LES ABBES : SYLVESTRE DE MORGUES I
et de Saint-Pierre-Eynac, devint ensuite prédicateur du Roi, conseiller d'Etat de Sa Majesté et premier, aumônier de Marie de Médicis (^). Par testament du i^i" mars 1669 il lègue à son neveu Sylvestre « là somme de 4.000 livres qui lui sera pa3^ée par son légataire universel ou par ses héritiers, lorsqu'il dira sa première mçsse, si Dieu lui inspirait d'être ecclésiastique ». Sylvestre devient prêtre peu de temps, après, mais l'oncle, par codicille du 17 décembre 1670, « révoque le légat fait à Sylvestre en considération de l'abbaye de Doue, Ordre des Prémontrés, qu'il lui a faict donner, suffisante et capable de le nourrir (2) ». Dès cette époque, le roi Louis XIVdevait sans doute avoir /)roww à Mathieu de Morgues pour son neveu Sylvestre l'abbaye de Douey qu'il lui ( donnera seulement six ans plus tard .
Gabrielle-Henriette, sœur de notre futur abbé de Doue, fut la trentième abbesse de Sainte-Claire, du Puy; elle gouverna ce monastère avec beaucoup de distinction. Jean -Hugues de Saint-Germain, son^ neveu, fut attaché en qualité de secrétaire à l'abbé Melchior de Polignac pendant le séjour que celui-cifit à Rome comme auditeur de R.ote.
Sylvestre de Morgues fut enfin définitivement ap-
(i)Gallia Christiand, II, col. 775. — Tablettes hisi, du Velay,lV, p. 509.
{2} TaMettes historiques du Vejay, I, pages 409 à 432, passim.
200 l'abbaye de doue
pelé à Doue comme abbé régulier par nomination royale du 20 juin 1679 ; il reçut la bénédiction dès mains de Tévêque de Bethléem inpartibus infidelium, dans l'église de Saint-Magloire, à Paris, le 30 octobre 1683 (i). Mais il est certain qu'il avait été déjà élu abbé de Doue, peut-être avant 1670, comme nous l'avons dit, sûrement avant 1678, comme nous le prouverons tout à l'heure, soit parles religieux de son monastère, soit par le Souverain-Pontife, à la place de Martin Barry et de l'indigne Henri de Sénecterre, tous deux abbés du Monastier, tous deux en réalité usurpateurs de l'abbaye de Doue, mais à des titres différents.
Aussitôt après la mort de Henri de Sénecterre, la joie et l'espérance semblent renaître dans l'antique couvent Norbertin et parmi les personnes attachées à son service ou domiciliées dans son voisinage. Les religieux dé Doue sont toujours respectés et vénérés. Leurs fermiers, leurs meuniers, leurs voisins tiennent -à ce qu'ils versent eux-mêmes l'eau sainte du baptême sur le front de leurs enfants; l'un d'entre eux se hasarde même à demander au R. P. abbé, d'être le parrain de son fils. Sylvestre de Morgues accepte de la meilleure grâce et avec la plus grande déférence; il veut même que son petit filleul porte son nom.
Le 13 décembre 1675, Jacques Torrilhon, prêtre
(i) Gallia Christ iana, II, col. '773 et 782,