerveuse du limaçon est donc le véritable nerf de l’ouïe,

seule partie indispensable : car toutes les autres peuvent être ôtées ; pourvu que celle-là subsiste, l'audition subsiste.

Toutes les autres parties ne concourent donc qu'à l'étendue, à l'énergie, aux modifications accessoires de la fonction, ou à la conservation de l'organe.

IL. D'un autre côté, en faisant une application de ces dernières expériences à la recherche des différentes causes de la surdité, on voit :

1° Qu'il y a une cause immédiate et absolue de la surdité, savoir, la destruction du nerf ou de l'expansion du nerf qui se rend dans le limacon;

Et 2° qu'il y a plusieurs causes d’affaiblissement progressif, et, par suite, de perte plus ou moins éloignée de l’ouie: la destruction de l’étrier, celle des orifices du vestibule et du limacon, celle des parois du vestibule, etc.

IV. Enfin, on peut se souvenir que, daus mes expériences sur le cerveau, j'ai fait voir que l’audition se perdait par l'ablation des lobes cérébraux, sans qu'aucune partie de l'oreille fût réel lement atteinte, et qu'ainsi la perte de l'organe du sens est complétement distincte de la perte de l'organe de la perception.

$ IV

Addition touchant le phénomène qui suit la section des canaux

semi-circulaires.

Je coupai, le 15 novembre 1824, sur un pigeon, le canal semi-circulaire horizontal des deux cétés. Cette section fut aussitôt suivie de ses deux phénomènes accoutumés : le branlement horizontal de la tête, et le tournoiement de l'animal sur lui-même.

Ilimportait de voir ce.que deviendraient et ces singuliers phénomènes, et un pareil animal, si on le laissait vivre. Celui-ci fut bientôt guéri des suites immédiates de l'opération ; ses deux plaies furent bientôt complétement cicatrisées ; mais le branlement de la tête, et le tournoïement persistèrent toujours; le branlement seul diminua de fréquence et d'intensité.

Le 10 janvier 1825, cet animal fut présenté aux Commissaires de l’Académie. Le mouvement horizontal de la tête, quoique devenu moins brusque et moins violent qu'immédiatement après l'opération, persistait cependant toujours, et se reproduisait surtout toutes les fois qu'on excitait l'animal à se mouvoir.

Quant au tournoiement, il n’avait presque rien perdu de sa première intensité, et se renouvelait aussi toutes les fois qu'on faisait mouvoir l'animal avec rapidité.

Ce tournoïiement sopérait tantôt à gauche, tantôt à droite, mais le plus souvent à droite.

Le 17 mai (époque de la première impression de cette Addition), le branlement et le tournoiement persistaient toujours au même degré et avec les mêmes caractères.

Du reste, l'animal conservait tous ses sens, toutes ses facultés ; et comme il avait été nourri avec beauconp de soin, il avait beaucoup engraissé.

Il restait à examiner l’état intérieur des parties. Je sacrifiai donc cet animal que j'étudiais depuis si long-ternps et avec tant d'intérêt.

Les os du crâne enlevés étaient reproduits; les deux canaux coupés étaient oblitérés aux points de leur section. Les parties cérébrales paraissaient dans un état d’intésrité parfaite; et ni les lobes cérébraux, ni les tubercules bijumeaux, ni la moelle allongée, ni le cervelet n'offraient, sur aucun point, ni la moindre lésion, ni la moindre altération sensibles.

454 CANAUX SÉMI-CIRCULAIRES

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