‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du systèmeChapitre 22 sur 55 · Je passe à Vexamen de la mas^se cérébrale · texte numérisé non relu

Je passe à Vexamen de la mas^se cérébrale

a. Le cervelet d'un pigeon étant mis à nu ^ j'ai soumis à des piqûres superficielles tout le côté droit de pe cervelet. Il a paru, siir-le-champ, une faiblesse assez marquée du côté gauche.

3. J'ai retranché I par couches successives, tout le côté gauche du ceiivelet d'uQ second (>igeon. La faiblesse du côté droit s'est accrue visiblement comme s'aggravaient les mutilations.

4^ J'ai, sur un troisième pigeon, borné la mutilation aux parties médianes du cervelet.

L'affaiblissement a été à peu près égal des deux côtés.

5. Je ne reviendrai pas ici sur le croisement de faiblesse qui , comme on l'a déjà vu , accom-

DU SYSTÈME NERVEUX. Il5

pagDe toujours le retranchement d'un seul lobe cérébral. Ce croisement est suffisamment connu par mon premier Mémoire.

6. J'ai enlevé le tubercule quadrijumeau gauche, sur un pigeon ; et la faiblesse a prédominé du côté droit.

7. J'ai enlevé le- tubercule droit, sur un autre pigeon ; et la faiblesse a prédominé du côté gauche.

8. J'ajoute que les irritations du tubercule droit déterminaient toujours aussi des convulsions à gauche, et celles du gauche à droite.

9. J'ai découvert , enfin, la moelle alongée, sur un pigeon , par le retranchement préalable du cervelet, et )'ai ensuite irrité séparément ses deux moitiés latérales.

Les irritations de la moitié droite ont constamment provoqué des convulsions à droite ; celles delà moitié gauch^, à gauche; celles du centrera la queue.

1 0. J'ajoute pa^reillement que les mutilations de la moitié droite affaiblissaient surtout le côté droit ; celles de la moitié gauche, le côté gauche; celles du centre , la quçMe.

11. Pour bien mettre ^ans, tout son )Our cette singulière opposition d'effet entre la moelle alongée et les tubercules quadrijumeaux, je décou-

Il6 PROPRIETES ET FONCTIONS •

vrig> sur un pigeon, cette moelle et ces tubercules^ en enlevant le cervelet qui recouvre la première , et la portion postérieure des lobes cérébraux qui cache les seconds.

Cela fait, j'irritai tour à tour et séparément ces diverses parties.

Or voici ce que j'observai.

Quand j'irritais le tubercule d'un côté, je provoquais toujours des convulsions du côté opposé ; quand j'irritais, au contraire, la moelle d'un côté, c'était toujours dn même côté que s'opéraient les convulsion^.

Pair exemple , les irritations du tubercule droit ne décidaient des convulsions qii'à gauche ; celles du gauche, qu'à droite ; et les irritations, au contraire, de la moelle droite n'en déterminaient qu'à droite, et belles de la gauche qu'à gauche.

1 2. « Dans les piqûres de la moelle alongée, dit » Lorry , j'ai toujours vu un commencement de j» paralysie se former du côté opposé à celui où • était la blessure, et des convulsions du côté » qu'on avait irrité'» .

Tout le monde voit maintenant l'explication de ce fait si remarquable , et si long-tems ré** • voqué en doute par lès physiologistes. Dans

» Mém. des sap: éHh., tom; IH, pàg. SyS.

ses expériences , Lorry produisait tout à la fois paralysie du côté opposé à la piqûre. £t convul^ sion du côté piquée parcequ'il n'isolait point la moelle alongée du cervelet : V effet croisé de cer lui^ci devait donc se mêler , dans sea expériences^ à Veffet direct de l'autre.

Pour exprimer un fait sous tous les rapportîs

exact, Lorry devait dire : D^msles blessures

ççtnbinées de la moelle alongée et du cervelet,

}'ai toujours vu la paralysie du côté opposé^^à la

' piqûre , et là convulsion du côté piqué.

