III. J'enlevai les couches supérieures du tuber
cule bijumeau droit sur un pigeon, et les cou ches supérieures du gauche sur un autre.
Dès le quatrième jour, chacun de ces pigeons vit un peu de l'œil quil avait perdu; à dater de cette époque, il en vit chaque jour davantage ; il en vit tout-à-fait quelques jours après.
IV. Les tubercules bijumeaux et le cervelet partagent donc, avec les lobes cérébraux, le double privilése et de réacquérir leurs facultés après les avoir perdues, et de les réacquérir intégralement, quoiqu'ils ne soient plus entiers.
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[. En résultat final, cette dégradation immédiatement complète de l'organe par une seule de ses parties ; cette restitution complète de la fonction par une seule partie de l'organe; tout cela montre bien que chacun de ces organes ne forme qu'un seul organe : car laltération d'un seul point altère tout , et la conservation d'un seul point restitue tout.
IL. Tout cela est, en outre, une contre-épreuve bien décisive de mes premières expériences, Puisque chaque fonction se maintient, s'altère ou se restitue avec un organe donné, elle appartient donc à cet organe: puisque chaque organe n’altère,
ne maintient ou ne restitue qu'une seule fonction propre et déterminée, il n'y a donc que celle-là qui lui appartienne. Les fonctions de ces organes sont donc bien distinctes; ils sont donc bien distincts aussi, et chaque organe, comme chaque fonction, constitue un organe ou une fonction bien propre et bien spécifique.
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1. Je mis à nu les deux lobes cérébraux, à la fois, sur une forte poule.
Je fendis ensuite le droit en travers et le gauche en long ; mais tous deux également dans toute leur étendue, dans toute leur profondeur, et tous deux également dans leur région moyenne.
L'animal éprouva sur-le-champ les mêmes phénomènes que s'il eût été totalement privé de’ ses deux lobes; c'est-à-dire qu'il perdit aussitôt toute perception et toute faculté intellectuelle.
Durant les six premiers jours, il n'entendait, nine voyait, ni ne donnait aucun signe de volition. Presque toujours endormi ou assoupi, il ne bougeait qu'autant qu'on l'irritait.
Les deux lobes étaient très tuméfiés.
Le septième jour, l'animal commençait à aller et venir de lui-même; il entendait déjà, quoique
faiblement : il voyait un peu de l'œil droit, c’està-dire de l'œil opposé au lobe fendu longitudinalement, mais il ne voyait point du gauche.
La tuméfaction des lobes avait diminué beau- COUP.
Le huitième jour, la poule reprend l'usage de ses sens et de ses facultés avec une rapidité étonnante ; elle entend déjà très bien, voit très bien de l'œil droit, mais non du gauche; elle marche beaucoup, est moins souvent et moins long-temps endormie : jusqu'ici il avait fallu la nourrir, maintenant elle commence à chercher sa vie; elle becquète et boit.
La tuméfaction des lobes est dissipée.
Le douzième jour, la poule a repris tous ses sens et toutes ses facultés, hors la vue de l'œil gauche.
Le cinquantième jour, la poule ne diffère en aucune manière d'une poule qui n'aurait subi aucune opération. Une seule chose lui manque toujours, c'est la vue de l'œil gauche ; vue qu'elle n’a jamais recouvrée, bien quelle ait survécu plus de six mois à l'opération.
IL. On a vu plus haut combien d'un seul sens perdu par le fait des lobes cérébraux, on peut conclure infailliblement la perte de tous les autres sens et de toutes les facultés intellectuelles.
Il n'y avait donc pas à douter ici que le lobe opposé à l'œil dont la poule ne voyait plus, ne fût aussi totalement privé du reste de ses fonctions.
En effet, j'enlevai le lobe opposé à l'œil dont il voyait; et l'animal fut tout aussitôt dans le même cas qu'un animal qui a perdu ses deux lobes.
IL. Je fis, sur une autre poule, l'expérience inverse. Je fendis le lobe cérébral droit longitudinalement, et d'un bout à l’autre: l’animal perdit soudain la vue de l'œil gauche. Mais, dès le septième jour, il commença à revoir de cet œil ; il en voyait tout-à-fait bien le huitième.
Je supprimai alors le lobe cérébral gauche en entier.
En reprenant la vue de l'œil gauche, l'animal avait aussi repris en même temps et tous ses autres sens et toutes ses facultés intellectuelles.
IV. Sur un jeune coq, je fendis longitudinalement et d'un bout à l'autre les deux re) cérébraux.
Tout aussitôt ces deux lobes se tuméfièrent énor. mément, et l'animal perdit toutes ses facultés intellectuelles et perceptives.
Puis la tuméfaction se dissipa peu à peu; l’animal reprit peu à peu toutes les facultés qu'il avait
perdues: au bout de sept à huit jours, il les eut toutes reprises.
V. Sur un autre jeune coq,je fendis les deux lobes cérébraux transversalement, toujours dans leur région moyenne, et toujours d'un bout à l’autre.
L'animal perdit soudain tous ses sens et toutes ses facultés, et tous ces sens et toutes ces facultés furent perdus sans retour. Il survécut pourtant plusieurs mois à l'opération.
VI. Je fendis, sur un pigeon, le cervelet en long; je le fendis en travers sur un autre,
Sur ces deux pigeons, le cervelet se tuméfia d’abord beaucoup; l'équilibre de la marche, de la station, du vol, fut d'abord singulièrement troublé : mais, au bout de quelques jours, la tuméfaction disparut; l'équilibre se rétablit; et les deux pigeons marchèrent, volèrent, se tinrent debout comme à l'ordinaire.
VIL. Je fendis transversalement le cervelet d’une poule : elle perdit aussitôt l'équilibre; elle l'avait réacquis douze jours après.
VIIT. Sur une autre poule, je fendis le cervelet longitudinalement. L'animal perdit d’abord léquilibre ; il le réacquit ensuite.
IX. Ainsi, les sections longitudinales des lobes cérébraux, quels qu'en soient le siége et l'étendue, sont bientôt suivies de réunion de l'organe avec restitution entière de la fonction; tandis que les
sections transversales ne sont jamais suivies ni de la réunion de l'organe ni du retour de la fonction, lorsqu'elles dépassent une certaine étendue et occupent un certain siége.
Les sections transversales du cervelet, au contraire, sont tout aussi bien suivies de restitution parfaite et de l'organe et de la fonction que les sections longitudinales.
X. La raison de cette différence est palpable : une section transversale des lobes cérébraux, quand elle est complète (et il ne s'agit ici que de celles-là), sépare complétement une portion de l'organe de ses racines ; et cette portion, ainsi séparée, meurt. Une pareille section équivaut donc à une véritable perte de substance; et, comme on l’a déjà vu, une perte de substance quand elle dépasse certaines limites, destitue sans retour l'organe de ses fonctions.
XI. Dans le cervelet, au contraire, une section transversale ne sépare pas plus une portion de l'organe de ses racines que ne le ferait une section longitudinale : les deux portions divisées transversalement peuvent donc aussi se rejoindre, et cette jonction ramener l'exercice de la fonction.