‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du systèmeChapitre 54 sur 55 · IL · texte numérisé non relu

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De la moelle épinière.

La moelle épinière étant coupée successive-^ ment au-dessus du renflement postérieur, de l'antérieur, et près de l'occiput:

D'abord l'animal perd l'usage des pâtes de derrière , puis de celles de devant , et puis de tout le tronc ; mais , dans tous ces câs , toutes^ ces parties , les pâtes de derrière , les pâtes de devant, le tronc, conservent des mouvemens d'ensemble. Ajoutez que ces mouvemens n'ont plus lieu que sous l'effet des irritations extérieures.

Ce qui a disparu, c'est donc i* la coordination des mouvemens en saut , toI , marche, station , préhension , etc. ; et 2"* la volition de ces mouvemens.

Ce qui est resté , ce sont les contractions et la liaison de ces contractions en mouvemens d'ensemble.

La moelle épinière lie donc proprement les contractions musculaires en mouvemens d'en-

DU SYSTÈME fiTERTEUX. SâS

semble ; quant à la volitioQ et à la coordination de ces mouyemens , cela réside ailleurs.

D« I9 moelle alongée.

i"^ L'irritation de la moelle alongée détermine constamment des convulsions violentes.

2** Sa destruction entraine promptement la tnort ; mais ce dernier effet tient à son action sur les mouvemens involontaires , dont il n'est pas encore question ici,

§. IV

Des tubercules quadrijumeanz.

1** Constamment, le retranchement d'un tubercule quadrijumeau fait perdre la vue.de l'œil opposé.

2* L'irritation d'un tubercule détermine des contractions dans l'iris opposé ; son ablation complète les y abolit complètement.

Dans les tubercules réside donc le principe primordial des contractions de l'iris et de l'action de la rétine.

Du cervelet.

r A fnesure qu'on retranche le cervelet par

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couches successives, ranimai perd graduellement la faculté de voler ou de courir , puis celle de marcher, et finalement celle de se tenir debout.

2* La moindre altération du cervelet altère l'harmonie des mouvemens coordonnés ( saut , vol 9 marche , station , préhension , etc. ) ; son ablation complète les abolit complètement.

Du cervelet dérive donc exclusivement la coordination de ces mouvemens.

§. VI

Des lobes cérébraux.

1* Un seul lobe enlevé, l'animal perd incontinent la vue de l'œil opposé ; mais la c^Htractîlité de l'iris de cet œil n'en persisté pas moins encore. L'animal éprouve d'abord une faiblesse beaucoup plus marquée du côté opposé du corps; du reste , il^ se conduit comme à l'ordinaire.

at^ Les deux lobes enlevés , il n'y a plus vestige, ni de volition, ni de mémoire, ni d'aucune pereeption ; la ménaoîre , la volition , ta perception , résident donc dans les lobes cérébraux.

§. vn.

Comme cette opposition si remarquable entre la manière d'agir des lobes cérébraux et celle du cervelet est l'un des points les plus impor-

tans du travail de M. Flourens , nous allons , pour en donner une idée juste à nos lecteurs , rapporter ici deux expériences qui nous semblent «ufQre à mettre cette opposition dans tout son jour.

PABMiitBB EXpAhiBHCK. »

M. Flourens retrancha le cervelet , par couches successives 9 sur un pigeon : au retranchement des premières couches, l'animal n'éprouva qu'un peu de faiblesse et d'hésitation dans ses mouyemens.

Aux moyennes couches , sa démarche devint chancelante et agitée , et tout-à-fait semblable à la démarche bizarre de l'ivresse ; bientôt il ne marcha plus qu'avec le secours de ses ailes.

On continua les retranchemens ; l'animal perdit totalement la faculté de marcher; ses pieds ne suffisaient plus à la station , et il ne parvenait à se soutenir qu'appuyé sur sa queue, ses coudes et ses ailes ; souvent il cherchait à marcher ou à s'envoler, mais toujours sans y réussir

Le poussait*on en avant , il roulait sur sa tête ; en arrière , il roulait sur sa queue.

