CHAPITRE VI
Les abbés dé Doue de 1351a 1420. —Jean III Francon : legs importants des familles de Glavenas et de la Blache. — Jean IV Pknchemine : legs d'Agnès Francon. — Dalmace Thouzet : il règle un différend avec Guigon de Glavenas, seigneur de Lardeyrol ; il est investi par le Pape de différentes missions.
E successeur de Jean II de Lobeyrac fut Jean III Francon, dix-septième abhê de Doue. Son élection fut heureuse pour l'abbaye, car nous allons voir la famille de Glavenas d'abord, sa propre farnille ensuite, lui faire des legs considérables.
Le testament de Jaucerand, dont nous avons parlé, est le plus ancien témoignage qui nous reste des pieuses fondations des Glavenas en faveur de Doue, mais il n'en est pas le plus important. Alaïs d'Usson, sa veuve, par testament fait au Puy, rue de Séguret, le 20 mai 1361, se montre encore plus généreuse que lui.
« Ses premières pensées dans ce dernier acte, dit
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M. Truchard du Molin (0, sont pour le salut de son âme, pour Tordonnance de ses funérailles, pour la grande affaire de l'éternité, et elle ne s'occupe de la distribution de ses biens entre ses héritiers qu'après avoir largement pourvu aux besoins de l'Eglise et au soulagement des malheureux.
ce Elle recevra la sépulture dans le cimetière de Doue et on donnera cinq sous tournois et un dîner aux cent prêtres appelés à son enterrement. Sur son corps sera placé un drap d'or de la valeur de dix livres tournois, et pour le luminaire il sera fourni par son héritier un quintal de cire, tant en torches quen chandelles. Ce même jour, les pauvres de Dieu de Versilhac recevront une aumône de huit setiers de blé, avec des viandes salées ; semblable distribution sera faite à Beaujeu, près du Chambon, et, six mois après, à Lardeyrol et à Glavenas. On habillera pour le jour de son enterrement quinze pauvres avec, pour chacun, trois aunes de drap brun, et deux aunes de toile de lin. Après sa mort, six pauvres des hommes de Lardeyrol, seront convenablement vêtus et, dans l'année qui suivra, il sera distribué à des^ nécessiteux, grands et adultes, dix paires de socques et dix paires de 'souliers, et autant à des enfants de dix ans ou environ. Le lendemain de son enterrement, un retour sera célébré dans l'église du monastère de Doue
(i^ Baronnie de Lardeyrol, p. 163.
auquel seront appelés quatre-vingts prêtres qui recevront chacun quatre sous tournois. Et, dans la huitaine, on délivrera une torche du poids de trois livres de cire aux curés des éghses de Lardeyrol et de Glavenas, d'Yssingeaux et d'Usson. A la quarantaine, on célébrera mille messes dans les églises des Frères Prêcheurs^ Mineurs et du Mont-Carmel d'Usson, de Tence, de Lardeyrol, du Chambon et de Doue, et les Prêtres recevront pour chaque messe douze deniers.
.« Elle veut que son héritier fasse ériger un autel dans l'église de l'abbaye, avec un crucifix en Thonneur de la passion de Notre-Seigneur, où un Père dira perpétuellement des messes pour son âme et celle de ses bienfaiteurs, et elle lègue audit couvent soixante sous tournois, deux setiers et une émine de seigle, mesure du Puy, annuellement ...»
« Alaïs fait ensuite quinze ou vingt legs à diverses maisons et distribue le- reste de ses biens, la plus grosse part, naturellement, à ses enfants ou petitsenfants.
« Tout Tesprit du moyen-âge, continue l'historien que nous citons^ est dans ces dispositions.
c( En lisant ces interminables listes de fondations, d'aumônes, de libéralités de toutes sortes, prescrites avec tant de détails et de sollicitude, et qui se reproduisent avec une constante uniformité dans la plupart des testaments de la même époque, on se demande
si ces barons du Velay, qui, à l''heure de k mort, se montrent si pieux et si charitables, n'auraient été pendant leur vie que d'impitoyables oppresseurs. Heureusement pour l'humanité, il n'est guère d'état social où un peu de bien ne rachète un peu de mal. Cette féodalité, qui créait tant d'inégalités, n'avait pas moins d'entrailles pour les petits que l'aristocratie financière de notre âge . Le meilleur régime serait celui qui ne ferait pas de pauvres, le pire, celui qui en ferait, sans les nourrir. Les reproches que la science économique et l'histoire adressent aux institutions du moyen âge ne vont pas jusquerlà. »
Le 27 juin 1369, Jean Francon, abbé de Doue, donne quittance à Austorge de Glavenas d'une somme de vingt-huit francs d'or qu'il vient de verser pour le paiement du legs fait en faveur de l'abbaye par Alaïs d'Usson (0.
