G APPENDICE
des monnaies de ces époques. Le président Hénault relate deux faits relatifs à cette appréciation ' : le premier est le concile de Toulouse tenu en S!{G sous Louis-le-Débonnaire , qui détermine la contribution que chaque curé devait fournir à son éveque, savoir : deux sous j ou, comme équivalent, un minot de froment, un minot d'orge, une mesure de vin, et un agneau. Le deuxième est un édit de Cbarles-Ie- Chauve, en 8G4 , ordonnant qu'il fût tiré de ses coffres cinquante livres d'argent pour une nouvelle fabrication de monnaie. Ce poids devait être distribué entre plusieurs villes, à raison de 5 livres d'argent ou 10 marcs chacune.
Les pai(»ments se faisaient alors en poids réel , soit d'or, soit d'argent, la monnaie n'étant usitée que pour le commerce en détail, et la livre numéraire répondait au poids véritable d'une livre ou de deux marcs; ainsi le marc a toujours été estimé ~ livre; mais il a varié en proportion de la livre. Cependant il y avait en France quatre marcs différents: celui deTroyes, celui de Limoges , celui deT^a Rochelle , et celui de Tours; ce dernier devint le plus commun, et donna le nom à la lù'iT'touniois.
La livre de 1 .>. onces a été le plus communément en usage pour peser l'or et l'argent. Une livre ou deux marcs pesant d'argent, au connnencement de notre monarchie, se taillaient en 10 sous. Charlemagne fit, eu 75?), vingt-deux sous d'une livre pesant d'argent.
* Abr. Chroii. de Tllibl. de 1 lanco. Rigue de Louis I*^*^.
CONCERNAIIT Ltô MONR àlES FRAlfÇAISES. SSj
Uû SOU cTàlors devait oorrespondre au moins à Técu récent de 3 Hv. tournois.
Le denier était la i a^ partie du sou , et robole la moitié du denier*
La livre d'or se taillait en 'j^ sous d'or, dont chacun vaudrait environ i5 livres tournois. Un sou d'or valait /|0 deniers d'argent ; mais ces deniers variaient suivant le lieu monétaire : le denier du Mans valait I denier { de Normandie et 2 deniers d'Anjou ; d'oïl vient le proverbe : Un Manseau vaut un Nor^ mand et demi et deux Angevins.
La proportion du 10* entre l'or et l'argent monnoyé s'est accrue successivement.
On fixe au règne de Philippe I^**, à l'époque de la première croisade, la première diminution des espèces d'or et d'argent de France. Il ne nous reste en dénomination que le Franc ^ monnaie réelle dans son origine, de la valeur de 20 sous, frappée primitivement sous le roi Jean. L'empereur Napoléon a rétabli cette unité monétaire.
Saint Louis régularisa et généralisa le cours des monnaies royales. On sait que de Philippe V^ à saint Louis , il y avait la monnaie parisis et la monnaie tournois; celle-ci n'était que les \ de l'autre '. Les mesures, autrefois si variées dans les provinces françaises, ne nous ont pas laissé moins d'incertitudes.
' On peut consulter Da Gange (Glossaire), et le Traité historique des Monnaies de France , par Lbblaicg , année 1740.