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HISTORIQUE

Les premières recherches hématologiques dans les cas d'érythèmes polymorphes datent: de 1896. À cette époque, Sabrazès publie dans les Annales de Dermatologie et Syphiligraphie un cas « d’érythème multiforme et néphrite aiguë par surmenage et toxi-infection », observation complète au point de vue clinique et hématologique.

La même année, Carrucio, dans le « Giornale italiano delle malattie veneree e della pelle », donne une étude de « l'érythème phlycténoide : contribution clinique et bactériologique » qui est loin d’avoir le même intérêt que

l’observation de Sabrazès, l’auteur italien ne donnant au-

eun chiffre et se contentant d’accuser une très légère augmentation des globules blanes et des éosinophiles relativement nombreux.

En 1898, Drysdale, à la Pathologie Society of London,

publie quelques cas d’érythèmes polymorphes et de pem-

phigus avec éosinophilie.

En 1899, Leredde étudiant les lésions sanguines dans diverses affections cutanées, donne, dans les Annales de dermatologie et syphiligraphie, l'observation clinique et hématologique d’un cas « d’herpes cataménial; érythème

polymorphe récidivant » et, avec Dominici, un autre cas « d’érythème scarlatiniforme desquamatif récidivant ; lésions sanguines ». La même année, à la société de biologie, Leredde publiait encore une étude sur « les lésions sanguines dans les érythèmes ».

: En 1901, Kreibich fait paraître dans les Archiv für Dermatologie und Syphilis, un travail sur l’histologie des érythèmes polymorphes : mais si l’auteur a trouvé de l’éosinophilie dans 7 cas sur 10, il n’indique pas en quelle proportion et ses recherches semblent avoir porté non sur le sang, mais sur le contenu des bulles.

__ Achard et Clere donnent l'observation dans la Gazette

hebdomadaire du 41 octobre 1902 d’un cas d'intoxication par l’acide picrique, accompagné d’éruption cutanée avec éosinophilie.

Leredde étudie, en 1903, dans la Revue pratique des maladies cutanées, syphilitiques et vénériennes, « la pathogénie et la classification des dermatoses bulleuses : valeur nosologique de l’éosinophilie dans ces affections ».

La même année, le professeur Simonin, du Val-de- Grâce, observe un cas d’érythème polymorphe au cours d’une intoxication par ingestion accidentelle de benzine, dont l’observation clinique et hématologique est rapportée dans le Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 20 juin 1903.

En 1902-1903, Panichi, de Florence, publie dans le Giornale italiano delle malattie veneree e della pelle, un travail intitulé « contribution à l’étude de l’érythème exsudatif polymorphe ». C’est une étude très complète et très intéressante de seize cas d’érythème polymorphe, que l’auteur a étudiés complètement aux points de vue eli-

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nique, bactériologique histologique et hématologique. L'hématologie qui nous occupe spécialement a été étudiée de très près, le sang de chaque malade ayant été examiné non seulement à l’entrée et à la sortie du service, mais à chaque incident pathologique se produisant durant le séjour du malade à l'hôpital. L'observation celinique et la discussion de chaque cas, permettent de donner à chacun d’eux une étiologie bien déterminée et aussi certaine que possible, Panichi ayant eu recours pour certains malades à des injections de tuberculine et à l’hémoculture. Cette étude de Panichi est le premier travail d'ensemble sur l’érythème polymorphe dans lequel l’hématologie soit systématiquement étudiée et l’auteur italien conclut que les altérations du sang et plus spécialement les oscillations anormales des éosinophiles, peuvent difficilement être rapportées à l’érythème polymorphe même, mais doivent plutôt être rattachées aux étiologies diverses de cette affection cutanée, et il distingue et classe les causes en trois catégories :

I. — Substances toxiques introduites dans l'organisme de l'extérieur :

a). Aliments altérés ou contenant des substances capables de provoquer chez certains individus (idiosyncrasie) une réaction avec manifestations cutanées.

b) Médicaments variés introduits dans l'organisme dans un but thérapeutique.

c) Les poisons classiques.

11. — Intoxications d'origine endogène provoquées dans l’organisme

a) Soit par insuffisante élimination des substances de

rebut habituellement rejetées hors de l'organisme.