D'autres familles rivalisent de générosité envers le monastère avec celle de- Glavenas. C'est ainsi que MessirePons de Ceyssaguet lui lègue, le 3 juillet 13 61, dix sous annuels pour faire un retour tous les ans pour le repos de son âme. Comme les seigneurs de Lardeyrol, il est enterré dans l'égHse de Doue {^) ; mais ces derniers se distinguent entre tous par les largesses dont ils comblent les religieux de Doue et
(i) Trùchard du Moulin, ouvrage cité, p. 166.
(2) Inventaire de 1^82. ,
par leur fidélité à faire porter leurs restes mortels sous les dalles de leur sanctuaire.
Guigon de Glavenas, fils de Pons, d'une branche cadette de Glavenas, seigneur de Saint-Germain- Laprade, fonde, à une date que nous n'avons pu découvrir, dans réglise de Saint-Germain, qui dépendait de Doue, une vicairie qu'il dote d'une rente annuelle de trois setiers seigle, mesure du Puy, et de vingt sous tournois, le tout devant servir à l'entretien d'un prêtre, à la charge par celui-ci de célébrer des messes pour le repos de son âme et de celle de ses parents. Mais comme, sous l'abbé Francon, le prêtre desservant la chapelle était mort, Austorge, seigneur de Lardeyrol et de Glavenas, héritier de Pons par voie de substitution, en sa qualité de patron de ladite chapelle et par acte notarié du 30 décembre 1363, passé au château de Saint-Germain-Laprade, Frère Guillaume de Brioude, sous-prieur, agissant pour la communauté, laisse au supérieur (subperiorï) actuel de Doue et à ses successeurs le soin de la desservir ou faire desservir. Que. si le supérieur de Doue refuse de ce faire^ les héritiers de Guigon pourront conférer ladite vicairie à qui ils voudront, nonobstant la susdite donation (i).
Par testament du 10 août 1375, un autre seigneur de Glavenas, noble Jaucerand, fils émancipé d'Aus-
• (0 Truchard du Molin, OMW^^g cité, p. 165.
torge, seigneur de Lardeyrol, et d'Alix, Ahélis ou Elise de Tournon, fonde pour chaque semaine une messe de Requiem dans l'église de Doue et consacre à cette fondation une redevance annuelle de deux setiers seigle et cinquante sols argent (0 . Voici les parties principales du testament de Jaucerand :
' ce Au nom de Dieu, rAmen. — L'an de rincarnation de N.-S., mil trois cent soixante-quinze et le dix du mois d'août, établi en personne noble Jaucerand de Glavenas, fils émancipé de noble Austorge, seigneur de Lardeyrol, chevalier, et de noble Ahélis de Tournon, sain de corps et d'esprit, se proposant d'aller en pays lointain, considérant que personne ne peut échapper au terrible jugement du Juge éternel, voulant prévenir toute dispute entre ses parents au sujet de ses biens, donne les fruits de ses biens et ses revenus à noble Austorge, son père bien-aimé ; il veut qu'après la mort de son père, ses biens passent à Guigon, son frère, et à ses enfants mâles; que si Guigon vient à mourir sans enfants mâles, il établit successivement ses héritiers, dans les mêmes conditions, Amphélise, sa sœur; Guilhaumot de Mont- Rodat et François de Tournon, ses cousins; s'il vient à mourir dans son pays, il veut être enterré- dans le
(i) Archives de M. Bertrand de Doue. — Truchard du MoLiN, Ouvrage cité^ p. i68 et 177. Archives dèp. de la Haute- Loire, fonds de Doue, — Voir aux Pièces justificatives, n° 10.
