LEVASSOR. — TASSIN
» A Gervais Belin , appothicaire , pou? drogues , inedîcamens et aultres choses de son estât de appothicaire , par liiy haillés, fournys et donnés à mon dict Seigneur de Sansac, qui se trouva mal disposé à Orléans, y estant pour la dicte ^isitacinn de ville etdonner son adA^is sur la bonne Bianyere de la fortifier.
» Premièrement ^ doit du quatrième jour de feuvrier BLacacaLVI (i556).
LifNi» SoM* Den.
» Une fomentacion ^eompousée à luysed^r sa douleur, » vz >»
A Reporter. . . > vi >
Report. . • •
* Plus, pour etponges fines , > Plus, pour une hoiste de cotignat,
» Le lendemain ung clystere compouié de casse et aultres ingredieos,
» Plus, pour Monseigneur, la fomeniacion que dessus,
» Plus , ung liniment à luy sedr «ifer sa douleur y
» Plus , ung clystere suivant lordonnaDce de M. de la Grenoilliere,
i> Pour le lendemain , ung bol de casse resente . . ,dée selou l'ordonnance,
» Le sixième jour de feuvrier ung ordeat pour deulx fois,
» Le lendemain, baillé à M. NicoUe, cirurgien de Monseigneur, pour deulx magdoLeons de coustede diaquilon magnus,
• Plus , la garniture d'ung gand pour son boistîer,
» Plus, baillé pour les ojseaulx de Monseigneur, une once aloes et demi-once moine,
» Le huitième jour de feuprier^ pour Monseigneur j ung sirop laxatif à user de deulx jouts en aeuùc jours, deulx cuillerées,
» Plus , ung sirop magistral compousé sellon Tordonnance, ou quel entre vi dragmes de rhubarbe et aultres certains îngre* dtens, à user de quinze jours en
A Reporter
Lirret. S«U* DtB.
Report. • . . ▼ VII »
quinze jours , chasculne fois trois cuillerées ou plus ou moins sellon roperation (la selle) que Monsei* gneurfera, Tii x »
!• Plus, deux livres sulcre fin, » xviii »
» Plus y une demi-once canelle fine, * Il »
» Plus, une demi-once muscade, » » X
» Plps, une demi-oitjse pauldre de gingembre, » » xi
» Plus,unedemi-liyre amandes, » ii »
» Plus, une livre prunes, » » vi
Total. • . . xiiii I m
« Réduit à la somme de xi » •
>» A François Duhamel du Graisniot, hoste de 1 Escu de France (place du Martrui), la somme de lxxv livres tournois, pour (lespenses de bouche et aultres f aides en son hostel , par Monseigneur de Sansac et par vingt-deux aultres personnes gentilshommes, et aultres de sa suitte et compagnie, tous à cheval et aussv par leurs la<iuets^ mulletiers et "varlets de pié durant trois jours er/emye qu'ils ont /nfirc et séjourné au r/i'ct loigis de l'I^scu <le France, pendant le dict moys de leuvrier .iM. C.C.(].C.C. LVI , pendant lequel temps le dict Seigneur de Sansac , a veu et fnict Disitacion , etc., etc., pareillement pour les despense.t
J'aictes par les dicts chevaux et mnllet y et pour boys , linges et aultres choses qu'il leur a baillés , fournys et donnés durant le dict temps, en ce, non compris la viande, eicharre^ et poisson, vin à pot, fruits crus et confits, et pièces de» four dont, a luy et à ses gentilshommes et gens, a esté
Jaict présent et dont y a aultres articles.
i> Payé Li livres xvi sous vi deniers, pour Xachapt d'une couppe d'argent n.>ezé (guillochée) et gravée , couverte et grande , qui a esté présentée an nom de la ville à mondit Seigneur de Sansac , après avoir faict lu dicte 'visitacion,.., poisaiU un marc sept onces six grain»^ à raison
de XXVI livres tournois le marc , et xii sous six deniers, pour ung estuyt de cuir , doublé de vert , auquel a esté mys Iaé/icl<9Couppe.
17 nm lasflL » A Jh. lfom6 ct Nîcolas Proveachere, notaires , pour avoir assisté à la di^e vUitacionj ekascun^ c. sous parisis,
X livres paiisis.
^<5«TnM9M, » A Jacques Deloynes, recepveur, pour ses peines et •tn , uM, ^gj^^j^ avmr faiet la mise et reeepte de ce présent compte de nouvelle elosture (dernière enceinte;, à la somme de v. m» v, c. xuii livres xvi sous ix deniers, qui est. à raison de deuLc deniers par livre» xlvi livres ni soua
XI deniers.
» Le présent compte , minuté en papiers et grossoyé en parchemijfi ^ xxvu sous tournois, à raison de ui sous tournois pour chascun feuillet en parchemin , et xx de^ niers tournois le roUe en papier.
» Quittance le quinzième jour ^avril avant Pasques ^
ranBLaacaaLVL
» Jacqdes DELOYNES. -
«maïaaik. Les privilèges dont jouissaient depuis plus de 1200 ans lesévêques d'Orléans, le jour de leur entrée en possession, étant contestés par les magistrats d'Orléans, principalement pour la délivrance des prisonniers , le clergé île la ville en porta plainte au roi , lequel , par une ordonnance signée : Henri II , confirme les cérémonies usitées veut et entend que messire Jean de Morvilliers, évéque d'Orléans , et ses successeurs, fassent leur entrée avec la jouissance de ce droit, et continuent den user à la condition seulement de ne pas publier le jour que la délivrance aurait lieu , afin que les malfaiteurs ne puissent en être avertis et ne se rendent dans Orléans la veille; le tout pour éviter les inconvéniens q^ui résulteraient d'une pareille publication (4).
s «ai lAss. Jean de Morvilliers , qui était nommé évéque d'Orléans depuis trois ans, ne peut faire son entrée dans cette ville qu'à cette époque,, parce que, jusqu'à ce jour^il avait refusé au chapitre de couper sa barbe qu'il portait longue ^ et de feire grâce à plusieurs calvinistes qui étaient entre les mains de 1 inquisition, et que le chapitre protégeait : le chaptre voulait de plus qu'il payât pour ces mêmes pro-^ testans 60a livres aux hospices, et loo livres à la sacristie*
de Sainte-Croix. Il finit par faire ce que le chapitre exigeait, sur les deux derniers points; quant à la barbe , il Mut que le roi Henri II écrivît à ce sujet aux chanoines une lettre qui pourtant n applanit pas de suite cette grand» difficulté.
Copie de la lettre de Henri II :
w Notre ami et féal Jelian de Morvilliers, evesque d'Orléans, délibérant de faire son entrée; et d autant que portant l)arbe , vous pourriez différer sa réception , sous ombre des coutumes et usances observées en semblable caà, nous avons bien voulu vous avertir comme l'ayant employé en plusieurs affaires, tant en notre royaume que hors d iceluy , comme nous avons encore délibéré de faire pour ses vertus, expérience et dextérité que nous lui connoissons au maniement des affaires, il est constant, pour le bien de notre service, de s'accommoder à la façon de ceux auprès desquels il a à résider et négocier, et encore, le reconnoissant personne sy vertueuse , désirant singulièrement l'observation des saints décrets, enuetenement de bonnes et louables coustumes et de toutes cboses qui appartiennent à riionneur de Dieu et de notre mere Sainte Eglise , nous pensons bien que vous ne voudrez pas, pour sy peu de chose, empescherla dicte réception : néanmoins, nous vous prions et commandons que, sans vous arrester à ce qu'il porte barbe , connue dit est , vous ayez à le recevoir eu votre église, sans qu'il soit tenu d'abattre la dicte barbe.
» Donné à Chambort| le it maj, m v*lvi.
» Signé HENRY.
(Et plus bas) » DuThibbs. »
Assemblée tenue à l'Hôtel-de-Ville dOrléans, au sujet sjoinissiL de la requête présentée aux échevins de cette ville, par les Cordeliers deMeun^;^ , qui demandaient un logis où il y eût une chapelle , afin de pouvoir loger, lorsqu'ils venaient à Orléans pour leurs quêtes, ou pour confesser ceux qui les demandaient. On jeta les yeux sur la chapelle de Saint- Math urin , sise sur la grande rue de la porte Bannier, et sur le logis de ladite chapelle où il y avait deux petites chambres appelées vulgaireuent IHôpital des Aveugles.
On acheta le tout pour la somme de vingt livres tournois de rente annuelle, au profit de M. Louis Dubois, qui en était le chapelain. Cette petite chapelle était de fondation royale : en i^5gy saint Louis lavait fait élever hors de la ville (8-9).
luia use. Violente querelle entre les paroissiens de leglise de laileu Saint-Mesmin d'Orléans, qui se })uttirent dans cette église avec un grand acharnement. Levéque fut obligé de bénir de nouveau cette église qui avait été profanée par l'effusion dti sang (8).
OdobN lAst. En vertu des privilèges dont la ville d'Orléans jouissait, les troupes qui passèrent à celte époque devant la pince , pour aller trouver le roi Henri II, qui était en Picardie , n'eurent pas la permission d'entrer dans Orléans ; elles furent dirigées sur Olivet : la ville était fermée, les portes gardées par les liabitans qui virent de leurs remparts les soldats (ft'filer dans la campagne (4).
Louis Dodieu, écuyer du roi, et Tun de ses conseillers, prévôt d'Orléans, fait publier au son de trompe , dans les rues, places et carrefours^ une ordonnance du parlement de Paris, défendant aux habitans des villes du royaume d'aller aux tabagies et cabarets (8-6).
' tm» Mort de Claude Marchand, scribe et libraire-général de l'Université d'Orléans, poète français, natif de cette ville (ai).
nmun «S». Le cardinal Trivulce , légat du pape Paul IV, par bulle donnée à Moret, diocèse de Sens , approuve la procession qui se fait le premier dimanche de chaque mois , dans Téglise de Saint-Pierre-en-Sentelée , laquelle procession venait d'être nouvellement instituée à Orléans : par suite, elle se fit dans toutes les éghses de la province (8-9). AvrauMt. Le protestantisme slntroduit parmi le peuple d'Orléans: il y avait bien déjà quelques personnes imbues des opinions de Luther et de Calvin, mais c était dans les classes élevées en général. Les nouveaux religionnaires n'étaient pas connus; mais à cette époque, un jeune homme nommé Colombeau s*as.soria un serrer (ouvrier en serge) nommé Fhincois Delajîe, im cardeur nommé Jean Chenet , un second appelé Doublé , et cinq autres personnes semblables : ils firent en peu de temps un grand nombre de prosélytes ^ d'abord dans la basse classe, puis après parmi les bourgeois. Le premier ministre de cette société naissante fut
Ambroise TiCballeur. Ils tenaient leurs assemblées secrètes dans une maison devant rHôtel-de-Ville , au nord-est de la lourde la Grosse-Horloge. Ce fut dans la seconde cave de cette maison , près de la rue des Petits Souliers , que fut leur premier temple caché à Orléans (4-8\
Antoine Chaudieu, protestant, déjjuté de Paris, etFaget de Genève , de la même religion , arrivent furtivement en semble à Orléans, en qualité de ministres, pour soutenir les doctrines de la société naissante de cette ville (4-8-64),
Les chanoines de Sainte-Croix , assemblés en chapitre, décident par une délibération écrite, que 1 habit violet et les paremens écarlates que portaient tous les chanoines, ne seraient plus dorénavant affectés qu aux seuls dignitai-
Mor^^de Jean Allart, poète français, né à Orléans (21).
Louis Dodieu, prévôt d'Orléans, condamne les Fabriciens de Sainte-Croix en quatre livres parisis d'amende, pour dommage des blessures faites à un bourgeois d'Or- Jéans, par suite des morsures des chiens chargés de la garde* de leur cloître, lesquels avaient, été lâchés avant rheure prescrite par les réglemens de police rendus à cet
effet (3o-8). , ^
Création dunlieutenant-general du gouvernement d Orléans, par ordre du roi Henri IL Le premier connu dans cette charge fut Innocent de Monif rud (21).
Les Anglais sont chassés de France par la prise de Ca- » lais. Le duc de Guise s*empara de cette ville au milieu de rhiver, et en huit jours, pendant que cette place avaitcoûté onze mois de siège à Edouard III , roi d'Angleterre , lorsquil s*en empara, en 1246, après la funeste bataille de Crécy, perdue par les Français, sous Philippe de Valois
(ict événement fut mémorable pour la monarchie, et la délivra de la présence des Anglais, qui avaient possédé une jiartie de la France pendant 3i2 années, sans interrup-
^^Les échevins d'Orléans font un accord avec les chanoinés de Sainte-Croix d'Oihknis : il est arrêté que le spirituel delà JWaMOH-Dieit (Hôtel-Dieu) serait régi et ordonné , comme de coutume, suivant le concile de Vienne: que, quant à lordinaire, il y aurait pour le régir, deux chanoines, quatre bourgeois et un marchand , à vie ou à temps ,
» ,er 53.
qui seraient appelés maîtres et gouverneurs de rilotel et Maison-Dieu d'Orléans, ainsi qu'un receveur des deniers, qui devrait rendre ses comptes tous les ans (4). 9 •epttm. fSSB. H CM II II créc , pour 1 Auniône-Gcnérale d Orléans, six appariteurs , pour faire tous exploits, concernant les pauvres et choses à eux auniànées (données aux pauvres) ; il les charge aussi de surveiller les réglemens faits pour les en fans-trouvés de la province (8).
Srpi«miir«im Jean de Morvilliers , évcque d'Orléans, est nommé par le roi Henri II, ambassadeur, pour négocier en son nom avec les Espagnols, au sujet d un traité de paix entre les deux puissances (43-64)- «5«riobiw ua«. j p5 pères Augustins d Orléans abandonnent aux échevins une place devant leur maison, au nord, pour élargir le chemin , moyennant la somme de loo livres, une fois payée (4.9-59).
Jean de Morvilliers, ambassadeur du roi Henri II, se rend à Sercanip , pour y traiter de la paix entre la France et l'Autriche (4-9-()4).
Le chapitre dt; Saint-Pierre-Empont fait bâtir une belle maison , pour y loger les chanoines dignitaires. Cette maison , situ*ée au sud de l'église , faisant le coin de la rue Roche-aux-Juifs, est reniaï qualjle par sa constructioTi intérieure et extérieure ; elle porte maintenant le numéro i*'' de la rue de fOrmerie (4*^).
Henri II crée la Généralité d'Orléans et la divise en douze élections (4-2 1).
Henri H crée un intendant ( administrateur de province ) à Orléans. Le premier qui exerça cette charge fut Charles de Lamoignon, conseiller du roi, maître des rcquestes, et surintendant en la justice du bailliage et gouvernement d'Orléans : quelque temps après sa nomination , ce magistrat vint habiter l'hôtel <iu gouverneur, sur la place de l'Étape (21-4).
Mort de Léon Tripault, célèbre jurisconsulte, né à Orléans (21).
M îuitkt is&ÊL Mort d'Henri II , vingt-quatrième roi de la troisième race et cinquante-neuvième roi de France , à l'âge de 4 1 ans, après un rè^ne de i3 ans; il fut tué d*un coup de lance qui lui fut porte dans Toeil par le comte de Montgommery, l'un des capitaines de ses gardes-du-corps , dans un tournois qui avait eu lieu rue Saint-Antoine , à Paris , pour les ré-
jouiwaiiceft du mariage de sa fille avee le duc de Savoie» Montgommery était né à Orléans (43).
Jean de Morvilliers, évêque d'Orléans , pour affermir 19 iMTtm. i^sa. davantage ses diocésains dans la foi catholique, confère iui-ménie , et pour la première fois, le sacrement de la Confirmation dans Orleana : auparavant il fisiUait que les fidèles attendissent le passage ou le voyage d*uD ëvéque étranger (8-9}.
Le cardinal de Bourbon , archevêque de Sens , Êiit une Md4r«M. usii. entrée solennelle dans Orléans; il est reçu dans Sainte- Croix , harangué par le grand-pénitencier, et admis à baiser la Vraie-Croix, (8-64)-
£dit du roi Francis JI, qui condamne à mort tous les ism. protestans , et donne ordre aux juges de faire arrêter, comme hérétique», tous ceux qui solliciteraient en leur faveur : quelques membres du jparlenient fufent mis en prison , pour avoir été davis quon modérât la rigueur de cette oraonnance (43-)*
Supplice d'Anne Dubourg, célèbre jurisconsulte, conseiller au parlement. Il fut pendu et briilc à Paris, pour cause de religion :ii avait étudié le droit à fUniversité d'Orléans.
Jean Nicot , ambassadeur français auprès de Sébastien, roi de Portugal , fit connaître en France la plante nommée tabac, en Vofifrant à la reine de Médicis, veuve d'Henri II, et mère de François II, ainsi ^uau grand-
Firieur. Elle fut d'abord appelée \ Herbe a la Reine y Herbe au Grand-Prieur ou la Nicotianay puis après tabac, nom quelle porte présentement. Le tabac a pris ce nom de Tabaco ou Tab^eo» île de la province de iucatan, en Amérique, où les Espagnols le trouvèrent (30-43).
Le parlement de Paris condamne Jean Texier, lieutenant civil d'Orléans, à une forte amende,, pour avoir autorisé un acte par lequel Anne de Villiers prêtait une assez grande somme d*argent , avec intérêt à sept pour cent : les deux parties^ plaignante et défenderesse, furent aussi con» ctamnées, Tune pour avoir prêté, et l'autre pour avoir reçu à usure
Pour la première fois, on fait usage à Orléans de la peine du pilori,, sous Joachim Gervaise, lieutenant-criminel (3o-8).
Le pilori^ était une eage en bois, haute de six pieds.
large tle (h iix pu'Js <*t deini sculnneiit, niontcH* sur un pivot un peu élevé , dans laquelle le condauuié était renfermé et forcé de se tenir debout. Le peuple avait le droit de faire tourner cette cage pour vcjir le patient de tous les côtés, le huer, lui cracher à la figure et lui jeter des ordures au visage. Ce pilori était placé à Orléans, au marché de Saint-Hilaire, près du Chàtelet et des prisons 4"^-49)- François li , qui venait de créer un impôt pour étabhr des fabriques de salpêtre dans son royaume, demande à la ville d Orléans, 2,100 liv. en argent, pour construire des ateliers, .et pour en fabriquer dans cette place j et en outre trente mille livres pesant de cette matière, lorsque ces ateliers seraienf^en activité (4-6).
pivritr i5«o. Découverte de la fontaine de Segray , près de Pithiviers^ par Rosset , médecin de cette ville : son goût est ferrugineux, elle est employée avec-succès contre les jaunisses, les pâles-couleurs, les fièvres quartes, et elle perd, dit-on y de ses vertus, si elle est transportée (6-21).
Afrii «Mt. Mort de Guillaume, célèbre mededn d'Henri II , natif d*Orléans (ai).
Mai «m Jean de Morvilliers, évêque d'Orléans, est demandé par le cardinal de Lorraine , pour être chancelier ; mais la reîne-mère, Catherine de Médicis, fit nommer à cette charge Michel de L'Hôpital (43).
is «eiobrc U60. Le roî François Ù ^ Toulant remédier aux troubles ocv casionnés par des motife de religion , convoque une assemblée générale on États^néraux à Orléans (4S-31-64).
i« •etobra îm. Ce roi arrive à Orléans avec la reine>mère , Catherine de Médicis, les princes de Montpensier et de la Roche-sur- Yon, les Guises et tous les grands de sa cour. Il fait son entrée dans cette irille avec une grande pompe, et est salué à la porte Bannier par une déchaîne de mousqueterie que firent les arquebusiers, au nombre de 400 hommes (8-64).
» Le dit Roy , entouré de plus de 49O00 habitans armés, estoU monté à cheval soubs un dais de drap d*or , avec les nrmoiries de la ville , portées par les eschevîns. Les rues estaient richement tendues, et au-devant de Sa Majesté marchaient les archers de sa garde, les gentilshommes de sa maison et ses Suisses; après sa dite Majesté , venaient tous les princes et chevaliers de l'ordre ; et au son des trompettes et tambours, elle fut conduite à l'église- de Sainte- Croix , où Monseigneur l'évêque Jean de Morvilliers et le
rlt^rgé la reçurent; et ayant dit. ses prières, ellt; fut logée à la place de l'Etape, en la maison de messire llierosme (Jérôme) (jfoslot, pour lors Z*r////>' d Orléans.
» Laprès-c//j>7/iv , les trouppes allèrent au-devant de Marie, reine de France et iXKscosse, fdle de Jaccpies V, roy (ÏEscosse, et de Marie de UAurrainnc , fille de (llaude
IJAurraine ^ duc de Guise, qui fit son entrée dans la dicte ville, avec un visage à drscoiwert , où la majesté , les grâces , la beauté et les mignardises (délicatesse des traits) ravissaient les cœurs des regardans ; elle avait la couronne royale sur la teste, relevée de Heurs de lys, aestne dune robhe de drap d'or trisé, parsemée d estoilies de diamans et de perles, montée sur une hnef/uefiée blanche (petit che* val blanc) enharnacliée et haussée de drap d or.
« Après Sa Majesté , suivaient les princesses et duchesses représentant les douze pairs de France, qui estaient aussi à \ em\Y richement ornées et paiées, estant montées sur des luiv(jiienees blanches, et chaque princesse et duchesse estant couronnée, scavolr: les princesses du sang royal avaient les chappeaux et timbres leurs couronnes Jiannorez et décorés de Heurs de Ivs au cimier: les duchesses ayant leurs couronnes d'or composées de chappeaux de roses espananyes j et à leur snitte leurs escuye/s , gentilshonnnes et piiges. Cette compagnie royale de la reine, avec ses déesses , paraissoit si adnnrablement belle , que si la lune argentine eut paru reluisante avec ses eslailles ^ elle se fut ternie auprès de si rares perfections et beautés éclatâmes, aux.quelles les cieux, la nature, les grâces et l'amour avoient contribué de leur souveraine puissance.
