D'ELSEVIER ET DE LOPES DE HARO
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es anciens membres de la famille des Elsevier ont prétendu que leur véritable nom était jadis De Verdun, Du Verdyn et même de Verbois, fondant leurs croyances sur certain mariage, célébré à Leyden, en 1001 , entre Jean Sombaerl, de Lille, et Estber Essocier, d'Anvers, assistée de sa mère Louise Duverly.
On a lu, dans les anciens registres de l'état civil de Leyden, Esther Elsevier au lieu de Esther Essocier, noms qui d'ailleurs sont tous deux fort mal écrits. On a considéré cette Esther (présumée Elsevier), comme étant la fille de Louis Ier, et on a cru que sa mère s'était servie du nom de son mari Duverly ou Duverdyn , et que d'après cela , le véritable nom de Louis Ier devait être Duverdyn ou Duverdun.
Ces explications.sont aussi fausses que les données en sont absurdes : nous avons trouvé plus tard un testament de cette même Esther, de 1606 et 1656, duquel il résulte qu'elle fut la fille de Noël Essocier, et que Louise Duverly appartenait par conséquent à une autre famille.
Il est prouvé maintenant que le nom d'Elsevier n'est pas un nom changé en 1580, puisqu'il était déjà connu à Anvers, en 1565, par un mariage qui fut célébré, le 12 mai de cette année, à l'église de Notre-
Dame, entre Joos De Clerck et Marie Elseviers , et que , dans les anciens registres ecclésiastiques de Louvain, de 1557 à 1585, plusieurs mariages, naissances et décès sont indiqués d'une manière claire d'une famille Helscheviers et Elscheviers, que l'on peut considérer à juste titre, comme parents des Elsevier établis à Leyden en 1580.
Les troubles dont la ville d'Anvers a été le théâtre et sa situation intérieure vers 1566 (1) ont certainement engagé Louis Ier à se retirer à Wesel, où est né son troisième fils, Gilles, tandis que Mathieu et Louis étaient nés à Anvers.
Il est très-probable quev Louis Ier fut du nombre des émigrés établis à Wesel, en décembre 1567, qui y furent interrogés par les commissaires du duc de Clèves. Il signa également la requête que les réfugiés présentèrent, en 1568, au même duc, à l'effet de pouvoir demeurer dans ses États (2).
Il serait intéressant de connaître, s'il ne se trouve pas à Wesel quelques documents concernant les réfugiés de 1566 et plus tard, dont parle l'historien hollandais Pierre Bor.
Après avoir demeuré quelque temps à Wesel , Louis Ier s'établit à Douai, où naquirent deux de ses enfants, Joost et Arnout. De Douai, il se retira à Leyden, en 1580 (après avoir passé par Louvain).
Ces continuels déplacements de Louis Ier, nous obligent à croire qu'il y a été contraint par les dissensions civiles qui existaient dans ce temps-là.
Le professeur Adry, dans sa Notice sur les Elsevier (Bibl. univ.), disait que Louis Ier eut une sœur qui épousa Pierre Lopes de Haro , gentilhomme à la cour de Charles V, qui le choisit pour conduire en Danemark Isabelle d'Autriche sa sœur, qui devint plus tard l'épouse de Christiern II; mais nos recherches ne nous ont fourni aucun renseignement à l'appui de cette assertion. Il est vrai que la généalogie Elsévirienne supposait que le fils de ce même Pierre Lopes, aussi du nom de Pierre Lopes, épousa à Louvain, le 14 janvier JI554, à l'église de Saint-Jacques, la demoiselle Catharine Van den Berge (constaté par un certificat de mariage écrit et signé en latin, par Pierre Fabri de Smit, en son vivant vice-curé de Saint-Jacques, à Louvain, mais sans
(1) Voyez Groen van Prinsteren, Archives de la maison de Nassau, tome 11, p. 530, situation d'Anvers en 1566.
(2) Voyez P. Bor, Nederlandsche beroerten, p. 225, (4e livre).
date), laissant une fille, Barbera Lopes, qui épousa à Leyden,en 1591, Mathieu Elsevier (fils de Louis Ier). Mais il y a erreur : les dernières recherches ont prouvé de la manière la plus authentique, que Barbera Lopes (épouse de Mathieu Elsevier) fut la fille de Honesto Lopes de Karo et de Marie Yan der Donc, et petite-fille de Pierre Lopes et de Catharine Van den Berge, de Louvain.
Quant à l'époque de la naissance de ce Honesto Lopes de Haro (beaupère de Mathieu Elsevier), nous avons trouvé, dans un acte notarié où il figure comme témoin, qu'il naquit à Louvain, en 1540. Il est donc évident que le certificat du vice-curé Pierre Fabri ne peut être une pièce authentique, attendu que d'un mariage contracté en 1554 il ne peut être né un fils en 1540; à la rigueur on pourrait admettre que Honesto Lopes (1) pouvait être un enfant naturel légitimé par le mariage.
Il est à remarquer que le savant Schottts écrivit d'Anvers, en 1621, au professeur Meursius de lui envoyer ses lettres par l'entremise de Lopes, demeurant à Anvers et parent des Elsevier. (Voyez Opéra Meursii. Ed. La mi. xi, coll. 566. )
Il existe, parmi les descendants des Elsevier, plusieurs pièces concernant les Lopes, qui ne laissent aucun doute sur leur authenticité; mais nous ignorons si elles ont rapport à l'épouse de Mathieu Elsevier. Ces pièces sont :
(a.) Attestation constatant que le pèlerin Pierre Lopes a visité la terre sainte, en 1515 (voir annexe A ci-contre).
(b.) Diplôme de noblesse délivré à Pierre Lopes, en 1519, par Christiern 11, roi de Danemark, pour les services qu'il a rendus à ce monarque (voir annexe B).
(c.) Inscription, qui se trouve sur une pierre tumuîaire dans l'église des Récollels à Louvain, portant le millésime de 1554 (voir annexe C).
(d) Il résulte de son testament qu'il eut de son mariage avec Marie Van der Donc quatre enfants, savoir :