QUE
I. Dans toutes ces expériences, je ne parle pas de l'effet sur l'iris; il suffira de dire, ou plutôt de : répéter en général, que l'irritation d’un tubercule excite les contractions de l'iris opposé (1); que son ablation partielle les affaiblit; que son ablation complète les abolit complétement.
IT. J'enlevai, sur un pigeon, le tubercule bijumeau droit, jusqu'à ses dernières racines, les-
(1) Du moins plus particulièrement; car il ÿ a aussi quelques contractions dans l'iris du même côté. L'effet de l'irritation n’est pas aussi circonscrit et par conséquent aussi exclusivement croisé que celui de la perte de la vue , perte qui n’a jamais lieu que pour l'œil du côté opposé au tubercule enlevé.
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quelles comprennent les dernières racines du nerf optique : l'iris de l'œil gauche parut tout-à-fait immobile.
IL. Sur un moineau, J'enlevai les deux tubercules bijumeaux jusqu'à leurs dernières racines : l'iris des deux yeux perdit toute mobilité.
IV. Ainsi donc, 1° La perte des tubercules bijumeaux entraîne constamment la perte de la vue, et toujours dans un sens croisé; leur ablation complète abolit complétement le jeu de l'iris.
9° La perte de ces tubercules n'entraîne jamais que la perte de la vue, sans altérer les autres facultés ni intellectuelles ni locomotrices.
3° Les fonctions des lobes cérébraux, des tubercules bijumeaux , du cervelet, sont donc bien distinctes :
Dans les lobes cérébraux résident les facultés intellectuelles ; du cervelet dérivent les facultés locomotrices; des tubercules bijumeaux dérive l’action de l'iris et de la rétine.
4° I y a, comme on voit, deux moyens d'abolir la vision par la masse cérébrale :
L'un, lablation des tubercules bijumeaux, tue le nerf optique, et par suite la rétine, et par suite l'iris ; l’autre, l'ablation des lobes cérébraux, ue tue ni le nerf optique, ni la rétine, ni l'iris; il ae tue que l'organe où se consomme et se trans-
forme en perception l'effet de l'iris, de la rétine et du nerf optique. L'un est la perte du sens de la vue; l’autre est la perte des perceptions de la vue : par l’un on perd l'æi/, par l'autre la vision.
Je montrerai ailleurs qu'il en est de même pour tous les autres sens.
bo Pour que la vision soit tout-à-fait abolie, il n'est pas nécessaire que les tubercules soient tout-à-fait Ôtés; une ablation partielle, mais profonde , suffit pour cela.
Dans ce cas, ni l'iris, ni la rétine, ni le nerf optique, ne sont réellement et complétement morts; mais leur communication avec les lobes cérébraux , par les tubercules bijumeaux, n'est plus libre. Leur action n'arrive donc plus au centre unique où elle puisse se convertir en perception ; il n'y a donc plus perception, il n'y a plus vision.
$ IL
Expériences comparées sur les tubercules bijumeaux, les lobes cérébraux et le cervelet.
Exe. [. Sur trois poules.
Je retranchai la moitié supérieure du cervelet sur une poule; les deux lobes cérébraux sur une autre; les deux tubercules bijumeaux sur une troisième. |
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J'avais mis ces trois poules dans le même appartement; quand je voulais leur donner à manger, J'imitais quelquefois le cri qui les appelait habituellement à leurs repas , avant qu’elles eussent été opérées ; et, tout en continuant ce cri, je leur jetais du grain.
La poule sans lobes n'entendaït rien, et ne bougeait pas; celle sans tubercules entendait très bien, s'approchait du grain, guidée par le bruit qu'il faisait en tombant; et quand elle s'en était approchée, elle savait tres bien le trouver sans le voir, et en mangeait beaucoup. Celle sans cervelet voyait le grain, voulait l'attraper, et faisait mille efforts pour l'attraper sans y réussir, au moins d'ordinaire.
Ex. IL. Sur trois autres poules,
J'enlevai, comme ci-dessus, les deux lobes cérébraux à une poule, les deux tubercules bijumeaux à une autre, la moitié supérieure du cervelet à une troisième.
Je les remis ensuite dans l'appartement même qu'elles occupaient avant l'opération, et auquel elles étaient conséquemment déjà habituées. Cet appartement fut tenu bien approvisionné.
La poule sans lobes mourut de faim; les deux
autres surent chercher leur nourriture, la trouver, la choisir, et vécurent.
J'ai reproduit bien des fois, sur des coqs, sur des poules, sur des pigeons, sur des lapins, cette admirable opposition entre les effets des lobes cérébraux, des tubercules bijumeaux et du cervelet.
L'opposition est de tous points complète :
1° L'animal sans lobes reste assoupi; rien n'est plus éveillé que l'animal sans cervelet; celui sans tubercules n'est ni plus ni moins éveillé qu'à l'ordinaire.
2° Le premier n’a nulle perception réelle, nulle faculté intellectuelle; le second a toutes ses perceptions et toutes ses facultés; le dernier n'a perdu que la vue.
3° Le premier et le troisième conservent toute la régularité de leurs mouvements de locomotion ; le second l'a entièrement perdue.
4o En résumé, le premier ne manifeste aucune détermination spontanée, n’accuse aucune perception positive, ne donne aucune marque d'intelligence; il a donc perdu toutes ses facultés intellectuelles.
Le troisième se montre impressionnable à tous
DES TUBERCULES BIJUMEAUX. 149 les genres de perception , sauf aux seules perceptions de la vue; il donne toutes les marques d'une intelligence parfaite ; tous ses instincts se manifestent et se développent avec énergie ; il n’a donc perdu que la vue.
Le second n’a perdu ancune de ses facultés intellectuelles ; il n a perdu que la faculté de se mouvoir coordonnément.
Les lobes cérébraux sont donc le réceptacle unique des perceptions; les tubercules bijumeaux, le siége du principe primordial de l’action de la rétine, de l'iris et du nerf optique; le cervelet, celui du principe régulateur ou coordonateur des mouvements de locomotion.