» La reine fut conduite à Sainte-droix, puis ramenée au logement du roi sua' lEtape, chez Hierosim Groslot, bailli (8). ^
Le roi François II nomme, pour maintenir le bon ordre scoriuv i:,i;Ot à Orléans, François de Vieuville, lequel, à peine arrivé, fait une perquisition de tous les bateaux qui étaient sur la Loire, depuis Cléry jusqu'à Jargeau , avant été prévenu que les protestans d'Orléans attendaient des armes et des munitions; il découvrit effectivement, sous les murs de Jargeau , trois bateaux chargés , tiia une partie de l'escorte qui était de cinq cents hommes, s empara du (hargement et rentra en triomphe à Orléans : il donna les armes aux soldats, les faucoDueaux ou petits canons et lu poudre
aux cathoKques de la ville , vendit les bateaux dont il donna le produit aux blessés | et le reste aux divers hôpitaux de la ville (8).
Le roi fit loger sa gendarmerie dans les environs d'Orléans y, et occuper par ses autres- troupes toutes les villes et villages à plusieurs lieues à la ronde^ en les logeant, de préférence, chez leftphis zélés protestans (8-43).
Le roi de Navarre , père d'Henri IV, arrive à Orléans. Ce prince était alors âgé de 47 ans; François Ule fit garder soigneusement. Ce prince se vit abandonné de tout le monde , hormis de Coligny et du cardinal de Ghâtilion , son frère, qui lui tenait fidèle compagnie ; comme il était do la religion réformée, il eut le chagrin de se voir refuser l'entrée de Téglise de Sainte-Croix, qu'il désirait visiter, st wtoiM 1838L Catherine de Médicis , qui voulait , pour régner sous le nom du jeune et faible roi François II, son fils, opposer les Guises aux Gondés èt la France à la France , obtint qu avant l'ouverture des États d'Orléans, le prince de Condé^ qui devait arriver dans cette ville, serait arrêté sur-le-champ, comme un des auteurs des troubles et de la conspiration d'Amboise (43).
Arrivée du prince de Condé à Orléans, où il s'était rendu sans défiance , sur la parole du cardinal de Bourbon. A peine entré dans la ville^ ce prince se rend chez le. roi François 11^ pour le saluerf et comme il sortait de son cabinet, il est arrêté dans la cour de Tliôtel du bailli Groslot, où logeait le monarque, par Philippe de Mailly Brézé et François< Leroi Chavigny, capitaine des gardes-du-çorps: il fut mené dans un logis situé sur la place de l'Étape, près de l'église des Domi/iiea//t^ (Jacobins), que Ion garnit de barreaux de fer, et auprès duquel on fit construire comme un bastion de briques , et une plate-forme , défendus par quelques pièces de canon qui répondaient aux quatre rues voisines, savoir : rue Bretonnerie ou de la Grande-Maison, rue du Jeu-de-Paume, qui porta plus tard le nom de la famille d'Ëscures, rue de l'Èvéche, et place de l'Étape (8-43).
La dame de Roye, belle-mère du prince de Condé , est arrêtée dans sa maison, place de l'Étape, à Orléans , et con-» duite prisonnière dans le château de Saint-Germain-en- Laye , près Paris.
L'archevêque de Rheims, légat du pape Pie IV, et grandr
inquisiteur (le France, choisit, pour recliorcher et punir les protestans d'Orléans, les curés de Saint-Paul, de Sainte- Catherine et de Saint-Paterne (8-43-64).
Hiesrosnie (Jérôme ) Groslot, bailli d'Orléans, chez Je- lerpotam. nM. quel le roi , la reine et la reine-mère, Catherine de Médicis, demeuraient, est accusé détre d'in te il licence .ivec les protestans et d'entretenir secrètement une correspondance avec le prince de Condé , détenu au bastion de l'Etape. Il est arrêté et enfermé dans les prisons de la ville (8).
Le marquis de Beaupréau, fils du prince de la Koche- » mvem. i&w. sur-Yon , qui était gouverneur dOrléans , dans une tournée qu il lit dans cette ville , tombe de cheval et meurt des suites de cette chute (8-6).
Jérôme GrosFot , bailli d Orléans , est condamné à mort lenoTcm. im par le tribunal de l'inquisition de cette ville. Le roi étant allé à la chasse , pour ne pas être présent au jugement de ce malheureux chez lequel il était logé , fur attaqué d'nne pesanteur de téte causée par la formation d'un abcès
Le bailli Groslot ne fut pas exécuté : il parvint à s'échapper et à se cacher dans sou Chàteau*de-rile , près d'Orléans (8-64).
François II, pour appaiser et distraire le peuple d'Or- t7 noTcm. im;c/ léans, indigné de l'arrestation du prince de Condé, se rend avec pompe à l'église de Saint-Aignan , pour y célébrer la féte de cette église , et y toucher les écrouelles. Le soir, étant à Vêpres , il tomba dans une telle défaillance , occasionnée par les douleurs de l'abcès qu'il avait dans l'oreille, qu'on fut obligé de le rapporter à son logis, sur l'Étape, dont il ne sortit plus (8-43).
Lés Guises, ennemis du prince de Condé , se h.itent de îinowin. ise». le faire mettre en jugement: ils agirent avec tant d'empressement que , passant pardessus beaucoup de formahtés , ils firent commencer de suite le procès.
Robert d'Orléans, célèbre avocat de cette ville, dont il » no? em. laco. était natif, est choisi par le prince de Condé pour présent ter sa défense : il conseille à son client de ne pas répondre aux interrogatoires et de décliner la compétence du tribunal; il fit aussi remarquer à l'assemblée le projet que les ennemis du prince avaient médité de le faire périr, et il en donna pour preuve l'infamie qu'ils avaient eue de faire venir à Orléans, et avant le jugement, quarante bourreaux des plus experts de France (8).
Par ordre de la police de la yille et du gouTemeur de la place , Charles de Bourbon , prince de Rocne^sur-Yon , duc deBeaupréau, ilest fait défense aux habi tans, pendant tout le cours du jprocès du prince de Condé y de sortir de leurs maisons après midi, et même de r( garder par les fenêtres de leurs demeures , sous peine de la potence (8-2i-3o-43\
Le prince de Condë est traduit devant le tribunal de rinquisition d'Orléans; mais ayant déclaré ne vouloir répondre aux interrogatoires qui lui étaient adressés qu en présence du roi , des princes, des pairs et du parlement assemblé , il est condamné à mort, malgré la vigoureuse et savante défense de soh avocat qui parla dans le .même sens (8-43).
Larrêt fut Âgné, après les inquisiteurs*, par la plupart des conseillers-d'état et des gens de robe, hormis le chanceUer de L'Hôpital et le président Guillard du Mortier, de tous les chevaliers de l'ordre, et des seigneurs, tant ils étaient à la dévotion des Guises : il n'y eut que le comte de Sancère qui le refusa , malgré trois ordres réitérés du roi, poussé par les Guises.
27 r oTtm. i960. Les Guises se présentent chez la reine-mère , Catherine de Médicis , pour faire exécuter l'arrêt . rendu contre le prince de Condé , et faire arrêter le roi de Navarre ; mais cette princesse, ayant pris conseil du chancelier de L'Hôpital, qui lui représenta que son fils touchait à sa dernière heure , et que les Guises, n'ayant plus de frein , prendraient les rênes du gouvernement, ce qu'elle devait empêcher, refusa son consentement, afin qu'en cas de malheur elle put retirer à elle le pouvoir , et dominer sur les deux partis, en les tenant adroitement en balance.
6d««mb. laio. François II meurt à Orléans , dans f hôtel de Jérôme Groslot, bailli de cette ville, sur l'Étape, à l'âge de seize ans et demi , après un règne d'un an et cinq mois.
Charles IX , vingt-sixième roi de la 3* race , et soixanteunième roi de France, succède à son frère François II, à lage de dix ans et cinq mois, sous la régence de sa mère, Catherine de Médicis, L'Hôpital étant chancelier : ce roi avait 6u' duc d'Orléans, sous le nom de Charle^Maximilien (43-32).
s dteen. 1960, coBur dc François II est déposé , sans pompe cl sans
cortège , dans Féglise de Sainte-Croix d'Orléans ; tous les grands de la cour étaient si occupés à songer à leurs propres affaires, que , ni sa femme, ni sa mère, ni ses oncles
ne prirent le soin de ses funérailles : de tant de seigneurs et ae tant d'évéques qui étaient à Orléans, il n'j eut que Sansac et Lalnrosse, qui avaient été ses gouverneurs, et Louis Gùillard, évêque de Seniis, qui était aveugle, qui oondtusirent son corps d'Orléans à Saint-Denis (8-43).
Le connétable de Montmorency, du parti des catholiques , arrive à Orléans : il use du pouvoir de sa charge^ et chasse la ^[amison qui était aux portes de la ville , mena- • çant de £aire pendre ceux qu'il trouverait assiégeant le roi en pleine paix , au milieu de son royaume.
Le, prince de Gondé, retenu dans le bastion de la place de l*£tape , qui lui servit de prison , en attendant le résultat de sa condamnation à mort , est mis en liberté à Tarrivée du connétable de Montmorency. Ce prince se re* tira à Ham , en Picardie , suivi par honneur des mêmes hommes qui lui avaient servi de gardes dans sa prison y emportant avec lui un furieux ressentiment contre les Guises qui lavaient fait condamner à perdre la vie, et le défflr d*en tirer une vengeance éclatante, lorsque Foccasion s*en présenterait.
Charles IX arrive à Orléans pour y tenir les États-Géné- ^ raux qui avaient été convoqués par son prédécesseur, pour remédier aux troubles du royaume : il trouva dans celte ville sa mère, Catherine de Médids, régente, le chancelier de L*Hôpital , les princes et toute la cour, les députés du clergc, de la noblesse et du tiers^tat, qui avaient été convoqués pour faire partie de cette assemblée.
Le roi fut lo^é à rhôtel du bailli Groslot (maintenant hôtel de la Mairie, sur la place de l'Étape ) , ou il était gardé par son régiment des gardes , nouvellement formé : c*est lui qui le premier fut entouré de soldats ; car François II et tous ses prédécesseurs avaient à peine deux cents archers pour leur service e^leur escorte.
Le duc de Guise , sep t j o u rs après la mort de François II , o 'te*
g m d*Orléans pour aller en pèlerinage à Notre*Dame-deléry : toute la cour et la noblesse le suivirent à pied. Le nouveau roi , Charles IX , qui venait d'arriver à Orléans * depuis deux jours, demeura si a^aiMfbitiie qu'on en murmura , et que le monarque lui-même en entra en jalousie.
Première séance des États-Généraux d'Orléans, dans*sdé8M.<fik une grande salle de charpente qu'on avait bâtie exprès
sur la place de l'Etape, Le nouveau roî, qui n était ^^é qué de dix ans cinq mois et quelques jours, y présida, avec la reine-mère, Catlierine de Médicis: le chancelier de L'Hôpital en fil l'ouverture par un discours digne de sa gravité ; il hlAina les procédures violentes sur le fait de la religion , dit que le vrai moyen de convertir les égarés était la bonne vie <ît les instructions, il exhorta fort de bannir les noms injurieux de Luthériens, Calvinistes, Papaux , et pria chacun de déposer toute haine et de n'avoir point d autre passion que celle du bien public, dans lequel était contenu celui des particuliers (8-43).
11 ne se passa rierr autre chose dans cette première séance, sinon que les trois ordres furent envoyés pour vérifier leurs cahiers, et rassemblée ajournée au 2 janvier, x;'est-à-dire vini^t jours a[)rès.
i4iicccui. id6o. Les membres des trois ordres de l'état se réunirent sé- |)arément pour faire la vérlOcation de leurs cahiers : les nobles tenaient leurs réunions chez les Jacobins, le clergé au couvent des Cordcliers, et le tiers-état aux Gitinds- Carmes (8-r>9).
ladécen. iA«o. Lc princc de Bourbon , qui était aux Etats-Généraux, perd son fils. Ce jeune prince , âgé de quatoi ze ans , s exerçait armé dans un tournois qui avait lieu sur la place de l'Etape, vis-à-vis le palais où logeait !<' roi , avec d'autres princes et seigneurs; il courait à cheval avec une si grande raideur qu il tond)a par terre; et en même teuïps, un autre coursier sur lequel était le comte de Maulevriers, qui le suivait, passa par dessus ce jeune prince et le froissa de telle façon qu'il en jierdit la vie peu de jours après (8-43).
lutii.viM. ijôo. Charles L\, pendant sou séjour à Orléans, donne aux administrateurs de rAunione-Genérale de celte ville , qui sont du corps de la justice, le j)ouvoir d'emprisonner et de proc»;der contre lis pauvres vagabonds contrevenant aux ordonnances du bureau ' 3()).
2&a«reni. 1460. (^liarics IX, pendant son scj'our à Orléans, ordonne que les magistrats rl Orléans aient a nonnner des c onunissaires j)our veiller à l eutretien des turcies et des levées qui contenaient la Loire dans son lit : ces conunissain's firent détruire la petite ÎI{^ Ciiarleinagne qui ('tait à la hauteur de r<''^iisc Saint-Laurent, alin d'élargir le cours de la rivièr<». L( b Auijlals, en i4'^8 , avaient élevé une bastille et quelques fortifications sur cette ile (4-^-i3).
'>j«nTier iMii. Si;conde séance des Etats-Généraux d Orléans , présidés
par le roi.' Jean Quintten, professeur en droit-canon dans ITJniTersité de Paris parla pour le clergé ; Jacques de SiUi ^ baron de Rochefort, pour la noblesse; et Jean Lange, avocat^ pour le tiers-état : cekii-d porta la parole le premier^et fit un discours très-vif contre l'ignorance, le luxe, rayariee et la corruption du clergé : « Les prélats, disait-i] , ont aujourd'hui un si grand goût pour le luxe et la magnificence, quilss'imaginent, par cet éclat extérieur, mieux représenter la.majestéde Dieu ,.oubliant qu ils la représenteraient beaucoup mieux par la simplicité de leur vie et Tiiïnocence de leurs mœurs. » Le baron de Rocbefort parla pour la noblesse ; il demanda la. réforme du clergé et se plaignit qu on lui laissât de si grands biens f ensuite, il présenta une requête au roi pour demander, des temples au nom des nobles qui avaient embrassé la nouvelle réferme* Quintien parla pour le clergé , et. dit entre autres choses : « Qu*il ne fidlait point écouter ceux qui débitaient des maximes condamnées , ni ceux qui, par leurs revêtes , demandaient des églises séparées; qu'on ne devait jplus souffrir laudace des sectaires qui méprisaient Taiitorite des anciens et la doctrine reçue. Il fit un portrait de la nouvelle réforme : « Elle s'enorce, dit-il , par toutes sortes de moyens, d'introduire un évangile qui se réduit à profaner les églises, à abattre les autels, à briser les images, à abolir les sacremen», à chasser les prêtres, les évSjues et les religieux , à violer les vœux faits à Dieu , à vivre sans abstinence, sans jeûne, sans continence (8-43). »
Le résultat de cette assemblée fut que le roi enverrait des-prélatsau concile qui devait être bientôt tenu à Trente, qu'on rendrait la liberté et.les biens à ceux qui étaient prisonniers pour cause de reli^^on, quon leur accorderait une amnistie et le libre exercice de leur culte.
L'amiral de Goligny, présent lors du discours de Quintien, orateur du clergé, ayant été signalé par ce dernier, lui en demanda réparation :Quintien fut obligé de la lui faire dans une harangue, à la clôture desdits Etats-Généraux.
Ces États d'Orléans sont mémorable» par la séparation étemelle «ju'ils mirent entre Fépée et la robe ; convaincus
Sué les- baillis de robe courte ne pouvaient guère s'astreinre à étudier les lois, ils leur ôtèrent l'administration.dè la justice et la confiérèrent aux seuls lieutenans de sobe lon^ ^ue: ainsi, ceux qui par leur institution avaient toujours été j u ges.cessèrent de l'être •
Charles IX., par une ordonnance , accorda des prÎTilé^
Ses aux plaideurs nobles; il défendit aux jupes de prendre es plaideurs aucun présent, quelque petit qu'il fÙt^ de peur qu'il ne lit incliner la balance de la justice : mais farticle 4^ àe ladite ordonnance exceptait de la prohibi-> tion la yenaison ou le gibier pris dans les forêts et sur les terres des princes ou seigneurs qui les donnaient.
Cette assemblée des États dChrléans était composée de 464 membres ) non compris le roi et les princes du sang, sayoir :
Pour le tiers-état, 193 députés.
Pour la noblesse, i3a —
Pour le clergé, i4o —
Total, 4^4 députés.
L'orateur du clergé commença son discours à genoux-, les membres de cet ordre étant debout et découverts; mais à la seconde période, il eut la permission de continuer debout, la téte nue, et les députés pour qui il parlait, celle de se couvrir et de s'asseoir.
U en fut de même à l'égard de la noblesse et de son orateur.
Quant à l'orateur du tiers-état , il resta constamment à genoux pendant plus de trois quarts-d'heure que dura son (liscours, et les membres de son ordre furent debout et découverts durant le même temps.
iMVMrtMi. Pendant la tenue des États-Généraux d'Orléans, les princes Lorrains (les Guises) accaparaient toutes les voix et les suffrages. Bazin, insensible audanger qu'il allait courir, parla seul avec cette liberté qui convient au citoyen vertueux; le peuple lapplaudît, les prinœs et les magistrats le persécutèrent : cet homme, digne d'un meilleur sort, était né à Blois , dont il était député (8-9).
luiB isiL La procession de la Fête-Dieu a encore lieu publique^ ment , pour la cathédrale seulement; mais les processions particuhères des églises de la ville sont détendues, de crainte de troubles par les protestans qui étaient déjà très-nombreux k Orléans (8).
4Mr*^u6i. Ouverture du Colloque de Poissy , près Paris, entre les catholiques et les protestans ; il s'y trouva six cardinaux et quatre évèques, avec bon nombre des plus doctes théologiens, ainsi que dix ou douze ministres protestans, dont le plus distingué était Théodore de Bèze, qui avait ùàt son
droit à Orléans : ce dernier, manquant de prudence eCde modération, s'emporta à des discours qui blessèrent si horriblement les oreilles des catholiques, qu il mit le trouble dans rassemblée, et attira aux religionnaires les épithètes de loups, de singes, de serpens corrupteurs (8-43)»
Cette année la récolte des vins fut si tardive et si mau- UwpiiBi. t&si. vaise dans TOrléanais, que l'évéque d Orléans, Jean de Morvilliers, crui, par une redevance envers son église y était obligé oe fournir du vin nouveau à la messe de lËxaltation, en fut dispensé par une déclaration formelle, et par écrit, de plusieurs cultivateurs des environs de la ville (8-9-).
Les protestans dOrléans se réunissent pour organiser m "««em. istt. leur culte. L'assemblée eut lieu chez un nommé Jean d'Alibert^ homme noble , demeurant près du Grand-Marché. Le prieur de Saint-Hilaire dénonça les sectaires, dont il envoya la liste à Louis Dodieu, prévôt de la ville, en le priant de s'y transporter avec ses gardes, pour les dissiper; mais les autorités n'ayant pas donné suite à cette dénonciation, le nombre des prosélytes protestans s'accrut de plus en plus y et leur hardiesse fut telle qu'ils préparèrent les moyens d*exercer publiquement leur religion, ce qui n'avait pas encore eu lieu à Orléans ^8).
Les protestans d'Orléans s'assemblent dans une cour »naM«. isM. d'auberge appelée le Renard^ rue du Vert^ialant. Antoine de Mérage les prêcha par une fenêtre donnant ^ur la.rue, qui était pleine, tant il y avait de monde: il convoqua une assemblée générale pour le surlendemain, à Guynegault ( lieu au coudumtdu faubourg du Portereau), n'ayant pas de local assez grand dans la ville pour les réunir tous.
Assemblée générale de tous les protestans d'Orléans, um* dans une maison de Guynegault, où il y avait un vaste jar» din. Dans cette assemblée furent arrêtés tous les moyens de soutenir le parti , et la résolution de faire l'exercice du culte dans divers endroits de la ville (8).
Verdet, procureur du roi à Châteauneuf , et deux autres »••»«». «s**, catholiques de cette ville , ayant insulté des protestans, sont amenés à Orléans et condamnés par le bailli Jérôme Groslot à être pendus sur le Martroi. Les prêtres catholiques d'Orléans s'emparèrent de leurs corps, après l'exécution, et les considérant comme martyrs, leur firent un service pompeux, au son des cloches, cierges allumés , et avec les cérémonies en usage pouf les morts de distinction.
Hurenbre ±M. Al tliiir Désîré, piètre normand, envoyé par les catholiques (le Paris vers Philippe, roi d'Espagne, avec desinstructions tort criminelles, est arrêté à Orléans, dans la rue Sainte-Anne, vis-à-vis Saint-Pierre-en-Sentelée , chez- Jacques Guerset, curé de Saint-Paterne, où il avait reçu l'hospitalité: il fut poursuivi par ordre de Catherine de Medicis, qui avait découvert l'intrigue et qui en avait fait avertir Louis Dodieu, son prévôt d'Orléans. Il fut renvové sous honne et si^re garde à Charles IX , avec les dépèches dont il était porteur, et fut mené à la (ïonciergerie. Le parlement, à cause de la quantité et de la qualité des personnes qui se trouvèrent enveloppées dans cette affaire, n'osa pas l'approfondir, et se contenta de condamner Désiré à faire atïiende-honorahie en pleine audience, nupieds , la torche au poing, et ensuite à être renfermé entre quatre inuniilles dans le couvent des Chartreux de Paris ^8-43).
iwcnnbrc i56f. Lcs protcstans d'Orléans font les premiers exercices publics de leur religion dans l'église des pères Grands-Carmes , dont ils s'emparèrent : cette église venait d'être rebâtie à neuf, et ctait située où est actuellement élevé le grand batinicut l ue des (larmes. ( -<î fut leur second prêche, a Orléans, mais le premier ouvert publiquement (8). vsÊL, Mort d Etienne de Paris, Doiuinicain , théologien, natif d Orléans (21).
