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Ainsi donc

1° L'extrait aqueux de belladona, à une dose déterminée , agit exclusivement sur les tubercules quadrijumeaux , et n'affecte conséquemment que le sens de la vue, c'est-à-dire que les fonctions de ces tubercule^.

2"* A une dose plus forte , la belladona étend son action sur les lobes cérébraux, çt reproduit conséquemment alors tous les phénomènes de l'altération de ces organes.

y" Enfin , que l'action de la belladona se borne aux tubercules quadrijumeaux , et n'altère conséquemment que les fonctions de ces tubercules; ou qu'elle s'étende des tubercules quadrijumeaux aux lobes cérébraux, et conséquemment altère tout à la fois et les fonctions de ces lobes et celles de ces tubercules : cette sction laisse

DU SYSTÈME NERVEUX. ' âSg

toujours après elle destrçicés qui non seulement en manifestent fe sîége , mais circonscrivent encore , avec une exactitude parfaite, et les limites et rétendue de ce siège.

§. vi.

Expériences sur le cervelet,

1 . Je fis avaler, à un moineau , quelcjues goûttes d'alcool.

Ce petit animal présenta bientôt, dans son vol et dans sa démarche, toutes les allures de l'ivresse. Il ne volait plus que d'une manière bizarre et interrompue. Il oscillait, il s'enroulait sur lui-même en volant.

Quand il marchait, ce n'était qu'en chancelant sur ses jambes , et par zig-zags.

Je lui fis avaler quelques gouttes d^alcool de plus. Il perdit jusqu'à la faculté de se tenir debout, ou couché sur le ventre, ou dans toute autre position fixe et équilibrée.

On eût dit, aux premières gouttes, qu'il n'avait perdu queila moitié de son cervelet ; oiï eût dît, aux dernières , qu'il l'avait perdu en entier.

2. Pour suivre , dans tous ses détails, cette dégradation parallèle des fonctions du cervelet par h lésion mécanique d'un côté, par l'action

aÔO PRPPRIETÉS KT FONCTIONS

de l'alcool de Tautre ; je fis une expérience de comparaison. • -

3. Sur un moineau, je n enlerai d'abord que les couches superficielles du cervelet; je passai ensuite aux couches moyennes ; petit à petit j'arrivai aux couches les plus profondes; je finis par enlever le cervelet tout entier.

En même tems, je fis avaler, à un autre moineau, d'abord, deux ou trois gouttes d'alcool; puis deux ; puis deux encore : ce qui fit à peu près six ou sept, en tout.

Ces deux petits oiseaux commencèrent par chanceler sur leurs pâtes ; puis ils ne marchèrent et ne volèrent plus que de la manière la plus bizarre ; puis ils ne surent plus ni marcher, ni voler du tout ; ils finirent par ne pouvoir plus mêiue se tenir debout.

Jusqu'ici la concordance avait été parfaite. Une différence essentielle parut alors , c'est que le moineau pris d'alcool, parvenu au dernier degré de l'ivresse, perdit en même tems l'usage de aes sens et de ses facultés intellectuelles ; usagcî^ue le moineau privé de son cervelet, conserva toujours.

4- Je fis avaler à plusieurs petits oiseaux, moineaux, bruants, verdiers, pinsons, alouettes, linottes, chardonnerets, etc., etc., quel-

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ques gouttes d'alcool; et, à mesure que, chez ces divers animaux^ les phénomènes de l'ivresse se développèrent, je mis les parois osseuses du crâne à nu.

Chez touâ ces petits oiseaux, la région du cervelet et le cervelet se trouvèrent, à 1,'exclusîon des autres régions et des autres parties cérébrales, teints d'un rouge foncé, et gorgés de sang.

5. Je fis avaler cinq ou six gouttes d'alcool à un jeune moineau dont, en même tems, je mis bien tout le crâne à nu.*

Au bout de quelques minutes, l'animal commença à chanceler sur ses jambes et à osciller en , volant ; rien ne paraissait pourtant encore au crâne.

Une tache d'un rouge foncé parut enfin vers la région crânienne du cervelet. Cette tache s'étendit peu à peu, prit une teinte plus foncée; et, à mesure qu'elle s'étendait et se rembrunissait, l'animal perdait de plus en plus l'exercice des fonctions de son cervelet,

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