cimetière de l'église de Doue; il demande que Ton célèbre chaque semaine dans ladite église une messe de morts pour le r-epos de son âme ; il donne pour ce faire aux religieux de Doue deux setiers de seigle, mesure de Lardeyrol, et cinquante sous tournois. Il institue ses exécuteurs testamentaires Frère Guichard de Saint-Didier, son oncle, Lambert, seigneur de Goudet, chevalier, Gondt ou Goët de Saint-Vidal et Mondon Achard, damoiseaux. S'il vient à mourir en pays lointain, il veut qu'on lui fasse à Doue des funérailles ausssi solennelles que si son corps était présent, qu'on y appelle deux cents prêtres pour célébrer des messes et faire les autres offices^ et qu'on leur donne deux gros avec un repas pour une fois ; que l'on brûle un demi-quintal de cire sur son tombeau ; il demande que l'on appelle au trentain cent prêtres dans les mêmes conditions ; qu'au jour de sa sépulture on enveloppe son corps d'un drap de soie noire qui ne dépassse pas la valeur de huit florins. — Fait au château supérieur de Dunières, en présence des témoins Gamon et Alexandre Guichard, dits Gasthet, damoiseaux, Guillaume Bastide, du Puy, Etienne Pelorsosa fdu Peloux), de Las Passas , paroisse de Riotord, Jean Pauchon des Aulagnères, paroisse du bourg de Dunières, etc . Acte reçu Guillaume Jolis et Durand Claustrerii. »
Nous verrons plus loin Guigon, troisième fils d Austorge de Glavenas, régler avec les Prémontrés
par une transaction du 5 juin 1392, ce qu'il leur devait d'arrérages et ce qu'il aurait à payer à l'avenir pour toutes les fondations de ses prédécesseurs de Glavenas, de Lardeyrol et de Saint- Germain-La • prade.
La famille de laBlache f'^), paroisse de Mercoire (2), alliée à celle de Jean Francon, fut encore plus généreuse pour l'abbaye de Doue que les seigneurs de Lardeyrol et de Glavenas ne l'avaient été. Nos lecteurs en jugeront par le testament de Pons Alphérand, dont nous reproduisons les parties principales :
« Moi, Pons Alphérand, seigneur de la Blache, fils et héritier de très cher Raymond Alphérand, seigneur de la Blache, paroisse de Mercoire, considérant qu'il n'y a rien de plus certain que la mort et rien de plus incertain que l'heure de la mort... je recommande mon âme très misérable, lorsqu'elle aura été dépouillée de mon corps, au Très-Haut, mon Créateur, à la Vierge Marie, sa glorieuse mère, et à toute la cour céleste. Quant à mon corps, je veux qu'il soit enseveli au cimetière de Do.ue, dans le tombeau de mon bien-aimé père et de mes ancêtres, et que mes funérailles se fassent de la manière suivante :
(i) Sur la famille de la Blache, voir \q' Répertoire- des Hommages de ï'Evêché du Puy, pages 71, 274, 277, 284 ; la Baronnie de Boti:(ols, p. 19 et suivantes.
(2) Mercoire ou Mercœur, n'est plus aujourd'hui qu'un village de la paroisse de Malrevers.
«Je désire que, avant de me livrer aux prêtres pour la sépulture, l''on rne place dans u'n cercueil en bois et que l'on me recouvre d'un suaire en serge ou d'une couverture convenable et d'une étoffe garnie de franges d'or qui ne dépasse pas la valeur de huit francs d'or ; que l'on fasse faire seize torches de cire de trois livres chacune, que l'on allumera lorsqu'on me portera à ma dernière demeure ; je veux que les religieux des maisons des Frères Prêcheurs, Mineurs et Carmes du Puy et les religieuses de Vais soient invités à m'accompagner jusqu'au lieu appelé la Barre, et que l'on donne à chacun de ces couvents huit sous tournois bonne monnaie une fois seulement^ à la condition qu'ils seront tenus de prier pour mon âme.
c( Item, je veux et ordonne que l'on invite à mes funérailles quarante prêtres en plus de ceux du monastère de Doue, et, s'il en vient d'autres, qu'on leur donne aussi une offrande. De plus, tous ces prêtres seront retenus à dîner au monastère et recevront chacun une aumône de six oboles blanches une fois seulement.
(f- Item, ]q veux et ordonne que, le lendemain de ma sépulture, l'on fasse dans l'église de Doue un retour auquel assisteront trente prêtres qui seront tenus de prier Dieu pour moi, de célébrer des messes et tous les autres offices accoutumés pour le remède et le sàlùt de mon âme, de celle de mes ancêtres et
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de mes bienfaiteurs : on donnera en aurriône à chacun de ces prêtres quatre oboles blanches une fois seulement.