Cette année, une maladie contagieuse désola la ville d'Orléans et les environs. Les auteurs contemporains et les manuscrits du temps estiment le nombre des morts, ^ans la province, à neuf ou dix mille en moins de trois mois, et signalent la consternation générale et letat affreux de la ville d'Orléans, pendant ce fléau (8-9).
Jean de Morvilliers, évêque d'Orléans, d'après Favîs de Charles IX, donne la direction de la Maison-Dieu (Hôtel- Dieu) de cette ville, à des sœurs de Tordre de Saint- Augustin (8).
4 lantitf isML CSatherine de Médicis, régente du royaume, voulant s'appuyer des protestans ou calvinistes, pour résister à la puissance des Guises, rendit un édit en leur faretir, portant révocation de ceux qui avaient été rendus contre eux^ et permission de prêcher dans quelques villes du royaume ; Orléans était du nombre. Le parlement approuva cet édit, sans reconnaître Id nouvelle religion , mats seulement jusqu'à ce que le roi en eût autrement ordonné (43).
Le massacre de Vassy, qui eut lieu à cette époque, fut «««miaei. comme le tocsin des guerres civiles. Le duc de Guise , catholique, revenant de Joinvilie à Paris , se trouva dans la ville de Vassy, en Champagne ; les gens du duc ayant eu querelle avec les protestons rassemblés pour le prêche, eu vinrent aux mains avec eux : le duc de Guise accourut pour appaiser le tumulte j il lut blessé d'un coup de pierre au visage ; aussitôt tout s'arma contre les protcstans , sous
S retexte de venger le duc de Guise, et il y eut plus de eux cents tués ou blessés : les protestans demandèrent justice de ce massacre et ne purent l'obtenir.
Dandelot, protestant, frère de raniiral Goligny, est en- uxmMtgn, voyé par le prince de Gondé pour se saisir d Orléans; il «empare adroitement d'une des portes de la ville, la porte Saint-Jean, et donne avis de ce succès au prince, en lui disant de venir vite à son secours (8-43-64).
Le prince de Gondé, mécontent <lo la reine-mère, et l'accusant d'être Tauteurdu meurtre des protestans, à Vassy, ''jf^^iuw. puisqu'elle ne voulait pas donner à son parti réparation de ce massacre, profite de l'avis de Dandelot, qui s'était emparé d'une porte dOrléans, et se rond en liate dans cette ville avec 2,000 chevaux, tant maîtres que valets
Le prince, secondé par ses co-religionn aires, entra dans la ville et descendit dans la grande maison , appelée aujourd'hui la Vieille-Intendance , rue de la Bretonnerie. Il fut à son arrivée entouré de tous les protestans do la ville, qui crièrent : Vive l'Evan«,'iIe, et sac/i^anceans en /bule chantaient an-flevant thulit Prince f^8-43-6'4).
La prise dOrléans fut regardée comme une déclaration de guerre, et cette ville devint la place daiines et le siège du parti protestant (43).
Innocent Tri j3pier , sieur de jMonterud , lieutenant du . prince de La lioche-sur-Yon , gouverneur dOrléans, va , saluer le prince de Gondé, prend congé de lui, se retire de la ville, et laisse le gouvernement vacant (8-()4).
Le prince de Gondé nomme , pour gouverneur d Orléans, Siiint-Gyr-Puy-Geffrier, protestant (.-il).
Le prince de Gondé, pour donner plus de force et de Safriiiijâ& stabilité à son parti, fait assembler t{>us les habitans protestans dOrléans, et non les catholiques, et leur fait prêter le sermenAfètre toujours unis pour la défense CW. la personne du roi et de celle de la reine, pour lu réformation
et le bien de l'état : ils jurèrent qu ils mèneraient une vie sans reproche et chrétienne, observeraient les lois du royaume eiréglemens militaires, et auraient soin d*avoir des ministres pour leur prêcher la parole de Dieu; qu'ils le reconnaîtraient pour chef, se soumettraient à tous ses ordres, le serviraient de leurs personnes, et lui fourniraient vivres , argent, armes et autres munitions (8-43). ftatra mi. Saint-Cyr-P.uy-Geffrier , gouverneur d'Orléans, pour les protestans, étant pourvu d une autre place près le prince de Condé , est remplacé dans son gouvernement par François de La Noue, capitaine , de la même religion, surnommé Bras-de-Fer, militaire d'une bravoure et d'une sagesse qui firent 1 admiration de tous les Orléanais, même des catholiques (8-43).
mriiafti. Le corps des éclievins de ville , dont les membres étaient catholiques, sont remplacés par ordre du prince de Condé , par douze protestans qui furont MM. Pierre Stample, receveur; Guillaume Tassin , François Levassor , Guillaume Delalande , Nicolas Pctau, Gilles d'Alibert, Antoine Damain, Daniel Decroix, Jean Boilève, François de Saint- Mesmin , Jacques Hilaire, François Petau (8-64).
Les docteurs de l'Université d'Orléans sont chassés de la ville par les protestans, les élèves dispersés ei les cours interdits (8).
15 «Trii MM. I protestans d'OrK'ans se portent à Cléry , découvrent lesepulcre deLouis XI, renversent le nionumentplacé dans l'église de Notre-Dame, brisent la statue en cuwre faicte au inf du roi estant a genoux j brûlent les os des rois, des princes et seigneurs inhumés dans cette église, et vont mémo jusqu'à profaner les restes du célèbre Bâtard d'Orléans, comte de Dunois, qui y avait sa sépulture (8-43 64).
M ntû 1362. service divin est interrompu à Orléans; les prêtres,
vexes et insultes par les protestans, sont forcés de s expatrier ou de se cacher. L'évêque Jean de Morvilhers et les chanoines se retirent à Tours (8).
Deux nouveaux prêches sont établis au Châtelet et aux halles ; ce qui en porta le nombre à trois, y compris celui des Grands-Clarnies (8-9).
X» avril 1562. Le princc de Condt; fait assembler un synode national à Orléans composé de députés protestans, parmi lesquels on distinguait Antoine Cliaudieu de Paris ,* Pierre Sevin , diacre, de Paris, et Uohert Lemasson d'Orléans. Ce iu^
Antoine Chaudieu, l'un des pasteurs qui porta la parole : il demanda de largent, des armes et des soldats (8-43-64)«
Les protestans se portent en foule à Saint-Ai^an d*Or- n ««ni léans, brûlent tous les ossemens des saints qui s'y trou* ^iraient, et ceux de saint Aignan. Entre toutes les profana* lions. qu'ils y commirent, ils rompirent la belle châsse d'argent qu'avait fait £ùre le roi Louis XI , en i44^ 9 la-
ÎrueUe pesait cent vingt marcs; dans cette châsse était renermé le corps du saint patron de la ville. Ils la pillèrent , ainsi que plusieurs meubles d'or et d'argent , et quantité d'autres ornemens de soie et de broderies d'un prix inestimable. Après le pillage , les chefs du parti protestant fei* gnant de veiller à la conservation de ce qui restait, le firent transporter dans leur trésor placé à la Tour-Neuve, et pour couvrir par quelques actes spécieux le dessein qu'us avaient de se l'approprier , ils en firent dresser procès-verbal par Girard Dubois , notaire d'Orléans. (Les minutes se trouvent aujourd hui en l'étude de Assier), lequel inventaire était de la teneur ci-apèrs (8-64) :
« A été trouvé dans l'église du bienneureux saint Aignan :
» Un chef d'argent doré garni d'une mître, appelé le chef de aaint Aignan.
» Un autre chef aussi d'argent doré , ayant une couronne aussi d'argent doré, appelé le chef de saint Victor, aut côtés duquel étaient deux figures de gens d'armes du même
métal.
» Un ange d'argent.
Un bras doré , dit le bras de saint Aignan. » Trois croix d'ai|[ent dont une dorée. » Uu petit bassin d'argent.
» Une mentonnière d'argent dite la mentonnière de
saint Aignan.
» Un encensoir d'argent.
» Deux calices d'argent.
» Deux patènes (Vargent.
» Une eglûe de Notre-Dame, d'argent ( petite effigie dans une crèche ).
» Deux chandelliers d'argent doré.
» Deux burettes d'argent doré.
» Une petite table cbe pierre enchâssée d'argent.
» Un gi*and bâton couvert d'argent,
y Deux autres petits bâtons couverts de même.
« Un corporaire ( coffre où l'on serre les corporaux ou linges fins que l'on place sur le calice ) couvert ae velours rouge , où il y avait neuf marques d argent.
» Un petit coffre d'ivoire , ferré et martelé , dans lequel est un petit côté enchâssé d argent doré^
» Seize bandes d'argent dore,
» Six grandes fleurs-de-lys d'argent doré,
« Cinq fleurons d'argent doré.
» Deux petites images d'argent doré.
» Neuf pièces de fi^gmeus d'argent doré^ le lout pesant 338 marcs (8). «
Les pvotestans d*Orléans profanent Téglise de Saint- Paul, après l'avoir complètement pillée : ils enlerèrent la statue en bois noirci de If otre Dame-des-Mirades, et après l'aToir insultée, il la portèrent sur la place du marche de la |»orte Renard où ils lal>rùlèrent en dansant et chantant autour du feu (8-64)*
Les protestans qui s'étaient emparés de la Tour-Neuve d'Orléans et des fortifications qui en dépendaient, pour y placer leur trésor et leurs magasins, en doublent la garnison, enlèvent la couvertiire de<seitetour et y placent plusieurs pièces de canon (8).
Le prince de Gondé foit établir son arsenal dans le couvent des Gordeliers d'Orléans , rue du Jeu-de-Paume (rue d'Escures ) , non loin de sa demeure , qui était à la Grande Maison (Vieille Intendance, rue de la Bretonnerie). Les soldats qui y étaient logés détruisirent les tombeaux de la lamille de saint Mesmin, qui s'y trouvaient (8-9).
Les protestans descendent les bustes de Louis XI et de Louis Xll , qui étaient placés dans les niches de la façade de l'Hôtel-de-Ville d'Orléans, du côté de la rue Sainte- Catherine, et après les avoir attachés à la même corde , ils tndnèrent dans la fanse des ruisseaux , jusqu'à la rivière, les où ils les jetèrent (8).
Ils montèrent aussi à la Tour de THorloge, y brisèrent la statue de saint Michel et les reliques qui avaient été
S lacées à son extrémité , pour la préserver de la foudre ; ils émontèrent le mécanisme de Thorloge et en rendirent le service impossible , ainsi que celui de la grosse cloche qui servait à sonner lés réjouissances et l'alarme \ la tour ellemême fut endommagée.
Les protestant s*acliarnent à la destruction dé Feglise et du couvent des Bénédictins de Bonne-Nouvelle d^Orléans-^ dont ils laissèrent peu de choses intactes : ils respectèrent seulement la cloche de la petite chapelle de lUniversité, qui y était adossée ^ au soleil levant ^ attendu, dtsaîent-ils, lie n'avait jamais sonné la messe , mais bien seulement liieure des classes* Cette cloche, qui pesait a,ooo Hvres, portait le nom de Cloche du Droife^anon. Quelque temps après , les protestans la rendirent aux docteurs^ qui ne pouvant encore ouvrir leurs cours ^ prêtèrent ladite cloche aux gamer» de 1 église de Recouvrance , pour s'en servir à Leur volonté; elle fut même employée au service du beffroi, en l'absence de celle de k ville (8-9).
religieuses de Saint-Loup , au nombre cfie quinze ou vingt, qui étaient restées après la fuite de leur abbesse avec le curé de la paroisse de Saint-Loup , qui s'était &it
Srotestant, sont forcées de quitter leur couvent , pour se érober aux poursuites des religionnaires qui , irrités de ne plus trouver les nonnes., dévastèrent les-bàtiraens «St.
Le» moines- de Saint-Euverte sont maltraités par tes protestans et les soldats de la même religion. Ceux-ci ravagent les bâtimens et font de l église de cette communauté une écurie pour leurs chevaux.
Les protestans se portent au couvent des Augustins, fiiuboiifg du Portereau d'Orléans, au sud , et dévastent le couvent après avoir dispersé les religieux.
La petite églisede Samt-Jeaa-rÉvangéliste, dont les traces existent elicove aujourd'hui , fiiubourg Madeleine , ncMt loin de Tanden couvent, est détruite par les protestans : cette église ne fut pas-relevée de ses ruines.
Les protestans d'Orléans descendent les cloches de Awiiuoa. Sainte-Uroix, pour leaconvertir en boulets; ik en recueillait livres de métal.
Le même jour , le prince de Gondé, qui avait fait garder le trésor de Sainte-GroixdOrléans jusqu àce moment, l'en»lèvesous le prétexte de le mettre plus> en sûreté dans la Tour-Neuve» Voici l'inventaire de ce trésor^ que nous avons relevé sur des manuscrits et dans- des- mstoriens d'Orléans (8-9-64-65-66-67) :
> La diàsse d'ov, où estoù k Mûicre goutte de sang de N.S.
» Une etpine^àà la prédeuse couronne qui fut posée sur le précieux chef.de N, S. (8-64)
» La noble burette, pleine de myrrhe, offerte par les trois rays à N. S., entre les mains de sa très-^aincte mère.
» La châsse d'or des propres Osannesy sur lesquels N. S. marcha quand il fit son entrée en Hientsalem, (On appelait osannes les rameaux des arbres de palmiers et oliviers que le peuple jetait lorsque N. S. entra dans Jérusalem, en criant : (^^aniia (sauve nous).
» Un morceau de bois de la Vraie Croix, présumé être celui qu apporta Odolric, évéque d'Orléans, envoyé à la Terre-Sainte par le roi de France Robert, en loaa.
L'image de la trèi-saittcte Vierge, de Uton sardane^ qui avait esté envoyée par Constantin, comme il paroissoit par une lame de cuivre, attachée à iceUey et lettres sur ieelle gravées.
» Limage de la txè&'SeUncte VieK;e , dans lamelle estoU enclos en une fiole du laiet virginal de la glorieuse vierge Marie.
» La châsse des corps de plusieurs innocens.
» Un reliquaire d'or où il y avait partie du chef de sainct Jean-Baptiste.
» Un reliquaire d'or du bras deatre (droit) de 1 apostre saint André, envoyé par l'empereur Constantin.
» La châsse où estait un doigt de saint Philippe.
» Un reliquaire d or, dans lequel estait deux doig&de saint Altin , premier évéque d'Orléans.
» Le chef et doigt de sainet Mamert, évéque de Vienne, ami et compatriote de saint Aignan, et l'instituteur des Rogations.
» Une châsse ou estait le corps du même saint Mamert, eSçêque. '
Une châsse en argent doré , renfermant le chef de saint Quiriace.
» Une châsse en argent doré, ornée de deux lions d'argent, renfermant un bras de saint Maurice.
» Une châsse d'argent, contenant les corps des saints Martm , Ooro&é et Sévère.
>• Une châsse d'argent , renfermant les leliques de saint Denis et de ses saints compagnons.
» Reliquaire d'argent , d'un os du cou de sainte Hélène.
» La châsse d'argent, du chef et une portion des os de BaUazar de Thrace , l'un des rois qui adora N. S.
.i;jiu^ccl by
» Le reliquaire d argent i\e saint Martin.
» Le reliquaire d argent du doigt de saint Guillaume , archevêque de Bourges.
M La bannière et estendart de lempereur Ghariemagne, sur laquelle était écrite cette devise :
» Victor ul>iquc potcns, cœli tcrrae((ue creator
M pcrpotuù seruum deflendat ab hotte nuligiio (*) (8-64). »
» La banqîère du roi Robert , sur laquelle était s écrit :
» Benedictu» DomiipiiiBeai qui docet maniis meas ad praelium (**).
w Douze croix d'argent.
» ÎJne table couverte dargent.
» Un grand bassin en or.
» Plusieurs images (statues) en argent.
w Une table couverte dor.
>' Plusieurs calices.
» Un calice d'or avec ances et pierres précieuses, du poids de i5 marcs.
Une poide d'or et six poussins dorés, qui étaient suspendus depuis l'année 1^84} dans une des cbapelles de
cette église.
>' De plus, les cbàsses de saint Euverte, de saint Sainson, de saint Grégoire, de saint Flou, de saint Evrou, de saint Avy , de saint Marceau, de sainte Barbe, de saint Laurent, de saint Victor, de saint Paul, de saint Benoît, de saint Jérôme, de saint Vincent, de saint Syuipliorien , de saint Mesmin , de saint Ëloi, etc. Le tout estimé une grande somme. >'
En portant tous ces objets à leur trésor de la Tour- Neuve, les protestans criaient par dérision dans toutes les rues : « Qui veut acheter des saints , qu'est-ce qui a perdu
(•) TtaimetUm.
Que le Dieu tout-puissant , du monde crdaleiir. Partout victorieux , arbitre de Ja gloire , Daigne tou]our6 bcuir Charles, son serviteur, Et sur ses eimemis lui donner la victoire !
(**) Traduction.
Béni soit mon Dieu qui forme mon bras à aux combats.
» une poule et ses six poussins , qu il vienne , on les lui » rendra (8-9-64). »
Smî on. Le lendemain du pillage du trésor de Sainte^roix , les protestans se portent encore danscette église, enlèyent le cœur de François II , qui y avait été déposé à sa mort , arrivée le 5 décembre i56o, le portent dans un des cloîtres de Sainte-Croix, et le brûlent avec de grandes démonstrations de joie (8-64).
7«ii utt. Ordre du prince de Gondé, pour rançonner les habitans catholiques d'Orléans , et leur faire payer la nourriture , Ventretien et la solde de la garnison protestante. Cet ordre adressé aux habitans, était signifié particulièrement à cba-^ cun des imposés. Ce qui est prouvé par celui que nous avons trouvé , lequel est ainsi conçu :
« Il est enjoint à la veuve Pierre Vailhird,.de la paroisse de Saint-Sulpice d'Orléans, d'apporter ou d'envoyer incontinent et sans délai au cloître Sain^Aignan , en la maison des Goligni et logis du trésorier de M. le prince de Condé, la somme de 60 écus d'or , à laquelle elle a été taxée pour payement de la garnison entretenue à la garde de la ville, pendant le quartier courant, à peine d'y être contrainte par toutes sortes de voyes et même prise de corps, prison et autres peines (8). *
9 mai io&t. Le prince de Condé arrête sur la recette des deniers communs de la ville d'Orléans, et à titre d'emprunt (qui ne fut point remboursé}- la somme de 55,ooo livres et dix mille muids de blé-, il ordonne au receveur de les reprendre sur les habitans (8-9-64).
» navifitL La reine mère et régente , Catherine de Médicis , charge Guy du Faur de Pibrac ^ auteur dès quatrains ) et deux autres ambassadeurs daller au concile de Trente, poui' presser vivement la réforme des abus et de se conduire de manière que les protestans eussent sujet de croire qu'on leur voulait donner toutes satisfactions sur leurs plaintes. Du Faur dePibrac, parla dans ce sens ; mais quelque temps après il fut rappelé en France par la reine Catherine , pour être son chancelier. U fut président à Mortier, et l'un des plus célèbres jurisconsultes et hommes d'état de son siècle (43).
Les descendans de ce grand citoyen habitent encore la ville d'Orléans (4-38).
Mai ijfKL Le prince de Condé établit à Orléans une monnaie où
IWd Irappa des pièces an coin du roi, mais pour )e seirioe à» son parti ; Fargent qm servit à la febrication des pièces fut recueilli des chAsses, des omemens, des vases sacrés , au fur et à mesure quon pillait les églises; les reliquaires étaient brisés « profiinés, et les reliques InÀlées. La fonte de tous ces objets avait liea à la Tour-Neuve , où la monnaie était établie, et dans les creusets de laquelle le trésor de Sainte-Croix^ celui de <Saint-Aignan furent fondus, ainsi que les dépouilles des autres-églises (8-9-64)-
Cholet, procureur d^rléans et fahricier (marguîllier) de l'église de Saini-Pierre-Em|)ont , se imt protestant et découvre le trésor de cette égbse. Ce Gholet monte sur un âne, la téte tournée vers la queùe , revêtu d*une tunique de drap dW, et tenant le grand calice d'argent doré de Saint-Pierre-Kmpont; un maçon, nonuné Besnier, et un écrivain , nommé Pierre Gilles, tenaient la bride et le conduisirent à la Tour-Neuve, où était le trésor et la monnaie des protéstans, chargé des dépouilles de cette église, en criant à tue-tête : « La la messe à ^ndre, la
messe à Twndre »
Odet de. Châtillon-Gollîgny, cardinal, abbé de St-Benoit-sur-Loire , qui était cependant un des plus zélés partisans de Fhérésie, et que, malgré ses erreurs, on regardait comme le Mécène de son siècle, fidtenlever de son abbayeles châsses et l'argenterie, avec promesse il est vrai d'en tenir compte par une créance signée de lui : le tout fut porté au château de TIle-Groslot , près d'Orléans , puis après dans la Tille où Ton s'en servit à battre monnaie pour le compte du prince de Coudé.
« Le premier inay M. C.C.C.G.C. LXII. Lysie prés Oriëuu. » Prieur,
« Voyant qu'en plusieurs endroits de ces quartiers on faict des insolences grandes et des ravages par les églises et
(*) En 1793, le 15 novembre, eut lieu à Orléans une promenade ou prooesflon dite des Anes , semblable & cefle de 1562. Ces animaux , au nombre de plu» de vingt , couverts de chappes, surplis . etolcs et autres orncmens d cgHso , furent promentfs parles nies et les places de la ville, au milieu d'une foule dépeuple qui , aux maximes les plus impies , m«V laient les expressions les plus triviales et les plus sacrilëges. Ce cortège ou plutôt ceffe m.'Ksc u ade, i^\a\\. conAmi par un ftfêonna (je de la 1 17/<? nionttî «ur UD grisou, vétu d'habits ecclésiastiques, ungoupiilon à la main droite ,
monastères ; par la crainte que j'ai qui! n'en advienne de mesnie dans mon abbaye de Saint fienoist, jai advisë d ciivojer jusque là le proto-notaire (le notaire du pape ) de Verîgny , avec deux ou trois gentilshommes des miens, lequel vous^diradepar moy commentil me semble que vous avez à vous gouverner en la maison , pour éviter les inconveniens; et surtout que vous ayez à tenir le pont levé, afin qu'il n'y entre personne, sinon ceulx qu'il appartiendra, et que le peuple, pour aller prier Dieu , se retire en la paroisse jusqu'à temps que le tumulte soit passé.
