CAVALERIE. ÉTAT-MAJOR
MM. le baron de Gambray, Boulard-Deslandes.
j'* CONMGHIS.
MM. Désormeaux-Grignon, capitaine; de Brouviiie,
sous-lleutenant; TaMin de QuirftonviUe, iiiaréchalodes* logis; Peret, Marteau, brigadiers ; de Muliuusse-Crignoii, de V«ndebergue*S8iuiv>ite , laoquet fila» Louvel-Miroa.
MM. d Halot, Ciipilaine; cle Lockart, sous-lieutenant; Sanscot, Geffriei -Pully, niarechaux-des-logîs ; Desjardins, Gonand, brigadiersj*Lagravière Sautelet, Pithou, Laiison, Langlois.
MM. Msireau, Bordier, Dëmar. {Annnairê,)
i^* juillet 1816. — La cause la plus grave qu eut à juger la cour pyrévètale lut celle de ia révoUe de Jtfoii*
targis.
Cette révolte avait eu pour cause la disette et la cherté des grains : le blé se vendait 12 f., le seigle 9 f. le doubledëcalitre. Des meuaces de pillage faites par le peuple con»trihuaient à rendre le marché presque tlésert. Le 4 niai, une voiture de farine avait été enlevée du nuigasni (Lun marchand et distribuée sur la place publique; plusieurs maisons avaient été pillées; le tocsin avait été houtié à Montargiset dans quelques eoinnumes voisiues. En vain lautoiite avait voulu tai(li\eiiient s Opposer a ces e^tcès, sa VOIX avait été luéconnui; , ei le peiiL rjonibre de gardes nationaux qui avait répondu a i appel s était vu désarmer : on avait arraché par force un ordre de délivrance pour les détenus. Le 6, ces scènes de désordre s'étaient renou» velées , et le peu de grain apporté sur le n^arché avait été pillé; des hussards venus en iiàte de Chartres avaient été assaillis à coups de pierres et de bâtons dont tous les paysans étaient armés. Cependant la garde nationale s'était réunie, un détachement du régiment suisse de la garde royale, ua autre de la garde départementale étaient arrivés d'Orléans, quarante dts plus mutins aviuent ete ar^ rêtés et iuice avait fini {)ar rester à la loi.
Dès le 7, le procureur du luî el le prévôt claient arrivés et avaient commencé l'instruction. On entendit j)lLis de cent ténioiuii, et quatre-vingts personnes lureul niises en arrestation : vingt-cinq inculpés iureut traduits devant la
eoor prévôuk; ils furent jugeas le i^*^ juillet, après deilk jours d'audience. Dix furent acquittés; un «n&nt de qiia« tone ans y Etienne Chëry, déclarë avoir agi sans discer* nement^ful rendu à ses parens; cinq, dont une femme, furenl condamnés à mort; deux aux travaux forcés pendant vingt ans , et cinq à la même peine pendant cinq ans; deux au bannissement pendant cinq ans.
Les condamnés à mort, dont un avait dix-neuf ans, furent exécutés le jour tnême, huit heures après l'arrêt rendu. La cour, en arrivant à Montai gis , s'était fait précéder de l'instrument du supplice, et on le dressa sur la place publique , en présence des condamnés aux travaux forcés, dont l'exposition eut lieu e^aUnunt le jour même de l'arrêt. î.a femme Prieur, ! une des condamnés à mort, se déclara enceinte, suivant le conseil de M. Collignon, cure de Montargis, et ëclia{)[)a ainsi au supplice.
Ce joui l ut pour Montargis une journée de deuil et de stupeur : les boutiques restèrent fermées, les troupes seules parcouraient les rues.
Plusieurs notables habitans de Montargis, et entr'autres M. Liger, maire de cette ville, sollicitèrent avec instance le procureui du roi de surseoir pendant vingt-quatre heures à l'exécution des condanuies à mort, lui donnant l'assurance qu'avant ce temps ils seraient de retour de Paris, rapportant une commutation de peine; des juges mêmes de la cour se joignirent à eux : ce fut en vain , et l'arrêt dut être exécuté selon toute la rigueur de la loi. On dit même que l'un des magistrats prononça à cette occasion les paroles suivantes :« iNous avons lancé plus de six cents mandats d'arrêt, quatre-vingts personnes sont en arrestation et quarante sur les bancs des accusés : ce n'est pas assez, la moitié des têtes de l'arrondissement devraient rouler sui l échafaud » (Un témoin oculaire.)
Le duc et la duchesse d'Angoulême passant par Montargis au mois d août suivant, reçurent des pétitions en faveur des condamnés, et, sur leur intercession, le roi fit grâce complète à tous ces malheureux : la femme Prieur elle-même fut plus tard graciée.