« Item, je veux et ordonne que l'on fasse, quarante jours après ma sépulture, un autre retour auquel devront assister vingt prêtres qui seront tenus de prier Dieu, célébrer des messes et offices divins pour le salut de mon âme... On fera à chacun de ces prêtres une aumône de quatre oboles blanches une fois seulement.
Ci Item ^ je veux et ordonne que l'on fasse un autre retour dans l'église de Doue, au commencement de l'année, de la manière qu'il plaira à très chère dame ma mère...
« Item^ je donne à l'église "de Doue, pour une fois seulement, une livre d'huile pour entretenir la lampe du sanctuaire.
« Item, je lègue au couvent de Doue, pour une fois seulement, vingt-cinq francs d'or pour célébrer à perpétuité dans l'église de ce lieu un anniversaire à pareil jour où mon corps aura reçu la sépulture ecclésiastique; ledit couvent devra, ce jour-là, faire célébrer une messe solennelle des morts, se rendre en procession à mon tombeau^ où l'on chantera les versets et oraisons accoutumés, et où l'on priera Dieu pour le remède et salut de mon âme et de celles de mes parents et bienfaiteurs...
« J'institue très chère Agnès Francon, ma mère,
mon héritière universelle en tous et chacun mes biens meubles et immeubles, à condition qu'elle fassse les frais de mes funérailles, paye mes detttes et acquitte mes legs...
« Item, au cas où ladite dame, ma mère, viendrait à mourir sans postérité, je lui substitue et institue pour mon héritier Adhémar Francon, mon cher frère consanguin. »
Pons Alphérand substitue ensuite, dans les mêmes conditions, à Adhémar Francon,, noble Catherine Francon, sa sœur, puis à celle-ci Agnès, son autre sœur, et enfin à celle-ci le couvent de Doue.
« Je lègue et institue, continue-t-il^ dans le monastère de Doue, une vicairie qui devra être desservie par un des chanoines dudit monastère et qui sera dotée d'une rente annuelle de six livres tournois. Le vicaire à qui elle sera donnée célébrera des messes et chantera les autres offices divins pour le remède et salut de mon âme, de celles de mes parents et bienfaiteurs. La collation de ladite vicairie appartiendra au seigneur abbé qui gouvernera le monastère lorsque la vacance se produira.
« Ce qui restera du prix de mes biens, mes legs une fois payés, sera divisé en deux parts. La première sera distribuée aux pauvres du Christ qui affluent à Doue, au gré de mes exécuteurs testamentaires; la seconde sera subdivisée par portions égales entre les couvents de Doue, des Frères Prêcheurs, Mineurs et
Carmes du Pûy et des religieuses de Vais. Je charge de faire ce partage Révérend Père en Dieu le seigneur abbé de Doue et le prieur de ce monastère, les prieurs des maisons des F. Prêcheurs et Carmes, et le gardien des F. Mineurs du Puy.
« Item:, je lègue et laisse à chère Guigone Alphérand, fille de noble Armand Alphérand, ma cousine, mais seulement après le décès de très chère dame ma mère, tout ce que je possède et dois percevoir au mas et territoire d'Eschabrat, mandement de Bessamorel.
« Fait au Puy, le 1 6 août 1375, dans la maison de prudent homme Pierre Gastet, rue Panessac (carreyria de Panasaccd), en présence dudit Pierre Gastet, seigneur de Durianne, Vital Chabade,' bourgeois du Puy, M^ Jean de Marlhes, notaire royal, Robert, fils de Jean Locoteler, jadis boucher, Laurent Basses, savetier, citoyens du Puy, Jacques Pedigon, du diocèse de Saint-Flour, Pierre Reynaud, clerc, d'Espinchalm, diocèse de Clermont, et André Borzes, notaire royal (1). »
Grâce à ces libéralités, l'état du monastère fut assez florissant sous Jean III Francon; il ne le fut pas riioins sous son successeur Jean IV Planche^ MINE, dix-huitième ahbê de Doue. La Gallia Christiana le mentionne avec ce titre à la date de 1382.
(i) Archives dép. de la Haute-Loire, f. de Doue, Voir aux Pièces justificatives, n* 11.