» Quant aux reliquaires et aultres chasses que vous avez à serrer, pour ce qu'il vous sçaura fiiire entendre mon intention , je m'en remettrai sur la créance ( mission) que je lui ai baillée j à laquelle vous adjouterez foy, comme vous feriez à moi-mesme, priant le créateur qu'il doint (donne) à vous , prieur, sa saincte et digne gracé. » Votre bon abbé ,
» Cardinal GUASTYLLON. »
Cet envoyé fît briser toutes les châsses et argenterie , les fit enfoncer dans un tonneau , et les conduisit par eau au château de Tile, où était le cardinal qui les convertit en monnaie.
Non content d'avoir pillé l'argenterie de Saint-Benoît, il pilla la bibliothèque dont les précieux manuscrits furent vendus. Une partie fut depuis heureusement achetée par la reine Christine de Suède, qui les emporta à Rome et les donna à la bibliothèque du Vatican, où ils sont encore présentement.
Cet Odet avait été nommé cardinal à lage de seize ans , par le pape Clément VII, en i523. Sa mère, Louise de Montmorency, se fît protestante : il se maria en i56o à Elisabetli de Hauteville, en habits de cardinal; et quoique Pie IV l'eut ilégradé, peu de temps après son maiiage , il ne laissa pas d assister avec cet habit au sacre de Charles IX
et criant à hic-tôtc : « Faites place , faites place au représentant du Sa int Père le Pape. » Parti du club, cloître Saint- Maclou, il fut plusieurs heures en route , et les lu^ros de cette satumale finirent la joimMfcpu* une
orgie.
Cvttc frfp impie fut appol<'c Promenade des Anes orlrannis ( f^oir «o? documens avtkentiques sur La révolution de 1769 , qui suivront les présentes Recherches ) ( lU-77-79-81).
le i5 mai i56iy où il voulut que sa femme îiit présentée. Malgré tout ce scandale, il fut abbé de Saint-Benoît dont i 1 vola le trésor, à cette époque (i 56a) ; piiîsenvojé comme ambassadenren Angletem; mais à son retour, en i563, il fut empoisonné. 11 laissa sa veiive avec plusieurs enfims qui furent mariés et eurent postérité. L'hisloire rapporte même qu'une de ses filles devint l'épouse de son assassin (43-73). . .
Les protestans d'Orléans ayant^ trouvé le vicaire de lahisai. Sainte-Catherine, nommé de NonneviUe, qui célébrait la messe dans un prenîer, le placent en sentinelle à la porte du pont, avec ses habits sacerdotaux, un morion ( espèce de casque) sur la téte, une hallebarde sur l'épaule, une épée au o6téi ils le laissent ainsi toute la journée, sans bioire ni manger, et lui font mille outrages (8-64)-
Explosion des pouldres qui étaient faites et de celles que l'on fabriquait dans l'arsenal des protestans établi aux Ck>rdehers : le couvent , l'église et plusieurs maisons voisines furent entièrement renversés ; on trouva beaucoup de cadavres dans les décombres, et plusieurs membres des Tictimes de cette catastrophe furent ramassé^ sur la place de l'Étape et dans la maison de Groslot.
Arrêt du parlement de Paris qui permet de tuer sans 7 iuiueiisfis. miséricorde les protestans de France, partout où on les trouvera. On oruonna que cet arrêt fût exécuté partout le royaume et qu'il fût lu tous les dimanches aux prônes de chaque église (8-43).
Le curé de Saint-Paterne d'Orléans, nommé Jac^es JOiuiikusoi. Gueset, âgé de 70 ans, inquisiteur de la foi dans cette ville, qui avait contribué au jugement à mort du prince de Condé, le a5 novembre i56o, sous François II, est découvert par les protestans, dans l'endroit où il s'était réfugié depuis plusieurs mois, célébrant en cachette le service divin; il est pris et traîné devant Hierosme Groslot, bailli de la ville, qui avait été condamné à mort par le tribunal de l'inquisition dont Gueset était un des juges ; lequel bailli n'ayant pu réussir à le faire changer de religion, le feit condamner par un tribunal protestant à être pendu sur le Martroi , avec un écriteau sur la téte : son corps fut traîné par le bourreau accompagné de toute la populace vociférant contre le cadavre de ce malheureux qui fut enfin déposé dans la chapelle des Âides (la vieille). T. i*^' 56,
Parnii les plus furieux protestans qui participèrent à ce -meurtre, on remarqua le sieur Touchet, père de la belle Marie Touchet , qui devint la maîtresse de Cliarles IX, lequel Touchet changea phis lard de religion , et devint v.é\é catholique , pour conserver ses pinces et gagner les JDonnes grâces du royal amant de sa hUe. Cette iqmstasie ^t dire aux protestans d'Orléans : « Touchet avait été des nôtres et nous aviih délâché; depuis, sa fil le , belle comme Dalîla, appelée Marie, vendit au roi son corps, comme son père avait £ik de son âme à la convoitise des honneurs
SI Mut fses. Le duc d*Anjou , qui fut depuis le roi Henri III , désirant gagner les Orléanais à son parti et â sa religion , •fait demander nu prince -de Condé la permission de traverser la ville, et de iaire fermer les temples protestans , pendant son séjour. Cette faveur lui est accordée , mais à la €2ondition qu il passerait par la place , lui troisième, que fton séjour ne serait que de quarante-huit heures, et que , pendant ce temps, il ne pourrait sortir qu étant escorté par une garde choisie par le gouverneur de la ville, ce qui rendit nuls ses projets et ses espérances (8). , Sr|»icu.br«t;s6s. Lcs protcstaus d'Orléans qui, depuis plusieurs jôurs, tenaient enfermés six religieux Gordeliers , sans aucupe espèce de nourriture, les voyant moribons^ les £t>nt sortir et leur présentent des vivres malsains et en quantité; ils furent dévorés par ces inalheureux, qui se donnèrent en partie eux-mêmes la mort (8-64-)*
Les protestans d'Orléans parcourent toutes les places, rues, carrefours et 'Z/^neZ/ef de la ville, pour achever d'abattre, bnMer, .détruire toutes les croix et les statues de vierge et de saints personnage!» c[ui existaient encore aux coins des rues et aux portes des églises de la ville.
« Ib démolirent les églises de Notre^Dame-de-Recouvrance , deNotre-Dame-de-la-Conception , de Notre-Dameci u-Chemin, de Saint-Michel en la'vUle neufve^ c'est-à-dire dans XEstape^ de Saint-Pierre en pont, de Saint-Pierre-le- Puellier, de Saint-Paul, de Smut-Estienne , de Saint-Do- Tiatien , Saint-Germain, Saint-liilaire,Saint-Sulpice, Saint* Avy, Saînt-Benoîst , Saint-Liphard , Saint-Antoine sur les ponts; toutes les chapelles du rj^rand cimetière, la chapelle Saint-Phalier, près de Saint-Marc, hors ville; quant aux autres églises de la ville et des faux-bourgs d*Orleaiis, elles
^meurerent en leur entier, avec la cathédrale, sinoir qu'elles fureiït toutes horribiement profanées et despouil'lées de tous leurs oknemens. Ces barbares et inhumains, persécuteurs ayant assouuiXevLV ra^e en la ville, ils alleren t aux champs , à grandes-bandes, ou ils pillèrent les eglis<?s, brisèrent les images, et massacrèrent les pcestres qu'ils attachoient à la queuetles ckevaus ettrai'noient cruellement^ Puis après, estons saouls de ce spectacle, ou ils leur creuoietU les yeux, ou leur coupoient le nez, les oreilles, les
fenitoîres, et enfin, les-tians à un arbre, ils les harque^ usaient : à quelques uns ils coupoient la teste ^ aux autres ih escorchoient la face, ou bien leur coupoient les pouces, en un mot, ils exerçoient contre eux toutes les cruautés, dont ils- se pouuoimU aduiser (67) »
Comand Badin , minisire réformé, homme de beaucoup Oitoi^rc isex d'esprit, fait paraître un ouvrage très-plaisant et très-satirique , intitulé : \Aleoran des Cordeliers. Cet ouvrage , qui fut très-couru , eut plusieurs éditions imprimées chea^ ua libraire dOrléans (9).
Leduc (IcGiiiso, un des chefs du parti catholique, ayant pris la ville de Rouen sur les protestans, depuis quelques jours, avait fait pendre plusieurs officiers de ce dernier, parti; le prince de Conde, chef des religionnaires, par représailles, fait aussi, ce jour, pendre sur ÏEstaple^Ovr leans le sieur Baptiste Sapin, conseiller en la cour du parlement, et Tabbe dp Gastine (Jeai>), qui venaient détre pris dans les environs de cette place, comme ils allaient en Espagne, de la part du roi (4-8-64-34)- Copie de racrêt du jugement fait à cet effets
« Louis, de fiourbon, prince de Condé, marquis de* Conty, chevalier de Tordre du Boy monseigneur, ^ouverr neur et lieutenant-general' pour Sa Majesté, en Picardie, à nos etmez et féaux roaitre Jean Ghabouille, nm^of^ de camp, et Claude Rouge-Aureilhy prevost dès bandes, ('flt>npes ), salut.
» Sçavoir £Ù8ons que, par TavÂr et meure délibération des sieurs chevaliers de Tordre, et caj^itaines estant près de nous, nous avons condamné messire Baptiste Sapin, conseiller au parlement de Paris, prieur de Taillebardou, près Meaux, et Jean de Troyes, abbé de Gastine en Touraine , à estre pendus et estranglez à une potence à T^^tape de cette ville d*Ôi*leans, pour avoir ^^^r^ par eux consenty , participé et aydé aux conjuiations, pratiques et
menées de ceux qui tennas ( tenant) captives les personnes et volontés du roy Monseigneur, de la royne sa mere, et du roy de Navarre nostre très cher et très honoré frère , ont commeu (ému ) toute l'Europe pour maintenir leur cruelle tyrannie; et sous Xauetorité de ladite cour de parlement prostituée à leur fureur et ambition, ont renversé les samcts edicts par arrêt oontrairei oontrainct les fidèles officiers adikHuUs et procureurs à renoncer Dieu , et idolâtrer, déclarer rebelles les sieurs et chevaliers de Tordre,
Îrentils-hommes, et autres nos assodeE> et diceux exposé eurs biens exi. proyeet leurs personnes, femmes etenfans , à la rage du populaire^ ouvert les fenestres aux assassinats, rapts ,nomiciaes , et autres délits par Timpunité promise, et permission de sonner le toxin ( tocsin ), et fait amas de communes^ fait pendre et mourir sans causes, les vrais ministres de la parole de Dieu , presidens, et autres innocens et plus fidèles ^uyecfj du roy ; réitérer baptesme^ dissoudre les liens sacrés du mariage, et confondre tous droits divins, et humains, si vous mandons, et très expressément enjoignons que vous faciez mettre en toute diligence nostre présent arrest à exécution , sans attendre autre jussion (ordre) sur peine de désobéissance (3-8-64)>
» Fait et donné à Orléans, le a* jour de novembre i562.
« Signé Louis BOUBBON, prince de CONDÉ (4-8-64). (Et plus bas) :
» Jeait eu ABÛUILLë , prevost de camp.
» Glaudb ROUGE'jiUREILLE y^révost des bandes. »
9 ««vtnib. 1562. Dums , Capitaine dans Tarniée des proLestans , arrive à Orléans avec les dél)ris de l'armée protestante, qui avait été vaincue à la bataille de Vere (4>\)-
i2.ioT.iu. IÔ62. Dandelot, frère de l'amiral de Coligny, revient à Orléans après la bataille de Vere perdue par les protestans; il réunit aux débris de son armée douze cornettes de /e/stres (cavaliers allemands) faisant 9,600 cbevaux et douze enseignes de la/is/ji/c/icfs (infanterie allemande), sous chacune dtîsquellcs il y avait près de 85o hommes que le landgrave de Hesse lui avait fournis, ce qui portait farmée des protestans à 1 0^000 hommes.
<Siiovem. tm. L'église de Ste-Croix d'Orléans est designée pour servir de magasin aux reîtres et autres troupes allemandes
venues au sec-ours des protestans, ce qui sauva ce monument d'une destruction totale et du sort de toutes les autres églises d'Orléans (8).
Le prince de Gondé^ l'amiral de Coligny^ tous les officiers u ootcm. isot. protestans et les troupes françaises et allemandes du même pirti quittent Orléans pour aller faire le siège de Paris , et laissent dans cette première ville le brave François de La Noue, qui organisa en compagnies les habitans qui étaient presque tous protestans (8).
Le prince de Condé, chef des protestans, voyant qu'il 19 um. lui. était impossible de prendre Paris, et ne pouvant plus fiiire subsister ses troupes devant cette place, en leva le siège avec son armée , qui était réduite à moins de moidé. U prit le chemin de Dreux pour aller au-devant des troupes anglaises et de l'argent qu Elisahetli lui Élisait passer» Le duc de Guise, le connétable de Montmorency et le maréchal de St-André appelés les triumvirs , le voyant en- ■ gagé dans les plaines de la Normandie, vinrent lui présenter la bataille devant la ville de Dreux; les protestans y furent défaits, le prince de Condé resta prisonnier des catholiques, et le connétable des protestans; l'amiral de Coligny, qui prit le commandement des débris de l'armée > se retira à Orléans avec le connétable de Montmorency son captif (43).
Arnvéede famiral de Coligny àOrléans avec son prison- toi»».». tats. nier le connét:i})le de Montmorency, qu'il logea sur l'Etape avec lui. il fit rassembler toutes les troupes dispersées et tout disposer dans la place pour opposer la plus vive résistance à l'armée catholique qu'il présumait bien devoir lui tomber sur les bras pour prendre Orléans et délivrer le connétable (43-^4)*
L'amiral commande aux catholiques de la ville d'Or- flvrdteem.isfs. léans de sortir sur-le-champ de la place ( qu'il craignait à tous momens de voir assiégée), sous peine de lu vie; il 8*empara des revenus , du vin et des blés, ainsi que des autres commodités Aes habitans qu'il chassait (8-64)*
L amiral Gaspard de Coligny accepte la charge de gé- 3i«iticrt56x néral que lui offirent Tariuée protestante et les habitans d'Orléans. Il donna rendes-vous à tous ceux de son parti au bourg Patay, à quelques lieues au couchant de ct^tte ville, et disposa tout pour une expédition prochaine (8:64).
3t i-iif « I58r. Gaspard de Colignv, général des protestans, ayant réorganisé son armée, qu il avait laissée se rafraîchir quelques jours à Patay, quitte Orléans, descend dans le Vendômois, et passant la Loire à Beaugency, loge ses troupes dans la Sologne et dans le Berry, où il savait que le duc de Guise voulait placer les &ier^Des pour venir £iiire le &iége d'Orléans.
>Ciricr t563. L'amiral Gaspard de Coiigny, qui était appelé par les protestans de Çacn, et qui avait besoin d'argent pour entretenir ses troupes , ramène son frère Dandelot avec deux mille hommes de guerre, à Orléans, qui renfermait en outre quatre mille hahitans bien armés et quantité de geirtils-hommesde son parti, tous braves et dévoués à la cause. Etant donc tranquille sur le sort de cette ville, il va à Jargeau inspecter la garnison, y passe la Loire, et prend la route de ISormandie, rançonne plusieurs petites villes de cette province, et reçoit l'argent c[u'il attendait d Angleterre (4^)-
* VciidwJif**^' Guise , gc neral de l'armée catholique , vient
camper au bourg dOlivet, à une lieue au sud de la ville d'Orléans : la reine-mère, Catherine de Médieis, se rend le même jour, avec son fds Charles IX., dans la ville de Beaugency , traînant toujours avec elle le prince de Condé , son prisonnier, quelle lit enfermer dans le château-fort de cette ville (8-43-64).
6 f'^^i'rJi.3Wi Le duc de Guise assiège Orléans avec une armée com-
posée de plus de 20,000 hommes; il lit commencer l'attaque par le sieur de Cypierre avec six Cornettes de cavalerie et plusieurs compagnies d arquebusiers; elle eut lieu à la hauteur de St-Mar(;eau, au portereau, où le sieur de Feuquières s'était retranché avec l'infanterie gasconne et les Français protestans (4-8-64).
Cinq cents arquebusiers et de la cavalerie sont envoyés par le duc de Guise contre les trempes allemandes qui étaient k Cléry; ce petit bourg est emporté de vive force ; les Allemands s'étant mis en déroute en voyant qu'ils étaient coupés d avec les gens d'Orléans (8-64).
7 r^<irrr tsss. Le duc de Guise s'empare des fortifications qui défenuiKMiiebe. j^j^^pj Ics approclics du pont, et pousse avec tant de vigueur les assiégés dans la ville, qu'ils furent tous culbutés, et que la place aurait été emportée si les catholiques eussent continué de marcher en avant, a Car le pont estant
lembarrassé du bagage qu'on Êûsait retirer dans la ViUe , les fuyards ne se poiiyaient sauver; mesme on ne ])oin ait lenner les portes des Tourelles ny hausser le pont-levis, •ce qui fut cause que plusieurs se jetèrent dans la rivière à la nage , et que le ier, le feu et /'«au causèrent la perte de plus de 800 hommes. L effroy qui fut porté dans la ville et ladvis qu on combattait à la porte principale , les îles estant gaignëes, la fuite et le desordre estonnerent les plus assurez; mais M. Dandelot, frère de l'amiral Gaspard de Coligny , -qui estoit un chevalier sans peur, assisté de quelque noblesse , sans sestonner passa les ponts, parvint jusqu'aux Tourelles, fit fermer le pont-levis et la porte , es» tan$ ses ennemis près ledit pont-Ievis, pour donner en ffos et entrer dans la ville (4-8-43-64). »
Le duc de Guise lait établir des batteries du cùté du sr^M .. t»is. Portereau ; elles furent garnies de ti en te-trois doubles canons, qui firent beaucoup de mal à la ville et abattirent plusieurs temples qui n'avaient pas été détruits par les protestons après le pillage qu ils en avaient fait (4-8j.
Le duc de Guise , qui désirait la paix, avant que de causer la ruine d Orléans, fait demander à la reine-mère l'autorisation de réunir en sa présence le prince de Condé, son prisonnier, avec le connétable de Montmorency détenu à Orléans, jpour entrer en pourparler àcesujet.Le prince reçut pour réponse Tordre de continuer le siège de la ville avec vigueur , et de remettre la conférence quil proposait après la prise de la place (4-8-43).
Le duc de Guise s'empare du fort des Tourelles du pont 9 fr»r;rr i.îo, d'Orléans, par la négligence de ceux qui les gardaient; toi,^a„'^, « car un soldat des catholiques assiegeans, estimant que les tourelles estaient inhabitées, à cause qu'il y avait une fènestre rompue de canonade, j estant de nuict monté par une échelle et recogneu qu'elle estoit mal gardée, en ayant donné ^w/pm, lesdites Tourelles furent prises : ce qui causa que le sieur Dandelot fit ahbatre l'arche proche des Tourelles, et faire des parapets sur les mottes Saint-Antoine et des chalants percés, ainsi que sur le pont ( 4-8-43-64). »
Le duc de Guise malgré ses succès, présumant, à la résis- 10 r.wn. r i5(a, tance des chefs protestans, que le siège pourrait être long, parvint à obtenir de la reine-mère l'autorisation de tenter l'entrevue qu'il avait projetée. En conséquen-ce , le prince de Condé, prisonnier à Beaugency, lui est envoyé, ainsi
que le connétable de M()ntmf)rency, retenu à Orléans, lesquels lurent conduits sous bonne et sûre garde en sa pré- , senre, sur l lle aux Bœuf située dans la Loire au coucbant dOrléans, entre la Madeleine et St-PrÎTé, qu'il avait fait préparer (4-^-4 '^)-
Les parties contractantes ne purent s'accorder; le connétable de Montmorency, catholique, ne voulant pas consentir à ledit de janvier, en faveur des prote^tans, et le prince de Condé, clief des religionnaires , ne voulant pas entrer en conférence defuiitive sans la jouissance de cet édit favorable à son parti (4-8-43).
Après plusieurs rentrées et sorties qu'il fut permis au prince de Condé de faire à Orléans pour communiquer à ses partisans les pro[)()si lions de la conférence de l'Ile aux Bœufs, le tout fut rompu , et les deux princes prisonniers retournèrent aux lieux de leur détention ; c'est-à-dire le prince de Condé avec les catholiques à Beaugency , le connétable de Montmorency avec les protestans d'Orléans (4-8-43).
13 féTrier 1S6S. Le parlement de Paris prononce arrêt de mort contre plus de cent cinquante habitans d'Orléans qui avaient participé à la mort de l'abbé de Gastine, du conseiller Sapin , I un de leurs confrères, et du curé de St-Paterue , qui avaien t été pendus tous les trois au Martroi et sur l'Étape d'Orléans (8).
