CHAPITRE XIV
De l'acide carbonique.
§ III. Variations pathologiques.
Si Turée peut être considérée comme donnant en général la mesure des combustions pour les matières quaternaires, on peut regarder l'acide carbonique comme résultant des combustions des matières ternaires : ceci n'est peut-être pas absolument vrai, les matières ternaires pouvant contribuer à la formation de l'urée et les matières quaternaires donner des produits intermédiaires d'où résultera de l'acide carbonique. Mais on peut admettre en somme la généralité du fait que nous avons énoncé ; il est admis et n'est pas assez variable pour ne pouvoir être appliqué en pathologie.
Et comme l'urée, nous le savons, n'est pas la mesure complète des combustions organiques, on a depuis longtemps cherché, dans la production de l'acide carbonique le complément nécessaire à l'équation entre la chaleur et les déperditions qui en résultent. On comprend que cela avait surtout une grande importance en pathologie. Lehmann, en 1859, déclara que jamais dans aucune maladie, on ne trouvait d'augmentations dans l'acide carbonique exhalé. Onze ans plus tard, les travaux de Leyden apportaient une conclusion tout autre ; il trouvait une augmentation ordinaire de l'acide carbonique dans la fièvre et il déclarait
que cette augmentation pouvait aller jusqu'à 50 0/0. — Presque en même temjDs SilujanofF montrait que, chez des animaux fébricitants, l'excrétion de l'acide carbonique marchait parallèlement à la température.
C'est à Liebermeister qu'on doit une étude complète de cette question. Il a fait ses expériences au moyen de l'appareil que nous avons décrit. Qu'on nous permette de rappeler ici le détail de deux observations prises dans des cas de fièvre inlermiitente. Nous empruntons la traduction qu'en a donnée notre maître, le professeur Lorain.
Observation I. — Un charpentier, âgé de 22 ans, fut mis en expérience deux fois pendant un accès de fièvre, deux fois pendant l'apyrexie. Chaque fois le malade a passé deux heures dans la chambre close, et on a déterminé de demiheure en demi-heure la quantité d'acide carbonique exhalé. Le poids du malade a été, dans la première expérience, de 62 kilogr. 700 gr., et dans la deuxième expérience de 61 kilogr. 600 grammes.
Toutes ces expériences ont été faites au milieu de la journée et en rendant les conditions aussi semblables que possible.
Dans la première expérience (6 juin 1869, stade d'accès) la température axillaire était, quarante-trois minutes avant la mise en observation, de 38°, 1 ; au commencement elle était de 39°, 5; elle monta dans les quarante minutes qui suivirent à 40°, 5 ; resta à ce maximum et retomba neuf minutes après la fin de l'expérience à 39°, 9. Les frissons avaient déjà cessé au début de l'expérience, celle-ci comprend donc la période de chaleur.
Dans la deuxième expérience (9 juin, apyrexie), la température axillaire était de 37°, puis de 36°, 4.
Dans la troisième expérience (10 juin, accès de fièvre), l'accès avait commencé trois heures auparavant ; la température axillaire avait monté à 40 degrés; mais elle avait déjà
baissé avant le commencement de l'expérience et, trentehuit minutes après la fin, elle était déjà descendue à 28^,3. La sueur paraissait déjà quand le malade entra dans la caisse. L'expérience embrassa donc la période de sudation.
La quatrième expérience (13 juin) tomba de nouveau pendant l'apyrexie. Le malade avait pris, le 11 juin, 1 gramme 5 de sulfate de quinine et il n'y avait pas eu d'accès le 12 juin.
Quantité en s>*Aninies d'aeide carlionique produit.
Homme de vingt-deux ans.