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Il reçoit divers legs qu'Agnès Francon, mère ou sœur de son prédécesseur, veuve en premières noces de Raymond de la Blache, et^ en secondes, de Pierre Gastet, seigneur de Durianne, avait faits en faveur du monastère de Doue par testament du 6 octobre 1383. ■
ce Je, Agnès Francon, héritière et ayant cause de Pons Alphérand, seigneur de la Blache, mon fils, saine de corps et d'esprit... après avoir fait le vénérable signe de la sainte croix et recommandé mon âme à mon Créateur et à la glorieuse Vierge, sa mère. . . j'élis sépulture pour mon corps dans le cimetière de l'église de Doue, au tombeau où reposent noble Raymond Alphérand, mon premier mari, et Pons, notre commun fils. Je veux que mon corps soit placé darîs un cercueil et recouvert d'un suaire en toile de lin et d'une couverture perse que j'ai.
ce Item, je veux et ordonne que l'on fasse huit torches, de cire de quatre livres chacune, que l'on allumera lorsqu'on portera mon corps à Héglise pour l'ensevelir. .
« Item, je veux et ordonne que l'on invite à mes funérailles les Frères Prêcheurs^ Mineurs et Carmes du Puy, et les dames religieuses de Vais, qui seront tenus de m'accompagner jusqu'à La Barre. Chacun de ces couvents recevra cinq sous bonne monnaie une fois seulement, à condition de prier pour mon âme et celles de mes parents et ancêtres.
« Item^ je veux et ordonne que l'on invite à mes funérailles les Frères du monastère de Doue et les curés des églises de Chaspinhac^ Saint -Etiehne-de- Làrdeyrol, Saint-Pierre-Eynac, Saint-Germain et Saint- Julièn-Chapteuil, et que l'on donne à chacuri quatre blancs -çoxxr \xnQ {dis.
« Itenti ]q veux et ordonne que, le lendemain de mes funérailles, on fasse un retour auquel assisteront les mêmes Frères de Doue et les curés desdites paroisses, et que l'on donne à chacun trois blancs.
Ci Item, ]e veux que l'on fasse chaque jour une offrande d'une mesure de vin et d'un pain de deux deniers dans la même église du monastère de Doue avec la cire convenable pendant un an et un jour, à compter du jour de ma sépulture.
« Item, je veux que, une année révolue après ma mon, il me soit fait un anniversaire auquel on invitera les Frères dudit monastère de Doue qui recevront trois blancs afin de prier pour moi/
« Item, je lègue à la sacristaine et servante de J.-C. dans ladite église une torche de quatre livres de cire.
« Item, je lègue pour le luminaire de chacune des églises susdites de Chaspinhac, de Saint-Etienne-de- Lardeyrol, de Saint-Pierre-Eynac, de Saint-Germain et de Saint-Julien-Chapteuil une livre d'huile une fois seulement.
« Item, je lègue a mon cher religieux Frère Beraud Francon, moine de la Chaise-Dieu, vingt sous tour-
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nois; je lui donne en plus le lit où je suis étendue.
« Item, je fonde à perpétuité dans ladite église du • monastère de Doue une vicairie pour qu'un religieux, prêtre, y chante des messes et les autres offices divins deux fois la semaine au moins et récite de même sur ma tombe les versets et oraisons accoutumés. Je lègue au prêtre qui desservira cette vicairie cinquante sous tournois par an, à prendre sur mes biens. Mon héritier universel et ses successeurs auront droit de conférer ladite chapelle, lorsqu'elle viendra à vaquer.
« Agnès Francon substitue successivement à Adhémar Francon, son petit-fils et son héritier, Catherine Francon, sa sœur ; à Catherine, Agnès, sœur aussi d'Adhémar ; à Agnès, noble Hayrelle, femme de Jean d'Avignon,, et enfin à celle-ci ses exécuteurs testamentaires, Jean Roussel, seigneur de Queyrières, Guillaurne de la Chaise-Dieu, au service du Seigneur notre roi dans ses armées et Jean d'Avignon, marchand et banquier du Puy.
« Fait au Puy dans la maison de feu Pierre Gastet, en présence des Frères Jacques Daude et Jacques du Moulin, religieux Carmes du couvent du Puy, Vital de Mans, François Barulus, Jacques Guionet, citoyens du Puy, Bertrand Debard et Armand de Bizac, du Bouchet-St-Nicolas, et André Borzes, notaire royald). »
(i) Archives départementales de la Haute-Loire^ f. de Doue. Voir aux Pièces justificatives, n° 12.
loo l'abbaye de doue
Enregistrons enfin une dernière donation faite à Féglise de Doue par la famille de Jean Francon, prédécesseur de Jean Blanchemine. En 1385, D. de la Blache fonde dans cette église la chapelle de Sainte- Marguerite fO.