18 frfricr »5G3. Lc duc dc Cuisc , avaut délibéré de battre avec vincft ca-
Jeudi» .
nous les îles et mottes du pont, et dy donner un furieux assault j escrlt à la ro)7/e-mèrc que dans vingt-cjuatre heures, il ///)• mandera nouvelles de la prise d Orléans, et signalera tellement la journée, /l'cspnrgnant ni sexe ni aaçe y qu'après avoir fait son carcîne-prenant , il abolira la mémoire de la ville ; qu'il avait promis le pillage à ses soldats, qui tous en signe d allégresse avaient levé la main et promis de le suivre jusqu'à la mort pour la ruine d'Orléans; mais la mort du duc lit échouer ces projets de vengeance
« Comme ce prince était allé au devant de sa femme, et qu'il revenait j)aisiblenient au siège, monté sur une nmle et fort peu accompagné, il fut assassiné par un gentilhomme angoùmois nomme Jean Poltrot de Méré, lequel , poussé par un faux zèle de religion, lui tira un coup de pistolet dans 1 épaule ; ce misérable épiait sa victime à la
brune, caché flerrière une haie, entre Icf^fisc St-Mapceau, fouhourg du Portereau, et le Pont-Lazin, près d'Olivet (4-8-43.64). »
Jean Poltrot de Méré, assassin du duc de Guise, après 19 Strier iscj, avoir couru toute la nuit sans savoir où il allait, et pensant '^^'•*»» être bien loin de l endroit où il a \«ait commis son crime, se trouva le matin entre le Pont-Lazin et celui d'Olivet, à trois-quarts de lieue dOrléans, et comme son cheval (qui était pourtant de race espagnole) n'en pouvait plus, il se retira dans une petite maisoii voisine pour se reposer. II y tut pris le matin niènie par un secrétaire du duc de Guise qui était à sa recherche (8-43-64).
Le duc de Guise, qui avait été porté blessé dans une 21 frvrirr t5M^ maison de plaisance appelée les Vafslins, près dOlivet, meurt de la blessure qu'il avait reçue. Ce prince, âgé de quarante ans, doué d'un grand courd^e, et rempli de qualités héroïques, n'avait contre lui quune ambition démesurée. Son corps fut porté à Paris, où il fut reçu avec une grande pompe (43).
La reine-mère, Catherine de Médîds, qui se trouvait, 8our.i:>63. par la mort du duc de Guise et par la détention du prince de Condé, maîtresse du gouvernement, ge pressa oe conclure un traité de paix entre les catholiques et les protestans. Pour cet effet , elk ae fendit dans Hle aux keufs , oui existait sur Ift Loire, entre la Madeleine et Saint- Privé ; un pavillon de taffetas violet lîit dreue à <5et elfet. Là se trouvèrent, avecf la reine -mère, le connétable de Montmorency, sorti de prison sur parole, le duc d'Auroale et le secrétaire de rAubesj^iney pour les catholiques, et de la part des protestans, pnnce de Condé, que la reine avait aussi relâché sur son honneur, Dandelot , nrère de Coligny, ISaint-Gyr dit Puy (^ffrier, de La Noue, gouverneur d Orléans, et d*Aubigné, son secrétaire, s y trouvèrent réunis.' Les articles Estent anélés en lahsence de Tamiral Gaspard de Goligny qui était en route pour revenir de la Normandie, où il était depuis quelque temps pour les intérêts de son parti (4-8-4 2 -64).
Signature des articles de paix entre les catholiques et t§m ims, les protestans, qui avaient déjà été arrêtés entre la reine et\es cheh des deux partis , dans l'Ile aux Bœufs, à Orléans. Catherine de Médicis reçut les députés an château de Cau- . bray, non loin d*01ivet, à environ une lieue de la ville,
où elle faisait sa résidence^. Les principaux articles portaient que les protestans auraient liberté de conscience, exercice public de leur religion , que leuirs biens confisqués seraient rendus, et qu'ils auraient une amnistie pleine •et entière; ce qui, pour un temps, éteignit la première guerre de religion (8-43-44) (*)• t&es. Supplice de Jean Poltrot de Méré, âgé de vingl-eix ans, assassin du duc de Guise : il fut condamné par le parlement de Paris au supplice infligé à ceux qui attentent sur la personnodu roi , savoir, à être tenaillé avec des tenaillea araentes , et tiré à quatre chevaux. Dans ses interrogatoires, il persista à dire que le zèle pour sa religion l'avait porté à ce meurtre (ÂàrSÎy
SMiatt; L'aioiral Gaspard de Golignj, qui avait été averti des cbangemens arrivés par la paix signée entre les che6 des catholiques et les religionnaires , revient de la Normandie et fait son entrée ce jour-là à Orléans (64).
Dans la même journée , François de La Noue, gouver* neur d'Orléans , fait pendre sur la place du Blartroi , un fourrier gascon , nammé Lamothe, convaincu d'avoir troAy ies Tourelles- , c'est-à-dire d'avoir fiicilité au duc de Guise les moyens de s'en emparer, en négligeant la garde qui lui avait été confiée (B-64).
n nv» 19», La première paix entre les catholiques et les protestans est publiée avec pompe à Orléans, par àx trompettes, devant la porte de M. le prince de Condé, au Blartroi. Cette publication fut fiiite par celai qui avait reçu les dépositions de Poltrot (8-43'^4)* Les protestans d'Orléuis, ayant .tous les diefii de leur
(*) Au-dewus de la porte de la inaison de Gaubrav se trouve rùMcriptioB luivante qui noua appreadd^ particularitét hitloriqiMt aties-intéreuantes pour les transcrire ici :
« IfiniHMPe barbarie© licet haud sit stnicta , viator,
Uaec domus , idcircô , non tibi yilis erit* Hic propè Guif(rus dux vit-e fata ptTPgit ,
Hosjpes huic inater regia iacta casa: est , fie% comitRtns eâ cum fratre Iwc tecta subivtt,
Quae coluit menses plus mîll&s illa thios. Aurcit de cœlo sed et linnc pax venit in œdeiHy
Prœconuiu decies iiîc celebrata tubis. • Villa priùs Caubraea fuit, nmic fiederis ara est.
r«oeni qoijqfiit ainaa Inné fcnenrc lutuii.
xeligion à leur tête^ célèbrent avec une pompe extrisrDTi^raaire laCéne, dans la cathédrale de Sainte-Croix; mais,' ipttne la cérémonie est-elle Rnie^ que les furieux protestans, sous la conduite de Théodure deBèze , qui avait fait son droit à l'Université d'Orléans , et qui, en i56i , mit iedésordre dans l'assemblée dite le Colloqae de Poissy, par ses discours exaltés, cherchent à dévaster ce bel édihce*. Le prince de Gondé, averti à temps, et indigné de cet excès, fit braquer «ne eoulcTrine contre de Bèze , qui , avec une hachci coupait les charpentes du £utesur lequel il était monté avec plusieurs de ces misérables, pour enlever les lames de plomb doré qui couvraient le temple (S-^^-yo),
La reine-mère, Catherine de Médicis, (Juitte le château t«rmti.t5tt, d^;Caubray,près d'Olive t, ou elle avait habité, arrive àOrléan s , y dme, et repart le même jour polfir se rendre à Paris (8-64).
Mort de Charles de Bourbon , prince de la Roche-sur- Yon , duc de Beaupréau , comte de Chemilly, gouverneur catholique, qui avait été suspendu de ses fonctions pen« dant les troubles de religion (21).
Le prince de Condé quitte ce jour la ville d'Orléans ; «■ et is»^ il y avait: juste, jo'ur pour jour,* une année que ce prince avait fait son entrée dans la place, après la bataille ou plutôt le massacre de Vassy (8-6*4). "
Le brave de La Noue , gouverneur d Orléans , et Dandelot de Coligny, frère de Tamiral Gaspard de Coligny , plusieurs seigneurs protestans, ainsi que les- troupes de leur parti quittent Orléans, les uns pour aller à la cour, les autres pour retourner dans leurs terres, et les soldats dans leurs foyers, après avoir fait la promesse de se réunir, si le bien ou le besoin de leurs affaires religieuses le deman^ dait (8-43).
L'amiral Gaspard de Coligny part d Orléans ce jour-là, et a une heure après son départ, les sieurs de Cypierre et Monterud arrivent dans cette ville, l'un pour remplir la charge de gouverneur de la place, l'autre pour être le clief des bandes ( troupes) (8-64).
Philippe Philibert de Marcilly, sieur de Cypierre , chevalier de l'ordre du roi, premier gentilhomme de sa chambre, capitaine de 5o hommes, qui venait d'être nommé
fouvemeur d'Orléans après le départ du gouverneur de a Noue, fait son entrée dans cette ville (8-21-64). Le gouverneur de Cjypierre adjoint aux douze échevins e ^ru idci ,
d'Orlcans , qui étaient protestans, douze autres qui étaient catholiques ; savoir : Jacques Lhuillier laîné, Jacques Ai- Jeauroe, Claude Sain, Claude Tranchot, Simon Charron ^ dit L*Evé(]ue, Guillaume Daniel, Pateiiie Plisson, Florent Bourgui II, Guillaume Monnet, Clément Gahouet, Edouard Demeulles , Jacques Martui.
Ces nouveaux échevins ne furent installés que le pre« mier mai suivant , comme le prouve Facte passé par Frai»çois Stuard et Nicolas Provenchère, notaires d'Orléans, le
premier mai 1 563 (4-8-64).
Le même jour, le gouverneur rétablit les habitaiisca* tholiqutfs dans leurs biens et charges , fait ouvrir les églises et les prépare pour qu on puisse y reprendre Texe^rdoe du culte catholique, qui avait été interrompu depuis enviroB une année (4-8).
9n<r;ii563, Les chanoines de la cathédrale de Sainte-Croix d*Or^ \ cndrcai. 1^2113 ^ q^| uvaient été dispersés , et s étaient réfugiés , ainsi que 1 evêque Jean de MorviUiers, à Tours, se réunissent à Orléans» dans la maison de Tun d*eux, après leur retour^ et décident que pendant la réparation de leur église, \ù service divin se ferait chez le sieur Courreau, chantre (8).
ti nrii 1363, Les protestans d*Orléans sont mis hors des temples eu-
^^u«. ^ tholiques, et le même jour, les papistes (nom donné aux catholiques romains par les protestans) en furent rois en possession : le gouverneur de Cypierre fit garder les temples par cinquante harquehusiers (8-64).
*9 «^jj^^i.^* Conspiration des papistes (catholiques^ d*Orléans , pour massacrer les protestans de cette ville, découverte par l'indiscrétion d*undes conjurés. « Les papistes devaient présenjter tme requeste au gouverneur : la substance de la« quelle estait de massacrer tous ceux de la religion prétend ue réformée, et estn/cnt six nommés en ladite requeste^ signée) de Martin et de Noël Lelon^, menuisier, et chargeaient fort le gouverneur, comme désirant leur aider à exécuter leur mauvaise volonté. »
Quelques jours après , plusieurs auteurs de ce complot furent jugés à des peines afflictives et pécuniaires.
sii i^T.it !333 , Le roi Charles IX fait son entrée à Orléans , à trois heures après-midi. Le gouverneur de la ville présenta au monarque une requeste ôit&papisteSf qui fut accueillie , malgré Tinjustice des articles quelle contenait. Après deux jours de repos , le roi quitta la ville.
Mit iê63. Les échevins d'Orléans fontplacer siq; la tour de legltse
de ReoouTrance la cloche de rUnÎTersitc, la seule qui n avait pas été fondue, parce quelle n avait pas sonné la messe» mais seulement les heures des classes : elle fut placée pour y sonner l'alanne , le couvre-feu, et autres cno* ses qui se faisaient avec celle de la ville, dont Tusage avait été rendu impossible par les dégâts que les protestans avaienC fiiits à ses aiécanisioes et ressorts, ainsi qu'à la tour
Le clocher ou tour de Recouvranœ avait été élevé sur une vieille tour de la dernière enceinte, vers Tannée 1 5oo.
Jean de MorviUiers, évé^ue d'Orléans , se démet de son épiscopat , après onze ans dezercice , en fiiveur de Mathurin de la Saussaye, son neveu nuitemel; ce prélat avait été obli^ d'abandonner son troupeau pendrmt environ une année, pour habiter la ville de Tours, lors des troubles de religion ; ce qui contribua, dit-on , à lui &ire donner sa dé* mission (8-64) •
Une jeune fille de bonne maison fut attirée rue Bouche- Penil ( présentement près de la rue de la Conception ou St-Flou) , où logeaient des filles de mauvaise vie, là, elle y fut insultée d'une manicre horrible. Les parens en ayant porté plainte au prévôt d Orléans, Louis Dodieu, deux soldats, auteurs de ce crime, furent bnMés vifs dans une île de la Loire; leur victime mourut peu de temps après des suites de leurs brutalités (8).
Malhurin de la Saussaye, nommé évêque d'Orléans, quoiqu'absent de cette ville, et n'ayant pas encore fait sou entrée soleimelle, fait pousser avec une activité extraordinaire les réparations tic Ste-Croix.
La cérémonie de la Fête-Dieu, qui avait été interrompue pendant les troubles de religion, fut faite ce jour-là, comme auparavant, seulement il n'y eut pas de repa» de ville (8-59).
L honorable et prudent homme, Pierre Stample-LaisncI, receveur des deniers de la ville, est charge de faire rembourrer les bras du ciel (dais) que portaient sur leurs épaules les échevins, et de faire peindre sur lesdits hàtofis les armes de la ville, représentant des cœurs de fleurs de lys (4-8-9.5!)).
Hugues Sureau-Durozier, célèbre ministre protestant d^rléans, soupçonné détre fauteur d'un livre rempli de
maximes qu'on regardait alors cmn me séditieuses, parce quelles attaquaient la puissance absolue des rois et prolessaient la souveraineté de la nation, est arrêté, dans cette ville et renfermé ; son livre fut brûié publiquement par le bourreau (8).
juiviMS. Charles IK, par lettres, permet aiix pères Augustinsd'Orléans , de se servir de la chapelle de St-Louis, siti^ée près de son palais du Chàtelt^t, qui était desservie par eux et cela pendant tout le temps qu'il faudrait pour relever leur égUse , qui avait été ruinée par les protestans.
I fvMvt t56J^ Charles IX. supprime 1 offi.<:e de maître du grand guet d'Orléans, et crée en sa place un chevalier et capitaine du guet ^ à l'instar de Paris, avec les mêmes droits et prérogatives dont jouissait le maître du grand guet son prédécesseur. Le premier qui fut poui'vu de cette nouvelle charge fut Rolland deSémellon, écuyer, homme d'armes de la compagnie de J\I. de Cypierre, gouverneur de la ville (4-8-2 1). /•iu«ti^- Charles IX, par un édit, défend aux Orléanais de réclamer les impôts, subsides, taxes et emprunts que le prince de Condé avait levés sur eux pendant son séjour dans celte ville (4-S).
tMKttian. Philippe de Marcilly, sieur de Cvpierre, gouverneur d'Orléans, accorde aux protestans de la ville deux places appelées les places de l'Evêque, en avant des murs de la ville, au nord, pour en faire un cimetière à leur usage ^ attendu que celui qu ils avaient autrefois au champ de Si- Euverte avait été détruit pour y asseoir les murs de ville lors de la construction de la troisième enceinte.
A ••loLre 130}. Cliarlcs IX oblige les habitans d'Orléans à payer à Jacques Rourdineau la somme de 1,200 livres pour Xahattement d une chambre et d'un grenier qu ils avaient sur la porte Dunoise, qui venait d être détruite entièrement (4).
« o-iobrt iM3. L'abbaye de Voisins, près d Orléans, ayant été détruite et les terres bouleversées pendant les guerres de religion, Charles de la Chaussée, au nom de sa sœur, abbesse de ce couvent, représente au pape Pie IV la misère des religieuses qui n'avaient pas même de pain pour vivre; le pontife^ touché de leur détresse, le lu* accorde, pour les soulager, une indulgence plénière(8).
e uotem. 15». Charlcs IX, par une ordonnance, taxe les villes d'Orléans ^ Bourges et Gien à une somme de 626 livres 1 3 sous
4 deniers par mois , pour l'entretien des 5o gardes qui aoconipagnaient M. de Cypierre, gouverneur d'Orléans. La répartition de celte somme fut amsi faite :
Par la ville d Orléans . . 4^o 1. » s. » d. Parcelle de Bourges^. . . aoo •» » Par celle de Gien. ... a6 i3 4
Total . . . 626 1. i3 s. 4 ^
. Quelque temps après cette |[arde fut supprimée , et il ne ' resta plus à Orléans que les cjnquaotainiers et le |;uet.
Un jeune homme nommé Deslandres, accuse d'avoir m tan. débauché la femme de Jean Godin , fille Godard, est con* damné à être pendu, comme adultère, et exécuté sup-le^ champ, place du Martroi d*Orléans, par ordre de Joachim Gervaise, lieutenant criminel (4-2i)*
Charles IX qui , pour s*assui*er de la paix et de la fidé* Meemim un lité des habitans d*Orléans, avait arrêté en avril de cette année, à la date du 16, de faire construire une citadelle à la porte Bannier etun fort près la rivière de Loire, non loin de réglise deSaint-JeauMle-la-Ruelle, en avait reurdé l'exécution, croyant cette mesure inutile, mais voyant les religionnaires porter à leurs bonnets de certaines marques, comme aiguillettes et bouquets, pour se distinguer des catholiques « cela \ incita à commander au gouverneur, le sieur de Cypierre, d abattre et desmoUr les tours et fortifications tant anciennes que modernes, de construire tout de suite et sans égard aux prières dïes habitans, au portail de la porte Bannier, une citadelle, et un fort à Stlean-de-la-Ruelle , le tout aux frais des Orléanais, et comme il avait décidé depuis quelque temps (4'8-64)* »
Charles iX , qui avait créé l'année précédente une juridiction consulaire • pour connaître et juger tous ^roe0i et différends qui seront meus entre les marchands pour le fait de marchandises seulement vendues ou acheptées en gros, en dextail ou promises livrer, leurs "tmufuesy marchandes publiques, leurs facteurs et serviteurs , dont la connaissance, jugement et décision est attribuée aux juges et consuls, pour juger jusqu'à 5oo livres, sans appel, sans procureur et avocat, ordonne que ce tribunal soit formé: à cet effet cent nobles marchands fureux convoqués à
J Hôtel-de-Ville. rue Ste-Catherine , où étant réunis dans la grande salle , ils élurent pour juge François Colas , sieur DeslVanes, et pour consuls, François Stample, Louis Ltismariie, Jean Salomon et Guillaume Aubry. Ce tribunal tintd abord ses séances dans une maison vis-à-vis St-Pierreen-Sentelée, puis après dans une salle de l'HoteUle-Ville; ces officiers allèrent prêter serment au parlement de Paris; niais par suite ils en furent dispensés, vu les frais de voyage, et cette prestation se fit devant le prévôt d'Orléans. »
n wr;ii3G«. Les Orléanais sont taxés , par ordre de Charles IX, à la somme de 820 livres par mois, pour l'entretien de la garde des cinquantainiers (4-^)-
s7iim!I56«. Le fameux Jean Calvin, qui avait fajt son droit à Orléans, où bien long-temps on vit sur un des piliers de la salle des Grandes- Ecoles son nom gravé de sa propre main, et qui fut le chef de cette secte qui occasionna tant de troubles en France et surtout à Orléans, meurt paisiblement à cette date, à l'âge de 55 ans^ à Genève, où il avait fixé sa résidence (8-43).
s ittin U04. Commencement des travaux pour relever de ses ruines )a couverture de 1 église de St-Euverte d'Orléans; elle avait été saccagée par les protestans, qui avaient fait une écurie de ce temple (8).
Les religieux firent en même temps réparer leur couvent, qui avait été aussi en partie abÂttu par les religionnaires.
satptcinb. tm Charles IX autorise, par lettres patentes, leséchevins de la ville d*Oriéans à imposer trois deniers par mois sur chaque maison de cette dté, pour être employés au netoiement des rues pour la salubrité d*icelle, ce qui fut exécuté sur-le^hamp, par des tombereaux disposés à cet effet (4-8-59).
Conformément aux ordres du roi Charles IX qui , depuis quelque temps, avait donné l'injonction a élever une citadelle qui était déjà en construction , et d*abattre les fortifications et tours de la ville, « le payeur des deniers communs , honorable et prudent nomme, Pierre Stample-Laisnel, paya i5 sous à fiaignier, servent Toyàl , pour avoir publié une ordonnance signée delà main de M,, de Monterud, par laquelle il est Jàict tutopoir à tous c$ulx qui voudront entreprendre à promptement defmùlir
les tours qui sont à lenteur de la ville , pour les étoffet (matériaux) qui en proviendront; qu*îls eussent à enlx transporter le lendemain en Xhostel commun de la ville , où conversent les échevins (4-8-9^59).
Mort de Michel-Ange Buonarotti, peintre y sculpteur «««mi. lasi. et architecte, à Ronie , à luge de 90 ans.
Parmi les disciples les plus remarquables de cet homme célèbre, on désigne Adam natif cle Jargeau. Cet Orléanais , de retour d'Italie, vint passer quelque temps dans la ville d'Orléans. Il y fit bâtir plusieurs maisons, une entre autres, rue Neuve, dont la plus belle façade donne sur une pc^te cour, rue aux Ours.
Nous croyons que c'est la maison appartenant aujourd hui à M. de Farville, et portant le n*^ , rue Neuve : Diane de Poitiers la habitée. ( Voir page 397. )
Charles IX, par une ordonnance, tixe le commence- 10 déMM.iMi. ment de Tannée i565 au i^' janvier, au lieu de suivre Tancîenne manière de la commencer à Pâques. Ainsi, depuis cette é|X>que, tous les calendriers furent changés en France, puis après dans la plupart des états de l'Europe (40.43).
Les musiciens d Orléans, tant ceux de la cathédrale que i&iktem» issi. ceux de la ville, formaient une corporation sous un chef on syndic^ chargé de faire observer les statuts ou régiemens de Tordre. Ce chef ayant négligé de convoquer les membres de cet ordre pour assister au repas annuel qui avait lieu le jour de Saint-Nicolas, est traduit devant le lieutenant-criminel Joachi m Gervaise, qui le condamna à une forte amende et à la destitution , pour avoir manqué ^ observer un des principaux articles et des plus intéres- ^ans pour les confrères inuaiciens (8).