L'assertion particulière de Lorry, comjcne la proposition générale d'Hippocrate, ne. s'applique donc qu'à des lésions complexes : l'assertion de Lorry, aux seules lésions combinées de la ndoelle alongée et du cervelet; la proposition d'Hippocrate , à tous les cas de combinaison possibles de la lésion d'une partie à effet direct avec la lén ^ipn d'une partie à effet croisé.

i3. Ainsi, i® le retranchement d'un seul loba cérébral, d'un seul côté du cervelet, ou d'un seul tubercule quadrijumeau, produit constamnient une faiblesse plus marquée dans le côté du corps opposé au lobe , au tubercule , ou au côté du cervelet enlevé ;

Les lobes, le cervelet, les tubercules ont donc un eff[èt croisé $ et les lobes et les tubercur:

Il8 PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS

les, nb effet croisé double: en avant, sur les yeux ; en arrièk^, sur les autres parties du corps.

2'Lïrrîtatîon d'une seule moitié latérale, soit de la moelle alongée, soit de la moelle éf^inière , détermine toujours des convulsions du même côté ;

Et pareillement, la mutilation d'un seul côté de moelle épiniére ou alongéé ne paralyse que les parties de ce côté ;

La moelle épiniére et la moelle alongée n'ont donc qu'un effet direct '.

3* L'effet croisé se borne donc à certaines parties du système nerveux; dans d'autres il est remplacé par Veffet direct i l'expérience de ces diverses parties pouvait seule constater le genre d^effet propre à chacune d'elles.

4* Enfin , la lésion d'une partie excitatrice de eontraction et à effet direct ( les moelles épiniére ou alongée par exemple) , combinée avec la lésion d'une partie non ea^citatrice de contraction et à effet erôisé (le cervelet ou les lobes cérébraux par exemple), donne le rapport selon lequel les paralysies se joignent aux convulsions: rapport jusqu'ici tellement inconnu et méconnu que le prin-

■ Tout le monde connaît aujourd'hui le fait correspondant ofifert par l'anatomie : sayoir que les faisceaux de la moelle épiniére pe s'en£re*croz5efif qu'à un seul point; point où elle &nit et où commence l'encéphale.

DU SYSTEME IfERYEUX. II9

cipal fait sur lequel il reposé, c'est-à-dire le fait d'où était parti fiîppocrate et qu'à réproduit Lorry, esj encore révoqué en doute par la plupart des physiologistes.

i4. En résumé, les lobes cérébraux et' le cervelet ont un effet croisé et simplement de paraly^ $i'e; les moelles épînièrè et alongée, un effet direct double eï de convulsion et de paralysie ; les tubercules quadrijumeaux , un effet croisé double et de paralysie et de convulsion.

r5. Ainsi, qu'un seul lobe cérébral, ou qu^un seul c6té du cervelet soit atteint, il y aura sim^ plemènt paralysie du côté opposé à la partie blessée ; qu'on ne blessé qu'un seul côté des liioelles épinière ou alohgée, il y aura (selon le degré de là lésion) j[)àralysîé ou convulsion du côtéiésé; qu'on ne blesse qu'un seul tubercule qûadrijumeau, et il y auria (selon le degré de la lésion encore") para^ lysie ou convulsion du côté opposé à la blessure.

Au contraire, qu'on bles6<& tout à la fois et un lobe cérébral et le côté corresponiiant de moelle

^ Je dis selon le degré de la lésion, parceque, comme on Tient de voir, une lésion déterminée des parties excitatrices de contraction ( c'est-à-dire, de la moelle épîniére, de la moelle alongéè et des tubercules quadrijumeaux) excite la contraction ; tandis qu'une lésion assez profonde pour détruire le tissu de ces parties la paralyse et Tabolitf

laO PRQPRIÉTKS ¥i'i* FONCTIONS

alongée % il y aura tout à la fois paralysie du côté opposé à la piqûre et convulsion du côté piqué ; qu'on blesse un seul côté du cervelet et un seul côté de moelle alongée (toujours la correspondance de côté observée), il y aura encore paralysie du côté opposé à la lésion et convulsion du côté lésé ; qu'on blesse enfin , ou un seul lobe cérébral , ou un seul côté du cervelet , concurremment avec le tubercule quadrijumeau du même côté , et la paralysie et la convulsion seront toutes deux du côté opposé ^ Ja blçssure.

\6. La paralysie peut donc ex^teif seule; elle peut se joindre aux convulsions; elle peut être directe ou croisée, du mêiae côté ou du côté opposé à la convulsion»: le genre d'efifçt propre à la lésion de chaque partie une fois connu , tous

les cas de combinaison possibles des diverses

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