Dalmâce Thouzet, dix-neuvième abbé de Doue, successeur de Jean Planchemine, n'est pas mentionné par la Gallia Christiana avant 1402. Nous pouvons faire remonter son gouvernement au 5 juin 1392, grâce à un titre authentique dont M. l'abbé Payrard nous a laissé une analyse d'après le texte latin que lui avait fourni une copie du dix-septième siè- . cle(2).
« Comme procès existait entre Révérend Père en Dieu Dalmace, abbé de Doue, Ordre de Prémontré, et noble homme Guigon de Glavenas, seigneur de Lardeyrol et en partie de Glavenas ;
« Ledit abbé prétendant que noble dame Alaïs d'Usson, seigneuresse jadis de Doue, Jaucerand de Glavenas, son frère, et généralement les seigneurs de Saint-Germain et prédécesseurs du'dit Guigon, tant dames que nobles seigneurs de Lardeyrol, avaient constitué des legs, fondé des vicairies, établi des
(i) Gallia Christiana, II, col. 771.
(2) Payrard, Nouveaux mélanges historiques, I^ p. 130. — L'analyse de M. Payrard est parfaitement conforme à "original qne nous avons retrouvé aux Archives départementales. Voir aux Pièces justificatives, n» 13.
LES ABBES : DALMACE THOUZET lOI
rentes en blé et en argent en faveur dudit couvent, comme il s'offrait à le prouver par rexhibition de plusieurs testa çnents et écrits^ — toutes rentes depuis longtemps payées;
« Ledit Guigon de Glavenas ayant de graves motifs d'opposition à faire valoir contre les exigences de l'abbé et du couvent de Doue ;
« Les parties désireuses de conserver Tunion entre elles, conclurent une transaction datée du 5 juin 1392/ l'évêque Gilles gouvernant pour lors le diocèse du Puy, et en firent rédiger l'acte en présence des chanoines de Doue qui étaient, en plus de Fàbbé, Jean Chambon, Jean Million, André Chalancon, Jacques Perbet et Pierre Monet. »
Les conventions suivantes furent acceptées :
« 1° Noble Guigon de Glavenas et ses successeurs restent quittes jusqu'à "ce dit jour de tous paiements arriérés ; .
« 2° Les seigneurs de Lardeyrol devront, à l'avenir^ perpétuellement et annuellement, à l'abbé et au couvent de Doue, à cause de deux vicairies fondées dans leur église, trois setiers de blé, mesure de Lardeyrol, savoir trois humines à chaque vicaire des deux vicairies, payables à la fête de saint Michel, et quarante sous tournois qu'ils donneront au couvent à la fête de la Toussaint. Cette dette sera hypothéquée sur le château et les biens de Lardeyrol ;
« 3" La transaction consentie jadis par noble
homme -Austorgius de Glavenas, chevalier, défunt père- dudit Guigon,, restera sans eflfet ;
a 40 Nul aussi et de njille valeur sera l'acte d'élection de sépulture, avec fondation de vicairie, consenti par noble Jaucerand de Glavenas, frère dudit Guigon de Lardeyrol... :
« L'accomplissement de ces conventions fut solennellement promis par les parties, avec serment que les prêtres prêtèrent en tenant la main sur leur poitrine, et ledit Guigon en la posant sur le livre des Evangiles.
« L'acte fut dressé par M^ Pierre Vigier, notaire, et passé dans la maison que le monastère de Doue possédait au Puy, les an et jour susdits, en présence de noble Raymond de Chambonnet, clerc de Notre- Dame du Puy ; de Guillaume Gentil^ clerc; de Mathieu Monet, maréchal du Puy, et de Guillaume Pelât. » '
Dalmace Thouzet reçut des papes Benoît XIII et Martin V trois bulles dont V Inventaire-Chartrier de V Eglise du T^uy (^) publié par M. Payrard, nous fait connaître l'objet en ces termes :
« 1° Bulle du pape Benoît XIII adressée aux sieurs abbés de Saint-André d'Avignon, la Chaise-Dieu et boue, par laquelle il leur mande de faire jouir le Chapitre de tous les biens, rentes, places, seigneuries
Çi) Première layette, pages 34 et 35.
