‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 4 sur 167 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Le système nerveux se partage, d'abord, en trois parties principales : les nerfs, la moelle épinière et le cerveau. Le cerveau se subdivise, ensuite, en hémisphères cérébraux, cervelet, tubercules bijumeaux ou quadrijumeaux, et moelle allongée.

La structure de ces diverses parties est visiblement distincte : leurs fonctions le seraient-elles aussi? Bien des physiologistes l'ont cru; nul ne l'a démontré par des expériences précises.

Le point difficile est de porter la précision dans l'expérience. Or, nul physiologiste encore n'avait vu ce qu'il fallait faire pour porter la précision dans les expériences sur l’encéphale. On n’solait point les unes des autres les parties soumises à l'expérience. On n’avait donc que des expériences confuses; et, par ces expériences confuses , que des phénomènes complexes; et par ces phénomènes complexes, que des conclusions vagues et incertaines.

Une autre cause d'erreur était de borner l'expérience à certaines parties du système nerveux,

et d'attribuer ensuite à l'ensemble du système

PRÉFACE. Vu

des effets qui, presque toujours, n'appartenaient qu'à telle ou telle de ses parties.

Ainsi, et parce qu'on ne soumettait que certaines parties à l'expérience, et parce qu'on n'isolait point convenablement les unes des autres les parties soumises à l'expérience , on n'obtenait, avec précision, les propriétés d'aucune.

C'est pour garantir mes expériences de ces deux écueils, que j'ai mis le soin le plus scrupuleux, d’abord, à n'oublier aucune partie essentielle de l’encéphale, et ensuite à n'intéresser chacune de ces parties que séparément des autres.

J'ai choisi, en général, des animaux encore jeunes pour mes expériences sur l’encéphale.

Il y a plusieurs raisons de ce choix. D'une part, les os dont se compose le crâne des jeunes animaux étant fort tendres, on éprouve bien moins de difficulté à les enlever; d'autre part, les animaux résistent d'autant mieux à certaines mutilatiogs qu'ils sont plus jeunes ; enfin, les sinus de la dure-mère étant, comparativement, fort peu développés dans les premiers âges, on a moins à

craindre d'être embarrassé par le sang.

vIn PRÉFACE.

Au résté, il faut toujours réspectér le plus possible les parties qui donnent du sang : 1° parce que la perte du sang abrège beaucoup la vie de l'animal , et qu'il importe essentiellement que l'animal vive, sans quoi l'on n'aurait pas les résultats de l'expérience ; 2° parce que lé sang, s'épanchant dans la masse cérébrale, y produit des compréssions doit les résultats se mélent aux résultats propres de l'expérience, les compliquent, souvent rnême les dénaturent.

Généralement , on ne doit dénuder du cerveau que la région sur laquelle on éxpériménte: par exemple, la résion des lobes cérébraux, quand il s'agit de cés lobes; puis celle du cervelet, celle des tubercules bijumeaux ou quadrijumeaux, et ainsi du reste. L'animal résiste beaucoup mieux à ces dénudations circonscrites et graduelles qu’à une dénudation brusque et générale. |

J'évite, à dessein, de me servir, dans ces éxpériences,; d'irritants chimiques. On ne modèré point facilement l’action de ces irritants. L'effet que produit un irritant chimique persiste d’ail-

leurs plus où moins long-témps; il peut donc se

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