‹ Recherches histologiques sur les mollusques lamellibranchesChapitre 2 sur 12 · TN MENTON AS JUIN · texte numérisé non relu

TN MENTON AS JUIN

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charrient, dérivent du mésenchyme. Les cavités creusées dans le mésenchyme n'étant autre chose que les espaces laissés entre les tractus conjonctifs qui s'organisent aux dépens des cellules éparses du mésoblaste, ces espaces ne peuvent s'ouvrir originairement à l'extérieur. On constate bien, chez certains groupes d'Enterocæliens, des relations établies entre les espaces mésenchymateux et les cavités entérocæliennes, ces dernières communiquant parfois avec l'extérieur au moyen d'organes spéciaux ; mais ces relations sont secondaires, et ne peuvent exister chez les Pseudocæliens, dont les Mollusques sont le type, puisque ces derniers sont dépourvus de cavités entérocæliennes. Or si, — comme le prétendent plusieurs naturalistes, — l’appareil circulatoire des Mollusques débouche directement à l'extérieur par plusieurs pores autres que ceux de l'organe de Bojanus, dont la valeur morphologique n’est pas encore bien établie, c’est là une notion nouvelle introduite dans nos idées sur les systèmes circulatoires des Cœlomates. Et la question se complique davantage lorsqu'on admet que cette communication s'établit par des canaux très étroits laissés entre les cellules ectodermiques et traversant la couche conjonctive sous-jacente pour aller rejoindreles videslacunaires; l’épithélium ectodermique des Mollusques prend de suite un caractère spécial, que l’on ne retrouve chez aucun autre épithélium de revêtement, et qui mérite un examen attentif. Aussi ne faut-il pas s'étonner si un grand nombre de zoologistes se sont attachés à élucider cette question; et il est intéressant de suivre, d’une façon rapide, la marche des progrès de la science sur ce sujet, afin de bien connaître les données actuelles du problème.

[L. — Mais d’abord, dans cette étude, il convient, je pense, de mettre à part le Dentale. M. H. de Lacaze-Duthiers (13) a démon- tré, en effet, que les grands sinus de l'organisme débouchent au dehors par deux orifices situés quelque peu en arrière de la base du pied; la présence de ces deux orifices n'empêche pas l'existence d'organes de Bojanus pourvus de leurs pores externes. Ce sont là les seules observations, sur le sujet qui m'occupe, dont la véracité n’ait pas été controuvée; ces orifices ont même été revus tout récemment par M. H. Fol. — Comme on le verra plus loin, les ouvertures analogues signalées chez d’autres mollusques u’existent pas en réalité, aussi est-il curieux d'en rencontrer chez

ses

les Dentales; de plus, ces derniers possèdent des organes de Bojanus, et ne montrent, d'après l’éminent professeur de la Sorbonne, ni cæur, ni péricarde.

Ces faits sont encore bien difficiles à expliquer, même en supposant que les Dentales soient des Mollusques primitifs, plus rapprochés de la souche ancestrale que les Lamellibranches, et chez lesquels, par suite, la cavité générale présente des caractères plutôt semblables à ceux offerts par les Annelés oligomeriques qu’à ceux montrés par les vrais Mollusques. Dans le développement du Dentale, étudié tout récemment encore par M. A. Kovalewsky (12), les cellules mésoblastiques proviennent de l’ectoblaste (?) et des deux cellules premières, puis, se tassent les unes contre les autres à cause de l’étroitesse du blastocœle ; l’amas cellulaire ainsi produit ne correspond pas trop aux éléments mésenchymateux épars et isolés des autres mollusques, et ressemble davantage aux bandelettes mésoblastiques des Anpelés avant la segmentation. L'ensemble des espaces libres qui apparaissent ensuite par écartement des cellules du mésoblaste serait ainsi comparable à la cavité, plus ou moins subdivisée, d’un métamère. — Mais ces notions sont encore trop hypothétiques pour qu'on leur accorde la moindre créance ; et, jusqu’à nouvel nouvel ordre, il convient, dans le sujet auquel est consacré le présent mémoire, de réserver le Dentale et de le mettre à part. Du reste, ces questions ne seront résolues avec justesse que lorsqu’on aura des notions suffisantes sur la structure et le développement des Amphineura.

IL. — Delle Chiaje, le premier, a signalé l'existence, chez les Lamellibranches, d'ouvertures spéciales, ou port aquiferi, placées sur le pied et servant à l’eau d’orifices d'entrée; l’eau extérieure pénètre dans les canaux sanguins du pied, et concourt ainsi d’une manière active à amener le gonflement, la turgescence, de cet organe ; cette introduction d’eau n’aurait pas d’autre but que de déterminer l'érection du pied. La question se posa alors de savoir si l’eau pénétrait réellement dans les lacunes sanguines, ou bien si elle arrivait plutôt dans un système de conduits spéciaux, distinct des lacunes, et constituant un appareil aquifère servant seul à l'érection. L. Agassiz (1) découvrit un véritable système aquifère chez les Natica, et étendit, bien à

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