LES ABBES : JEAN DE SAINT-PAUL
chapelle à Doue par contrat du 19 octobre 1348 ;i). Le 29 du même mois, sa fille Catherine donne par testament vingt sous annuels aux religieux à.condition qu*ils célébreront un anniversaire chaque année dans leur église pour le repos de son âme <2).
Ces dons et ces fondations furent loin de compenser les maux qui fondirent alors sur le monastère. Nos religieux eurent à souffrir, peut-êtr^ de la célèbre peste noire de 1348, dite peste de Florence, sûrement des mauvaises récoltes de ces années malheureuses, enfin de la part des Anglais et des troupes qui pendant les six années de trêve (1347-1353) se répandirent dans les campagnes et les mirent à contribution. En ce qui concerne les Anglais, nous appuyons notre assertion sur plusieurs documents que nos historiens^ du Velay n'ont probablement pas connus. Bien avant 1359, date la plus reculée donnée par eux, les Anglais durent faire des apparitions dans nos montagnes.
« En 1332, dit un chroniqueur (3^, les Anglais « estoient princes de k province de Guienne, ce
(i) Payrard, .'IsLotes inédites.
(2) Inventaire de i']&2.
(3) Notes pour servir à l'histoire de Marvejols, par M. l'abbé Bosse, imprimées à la suite de V Histoire de Sainte-Enimie,pa.r Ferdinand André, archiviste de la Lozère. — Sur lés incursions des Anglais dans notre pays, voir Ann. de la Soc. Académique du 'Puy.yil^ 119, Tablettes hist. du Velay, Y1,S39, et les C f^roniqueur s du Puy, édités TpÀx A. CnASSAmG.
8o l'abbaye DE DOUE
« qui causa une fâcheuse guerre à . Marvejols « qui rezista au service de son grand Roy de « France.
xrEn 1347, don du Roy employé à réparer et force tifier Marvejols contre les armées des Anglais qui ce estoient aux environs pour la prendre. »
Les routiers s'emparent, à cette époque, du . Monastier-Saint-Chaffre, dont ils ne sont délogés qu'après 45 jours de siègè^ le 7 mars 1361 (^L
Serait-il donc étonnant que les Anglais ou les routiers eussent poussé une pointe j usqu''à Doue, aux portes du Puy ? Nous ne le pensons pas. Nous démontrerons tout à l'heure que nos autres affirmations reposent sur des fondements encore plus solides.
C'est à cette époque particulièrement critique que Pierre de la Roche, quifiT^ème ahbé de Doue, prit la direction du monastère (135 1). Il était issu d'une famille noble du Puy, qui. a donné plusieurs consuls à cette ville : Pierre de la Roche, en 1387;; Jean, en 1392; autre Pierre en 1434(2).
L'abbé de la Roche eut beaucoup de désastres à réparer. Il comprit tout de suite sa pénible tâche et sut la remplir sans défaillance. Nous en avons pour preuve la charte suivante qui corrobore à merveille les hypothèses que nous nous sommes permises sur
'(i) Prouzet, Bist. du Gévaudan, III.
{2) A. Chassaing, FasUs consulaires du Puy, passim.