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b) Soit par résorption de substances produites dans le tube digestif par fermentation trop prolongée des matières arrêtées, ou par infection produite par le développement anormal de quelques germes habituels de l’intestin (bacillus coli, bacillus fœtidus, bacillus pyocianeus).

c) Soit enfin par les conditions spéciales qui peuvent nous échapper, de quelque autre organe ou système.

III. — Infections multiples causées par des germes apportés de lextérieur et développés dans notre organisme.

Depuis ce travail un certain nombre d'observations hématologiques dans des cas d’érythème polymorphe ont été publiées

En 1904, Klippel et Lhermitte, dans les Archives générales de médecine, étudient « les lésions du sang au cours des grandes maladies hémorragiques », un cas de DHSRUES hémorragique et érythème polymorphe.

Schinckel, dans les Annales de la Société de médecine de Gand, 1904, publie de son côté l’hématologie de cinq cas d’érythème noueux.

Dans la Revue de Médecine de juin 1907, Lams s’occupant de la « valeur de l’éosinophilie au point de vue du diagnostic en dermatologie, n’apporte aucun fait nouveau et se contente de rappeler les recherches de quelques auteurs précédents.

Sachs Otto, en 1909, dans les Archiv für Dermatologie und syphilis, cherchant « les rapports entre l’érythème exsudatif multiforme et les affctions des organes internes » donne des observations très intéressantes, mais malheureusement très incomplètes au point du vue hématologique.

En 1911, Janson étudiant, dans le Dermatologische

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Zeitschrift, l’érythème noueux dans la syphilis secondäire, ne se préoccupe pas non plus de l’hématologie.

Balzer et Belloir, dans le Bulletin de la Société française de dermatologie, 1912, donnent l'observation détaillée d’une « dermatite polymorphe de la grossesse ».

#: D'après ce rapide exposé il est facile de voir que, à È part Panichi, Is différents auteurs qui ont étudié l’hémaiologie des érythèmes polymorphes ne se sont pas préoccupés de rechercher s’il existait une formule leucocytaire spécifique pour les érythèmes, ou si, au contraire, les altérations du sang n’étaient pas plutôt liées à la cause même de l’éruption cutanée.

Cette manière de faire tient peut-être à la publication isolée des cas au fur et à mesure de leur apparition. D'autre part, la classification des érythèmes n'étant pas e encore fixée et oscillant entre une classification d’après l'aspect de l’éruption ou d’après l’étiologie, les auteurs pouvaient hésiter à classer leurs observations d’après l’une ou l’autre méthode. |

Mais à l’heure actuelle il n’en est plus de même,

A l’ancienne conception des érythèmes noueux, polymorphes, du purpura, affections cutanées spécifiques et entièrement distinctes les unes des autres, des vues nouvelles se sont substituées. Le cadre s’est élargi, et l’on considère ces éruptions comme des manifestations plus ou moins intenses, mais reliées entre elles, d’une même affection cutanée : ces manifestations pouvant varier de l’érythème polymorphe au purpura en comprenant les érythèmes noueux. D’un autre côté, on se rend également compte que l’étiologie de ces érythèmes est loin d’être unique ; l’érythème n’est plus une entité morbide, c’est un

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symptôme cutané de certains états pathologiques : ce symptôme pourra varier dans son intensité, non seulement suivant la nature de l’affection qui en est la cause, mais aussi selon la gravité. :

On pourra observer. des cas d’érythème polymorphe dans de grandes infections telles que la tuberculose, la fièvre typhoïde, la syphilis; on en trouvera également dans des intoxications médicamenteuses ou alimentaires, et si parfois il semble qu’on ne puisse rattacher l’éruption mi à une infection ni à une intoxication quelconque, ni la clinique, ni le laboratoire n’interdisent de penser que l’on se trouve dans ces cas en présence d’une infection primitive.

Aussi nous semble-t-il plus rationnel d'étudier l’hématologie des érythèmes en les classant d’après leur étiologie, et nous adopterons, d'après la thèse de notre camarade le docteur Bachelet, la classification suivante :

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