Charles IX fait don au chapitre de St-Ai^an de la «asi. somme de ^oo livres pour commencer à rétablir leur église qui avait été ruinée par les protestans.
Louis Miqueau ou Miquellus , homme de grand mérite , efct nommé directeur principal d'un collège d*Orléans, oui priait la dénomination de collège de Champagne. Cet établissement dont la date de fondation n'est pas connue, a existé dans cette ville jusqu'à ce que les Jésuites vinssent y élever le leur (8-21).
Mort d'Etienne Perret, célâwe jurisconsulte, né à Orléans (ai)«
Par ordre de Ghacles IX, il est créé à Orléans trente huissiers pour Ja police de la YÎile (8-3o).
La reine de Navarre, niere^le Henri IV, passe par Orléans où elle est reçue «rec |)ompe ; les présens d usage , dragées de plusieurs espèces, fruits , conntures ,«otignac , vin et avoine lui sont ofiieitspar les-édMvins (4-B).
Jehan Levoy , seigneur de la Source , achète de l'abbé et des religieux de St-Mesmin lu propriété à perpétuité de la riviète du Loiret , depuis la Source jusqu'à la rue des • Gourlînières. (Tiires de la Source, ) :i>niu"i5i& Les religieux de St-£uverte, qui venaient -de Inre re- . lever de ses ruines leur couvent, font commencer la tour ou clocher de léglise par un habile rarobitecte nommé Langelas (8^.
«iuiiiiufls. Assemblée de ville ou il fut arrêté que la messe qui se disait tous les jours à St-Hilaire , pour la prospérité d'Orléans, et le sermon de l'Avant et du Carême qui avàiênt lièu dans la jnéme^lise et qui avaient l'un et l'autre été interrompus à l'occasion des troubles^ seraient continués i comme par le passé , et payés des deniers communs.
6a«£it36B. Charles IX, sur les représentations du chapitre de Ste- Croix d'Orléans, abolit la redevance ridicule que devait ce chapitre aux bouchers de Ja ville : elle consistait en un repas appelé Ouance, où ces bouchers assistaient avec leurs eniaus , au nombre de plus de cent vingt. On leur fournissait pièces de bœuf et jambons de porc, avec dragées , douze torches, six devant et six derrière, et de plus, chaque boucher sortant du banquet, emportait une fouace ( sorte de pain cuit sous les cendres ) et une langue de pourceau, et pour tous ces privilèges, ils.n'étaient ténus à payer au chapitre qu'une modique somme de ao sous 6 deniers (8.6-4).
ta Ml Util. taoi. La citadelle de la porte Bannier est terminée et des soldats catholiques en prennent possession. Les travaux avaient été poussés avec une telle activité , qu'on ne fut qu'une année et quelques mois à la construire; elle était fort large , à plusieurs étages, et obstadait tellement le passage , que l ancienne porte étant bouchée on fit sur le côté un petit guichet, appelé Porte^le-rÉvangile, pour le service des habitans d'Orléans, et pour communiquer de la ville au fiiubourg Bannier (8^4^4)*
ptwfiMi isM. Charles IX, par lettres patentes, oblige les habitans
d*Ûrléaliftà payer la sonune de t,4^ livres ^ pour solder une portion des frais de la construction de la citadelle de la porte Bannier, et à donner i,5oo livies annuellement^ pour les meublea et la nourriture de Ui garnison. Cette ordonnance mécontenta beaucoup les Orléanais, et la perception de cette taxe éproun» beaucoup de résistance (8); (f^ oir les comptes de vil/e.)
Mort de Philbert de Marciliy • sieur de Gypierre, chevalier de l'ordre du* roi , premier gentilhomme de sa chambre, gouvemeurdOrleanSh. Ce gouverneur, qui avait eu la direction des tnmuxpour la construction de la citadelle de la porte Banaier, ordonnée par Charles I-X, étant mort de la pierre au moment où onJa terminait , les Orléanais, qui voyaientcette forteresse drun mauvais œil, firent le jeu de mots que : trois cailloux 'Valaient mieux que six pierres (Cypierre ) , les^ trois cailloux étant à tort présumés les armes de la ville.
Ce calembourg et plusieurs autres bons mots satiriques, spirituels et moinans, que les Orléanais se plaisaient à lancer, Torsaue l'occasion s*en présentait, leur fit donner le surnom de Guépins, par allusion à la mouche guêpe qui est piquante, et lance son aiguillon sur ceux qui Tattaquent^ Ce surnom n*est pas plus offensant que lepitliète de Chien car si Tun est le symbole de la fidélité, lautre est la preuve de la vivacité de ^esprit et de la-propos (8-64).
Huit soldats catholiques de la garnison de la citadelle de la porte Bannier assassinent, vers le soir, un jeune' écolier de rUniversiré d'Orléans, et après Tavoir totalèinent dépouillé , laissent son corps près de tk |>orte dû cimetière, non loin de rU6tel-Dieu. Ces meurtriers renr trerent dans leur forteresse et ne furent pas punis , au grand mécontentement des habitans et dés éiudians en droit de cette ville.
Charles IX gratifie son frère, depuis Henri III, du titre de duc d'Orléans; sa mère Catherine de Médicis possédait ce duché en usufruit (8-3a-43).
LegHse de SaintpSauveur , dans îa rue qui porte ce nom, est donnée aux protestans dOrléans, pour y faire leur prêche. Cette petite église avait appartenu auparavant aux Juifs, aux Templiers', aux chevaliers de Malte,, à ceux de Saint-Lazare , ordres militaires (8-21-64).
Ponlus Hettterus y historien flamand, né en i5^o , passe
par Orléans et visite cette ville. C'est ce voyageur qui rapporte, clans ces ouvrages, qu'il a vu de ses propres yeux une iusdiption attachée au piédestal du monument en bronze placé sur le pont d'Orléans , portant qu'il avait été fait aux dépens des dames et demoiselles de la ville , et produit de leurs bijoux (8-64).
7nMnisM. La reine-mère, Catherine de Médicis, qui avait eu Orléans pour son douaire, vient en prendre possession. Cette princesse , pendant son séjour dans celte ville où elle fut reçue en souveraine , fait planter des ormes devant la nouyellc tour de Saint-Euverte, et dans tout le circuit des remparts , à commencer de la tour de la Forêt ( appelée tour à Pinsuet),jusqu à la porte Bourgogne (8).
Maantm Assemblée des habitans d'Orléans, qui accorde au chevalier du guet, aux officiers et archers de cette compagnie, 5oo livres d'augmentation de gages, par an , à répartir se- .)on les grades de chacun d'eux , ce qui porta leurs appointemens à :
» Pour 1 chevalier, 1,200 livres.
— I lieutenant, aSo —
— 8 archers à 100 livres, 800 —
— 22 archers à 5o livres, • * 1,100 — • — 1 i^refHer, t5o —
Pour 33 hommes, Total. 3,5oo livres.
Cette garde, composée de trente-trois homines, coûtait donc à la ville , par an , pour le service de joiii: et de nuit , la somme de 3,5oo livres (4*8-59).
t ifriitaMb Sur les huit heures du soir, jilusieurs soldats de la cita* délie de la porte Bannîer sortent de ce fort et assassinent le capitaine Arnol, devant l'hôtel du Charriot, qui D*ea était pas très-éloigné : ces brigands vexaient les nabi tans d'une manière révoltante, surtout ceux qui étaient protestans (8).
Il ntiii 1x8. Charles IX ordonne la destruction des saillies , auvents» enseignes et autres avancées faites sur les rues d*Oriéaiis, et charge son prévôt, Louis Dodieu, d'y tenir la main avec sévérité (4)-
Atrii im Commencement des travaux du dais pu bâtis de pieux et de maçonnerie, pour rejeter les eaux de la Loire d|i côté de la ville , parce que le courant portait toute Teim le
Portereau, du côté opposé à Orléans. Ce duis commençail à la levée des Capucins, et venait, formant un croissant, jusqu'à la motte Saint-Antoine ou île qui était sous le pont. Cette digue avait dix pieds d'épaisseur ; elle était plus haute que les eaux basses, etmoinsiiaute que les eaux grandes, aiin que les bateaux pussent passer par -dessus dans ce dernier cas (4-8-59).
Le sieur Martin Dubuits, receveur de la ville, avança , pour la construction de ce duis, la somme de 10,000 livres, et fut quelques^uois après autorisé, par les échevins d'Orléans, à les reprendre sur Toctroi.
Pour assurer Tentretien et les réparations de cette di* eue ou duis , il fut établi un droit appelé le Droit du Duis, Mequel était perçu sur tous les bateaux qui faisaient le comble dli pont, c est-à-dire qui passaient dessous
Catherine de Médicis, qui possédait Orléans pour son douaire, ordpnne de graver et placer ses armes sur la porte Bourgogne et sur une des arches du pont (8).
Jean Destrées, capitaine-général de lartillerie de France, Ur juin issf. nomme Claude Pommet, officier d'artillerie , netoyeur et derouilleur de Tartillerie du duché et chàtellenie en décodant (8-4).
Charles IX, dans un conseil-général tenu à Orléans, dé- i»|w'U«-»»'^ fend à tous juges de police de prendre directement ou indirectement vacation ou epice^ sous ombre (sous le prétexte ) de salaire , le tout sous peine de restitution, amende
et destitution (3o).
François de Bourbon, duc de JMontpensior, gouverneur aijui^ieii^fis. d'Orléans, défend aux habitaris de se répandre dans les terres environnant cette \ille à plusieurs Ueues à la ronde, pour y acheter des blés en vert (4-8-3o).
Le relâchement sétant introduit dans le monastère des ^<^'relisrieux Bénédictins de INotre-Dame-de-Bonne-Nouvelle d'Orléans, la communauté fut dispersée et réduite eu prieuré simple , pendant quelques temps (21-64). . Charles IX ordonne que tout exécuteur de testament is (»»fier i467. dans lequel seraient faits dons et legs a l Aumone-Générale d'Orléans ou aux pauvres de ladite ville , en fasse sa d('daration dans les huit jours, au bureau de l'administration (4-3o)-
Fête de la ville oude la Pucelle , remarquable parce que, «mai law. pour la première fois, après la procession générale, la '
bannière et l'etendart cîe la ville qu'on y portait furent deposés jusquau lendemain matin, après le service célébré, à Saint- Aignan, puis rapportés à THôtel-de- Ville (4*8). wsmÊàiiMi. Par l'effet d'une inondation extraordinaire, la Loire et le Loiret se joignent : tout le pays situé entre ces deux rivières fut subnierg(> ; les eaux furent si élevées qu'elles couvraient la toiture des maisons placées dans le val : il y eut même de l'eau dans l'église et le presbytère de Saint- Nicolas-Saint-Mesmin, à une telle bauteur, que le curé fut forcé de se sauver ; et la cure fut supprimée, vu cet inconvénient qui se répétait souvent (8).
Pendant de longuesannéeson vitdans le pignon de cette église, derrière la porte, à main gaucbe, en entrant, une. pierre gravée sur laquelle ou lisait ce quatrain :
» L'an mil cinq cent soixanf('-sq>l, Du mois de inay le dix-sepl.
En cette place et endroit S'assemblerait Loire et Loiret. »
Utils»:, Le célèbre Gypbanius (Hubert Van-Giffen^ , bollandaîs, qui avait reçu le bonnet de docteur à l'Université d'Orléans, établit dans cette école une superbe bibliothèque pour l'usage des élèves, mais principalement pour les écoliers de la nation allemande (8-64)- 43 iuiii i-*C7. Charles IX autorise les habilans d Orléans à choisir parmi eux deux bourgt;t)is, par chaque quartier de la ville, pour en faire la plus exacte police (4-3o). Msrpicm. M93, Lc princc de Condé , chef des protestans , étant en Sologne à la tête de quelques troupes qu'il avait ramassées , désirait passer dans la Beauce pour tacher de faire son entrée dans Orléans. Il se présente. devant Beaugency; mais se trouvant trop faible pour en faire le siège , il fit demander au gouverneur, Charles de Berthinville , qui était catholique, la permission de traverser seulement la ville, en passant par la rue des Guerres : celui-ci la lui accorda. Dès que l'armée fut à moitié passée , il fit lever les ponts-levis. L'armée, peu nombreuse, divisée et affaiblie, mais furieuse, s'en vengea en pillant les campagnes voisines, en qualifiant de traîtres et de chats les habitans de Beaugency, qui, à ce que Ton assure, n'avaient piis aucune part à cet acte de mauvaise foi qui leur valut pourtant l'épithète de chats de Beaugency, lequel surnom leur est resté jusqu'à présent (48).
' François de La Noue^ snnioniinë Bras-de-Fer, chef dans Tannée des proiestans, qui , par sa sagesse et sa bravoure 4 hl'iiririrv^. se faisait admirer par les deux partis, s'ëtant détaché après la bataille deSàint-Denis , vint s'emparer d'Orléans ; il conduisitsi bien cette afTaire qu'avec laide des habîtanSy qui étaient presque tous de sa religion^il se rendit maître de la place , après avoir chassé devant lui le capitaine Caban qui s'était placé en avant de la porte fiannier , et qui commandait la citadelle de cette porte pour le Roi (8-43).
De La Noue pénétra dans Orléans avec quinze chevaux seulement, en les faisant entrer trois par trois, et en se . déguisant lui-même en paysan. Les catholiques se défendirent jusqu'au Martroî^ où les quinze cavaliers les cfaar^
Sèrent si viffoureusément qu'ils furent obligés de se isperaer et de se soumettre, il fut tué plusieurs hommes du guet de la ville, et notamment un nommé Chopine (8-43-64).
Les troupes du capitaine de La Noue arrivent en foule, et les protestans de la ville leur prêtant toujours la main , il chassa les catholiques , et parvint à s'emparer de la citadelle de la porte Bannier, par composition, et la garnison commandée par le capitaine Caban, qui sy était retirée, fut obligée d'en signer la reddition.
Le prince de Coudé et l'amiral de Coligny arrivent àOr^ aowpm», lan. léans, y rassemblent leurs forces, et en partent tout de suite avec de La Noue, pour marcher sur Montereau et sur Pont-Yonne. Ils laissent dans Orléans la princesse de Condc , la femme de Coligny et plusieurs autres épouses de généraux protestans , sous la garde d'une très-faible garnison de leur gens (7-43). •
Le prince de Concié , le jour de son départ d'Orléans, nonmie pour gouverneur, en remplacement de François de La Noue, qui partait avec lui, Boucard, seigneur de Boucard, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi (a 1-43).
Jacques de Crousol D'Ader, qui commandait les protestans dans le Dauphiné , arrive à Orléans: il fait entrer ses troupes dans la place. Ce renfort de garnison religionnaire tira d'une grande peine la princesse de Condé, l'épouse de l'amiral de Coligny, et les autres femmes des principaux chefs calvinistes qui, n'ayant que peu de gens dé guerre, craignaient d'être surprises avec la ville.
Larrivt e de ce renfort anima les esprits des proteslans, ce qui causa dans Orléans de nouveaux troubles i^8-43). Octobre iâC7. Lc scrvicc divlii est encore une fois interrompu dans Orléans : les prêtres sont obligés de se cacher pour éviter les insultes ; l'évèque Mathurin de la Saussaye s'enfuit à Tours avec ses chanoines, comme avait fait, en i5(jJ, Jean de Morvilliers et son chapitre (8-64). •
Les protestans d'Orléans sortent de la ville et se portent en force sur le couvent des Augustins , faubourg du Portcrcau-Saint-Marceau , ils s en emparent pour s en faire un point de ralliement , et le fortifient après en avoir dévasté l'intérieur (81
François de Bétnunei zélé protestant, père du célèbre Sully , ministre et ami d'Henri IV , arrive à Orléans avec shn épouse , calviniste exalté, et vont habiter la maison des Coligny , siinée cloître Saint-Aignan. .
Les manuscrits du temps rapportent de madame de Béthune des choses presque incroyaUes de la part d'une femme de sa condition. £lle guettait , disent-ils, les catho* liijues pour les insulter d'une manière grossière, leur jetait par ses fenêtres des pierres, des oraures; elle poussa le fanatisme jusqu'à se fisiire apporter des vases saôrës et à rendre dedans ses excrémens, un jour de purgation. (8). {Manuscrit de ia Bibliothèque éiPOrléan*, n 74^0
Les protestans brisent les statues du Christ, oe la Vierge et de la Pucelle , ainsi que la cnnx du monument que Charles VU, ou le» Orléanais y avaient élevé sur le pont, en Thonneur de Jeanne d'Arc; ils ne laissèrent entière quje celle du roi Charles VII, qui était représenté à genoux.
aéftmbrt isev. Lëglise de Saint-Maurioe-Saint-Eloi, près de la cathédrale , au soleil couchant , est dévastée par les protestans , qui ne laissèrent que la portion affectée à saint Eloi , et ruinèrent totalement celle de Saint-Maurice. Ce qui fit que le nom de ce dernier fut oublié et le nom de St-Eloi conservé.
Les protestans s'acharnent à la destruction de Téglise da SaintJacques , près la porie du pont; ils brûlèrent les titres des fondations et autres, s'emparèrent des ornemens , démolirent une partie du clocher et mutilèrent la façade et le cadran de l'horloge à coup d'arquebuse.
L'église de Saint-Aignan éprouve encore une fois la
reur des protesUms* Cette église , qui avait été pillée et en
Ï)artie détruite en i56a9 ^^'^ premiers troubles de reigion , était en construction , depuis quatre ans que Charles DL avait fait don de 4oa livres au chapitre pour en oommencer les travaux. 'Les protestans abattirent la portion de ce temple, qui communiquait à la tour, et les voûtes d*une*''partie de cet édifice affectée à la paroisse du Crucifix qui y existait.
Les protestans, qui avaient abattu et saccagé toutes DkMAn im les églises de la ville 9 moins cependant celle de Sainte- Croix, qui leur servait de magasin, et celle de l'Hôtel- Dieu y sortent de la ville pour saper celles des environs qui étaient au nombre deplusde trois cents. La bande des pillards et des démolisseurs qui s étaient répandus daifs le faubourg Bourgogne , en rentrant dans la ville , abattit la tête de la statue de la Vierge placée par Louis XI au-dessus de la nouvelle porte Bourgogne, où ce prince s était fait représenter à genoux à côté d'elle.
La place de lieutenant au gouvernement d'Orléans est * «s^* réunie à celle de bailli, en la personne de M. Balzac d'£ntragues(4-ai).
Le corps de ville ( les échevins) permet aux habitans des fiiubourgs d'Orléans les moins riches, qui ne pouvaient avoir de petits tombereaux pour ramasser les ordures dans les rues de la ville, de se servir danes portant deux pa* niers, cè qui fit donner aux conducteurs de ces animaux le nom à'Jniers^ On obligea ces âniers d avoir des numéros en fer-blanc portant le chiffre du registre de la police sur lequ^ était leurs noms, afin que ces conducteurs, ordimirenient querelleurs, pussent être reconnus par les commissaires chargés de les surveiller (4-3o).
Le prince de Coitdé, chef des protestans, arrive à Or^ i^^«ri9ii. léans , pour j recueillir les troupes qu'on lui avait amenées de Guyemie; il partit le même jour et fit vingt lieues de suite, pour aller faire le éé^e de Chartres, place devant laquelle il arriva le lendemain , et dont il s*empara, ajalit réduit les assiégés par une horrible kmine, en détournant la rivière qui faisait tourner les moulins dont se servaient les habitans (4
Avant son départ dOrléans, le prince avait exigé des Orléamiia catholique* use somme de 3 1 ,000 livres (4).
i»m#i9M. . -Moit de Boucard, gouYerneur d*Ojrléaiis pour les pfo-
testans (21).
^^u'^^^^' ' Martinengues, catholique, italien de nation, qui ooiBniandait pour le roi Charles IX à Beaugencj, sachant que le prince de C'^dé avait quitté Orléans pour faire le siège de Chartres, Tiilt , accompagné de quelques offîcien parmi lesquels se trouvaitle capitaine Caban, qui avait rendu la citadelle de la porte Bannier aux protestans, et voulait réparer cette fauté, à la .tête de 49000 hoinines d'infiuiterie et de 700 hommes de cavalerie, camper aux portes d'Orléans, afin de harceler la garnison et de reprendre la •citadelle.de la porte Bannier; mais les protestans, ayant reçu des renforts du Berry, firent .une sortie vigoureuse, avec 5,000 hommes d'inuinterie et 400 hommes de cavalerie, deux canons de gros calihre et deux coulevrines; ils f/)rcèrent les cathoHques à se retirer à Beaugency, puis à Blois, où ils furent <à>ligés de se rendre par capitulation
sA^jMn^uK, Le pnnce de Coudé arrive à Orléans , après la prise de Chartres, avec une partie de -ses soldais victorieux: ce prince, voyant l'exaspération de ses gens et les dévastations quib Commettaient dans les temples catholiques, fit murer les portes de la cathédrale de Sainte<Croix, pour conserver wtact ce bel édifice ; mais, dans la nuit du 23 au 24 février, un mardi, et pour la seconde fi>is, Théodore de Bèze, calviniste exalté qui était revenu à Orléans, échauffa les esprits de ceux de son parti l'ils s'introduisirent, par les fenêtres dans 1 église, 'enlevèrent quelques grosses pierres des quatre pilliers qui soutenaient le clocher, et y établirent des mines auxquelles ils mirent le feu. En un instant, ces quatre ]>i11iers sautèrent et entraînè- ^ rent dans leur chute le clocher et ui)e partie du temple. Les tours et le |>ortail ancien, qui n'y touchaient pas alors, furent conserves, ainsi que onze chapelles du rond-point du chœur (8-9-64.
