‹ Recherches expérimentales sur les tumeurs malignesChapitre 51 sur 88 · V. IMMUNITÉ ACQUISE · texte numérisé non relu

V. IMMUNITÉ ACQUISE

dant la plupart des mères avaient allaité et complètement élevé leurs souriceaux.

Dans dix autres cas nous avons fait coïter des souris greffées depuis 3 semaines à un mois, ayant par suite déjà des tumeurs du volume d’une noisette avant d’être enceintes.

Les tumeurs continuent à proliférer sans aucune modification pendant toute la grossesse, et ne présentent aucune régression pendant la période de la lactation.

Enfin, dans quatre cas nous avons greffé la tumeur E sur des souris qui venaient de mettre bas, et dans les quatre cas nous avons obtenu une prolifération normale de la tumeur.

La grossesse et l'allaitement paraissent donc sans aucune action sur le développement de la tumeur E.

Dans 4 tumeurs spontanées nous avons vu par contre la période de lactation coïncider avec une prolifération plus intense du néoplasme.

La souris M! opérée le 13 janvier d'un épithélioma typique de Ja mamelle avec formations kystiques, met bas le 30 janvier deux petits qu'elle allaite. Pendant les 17 Jours qui avaient suivi l'intervention, pas trace de récidive: la cicatrisation était parfaite au point qu'il était difficile de retrouver la trace de l'incision, méme en écarlant les poils.' Aussitôt après l'accouchement, la lumeur se remet à proliférer in situ avee une rapidité telle qu'en quinze jours elle aboutit à une ulcération de près d’un centimètre carré, à rebords saillants et indurés. C'est de cette réCidive, que dérivent toutes les générations ultérieures de la tumeur M.

La souris IX est opérée le octobre 1909, d'un épithélioma mammaire métatypique de la région cervicale. On laisse à dessein dans la plaie un petit fragment de néoplasme. Après l’inlervention, on met un jeune male dans le bocal de l'opérée, le

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7 octobre, guérison opératoire complète qui se maintient jusqu’au 28 octobre, date de la mise bas de 7 souriceaux, dont 6 sont allaités par la mère pendant trois semaines. Le 4 novembre, 7 Jours après le début de la lactation, on constate une induration au milieu de la cicatrice jusque-là parfaite. Le 18 novembre, cette tumeur est aussi grosse (cerise) que le néoplasme primitif enlevé lors de l'opération, et en même temps apparaît un nodule (grain de mil) au niveau de la mamelle inguinale du même côté. L'animal meurt cachectique le 28 décembre : les 2 tumeurs réunies forment une masse énorme qui empêchent dans les derniers jours de sa vie l'animal de toucher le sol avec ses pattes.

Ainsi chez cette souris engrossée après une intervention chirurgicale volontairement incomplète, la première semaine de lactation est marquée par la récidive jusque-là latente, et la tumeur dès lors prolifère avec une activité exceptionnelle dans les néoplasmes spontanés.

TuMEUR SPONTANÉE X :

La souris X présente le 22 septembre 1909 un épithélioma mammaire métatypique et hémorragique de la région cervicale gauche. Elle est à ce moment au milieu de sa grossesse.

Le 3 octobre, mise bas de cinq petits dont elle mange deux, mais allaite les trois autres.

Le 11 octobre, ablation large de la tumeur avec résections cutanées et musculaires étendues, opération aussi radicale que possible. On supprime l'allaitement après l'intervention.

Dès le 18 octobre, récidive en nappe dans la cicatrice,

Le 24 novembre, mort dans la cachexie (tumeur plus grosse et plus lourde que le reste de l'animal).

Ainsi chez cette souris opérée en période d'allaitement, malgré une intervention aussi complète que possible, la récidive se produit 7 jours plus tard, et la tumeur prolifère au point de donner en 36 jours une masse néoplasique plus importante que le reste du corps.

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La souris XI apportée au laboratoire le 0 septembre 1909, est au défut du dernier tiers de sa grossesse, elle présente une tumeur (épithélioma métatypique) de la mamelle inguinale gauche (haricot).

Le 28 septembre, mise bas de cinq petits dont un est dévoré le jour même, les quatre autres allaités par la mère jusqu'au 3 novembre, date où on les isole.

La tumeur grossit rapidement et du 11 au g novembre atteint le volume d'une noisette. Puis elle décroit et le 1°" décembre, revient au volume antérieur à la lactation (haricot).

A partir du 3 janvier 1910, nouvelle prolifération qui amène la mort de l'animal avec une tumeur du volume d'une grosse noisette le 31 janvier.

Ainsi chez cette souris, qui n'a été soumise à aucun traitement particulier, la période d'allaitement a coïncidé avec une prolifération néoplasique rapide qui a rétrocédé ensuite pour se reproduire lentement un mois plus tard.

Il est intéressant de comparer ces phénomènes observés dans les tumeurs spontanées de la souris avec ceux que présentent les femmes atteintes de cancer du sein qui deviennent enceintes. Tous les chirurgiens ont vu des cas de ce genre, et remarqué qu'avec la montée du lait coïncide le plus souvent une prolifération intense de la tumeur. Ce sont les circonstances où l’on observe le plus fréquemment ces poussées néoplasiques si rapides qui donnent au sein un aspect phlegmoneux, et sont habituellement décrites sous le nom de mastile carcinomateuse.

— Si nous cherchons à résumer les faits que nous venons d'énumérer, nous voyons que pendant la lactation :

Les tumeurs mammaires greffées tendent à régresser.

Les Lumeurs mammaires spontanées tendent à proliférer davantage. a

Les lumeurs non mammaires ne semblent pas influencées dans leur évolution.

Ces contradictions ne sont qu'apparentes.

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