‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 20 sur 78 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Propriétés de l'Abbaye de Doue. — Revenus.

Privilèges. — Associations.

ous pouvons^ au sujet des propriétés et des revenus de F abbaye de Doue, appliquer à ce monastère ce que M.

Rocher, un des meilleurs historiens veliaves, a dit des Ordres religieux de notre pays en général, a Les abbayes, les monastères ont protégé, « instruit et consolé pendant des siècles les populations « éparses dans nos montagnes. En retour de ces bience faits quotidiens et comme prix de tant de labeurs et « de sacrifices, l'église Anicienne a reçu Ces riches pos- « sessions^ ces vastes domaines dont on a fait tant de « bruit. Nos documents locaux et surtout les cartulai- « res du Monastier et de Chamalières attestent la « portée exacte de ces libéralités des fidèles, libéralités « souvent modiques, toujours volontaires,, qui n'ont « composé un ensemble de véritable importance que

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« grâce à l'esprit d'ordre et d'économie, apanage « traditionnel des corporations religieuses fi). »

La générosité des fidèles^ nous le constaterons souvent dans notre récit, telle fut la source des biens et des revenus des Prémontrés de Doue • la liste, du reste, n'en est pas longue. Nos religieux possédaient l'abbaye et son église, une ferme voisine, la montagne plus ou moins fertile sur laquelle le monastère était assis et tout le territoire environnant, sensiblement borné : au nord, par la route nationale du Puy à Yssingeaux; au levant, par l'ancienne route du Puy à Saint- Agrève passant par Saint-Germain- Laprade ; au midi, par le chemin 'de Saint-Germain- Laprade à Peyrard, passant par Pébélit et par la Gagne ; au couchant, par la Loire, depuis Peyrard jusqu'à Brives, où l'on voyait, en 1468, une îlot appelé Leyla de Doa (2). Dans ces limites se trouvaient en partie la Commanderie de Pébélit qui appartenait aux Hospitaliers du Puy et le domaine de

(i) Tablettes historiques du Velay, IV, 273.

(2) tAnno Domini m»ccccolxviii=', in mandamento de Boiisoîio. — In jiumine Ligeris seu littore ejusdem fluminis quœdant insula seu virgeria, appellata Leyla de 'Doa, inter duas aquas-prope et supra ponteni 'Briva, quce quidem confrontatur ah una parte cum campo nohilis Johannis Maurini, hurgensis ^nicii, et ab alia parte cuni levata pontis prcedicti de Briva, et ah aliis partïhus duahus cum ipsa aqua Ligeris (Archives départementales de là Haute-Loire , f. de Doue),

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Montanhac, propriété de la famille de ce nom. En dehors de ces limites^ le monastère possédait une grande partie de la plaine de Saint-Germain-Laprade et une maison sise auPuy^ dans le quartier du Pouzarot, où le R. P. Abbé résidait souvent.

Outre les revenus provenant des biens-fonds que nous venons d'énumérer et qui leur avaient été donnés par les seigneurs de Saint-Quentin, Fabbé et les religieux de Doue percevaient d'autres rentes.

1° Ils avaient droit à une partie des revenus de la mense épiscopale, des dignités, personats et canonicats vacants du Chapitre du Puy, mais la première année seulement après la mort des titulaires. Une lettre du pape Alexandre III confirme la donation de ces rentes faite à Tabbaye de Doue par Pierre IV de Solignac, évêque du Puy.

« Alexandre, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à nos chers fils l'Abbé et les religieux du monastère de Doue, Ordre de Prémontré, au diocèse du Puy, salut. — Votre pétition à Nous présentée contenait que Pierre, évêque, de bonne mémoire, le prévôt, le doyen et le Chapitre du Puy, dans un pieux dessein et pour le salut de leur âme, vous ont accordé que, lorsque l'évêque du Puy, un personat ou chanoine viendraient à mourir, vous percevriez la première année seulement après leur décès une partie de leurs revenus, dans certains lieux déterminés de l'église du Puy : ce que ensuite Bertrand de bonne

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mémoire, son successeur, a approuvé; ce que nous aussi, en vertu de notre autorité apostolique. Nous confirmons pleinement. — Donné à Viterbe le iv des Ides de Janvier, l'an IV de notre Pontificat [^K »

2° Doue percevait encore^ sauf à les pourvoir d''un prieur, les dîmes de plusieurs prieurés, à savoir : Saint-Germain- Laprade, Saint- Martin - de - Fugères, Sainte-Marie-de-Borne, Saint-Julien- d'Ance et Sainte- Madeleine-du-Pontempeyrat, dans le diocèse du Puy; St-Etienne-de-Crussol, dans le diocèse de Valence ^2).

En 154s, sous l'abbé Jean de Burianne, les dîmes de Saint-Germain-Laprade s^élevaient au total à trente-six setiers de blé, mesure du Puy (3 V moitié froment et moitié seigle, payables et portables, savoir : dix-huit setiers au monastère, neuf froment et neut seigle, douze setiers au prieuré de Saint-Germain, six froment et six seigle.

Nous corinaissons quelques cotes particulières des dîmes pa3''ées à l'abbaye de Doue dans le ressort des prieurés qui en dépendaient, ou en d'autres lieux. Nos lecteurs nous permettront de les consigner ici, quelque peu intéressantes qu'elles soient. Elles peuvent servir

(i) Gallia Christiana, II, Instr. XXX. p. 262.

(2) Plusieurs auteurs donnent encore à Doue les paroisses ou bénéfices simples de Craponne, La Souheive, Sambouschat et Freisnet de la Chalm. Nous n'avons pu jusqu'ici vérifier cette affirmation .

(3) Le setier, mesure du Puy, était de seize cartons.

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