« Le bâtiment et structure de l'église estoit grandement eslevé, n'estant encore parfaict, car les portaux ( pilliers) faicts à la tuscane et rustique, nuds et creuds, avec fort peu d'ornemens du temps de saint Euverte, restoient pour les bastir à la moderne (ce qui ne fut pas exécuté, car ils existent encore ),. avec deux tours près de fanden
portail. Le plan et sa forme estoic^ en faeori de croix ; eWis estoit longue de soixante toises ((jui devoitestre de quatrevingt-et-une), sur la largeur de vingt-une toises (qui devoit estre de vingt-sept ). La net d'icellt? estoit haulte , jusqu'au planchet du teste, de dix-sept toises, le pournienoir et allée de la nefestoient de sept toises un pied; les pillieis haults du rez des chaussées, de dix-sept toises, les colonnes, archr-* traves, sommiers de pierres, arcades cannelées et creusées estoient plus blancs que neige, soustenant la voulte de laquelle pendoit sur le maitre-autel l'effigie d'une main exprimée de ses vives couleurs dans une nue, estendant ses doigts qui benissoient ce temple; à l'entour duqueV autel estoient six. colonnes d'airain , sur le chapiteau où il y avoit les images de six, anges ; le pavé estoit marqueté de noir et de blanc , le chœur estoit séparé de l'autel de barreaux et treillis de fer qui enfermoient les chapelles artis-tement faites; le toit, couvert en partie de lames de plomb et d'ardoises, dont le sommet estoit doré et fleurdelisé, qui reluisaient grandement, les arboutans avoient dans les niches les images des saincts dorées et enrichies de plusieurs couleurs, sur le hault desquels arboutans y avoit des corniches de pierre qui sailloient en dehors, lesquels supportoient unegaUerie qui environnoit le hault de l'église ; les gouttières, en forme de divers animaux, sailloient et apparaissoicnt deborsy les fenestres haultes, eslevées et ouvertes, si bien disposées qui deroboient le jour en certains coings, réfléchissant la clarté et l'insinuant par reflexions, contentant Itjeil par divers aspects, où il y avoit plusieurs histoires de platte peinture ; le clocher estoiî: d'une admirable structure, eslevé du rez des chaussées de cinquante-quatre toises ( 324 pieds), et au-dessus du toitde trente-sept toises, tout couvert de ht^mes de plomb argentées et dorées, avec mille figures et artifices, si bien que le soleil jetant ses rayons dessus, seiiihloit que ce fut un arc-en-ciel bigarré de plusieurs couleurs ; au-dessus du' quel clocher estoit une croix de cuivre doré de fin or, ayant au.-desfious une boule aussi de cuivre doré de circonférence de dix pieds, du poids de trois mille vingt livres, et grosse comme vme tonne, qui reluisoit aussi grandement, et qui avoit esté posée en M. C.C.C.C.C. XL
» Le portail de l'evesché, qui est resté , démontre, aux ornemeuftel eurichiâ»eiueii6 y sont ^ quels pouvoienÈ'
estre les porlaux du clf^tre. Bref, toutes les parties de ce temple estoieiit dispost es en tel rapport, symétrie et ornemens, qu'elles s aceordoient en une admirable propurtioa et conformité (64-67). »
» mm 15». Second traité de paix entre les catholiques et les protestans, fait à Lonjumeau, près de Paris, sous la médiation de l'ambassadeur d'Angleterre et celui de Florence (43^.
ttfrii 1&66. Le prince de Condé fait publier avec pompe l edit de paix entre les catholiques et les protestans : ces derniers nommèrent cette paix la Boiteuse ou la 3Ial-Assise, faisant allusion à Byron, qui était boiteux, et à Mesme qui était seigneur de Malassise, et qui avaient rédigé l'édit.
7avnii3M. L'épousc dc Gaspard de Coligny meurt à Orléans. Elle s'appelait mademoiselle de Laval, était protestante et avait entraîné son mari dans si\ religion. Le zèle pour sa croyance lui avait fait supporter les fatigues de la guerre , en suivant partout 1 amiral. Tout le temps qu'elle fut à Orléans, elle avait pris soin des malades de son parti et leur avait encore porté elle-même de quoi les soulager. Etant continuellement exposée au mauvais air, elle y prit le germe d une maladie à laquelle elle succomba en peu de jours (73).
L'amiral Gaspard de Goligny, averti de l'état de sa lenime par elle-même, arrive à OrN'ans; mais il ne trouva plus que son corps inanimé : elle était morte depuis vingt-quatre heures, lui laissant quatre eniuus, savoir: trois garçons et une fille.
i0afrii436& Le prince de Condé quitte Oi ler.*js pour retourner à Ui" cour, où le r«ii fappelait , afin de faire exécuttr avec lui les articles de la paix signée à Lonjumeau^ le 2. du mois de mars*(43-64).
M «M.i ij68. Les catholiques d'Orléans, ameutés par un fanatique, s'assemblent sur le Martroi avec des torches allumées , et, se divisant en deux bandes, vont brûler les deux prêches que les protestans possédaient dans deux granges de la ville, l'une placée dans la rue d'Illiers ou des Minimes, et l autre sur la place de lEtape : la première s'appelait la (frange des Mangeans. L'incendie eut lieu sans que les magistrats ni. les soldats catholiques s'y opposassent
Cette émeute , qui lut assez violente, fut excitée par un soldat cathohquej elle commença peadiant une procession
et à (occasion d'une messe chantée aux Gordeliers par les papistes qui étaient restés à Orléans (8).
Te roi Charles iX, meut (mécontent ) des troubles arri* st ■iraisesi yés à OrléaoSi y en'vvûe le prince, fils du duc de Montpensier, gouyemeur de cette vUle pour le roi , lequel se saisit de la place et y met une forte garnison catholi(|ue. Dès ce moment, les protestans perdirent toute leur tnfluence à Orléans (8-64).
lies ecclésiastiques e t les fidèles qui s'étaient éloignés ou «ru laes, cachés rentrent dans Orléans; mais, voulant faire leurs Pâques et communion, ils ne trouvèrent plus « que la cha-
Î>elle de l'Hôtel-Dieu que les huguenots avaient délaissée laissée debout), où ils firent leurs dévotions, la plupart des catholiques estant contraints de faire leurs prières à lerU (àTair ), et d'endurer les injures de fair, en attendant le secours du Seigneur. » Le local étant petit,les fidèles étaient à genoux sur la place Sainte-Croix et la poi*tion du cloître vis-à-vis des tours.
Matliurin de la Saussayc, évéque d'Orléans, et son cha- s ««laasi pitre, qui s'étaient retirés à Tours, reviennent à Orléans. Il fut décidé , en attendant les réparations à faire à la cathédrale de Sainte-Croix , qu'on célébrerait l'office divin sous le péristile du palais épiscopal (8).
Les pères Au^ustins d'Orléans , dont le monastère situé si mm taeiu au Portereau, taubourg-sud d'Orléans, avait été détruit pendant les troubles de religion, obtiennent de François de Bourbon , duc deMontpensier, catholique, nommé de- 'puis peu gouverneur d'Orléans par Charles IX, la permission de se retirer auPetit-Ambert, rue de l'Épée d'Écosse, après en avoir ou î'an^reinent des RR. PP. de cette dernière congrégation, à la condition de vider les lieux lorsque leur couven t serait relevé de ses ruines.
Jean de Morvilliers, qui avait été évèque d'Orléans , re- Wn isss, ^it les sceaux de France des mains de Charles IX, qui les avait retirés au chancelier de L'Hdpital, sous le vain prétexte qu'il était protestant. Ce grand jurisconsulte fut relègue dans sa maison de Yignon , près d'Ëtanipes (8-43-64).
Ce jour-là, les principaux chefs des catholiques d Or- istaâtu«Bk iéans s'assemblent pour rédiger et signer un acte d'union ou ligue entre eux (8-9).
Cette assemblée , qui se tint à l'Hôtelrde-Ville rue
Sainte-Catherine, fut présidée par Mathurin de laSanssaye, évêque d'Orléans, les membres furent pris parmf les persécuteurs des protestans , dans toute la province.
L'acte fut rédigé et écrit par Louis-Aignan Adeneau, notaire à Orléans, et était ainsi conçu :
« Nous, soussignés, catholiques, preyoyant que tous les troubles advenus en la ville d'Orléans, ne sont arrivés que par le peu d'intelligence et amitié que nous avons eue les uns aux autres, et voulant dorénavant sérieusement obvier à la rechute de tant de maux et travaux ci-devant soufi'erts; par le moyen et poursuite des perturbateurs du repos public , nos ennemis capitaux , faii e en sorte que le service et honneur que nous devons à Dieu et au roi , notre prince souverain , soit inviolnblemcnt gardé el maintenu , avons, sous le bon plaisir du roi, par bonne, mure et juste délibération, promis et juré, promettons et jurons les uns aux autres, respectivement en foy et paroles de gens de bien, d'avoir dorénavant telle et si ferme amitié les uns>^ aux autres, que , sur tous les différends, querelles, débats, tumultes^et séditions que lesdits perturbateurs du repos public, nous pourrons faire et exécuter, tant pour le regard de notre sainte religion apostolique et romaine , que pour préjudice au service que nous devons à la majesté de notre roi , nous nous soutiendrons et ferons les uns pour les autres , jusqu'au dernier soupir de notre vie et la dernière goutte de notre siang, ny epai^ant les biens et moyens qu'il a plu à Dieu nous donner, et obvier de tout notre pouvoir à telles sinistres entreprises; et où il se trouvera quelc^u un refractaire à cette sainte et sacrée alliance, nous lavons, des ce présent, tenu et réputé , tenons et reputons au nombre et jpartie desdits perturbateurs de la secte huguenote , en signe et témoins de quoi nous avons signé la présente de nos mnîns en présence d'£loi-Aignan Adeneau, notaire au Chàtelet d'Orléans^ qui a signé, notaire royal.
» Orléans, le XY aoust M. CGCGC. LXVill.
» {Pour le cierge,) — Mathurin de La Saussaye , eveque, Bouchier, curé, Bourreau , Bomberault , Chopin, Dubois, Herbinot-Grandillon , Houzé , Michel Chenu , Pigonareati ^ Toullier , Viole , abbé de Saint^Euverte, Jean Dunois, curé de Saint-Marceau.
' « {Pour te tiers^tat,) — Alleaume, G>1as-Desfrancs y €harron , Golorobeau , Gamplgni , Ghaussier , Chartîer ^ Claude-Sain I Bouquin, Berton, Boullaid, Gherron, De- JojneSi Demeulle, Delaroaire, Desfriches , Dubois, Desfnches jeune , Diemerel , Ferret , Gagnant, Gamier, Galland, Hazon, Hubert, Jean Bourreau , Lemasne , Lefèvre, Lemaire-Vaillant , Lhuillier, Levayer, Lefort, Lenormand, Lehoue, Lemasne Jean, Lamirault, Meynier, Marois, Morlierre, Martin Minot, Prieur, Pothier, Peigné, Pasquier, Queleroi , Rousseau, Rousselet, Roussilanl, Sevin, Sergent, Sue-Dubois, Tranchot, Thele, Thoreau , Villong , Villiers , Voiniile (Jean).
» Âdeneau, notaire royal, et Longuet, greffier en la prévôté d*Orléans. »
• Cette association ou première ligue orléanaise contre les protestans de cette ville, entraîna une partie des babi* tans catholiques, les uns par dévotion, les autres parce ^ue les signataires étaient leschefs des maisons les plus opulentes de la ville. Dèsce moment lesca^oiiques devinrent les plus forts ; les protestans furent réduits à se taire, et exposés à toutes sortes de vexations: on les traita comme ils lavaient feit eux-mêmes lorsqu'ils avaient la force en main.
On remarqua 4j[ue les membres de cette sainte ligue n étaient que de 1 ordre ecclésiastique et du tiers-état. Les nobles refusèrent d*en faire partie.
' Henri , frère du roi Charles IX , duc d*Orléans, fait son ii «ctohM laot. entrée dans son duché d'Orléans, Les habitans le reçurent avec de ^andes démonstrations de joie et tous sous lesar^ mes : le ael (dais) lui fut présenté pour être porté sur sa téte; mais ne Tayant pas voulu souffrir, il jîîit porté après lui. Ce prince fit tous ses efforts pour pacifier les troubles de religion qui régnaient encore dans la ville, mais il eut la douleur de ne pouvoir en venir à bout pendant son séjour.
Établissement du barrage ou octroi à Orléans; les*bu-si "ownk im reaux furent placés aux portes Bannier, Bourgogne, Saint- Vincent, Saint-Jean, Madeleine, du pont ,auPortereau, à Olivet, Langenerie, Artenay, Toury, les Barres, Bionne: des commis on employés furent mis à ces divers endroits pour la perception. Le droit de barrage consistait à prélever Sur diaque cheval qui passait attelé ou chargé à somme (k dos) quatre deniers payables de quatre lieues en quatre lieues
Charios Lamoignon , conseiller du roi , maître des requêtes, sur-intendant en la justice du bailliage et gouvernement d Orléans, meurt étant intendant de cette ville. Il est le premier qui occupa cette place d inteoUaut ou adiiiiuistrateur de la province orléanaise (8-21).
Les pères Grands-Carmes d Orléans relèvent leur monaslèn', qui avait été détruit par les protestans, qui cependant s étaient servis pendant quelque temps de leur église pour s'assembler et faire It? prècbe (8).
Construction de deux maisons en briques qui font le coiu de la place, vis-à-vis le Châtelet, près les prisons. Ces <leux corps de logis furent destinés à la conciergerie | ou logement des chefs employés dans les prisons.
En travaillant aux fondemens de ces deux maisons , on découvrit une partie des anciennes murailles d'Aurélien , fondateur d Orléans, lesquelles se prolongeaient dans la direction de l liôtel de la ville, au nord.
Démolition d une partie de la porte de Saint-Laurent ; ou conserva seulement la lacade, les cénacles disposés audessus du ceintre que Ton mura et que Ton couvrit par un toit à deux basses-gouttes , au-dessus des mâchicoulis.
MmiitiMSi Jehan Hue , écuyer, seigneur de la cour et lieutenantg('néral au bailliage d'Orléans, est destitué et contraint de Iti nier le prêche de protestans qu il tenait clandestinement ( lu / lui; l'ordre lui en fut donné par le bailli, François de Balzac, seigneur dKntragues. Un des articles de la paix accordée aux protestans portait qu'ils ne tiendraient pluA de prêches dans les villes du royaume (8-43).
«mmisflft Les proviseurs du pont d'Orléans et de I hopital Saint- Antoine, placé sous ce pont, prennent à bail de la ville, le droit de ïansage (pva^e) duditpontyà raison de cinq sous parisis par an (4-8-9-59).
MnwiSMi0i D'après lOrdonnance dt; Charles IX, en date du 23 novembre 1 568 , qui ordonnait l'élection d un maire par chaque ville de son royaume, monseigneur Jean Brachet, écuyer , seigneur deFroville et de Portmorand , secrétaire du roi , maison et couronne do France, est nommé par les kabi tans d Orléans premier maire de leur ville (8-2 1-64-67).
« La forme ancienne de l'élection des échevins estait ^ qu auparavant le premier ou second dimanche du mois de mars, les escfievin.s qui dévoient sortir faisoient, par le crieur 'i\xvé des bans et proclamations de la ville et sergent
du cheuielet^ proclamer dans les carrefaun^ imponesou culs de-sac et rues de villey Veslecthn prod^ne des • escheuins dans les halles ^ et prenoit le crieur juré permission du prerost d'Orléans, et le jour pris de Yeslectionjleê eêcheçins, après avoir fait, des le matin, célébrer une messe du 5<zûi^£sprit dans l'église de SaiRct-Sanson^ où ils assistoient , se rendoient après en place des halles , pies • l'église Saint-Hilaire, où l'ancien des ^^cWiîw proposoit, comme la charge d^ esckevins expiroit le màrs, et requérait' les habitans y assemblés qu'ils nommassent sept personnes notables de la ville , presenset assistans en rassemblée, lesquelles ^^/lÎPVft^/tfetnommeroientdoukeefeAtfvinSf ainsi qu'il estait accoustumé de tout temps; et lors l'ancien eschevin recneilloit les voix de chacun des habitans, et les vois et opinions rédigées par eierflf par les notaires, Ion nommoit les sept bourgeois qui avoientplus de suffrages , lesquels estant proclamés a haute voix par les notaires , les sept eslus se separoient et retiroient en la halles des Tanneurs , et après avoir conféré , l'ancien d'iceux nommoit , en la présence de six autres, les noms des personnes esLeues pour procureurs ou eschevins aux notaires qui les escrwoient et proclamoient à haute voix aux habitans assemblés, lesqueb iU confirmoient et ap* prouvoient de suite (8-64). *
Ils ne pouvaient estre esleus par aucuns de leurs enfans , frères, gendres , oncles et neveux ^ autrement l'on prétendait Xeslection nulle.
Cette année, comme on avait crainte quil survint aucun débat et différend entre les habitans es assemblées des eslections, on réduisit le nombre des électeurs à cent notables (4-8-59-64).
Les cent notables habitans nommèrent au roi Charles IX vingt-quatre bourgeois, desquels il en choisit onze pour eschevins (8-64).
. Le roi Charles IX ordonne aux Orléanais catholiques i«rmuim de nommer un seul grand-prévôt de leur religion en place des deux prévôts protestans qui l'étaient et qu'il destitua par la même ordonance royale (8).
Charles IX établit à Orléans un trll)unal de police qui devait s assembler deux fois par semaine , à l'Hôtel-de- Ville, et juger les causes qui regardaient la tranquillité de la ville. Le roi , qui avait ordonné une pareille juridiction
daiM toutes les viltes de son royaume , en avait fixé les r^lemens avec son parlement , qui tint la main à leur exé* cution. Ce tribunal était composé du prévèt et de son lieii* tenant , du maire, ou en son absence , d\in échevîn, de deux ecclésiastiqueSi et de deux notables bourgeois Bommes par les babitans assemblés (8-3o).
AiriiiuKi. Le maire, Jean Brachet, et les échevins d'Orléans nouvellement nommés, font venir de Flandre des ouvriers en toile de chanvre et de lin , afin de répandre parmi les ha^ bitans d'Orléans l'usage du linge qui n'existait pas encore dans cette ville, à cette époque , pour les gens ilu peuple : ils se couvraient de laine, même sur la peau. Les ouvriers tisserands furent largement payés, logés, et reçurent même de fortes récompenses pour les élèves qu'ils mrent à Orléans (4-5.9).
20iuiit^. Publication faite à Orléans d'une ordonnance du roi Cliarles IX , qui accorde divers droits au maire d'Orléans, parmi lesquels se trouvent ceux relatifs au prix du pain , du vin , des fourrages, du bois, etc., etc. , « et ensuite, dit cette ordonnance, pourra ledit maire faire chasser et mettre hors la ville : vagabonds, estrangers, fuineanset gens sans «f/m/, servant de mauvais exemple à la jeunesse, c omme farceurs , basteleurs , et autres ; chassera tous ceux ({ui tiennent brelans en leurs maisons , des jeux de cartes, de quilles, et autres jeux; contre ceux qui y fréquentent, et outre, ceux qui seront trouvés jouant sur les carrés et places publiques, blasphémateurs du .v^/wcï nom de Dieu et autres telles personnes, lesquelles, et tous autres contrevenans à la dicte police , iceluy maire pourra condamner en amende pécuniaire, jusques à la somme de soixante sols parisis d amende pour chacune fois (^8-64-3o). »
sii.uBi ijcj. K Le corps de M. le comte de Brissac est amené à Orléans et dépose dans l'église de Monsieur sainct François(\es Cordeliers); le clergé au devant, et les capitaines, accompagnés des volontaires tous en armes: le soir en suivant furent dictes les Vigiles , par ]VL1\L du chapitre de Sainte- Croix et autres (8"). »
aiuiuiibo. Charles IX arrive à Orléans avec toute sa cour. Ce fut à ce voyage (|u il devint amoureux de la belle Marie Touchet , fille de Jean Touchet , lieutenant particulier du roi à Orléans, (^ette fdie, jolie, spirituelle et très-enjouée, sur le nom de laquelle on ût l'anagramme ; Je çhanne tout ,
•tait, ainsi que sa famille, de la religion réformée j mais, pour plaire à son royal amant, elle se fit catholique; et son père, pour conserver les faveurs du prince^ en fit autant, ce qui lui fit des ennemis de tous les protestans de la ville.
Les protestans d*Orlëans qui avaient établi un prêche au I- juin lS80k château de Vile Groslot, près d'Orléans , depuis nncendi^ de ceux quib avaient eus en ville, plaoe.de FEtape et rue dllliers, revraaient paisiblement de oe Heu oà ils awent célébré la tète des jeunes époux, lorsquils sont insultés d'une Bumière brutale par lès jeunes seigneurs de la cour, et par le roi lui-même qui s*étaît rendaevee sa maitresse, Miune Toudiet, sur le pont, près de la BelleCMx, ou il resta quelques instans , puis après sur la levée de Saint» Xean-Leblanc, pour voir, auait^ dit , les jolies huguenotes, lié , plusieurs de ces insolens s*ét«nt permis de lever de •force les Testes qui couvraient le visage de ces nouvelles mariées , furent repoussés par leurs épouï et leurs parens, ce oui ocoasionna une rixe sanglante entre les deux partis. Plusieurs protestans furent tués et jetés dans la Loire , d autres blesses grièvement, et le reste , dispersé, vint dans. Orléans répandra l'alarme parmi leurs co-religionnaires,. dont plusieurs quittèrent tout de suite la ville. Cette journée, qui aété regardée comme unepetite Saint^r^elemj, lut appelée la journée desGrands-Cbaperons, parce que toutes les mariées protestantes portaient ce genre de coiffore (8-9-59)».
Les catholiques d'Orléans demandent à Charles IX. Tau- siMui. ! im. torisationdewrmerdix compagnies debourgeois, composées chacune f un capitaine, d'un lieutenant, d'un nuyor, de deux cents soldats, commandées par un colonel, pour obvier aux séditions civiles et religieuses, et aussi pour mettre la ville à labri des coups de mains des protestans qui désolaient déjà les environs de cette place , et qui menaçaient hautement de se venger sur les cathoUques de la journée des Grands-Chaperons (8-64).
