LÈS ABBES : MARTIN BARRY I
Nous avons vu que l'abbaye avait été ruinée, en 1590, par les habitants du Puy, lors des guerres de la Ligue. Elle resta en cet état> disent les Annales de Prémontré (0 jusque vers la fin du règne- de Louis XIIL Ce fut seulement en 1640 que Martin Barry, abbé régulier, releva les bâtinients (2) et racheta des mains des laïques les biens de l'abbaye . Il s'occupa du spirituel autant que du temporel. Après avoir restauré ou plutôt reconstruit le monastère, il lui fit rendre les prérogatives dont il avait joui, entre autres, le droit pour l'abbé de siéger dans la Cathédrale à côté de l'Evêque ; il se fit rendre aussi les titres de conservateur des privilèges de l'insigne basilique et d'arbitre souverain des différends entre les évêques et les chanoines du Puy. Il força, par arrêt du parlement de Toulouse, le syndic et l'Université Saint-Mayol à lui rendre hommage. Il reprit enfin ses droits sur Saint Germain-Laprade, Saint-Martin-de- Fugères et les autres prieurés qui dépendaient jadis de l'abbaye de Doue. Des lettres du même parlement lui permettent de faire assigner ses débiteurs devant cette cour (3!.
(i) Col. 614. — Mandet, Histoire du Velay, V. p. 441.
(2) D'après M. Paul Le Blanc, l'abbaye de Doue aurait été réparée vers 1635; une somme de 10,500 livres aurait été employée à cette réparation {Ann. de la Société académique du 'Puy, t. XXX, p. 241, note i.
(3) Inventaire de 1^82 .
174 L ABEAYE DE DOUE
Martin Barry eut la douleur de voir son monastère qui lui avait coûté tant de peine et tant d'argent à rebâtir, détruit en quelques heures par un incendie* Le soir du lo janvier 1656 « l'abbaye de Doue, dit le chroniqueur Aulanier C^), brusla sans scavoir qui avait mis le feu . oii par mégarde des domestiques ». Ne pourrait- on pas mettre cet incendie à l'actif de Henri de Sénecterre, abbé du Monastier ? On prête volontiers aux riches, dit le proverbe. Devenu en 1648, sur un simple brevet du roi, abbé intrus de Doue, il traita, comme nous allons le voir, sa nouvelle abbaye en pays conquis, chassant les vrais religieux, dévastant leurs bois, s' appropriant tous leurs revenus.
Nous devons à la Gallia Christiana (2) de connaître un des derniers actes de Martin Barry, abbé de Doue. Le 24 mars 1676, il charge son neveu Pierre Barry, moine bénédictin et procureur de l'abbaye, de confirmer en son nom les conventions déjà faites avec les habitants de Brives-sur-Loire, Brivœ supra Ligerim, au sujet des dîmes qui lui étaient dues. L'acte qui suit prouve que Pierre Barry s'acquitta le jour même de, la mission dont il avait été chargé. En effet, le 24 mars 1676, il fait procéder à la vérification et arpentage des terres dépendant de la dîmerie) sises au terroir de Brives,. paroisse de Saint-Germain, à la
(i) Payrard, Petites Ephémérides FeUaviennes, p. 14. (2) 11^ col. 772.