‹ Recherches histologiques sur les mollusques lamellibranchesChapitre 4 sur 12 · RÉSUMÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ GÉNÉRAL

I. — Les canaux sanguins (sauf le cœur et le péricarde) des Lamellibranches, comme ceux des Tuniciers, ne sont jamais des vaisseaux clos, pourvus de parois conjonctives ou musculaires propres et isolables des tissus environnants; ils conservent toujours le caractère de cavités conjonctives largement anastomo-

sées entre elles. Ces canaux sont de simples lacunes réunies en un réseau diffus, sauf quelques-unes à trajet constant et direct sur une certaine étendue, faisant d'ordinaire communiquer le cœur avec les organes. Ces canaux, fréquemment décrits sous le nom d’artères, n’offrent pourtant pas une structure différente de celle des autres lacunes, des fibres musculaires enveloppent bien leurs cavités, mais ces fibres; ne leur sont pas propres, car chacune d'elles n’entoure pas entièrement la lumière du sinus, provient par contre des tissus voisins, environne une partie seulement de la cavité sanguine, et la quitte de nouveau pour se perdre dans la trame conjonctivo-musculaire adjacente. La couche conjonctive qui limite immédiatement la cavité ne diffère pas de celle située plus profondément et ne forme pas de membrane connective spéciale; elle est recouverte par un endothélium plus ou moins continu et persistant, dont les cellules dérivent, avec les globules sanguins et les cellules conjonctives, des mêmes éléments mésoblastiques; du reste, ces trois sortes de cellules ont sans doute la faculté de se remplacer mutuellement. Enfin, de même que chez les Tuniciers et par tous ses caractères, l'ensemble de l’appareil circulatoire des Lamellibranches rappelle le système lymphatique des Vertébrés; les globules correspondent en tout aux globules de lymphe, de telle sorte que le sang de ces animaux n’est autre que de la lymphe allant elle-même puiser dans la branchie l'oxygène nécessaire aux tissus.

II. — L'état d'extension complète est l’état habituel des organesturgescents chezles individus placés dans leurs conditions normales de milieu; la contraction seule est un fait passager, suivi du retour à l’état ordinaire. Dans tous les organes turgescents, les faisceaux musculaires sont nombreux et orientés dans le sens de la rétraction et de la dilatation de l'organe; le mécanisme de la contraction est basé sur la contraction des faisceaux musculaires, qui diminuent, aux dépens des lacunes sanguines qu'ils compriment, les dimensions de l’organe suivant leurs propres directions; le sang est chassé dans les lacunes palléales et viscérales. Lorsque la contraction cesse, les fibres musculaires s’allongent de nouveau, reprennent leur longueur habituelle pour demeurer ainsi en repos, le sang retourne des lacunes pal-

SUR LES MOLLUSQUES LAMELLIBRANCHES . sl

léales et l'organe revientà ses dimensions normales. Aucun organe érectile, ni le pied, ni les siphons, ni les bords du manteau, ne possèdent de pores servant d'ouverture de sortie au sang pendant les contractions, ni d'ouverture d'entrée à l’eau extérieure pendant l’extension, afin de remplacer la quantité de sang perdue ; la masse du sang, égale ou supérieure comme poids à la moitié de celle du corps, suffit à elle seule pour expliquer toutes les variations de volume, suivant qu'elle se transporte d'une région dans une autre.

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