Le colonel de cette garde fut le sieur de Beauharnais.
La téte de l'amiral Gaspard de Coligny ayant été mise à ? v'Mtt m>, prix , par ordre de la cour, on en fit la proclamation à Orléans; une récompense de 5o,ooo écus d'or était promise à celui qui le livrerait mort ou vif. L'amiral iûlkit être la vie» time de la cupidité d'un de ses domestiques qui , par trahison, tenta de l'en^poiaonner (8-43-64).
M juillet uM. Charles IX , qui était encore à OrUians , pasae U teviîe de la garde bourgeoise noÛTellement formée dtns œtte Ville. Il se rendit à pîed de la place de l'Etape , hôtel Groslok, où il logeait , jusqu'à celle du Hfartroi, où un bataillon carre • formé de près de 3,66o volontaires, tous catholiques, rattendait sous les armes (8).
Charles IX ordonne que tous les. hirbitans catholiques d*Orléans qui Tenaient aètre formés en garde bourgeoise seraient tenus de payer, à raison de 7 livres par mois, chacun des officiers étrangers qu il avaitfiiit venir exprès pour les exercer dans le maniement des armes.
imaium Procession générale par la ville d'Orléans, à laquelle l'évéque Mathurîn de la Saussay e porta le saint-sacremenL La messe fot célébrée avec pompe dans la cathédrale de Sainte-Croix, en présence au roi Charles IX, oui avait suivi ladite procession à pied , ainsi que sa s«ur Marguerite y les gran ds et les seigneurs de la cour.
isaAAiiMia La ville dOrléans est divisée en dix quartiers : chacune des dix nouvelles compagnies de la garde bourgeoise volontaire, qui venaient d être formée des babitans demeuran t dans ces quartiers, fut désignée pour en avoir la garde et la police (8-3o).
21 aciu fs». Les catholiques d'Orléans, instruits que, depuis la jour-
iwinMduMir. ucc dcs Grands-Chaperons , les protestans avaient aban« donné leur prêche du château de 1 île Grosiot , au levant de Saint-Jean-Lebianc, et se réunissaient en partie dans une ' maison des Quatre-Coins (au milieu de la place actuelle), s*y portent en grand nombre, y égorgent tout ce qu*ils rencontrent, et mettent le feu à la maison avec les bois de charpente de l'alleu Saint-Mesmin , égHse voisine qui était en réparation, dans l'intention de consumer les cadavres dont les restes furent enfouis sous les décombres. De là les catholiques, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de mariniers, se portèrent dans le cloître Saint-Pierre-Enhpont, et y brûlèrent vils plusieurs protestans qui étaient renfermés dans une maison appartenant à la demoiselle Deniartevillier , laquelle maison fut en partie abattue : ils finirent leur expédition meurtrière à la Tour Neuve, en massacrant avec des épées les religionnaires qui y étaient retenus, dont ils jetèrent les cadavres à .la rivière (8-9-
On évalua le nombre des protc&tans tués dans cette
- journée, le prélude du massacre qui eut lieu plus tard, à
environ 5t8o (8).
Charles IX. donne au chapitre de Saint-Aignan d'Orléans *r|>icu>. i56r la somme de 2,000 livres en deniers clairs et nets, et la coupe de vingt arpens de haute-futaie pris dans ses domaines, pour rétablir la couverture et la charpente de leglise qui avait été ruinée par les protestans (8-64).
Jacques Augustin de Thou, devenu si célèbre par l'his- 4uo»«u. toire de son temps , qu'il composa, et par les services qu*il rendit à son pays, étant premier président du parlement de Paris , prend , ce jour ( à l âge de seize ans , étant né à " Paris, en i553 ), possesion du doyenné de Saint-Aignan, • d'après l'ordre de Charles IX, par lettres patentes datées de Saint-Jean-d Angely. Il exerça cette charge pendant
- treize ans, tout en faisant son droit à Orléans, sous les célèbres professeurs et docteurs Cujas, Jean Robert, Guil- . laume Fournier, Antoine Lecomte et François Hotlmann.
François de Balzac , seigneur d'Entragues , bailli d'Or- ai nwem. isM. Jeans, rend une ordonnance portant que les protestans qui résidaient dans la ville seraient tenus, sous des peines trèfl-séyèreS) de ntj marcher dans les rues que depuis huit heures du matin jusqu'à quatre heures du soir (8-64).
Une portion des halles près de Sain^Hilai^e, sous les- 16 dûeem. f9W. quelles les hàbitans s'assemblaient pour délibérer sur les 7Lur!r»aÛM.r. af&ires de la ville et pour procéder à fëlectioii des maires ei échevins , s'écroule tout-à-coup , le vendredi 16- décembre 1669, vers sept heures du soir: une femme et plusieurs enfiins furent victimes de cet acdden t.
Ces halles ne furent pas relevées de leurs ruines ; les assemblées populaires des Oriéanais avant changé de forme (M4-65-67).
Mort de François de Bourbon , duc de M ontpensier, • gouverneur de la^ille d'Orléans pour les catholiques ^21).
Mort de Pierre Doré, Dominicain, docteur en théologie, né à Oriéans. '
Charles Sevin, chanoine de Sainte-Croix, docteur en théologie et célèbre orateur, meurt à Orléans sa ville natale. .
Charles IX ordonne oue les canons qui étaient placés dans divers magasins de la ville seraient réunis dans la citadelle, et que les bâtardes que les maires et échevins avaient fait mire à leur frais seraient distribuées sur les remparts d'Orléans (B-.^p).
ti mm iMp« : Un Orléanais vole et brise diveraes chiMes dans Tabbayede Saint-Mesmin: il est mis en prison, oondamné par Joaçhim Gecraise, lieutenant-crimiBd , à restituer mille livres à Tabbé et à ses^ religieux , et de pïus à faire aiiien<lehonorable , la torche à la main, la tète et les. pieds nuds (8-ao).
lUi an. Le maréchal de Gosse , qui avait été envoyé à C^léana par Charles IX, pour y ramasser des troupes^ se trouvant avoir une armée de 1 4,000 hommes, tous catholiques,.
passe la Loire avec elle , et niarclie contre les princes pro-^ testans qui avaient leurs forces à La Charité (43). 17 juin ISW* Les />w«i0ur#( administrateurs.) du pont d'Orléans font proclamer une ordonnance pour défendre le passage aur ledit pont , sur ceux (VOtivet et de Saint-Mesmin , avecvoiture attelée de plus de deux. chevaux, et de jeter sur yeeus ponts terreau et ordures, ni vendre pain et autres choses, même les mereredb et samedis, jours, de HiaEché accoutumés (4-3).
ttjHiniim La garnison d'Orléans, réunie à d'autres troupes qui étaient sorties de cette ville, depuis un mois, sous le commandement de M. de Gossé , pour marclier contre les princes protestans, est battue à Amay-ie-Duc, par l'amiral de Coligny (43).
François de Balzac , seigneur d'Entragues , gouverneur catholique pour le roi,ayanteu connaissance de la défaite des troupes qui étaient sorties de cette ville , sous le commandement du maréchal de Gossé , prend de grandes précautions pour mettre la place en état de défense : il ût placer l'artillerie sur les remparts, fit d'immenses fournitures de vivres et mit tout eu œuvres pour contenir les protestans d'Orléans (8-9).
irravMini. Lc parlement de Paris, par arrêt, ordonne que : « Pour le vin crû endedan.t de Xéçesché il Orléans, nouveau et moust^ qui sera enlevé depuis les vendanges jusqu'au jour Sainct-^\.'dTi\n iXfi^er, iceluy includy il ne sera payé aucun péage, subside, ou autres droits, soit par les marchands de ladite ville et jorsboarg^ ou autres marchands forains
5 4oai 1570. M. de Lamoignon , maître des requêtes, est envoyé à Orléans pour faire prêter aux protestans de cette ville le serment de fidélité au roi. Ils furent assemblés dans le cloître Saint-Aignan; il ne s'en trouva que huit cents quatorze qui voulurent prêter ce serment , et qui en signèrent l'acte
Juin ISilt»
icbwaaé parJMlM. Girard, Dubois et Nicolas Provenchere,
notaires de la 'ville (8-64).
Parmi les protestans signataires du serment prêté , se trouvaient Jean Polluchey marchand de bois, qui fit son abjuration entre les mains de levéque d'Orléans, Mathurin de la Saussaye (8-9).
Jacques de Saint-ÂIesmin d'Orléans, président de la chambre des comptes de Bretagne, se fît remarquer comme protestant fougueux, et refusa même le serment ' demande par te roi. Il avait pris ces doctrines dans la maison de René de France, sa maîtresse, qui était hérétique. Tous les descendansde ce Jacques de Saint-Mesmin furent protestans , et plusieurs d'eux se retirèrent en Angleterre pour cause de religion. C'est ce qui explique qu il se trouve si peu de membres de cette ancienne famille à Orléans (8-58).
Germain de Rebours, prévôt d'Orléans, rend une or- i6«oiiii4a». donnance pour fixer les réglemens du corps des tonneliers de la ville, sur le fait des cercles, osiers, chevilles, bondes et autres chos(^s dudit état(4-3o}.
Charles IX , par lettres patentes, assigne aux religieux »wpie«. uto. Grauds-Carnies une pension de 2 livres annuelle, qui devait payer le loyer d'une maison qu ils étaient obligés d'occuper jusqu'à ce que leur monastère, qui avait été ruiné par les protestans, fîït relevé (4-8).
Jean-Hector Lescot , dit Jaqueminot, fondeur habile, est 9 ectobn an» chargé de refaire la statue de la Pu( elle, celle de la Vierge et la croix, ainsi que la restauration entière du monument qui était placé sur le pont d'Orléans, et qui avait été endommagé par les protestans, en iSôy, c'est-à-dire depuis trois ans et demi (8-6)4).
Cette réédification fut faite aux frais des habitans qui se taxèrent eux-mêmes, ainsi que favaient fait, dit-on, leurs ancêtres, en i458 (8-9).
Ce monument fut, à cette époque , changé de forme : le Christ, au lieu d'être en croix, comme aupai avant, fut placé couché sur les genoux de la Vierge, dont la statue f ut représentée assise au bas de la croix, et non, comme la première fois , debout et tenant les genoux de son fils crucifié ; un pélican fi;t placé au haut de la croix, et les attributs de la Passion appuyés sur les bras de la croix ; Charles Vil fut placé comme au premier monument, à
genoux, à droite, la Pucelle aussi à genoux, sur la gauche (8).
Extrait des comptes de ville :
« Par devant Girvrd Dubois , notaire, est comparu Hector Lescot, fondeur , demourant à Orléans, dist Jaqueminot , lequel a confessé qu'il avoit entreprist et entreprent , des maire et esehevins qui luy ont baillé et baillen t à faire ce qui s*en suist, en ce qui convient refondre et resisoulder les éfîBgyes de Notf e-Dame-De-Pitié et la Pucelle
ÏuisouUoientestre d'ancienneté sur les ponts de ceste ville. Premièrement, faultressouidertout le corps de ladicte Pucelle, réservé les jlEunbes , brats et mains; plus ressoulder dé neuf une lance avec le guidon tournant au bout de ladicte lance , son armet, avec un panacbe, uneespée et des espérons, une croix, un^ pellican , trois doux, ung^ cbapeault (couronne) d'espmes au dessus de la croix, une uultre lance de laultre cousté de la croix et une esponge : plus, ressouldre ung brats au crucifix, et mectre une grande pièce à restoumact,£iire une encoUecture au col, et plusieurs aultres pièces ^u'il convient faire et r^soulr dre ; et encores reparer plusieurs coups de barquebuzes au corps et à la teste du roy, et lui re££ure une couronne qui se mist sur ses armojiys, et généralement de £iire tout ce quy conviendra de faire , et accomoder et asseoir ladicte Pucelle et en pareille façon qu'elle soulloit estre. Pourquoy faire lesdicts maire et esehevins fourniront de cujrre au (et) potin de plomb et aultres macttieres ad ce nécessaires; et quant aulx mouUes, ledict preneur les fera faire à ses cousts et dépens; et ladicte Pucelle et tout le contenu cydessus, y ce lin y preneur rendra reparré , faict et parfaict , assi sur les ponts ou y celle a acxoijstunié d'estre assise, le tout bien duement, comme il appartient, dedans le sixième jour de janvier prochain , moyennant la somme de sVxvingt dix livres tournoys (i3o livres) etc....* : présents Robert Charpentier, et Joseph Cornu , tesmoyns; le IX octobre M. C.C.G.C.G. LXX. (i5yQ).
» £t le XIIIl® dudict moys, ledict Lescot, confesse avoir reçu de Jacqiies Alleauroe, recepveur de la ville d'Ojrleans , la somme de cinquante livres tournoya d'avance sur ses œuvres, dont et quittance es (en) présence de Joseph Moithyron, et JacquesSayntonge, les deulx tesraoyns.(4). »
Tout le pays Orléanais est inonde par le débordement 21 drcem. ni», de la Ijoire , qui causa beaucoup de degàts dans la canipa> gne, ruina plusieurs vignerons et laboureurs, qui furent soulagés par les doua à eux faits par les maire , ëchevins et les plus riches bourgeois (64)*
Les pères Augustins^ qui avaient en la pennînion du i57t duc d'Orléans de se retirer, lors de la dévastation de leur couvent par les protestans, et pendant la reconstruction de leurs oâtimens, dans une maison appelée le Petit»Ambert, ne voulant plus en sortir, malgré un oidre de Charles IX, qui leur avait été dûment sienifié, en sont expulsés par les propriétaires, Gélestins d*Ambert, non sansbeaucoup de querelles et même de voies de fait (8-64).
Mort a Etienne Delosne, habile graveur, né à Orléans
La tour de Saint- Aignan était séparée de Téglise , et trois arcades, détruites par les prot«stans, laissaient le reste de rédifice a jour. Il fut élevé un mur de séjparation près de la porte principale de cette église, ce qui diminua beaucoup la longueur de ce temple , mais aussi le sépara des ruines. Ce mur de séparation existe encore aujourd'hui^ et se trouve à droite en entrant par le portail (8-9).
Mort de Bernard Emery, excellent musicien, né à Orléans (ai).
Jacques Alleaume, bourgeois d'Orléans, qui était receveur des deniers communs de la ville, obtient du roi Charles IX, Tautorisation de faire bâtir, à ses dépens, au côté-est d'Orléans, sur le bord de In Ivoire, entre le ravelin de la porte Bourgogne et la Tour-Neuve, une grosse tour quarrée et élevée à la hauteur des murs de clôture, quelle flanquait, et où étaient pratiquées des canonnières. Cette tour prit le nom de Fori-Alleaunir.
Charles IX ordonne de prélever sur les protestans d'Orléans plusieurs sommes d'argent , pour la construction d'une tour sur la rivière de Loire, destinée à placer des percepteurs, pour faire la visite des bateaux qui descencudent et remontaient le fleuve. La construction de cette tour neut pas lieu ; car, une fois l'argent reçu , on se contenta de faire placer uh poteau sur lequel était attachée une pancarte contenant Imdication des droits de péage ^ de visites, et la désignation des marchandises qui devaient payer et de celles qui étaient franches (4-8-59).
janiitr 1531, CUarlcs IX , par un édit , ordonne aux notaires pro toscans de se défaire de leurs charges. Parmi ceux d'Orléans qui .«taient de cette religion , il y en eut deux qui firent abjuration pour consenrer leurs charges , et six autres (|ui ^rsistèrent dans leur croyance, préférant la destitution
'Silièiricrmi. Ordonnance du prévôt d'Orléans , Germain Rebours j
pour empêcher que les pri^tres de la ville ne soient insultés dans leur» églises pendant la célébration de loffice divin (8'3o).
» Bnicr U7I. Lliiver de 1 570 tut si rude en France , depuis la fin de Tannée de 1670 jusquà ce Jour, 38 février 157 1 , que pendant ces trois mois entiers les rivières furent gelées à un tel point que les voitures passaient sur la glace, et que les arbres fruitiers furent totalement perdus, même en Languedoc et dans la Provence (43).
iii»«r<i57i. Lettres patentes <le Charles iX, qui ordonne que les douze échevins d'Orléans, qui devaient être renouvelés à cette époque, ne le seraient point en masse, mais seulement par moitié , afin que les six anciens pussent mettre les six nouvciiux au fait des affaires de la ville, que ce renouvellement par moitié aurait lieu tous les ans, et que, quant au maire , il resterait deux années en exercice. Celte ordonnance fut lue dans les rues, places et carrefours de la ville (8-64).
UiHiUet 1571. Germain llcbours, prévôt d'Orléans , fait défense à Jérôme Groslot, ancien bailli d Orléans , qui , après avoir été condamné à mort, en i56o, par les inquisiteurs de la foi de cette ville, avait évité son exécution en se cachant, et depuis s'était réfugié à son château de file, de coutinuer d'y tenir assemblée de protestans.
Uwptcn. 1571. Charles IX, par lettres patentes, commande aux maire et échevins de continuer, sur les remparts d'Orléans, la plantation d'ormes que sa mère, Catherine de Médicis, avait fait commencer, de la porte Bourgogne à la tour de la Forêt ( prétendue tour à Pinguet), en passant devant l'église de Saint-Euverte , et leur permet de prend l e en son buisson de Briou , deux mille arbres, avec épines mortes pour leur conservation (4-8-64).
Antoine Perrault d'Orléans est le premier qui établit des coches ou voitures pour faire le voyage de Paris à Orléans et d'Orléaus à Paris : ceUe entreprise fut encouragée
par les maire et édievins et mseiinbleinenr eHe fut très-suiTie, Ce coche meltaitalor» trois jours pleins pour se rendre à Paris; et le voyage n'était pas* sans- danger, parce que la forêt d*Orléans.Tcn»t jusque sur la route ^ et que les guerres de religion occasionnaient lieaueoup dé misère et multipliaient les. voleurs- de grands chemins (4)*
Charles. DL taxe les OrléMiais à une somme de 60,000 icr«ctabr*i)*7L. livres, pour payer leur part et portion de Fentretien, la nourriture et la solde des Suisses et autreS' troupes étrangère» avait fait venir en France.
Charles Despenses, qui avait été envoyé h- Orléans, comme théologien par Charles IX , pour disputer sur tous les points de controverse, contre les théologiens protestans. du parti contraire aiLsien , meurt dans cette ville où il était ciepuis quelque temps (4'9)*
. Charles J]L ordonne de continuer k démorition de toutes les tours des fortifications d^Orléans, et de les raser , ainsi que les murailles de clôture , à hauteur d*appui , en réservant pourtant la citadelle de la porte Bannier et- les tours qui accompagnaient les portes de^la ville*
. Claude Sain , sieur de la Belle-Croix , est élu maire dOtléans,, en remplacement de Jean Brachet, qui avait été le premier nommé à cette place, qu*il occupait depuis deux ans (4-21-64).
Mort de Berault, poète latin,. principal du collège de Montargis, natif d'Orléans
Charles IX ordonne que les sommes.d*ai|;ent payées par juTier vm. les catholiques au prince de Condé, penoant son séjour dans cette ville, seraient remboursées^à ces derniers. par les pro testans de la même- ville (4)«
Marie Touchet donne le jour à un ûls du monarque qui n mu 1571. fut appelé Charles, du nom de son père : cet enlant fut confie par le roi à Madame de Savoye, Marguerite de France, sa tante, puis plus tard à Henri lU, successeur de Charles IX , qui le fit instruire convenablement et le pourvut de la charge de grand-prieur de France , le fit comte d'Auvergne etdcl-auraguais, et après, duc d Angoulême. Il se maria à Charlotte de Montmorency, comtesse d'Alais, fille aînée de Henri duc de Montmorency, connétable de France, de laquelle il eut trois fils (4 4 ^^"^'V^»
Marie Touchet fit ses couches dans le château appelé le Fayet, pays de Graisyndan, en Franclic - Comté ,
appartenant au sieur de Maniquet| nMÎIre-d'hôtel ordinaire du roi, qui lavait fait venir oanft cette résidence (8-64). wdîipéii- '^^^ protestana dOriéans ayant refusé de tendre le devant vi«n. de leurs maisons, pour la procession publique de la Fête- Dieu , les maire et échevins de la ville se hâtent d'ordonner Je placer des tapisseries devant les portes des religionnaires, qui tinrent constamment leurs fenêtres fermées toute la journée (8}.
Extrait des comptes de ville :
<« Payé à Noël Mainet et à ses compagnons | gagera do
la paroisse de Sainct-Piere-Empont ^ xxx sols parisis, pour les frais qu'ils ont faict à tendre et faire tendre, à destendre et à faire destendre devant les maisons de ceulx de la religion prétendue reformée de Xenr dicte paroisse, qu'ils ne vouloient tendre le jour de la Fej^c-Dieu, pour et afin qu il \ï adi>int aulcun scandai ne (ni) esmotion. » t«rMûU872. Jean de Morvllliers, ancien évêque d'Orléans, auquel le roi avait donné les sceaux de France, lorsque Ton congédia le chancelier de L'Hôpital, en i568, s'en décharge, au bout (le qualic années, entre les mains de Birague, pour vivre IrancjuilU ment , et loin des intrigues de la cour où Ton préparait dcjà lc& horribles massacres de la Suint-Bartlielemy.
FIN JDV PR£Al|Ea TOLUIIE.
DES MAI^USGRIÏS ££ AUXEUES COX«iSULX£S FOUA CEI OUYEAGE.
MOMËNCLATURË
||«Tâ. Ia-* ntiméroa du Ubltmi HtiTanl rorre«poii4<iH •'•<<- rrui jtUrt* à l* fin (le« tiuliani M Iroufcul dua l« Mwaat à» Mt «utrage , lUtt d'inUmiMr le* cailroiu où iioito 1m
d Alnanach dei MwmaÎM.
5 Anquelil, Hiitoire deSkiBoe.
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