M A T H I EU
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athieu , Matthys ou Mathias Elsevier, fils aîné de Louis Ier et de Marie Duverdyn , naquit à Anvers en 1564 ou 1565. Enchaîné alors aux ordres comme à la destinée de son père, il le suivit à Leyden, lorsqu'il y transféra son domicile en septembre 1580.
L'an 1591 , vit inscrire son nom comme libraire sur le tableau des corps des métiers et consommer à Leyden son mariage avec Barbara Lopes de Haro , fille deHonesto Lopes de Haro et de Marie Yander Donc, et petite-fille de Pierre Lopes et de Catherine Van den Berge, de Louvain, laquelle déshérita son fils Honesto Lopes de Haro, pour avoir embrassé la cause de Guillaume Ier, prince d'Orange.
Cette famille de Lopes, venue de Louvain, était établie à Leyden, depuis 1577 et y tenait un magasin de draperies. Le chef de celte noble famille reçut le droit de cité le 19 décembre 1591 , mourut à Leyden le 15 novembre 1615 , et son épouse en 1624.
Le 5 août 1594, la ville de Leyden conféra à Mathieu le droit de cité, et, en récompense de ses talents et de ses services, lui confia le poste d'appariteur de son université, place qu'il occupa avec distinction jusqu'au 16 novembre 1616. — Démissionné en 1616, pour avoir été
cause du fameux incendie qui réduisit en cendres une partie de l'Académie de cette ville, il fut réintégré dans ses fonctions en 1617, après la mort de son père. Il occupa cette place jusqu'en 1640, époque de sa mort.
Deux ouvrages du célèbre mathématicien Simon Stévin , de Bruges , la Castramétation et la Nouvelle fortification par écluses, sortirent de ses presses (1). L'inscription, sur ces livres, de son nom allié à celui de son frère Bonaventure Elsevier, nous démontre clairement qu'il existait entre eux un acte d'association.
Par acte passé le 5 septembre 1622 (2), Mathieu, aspirant aux douceurs d'une vie plus tranquille, voulut renoncer au tumulte des affaires et concéda à son fils Abraham, moyennant une somme de 11,217 florins, la propriété et l'exploitation de ses librairies, dont les produits étaient alors répandus dans ses divers établissements de la Hollande, de Francfort, de Paris et de Venise. Mathieu contracta trois différents mariages; du premier lit, naquirent trois fils et deux filles (5), savoir : Abraham , Isaac, Jacob, Sara (4) et Catherine (5). Sa seconde femme, qu'il épousa le 10 novembre 1624 , Marie Van Ceulen, de Delft, fille du professeur de mathématiques Ludolf Van Ceulen et d'Aérienne Symons , le rendit père d'un seul enfant du nom de Ludolf, qui perdit la vie en même temps que sa mère, en mars 1626.
(1) La Caslramêlation, descrite par Symon Slevin, de Bruges, selon l'ordonnance et usage de irès-illustre, très-excellent prince et seigneur Maurice, par la grâce de Dieu, [•rince d'Orange, etc., 2e édition, revue et corrigée ; à Leyden, chez Mathieu et Bonaventure Elsevier, 161.8, in-folio de 54 pages, avec portrait du prince d'Orange.
Nouvelle manière de fortification par escluses, décrite par Symon Ste\iu, de Bruges; à Leyden, chez Mathieu el Bonaventure Klzevier; Tan 1318, in-folio de 01 pages, avec ligures en bois.
Ces deux ouvrages se trouvent à la bibliothèque royale de La Haye.
M. J. Schouten, à Dordrecht, possède la première édition originale, imprimée à Rotterdam chez Jean Van Waesberghe, in de Faem {à la Renommée). Anno 1617, in-folio.
(2) Voir l'annexe n° 5, traduction de la pièce authentique (pièces justificatives).
(3) Confirmé par son testament du 3 décembre 1640, trois jours avant sa mort, et par une liquidation de 1624 et 1641.
(4) Elle épousa, le 13 janvier 1623, Abraham Mytens, négociant, demeurant à La Haye.
(5) Elle épousa, le 17 novembre 1627, Pierre Caron, né à Bruxelles en 1602, étudiant en médecine à l'université de Leyden en 1626, et ensuite apothicaire de la ville. Il eut une sœur, Marie Cvron, épouse de François Coetyck, administrateur des iinances de madame la princesse d'Orange.
Enfin, après quatre mois de second veuvage, le 7 juillet 1626, Mathieu convola en troisièmes et dernières noces avec Elisabeth Smids, d'Amsterdam, de laquelle il n'eut aucun rejeton et qui mourut à Leyden en 1659.
Après avoir, dans le cours d'une longue et laborieuse carrière, accompli de mémorables travaux, il décéda à Leyden, le 6 décembre 1640, à l'âge de soixante et seize ans; sa dépouille mortelle fut ensevelie le 10 décembre suivant dans les caveaux de l'église de Saint- Pierre (1).
(1) On trouve, dans îa liquidation de ses biens, qu'il existait deux portraits de Mathieu et de sa première femme, qui sont passés dans la famille de Mytens, de*La Haye, et plus tard à son fils Abraham.
Ces portraits existaient encore en 1748, et c'est probablement ie portrait de Mathieu qui figure dans le Plutarque des Pays-Bas (Brux., 3 vol. in- 8°), et que nous reproduisons dans notre ouvrage.
Nota. Le fail suivant se trouve consigné en marge d'un registre aux actes passés devant les échevins de Bruges, déposé aux archives de la ville de Leyden : que « Simon Stêvin, le grand mathématicien de son siècle, avait quitté Bruges, pour n'avoir pas voulu payer les impôts de bière qu'on exigeait de lui. * (Sic )
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