On porta plus loin encore les retranchemens : 1 animal perdit jusqu'à la faculté de se tenir appuyé sur ses coudes, sa queue et ses ailes ; il rou-

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lait contiQuellement sur lui-même, sans pouvoir s'arrêter à uue position fixe , ou bien il finissait par rester à plat sur le dos ou sur le ventre.

Du reste , il voyait et entendait très bien ; son air était gai ; sa tête , alerte et éveillée.

M. Flourens enleva , sur un pigeon , le lobe cérébral droit : Tanimal perdit sur-le-champ la vue de Tœil gauche ; mais la contractilité de l'iris de cet œil persista toujours.

Il se manifesta une faiblesse plus marquée aussi du côté gauche : à ces deux circonstances prés , l'animal se tenait debout , marchait , courait , volait , voyait de l 'autre œil , entendait , voulait , sentait , comme à l'ordinaire.

On enleva l'autre lobe : la vue fut soudain perdue des deux yeux , mais non la contractilité des iris ; il y eut d'abord une faiblesse générale très marquée.

D'ailleurs, l'animal se tenait parfaitement d'aplomb sur ses pâtes ; et , dans quelque position qu'on le mît, il reprenait parfaitement l'équilibre ; il marchait quand on le poussait ; quand on le jetait en l'air, il volait.

Mais, abandonné à lui-même, il restait comme plongé dans un assoupissement perpétuel.

Jamais il ne se mouvait qu'autant qu'on l'irritait; jamais il ne donnait aucun signe de volonté.

La mémoire 9 la vision ^ l'audition, la volition; toutes les perceptions étaient éteintes.

§. Vin.

Il n'y a pas une de ces nombreuses expériences que M. Elourens n'ait répétée sur chaque classe des animaux vertébrés ; et il a toujours indiqué les nuances plus ou moins tranchées qui distinguent ces classes entre elles.

Distinctioa des phénomènes du sentiment et du

mouvement.

Puisque les parties nerveuses d'où dérive le sentiment sont distinctes des parties d'où dérive le mouvement , on conçoit la possibilité de déterminer» à volonté, des paralysies distinctes du sentiment et du mouvement. •

1* L'exemple le plus frappant de cet isolement effectif est celui de la coïncidence admirable de la perte de la vision avec la conservation de la contractilité des iris.

On a vu comment, les lobes cérébraux enle-

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vés , Tammal perd incontinent la vue des deux yeux , et n'en conserve pas moins la contractilité des iris ; pour peu même qu'on irrite la conjonctive, ou les nerfs optiques, ou les tubercules quadrijumeaux , cette contractilité devient con- ' vulsive.

Voilà doue tout ensemble pe»te de la vision et convulsibilité des iris , c'est-à-dire fierté du sentiment^ et exaltation du mouvemenU

2"* Il y a deux moyens d'éteindre la vision sans sortir de la masse cérébrale : lun, l'ablation des lobes cébraux ; c'est la perte du sentiment : l'autre, l'ablation des tubercules quadrijumeaux; c'est la perte du mouvement.

3* Finalement , les deux lobes enlevés , l'animal ne commence aucun mouvement ; mais un mouvement est-il commencé, il le continue.

Il ne marche pas de lui-même , mais il marche quand on le pousse.

Ce n'est plus sa volition qui détermine ses mouvemens; mais une irritation extérieure peut suppléer à la volition, et les déterminer comme-

elle.

En un mot , tous les phénomènes du sentiment sont éteints , et tous les phénomènes du mouvement n'en persistent pas moins encore.

Rien ne prouve mieux assurément combien

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ces deux phénomènes sont distincts et indépendans Tun de Tautre.

Telle est l'analyse abrégée des expériences que M. Flourensr a soumises au jugement de TAca-^ demie. Il se propose de lui communiquer également la suite de son travail , qui roule particulièrement sur l'action du système nerreux dans les mouvemens involontairjes. Dès que nous la connaîtrons , nous nous empresserons d'en enrichir ces Annales.

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