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qui lui appartiennent, et contraindre les ufsUpâteurs ou détenteurs d'iceux. Donnée à Marseille y le vi des- Ides de mars 1417, et la treizième année de son pontificat. » ; - . î
ce 2° Bulle du pape Martin V, ensemble copie d'icelle addressée aux abbés Saint-André d'Avignon, Chaise-Dieu et Doue^ par laquelle il mande aux dits sieurs abbés commis conservateurs des privilèges du Chapitre, de veiller à ce que ledit Chapitre jouisse de ses biens et privilèges accoutumés et contraindre à cet effet les perturbateurs. Donnée à Genève les kalendes de juillet 1417, et la première année de son pontificat. » ^
« 3° Bulle du pape Martin V^ addressée à l'Abbé de Doue, commissaire nommé par Sa Sainteté, pour retrancher, augmenter et modifier les ' articles qu'il jugera à propos contenus en la bulle de Clément IV en forme de statuts ou règlement pour le Chapitre. Donnée à Florence, le 12 des kalendes de may 1419, troisième année de son pontificat. »
V Inventaire de 1782 y que nous avons souvent cité^ nous fait connaître d'autres actes du gouvernement de^ Dalmace Thouzet, de 1392 à 1422 ; les voici dans leur ordre chronologique.
Il afferme, le 23 novembre 1399, à Jacques Dufour, de Brives, une vigne et une vaysse, au terroir de Doue, au cens de huit lagènes de vin et dix deniers argent. \ . -'- '-■■'^'
Le 24 mars de Tannée suivante, il obtient du juge de Velay une sentence qui l'autorise, lui et les hommes de son mandement, à faire paître leur bétail^ à partir de la Toussaint, dans le pré appelé La Sanhette, ayant appartenu d'abord à Jean Roussel, puis à Jacques Lamic.
Il fait citer, le 7 mars 1405 , par Guillaume Arnaud, commissaire de notre Saint-Père le Pape, Messire Hélie de Lestranges, évêque du Puy « pour avoir , prétendu faire sa visite dans le couvent, ce qui n'appartient qu'à l'abbé de Prémontré ».
Le 30 mars 1410, il afferme à Jean André, de Fayla-Triouleyre, quelques champs et bois, au terroir de Fay, au cens de trois cartons froment, dix deniers et la dîme accoutumée.
Il afferme aussi, le 5 mars 1412, à Giraud Dufour, de Brives, une vigne appelée La Malpertuise et une veysseyre attenante, sises au terroir de Doue, au cens de six humines de vin et quatre deniers.
Il afferme encore^ le' 16 mai 14 18, à Benoît Faucher, d'Orzilhac, une vigne appelée Lû^^ Vinhasscs, au terroir de Doue, au cens d'un barrai et demi de vin.
Il donne quittance, le 15 décembre 1418, à sieur Giraud Dupin d'un setier, moitié seigle et moitié avoine, que l'abbé de Doue prend sur le garâyt de Doue, situé au terroir du Pin, paroisse de Saint-. Germain-Laprade. Les héritiers de Dupin se libèrent
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de eette charge envers le couvent, le\ 8 mars 1462, en donnant une somme de trente écus.
Sous Dalmace Thouzet, Guyotte Narbonnèze, damoiselle de Jandriac^ donne par testament dix livres à l'abbaye de Doue pour acheter une rente de dix sous annuels, à la condition que les religieux prieront Dieu pour le repos de son âme (9 octobre 141 9).
D'après la Gallia Christiana i'^), Dalmace Thouzet transige avec le vicomte de Polignac en 1420. Le 15 septembre de la même année, le syndic de TUniversité Saint-Mayol lui rend hommage pour les rentes qu'il perçoit à Fay-la-Tribuleyre, la tête découverte, mettant ses mains jointes entre les mains de l'abbé, qu'il baise. Les abbés de Doue recevront le ihême hommage d'autres syndics de Saint-Mayol, le 17 mars 1456, le 7 décembre r$79, etc.
C'était sans doute encore Dalmace Thouzet qui, le 26 janvier 1422, affermait à Pierre Dufour, de Brives, une vigne appelée La Gou:(abaude, sise au terroir de Doue, au cens de huit humines de vin et deux deniers (2). En tout cas il aura bientôt un successeur sur le siège abbatial.
(i) Tome II, col. 771.
(2) Inventaire de iy82.