‹ Recherches historiques sur le Collége des Quatre-Nations: d'apres des documents entierement inedits (volume 2)Chapitre 10 sur 64 · Les lettres patentes de la fondation sont du 15 mai · texte numérisé non relu

Les lettres patentes de la fondation sont du 15 mai

3. Registre des délibérations du conseil de la fondation du collège Mazarini, Archives de l'Empire, MM, 462, p. 23. '

3. Antoine Vàllot fut nommé médecin du roi en 1652, à la mort de Vautier; s'il faut en croire Guy Patin, il avait dû acheter cette charge 30^000 livres qui furent payées à Mazarin. Vallot était directeur du jardin des Plantes , il j introduisit de grandes améliorations, et ce fut là qu'il mourut en 1671.

4. Voyez encore G. Patin : « J'ai été aujourd'hui au pays latin, qui est l'Université. » Lettre du 24 mai 1650, à Spon, t. II, p. 15.

cielies de la capitale. Jusqu'à la Révolution^ elle est^ sur les actes publics comme sur les plans ^ partagée en quatre sections : la Cité^ la Ville^ rUniyersité et les Faubourgs*. Chacune de ces sections ayait ses limites très-nettement déterminées; celles de l'Université avaient même élé, sous Philippe Auguste^ entourées de murailles. Au nord^ elle était bornée par la Seine^ depuis la porte Saint- Bernard jusqu'au domaine de Nesle; à l'est par les portes Saint- Victor, Saint-Marcel, Saint- Jacques et Saint-Michel ; enfin, à Touest, par les portes Saint* Germain , de Buci et de Nesle *. Le collège des

1. Cette division n'était pas purement arbitraire, elle était tout indiquée par le cours de la Seine. Palma Cayet écrivait, quelques années seulement avant l'époque qui nous occupe : « Paris est divisé comme en trois villes par la rivière de Seine qui passe au milieu. La partie qui est à la main dextre dans l'Isle de France se nomme la Ville, et de ce costé est Sainot-Denis et le bois de Vincennes. L'autre partie, qui est à gauche de ladicte rivière, est nommée l'Université; et la troisiesme partie, qui est une isle entre la Ville et l'Université, dans laquelle sont les deux magnifiques bastiments de la grande église Nostre- Dame et du Palais Royal, où se tient la Cour de Parlement, siège des Pairs de France, se nomme la Cité. » Chronologie novénaire, livre II.

2. La porte Saint-Bernard était placée à l'extrémité du quai de la Tournelle, et avait pris son nom de la proximité du collège des Bernardins. Henri IV la fît rebâtir en 1606, elle fut démolie en 1670, et reconstruite en 1674 sur les dessins de Blondel. — La porte Saint-Victor était située rue Saint-Victor, entre les rues des Fossés-Saint-Victor et des Fossés-Saint-Rernard. Élevée vers l'an 1200, pour compléter le système de clôture ordonnée par Philippe Auguste, elle fut réédifiée en 1570, et abattue en 1684. —

Quatre-Nations devant être agrégé à l'Université, ne pouvait être bâti hors de ces limites ; le choix des exécuteurs testamentaires se trouva donc considérablement restreint.

On songea alors à acheter un pâté de maisons qui se trouvait entre la rue de Sorbonne et la rue des Maçons, puis enfin, à commencer les constructions sur une petite place située entre le collège de Lisieux ' et Sainte-Geneviève ; l'espace

La porte Saint-Marcel avait aussi fait partie de Tenceinte de Philippe Auguste, et datait également de l'an 120(/. Elle s'appela d'abord porte Bordelle^ du nom de la rue à Textrémité de laquelle elle était placée. Elle touchait au bourg Saint-Marcel, situé alors hors de Paris. Elle fut démolie en 1683. — La porte Saint-Germain s'élevait rue de l'École-de-Médecine, entre la rue du Paon et la cour du Commerce, à l'endroit précis où se trouve aujourd'hui une fontaine. Dans l'origine, elle s'appelait porte des Cordèles (des Cordeliers) ou des Frères-Mineurs, parce qu'elle était près du couvent de ces religieux; elle garda ce nom jusqu'en 1350, et fut abattue en 1673. — La porte de Buci fermait la rue Saint- André-des-Arts, à la hauteur de la rue Contrescarpe. En 1209, avant même qu'elle fût achevée, Philippe Auguste la vendit aux religieux de l'abbaye de Saint-Germain, et elle s'appela porte Saint-Germain. Elle doit son autre nom à Simon de Buci, premier président au parlement de Paris, à qui les religieux de Saint- Germain la cédèrent. Elle fut détruite en 1672. — La porte de Nesle était située sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui la première cour du palais de l'Institut. Bâtie en 1200, elle s'appela primitivement porte Philippe-Hamelin. Elle était contiguë à la tour. — Nous ne pouvons ici qu'indiquer la situation de chacune de ces portes ; pour les détails, voyez dans Dubreuil^ Théâtre des Antiqvitez de Paris, p. 768, le chapitre intitulé : Des Portes de VVniuersitét tant anciennes quê modernes. ^ 1. Le collège de Lisieux était situé rue Saint-Jearl-de-

libre n*était que de deux arpents^ mais on pouvait^ pour établir les courS; exproprier quelques vieilles maisons de la rue de TEstrapade.

Golbert laissait discuter tous ces projets^ mais sans perdre le sien de Tiie. Au mois de décembre 1661; il fit consulter l'architecte du roi^ Levau^ qui construisait alors la partie du Louvre élevée sur les jardins de l'Infante. Levau proposa de a bastir le Ck)llége proche la porte de Nesle^ vis-àvis le Louure, au quel lieu on pourroit faire une Illace publique , qui serviroit d'ornement à l'aspect du Louure ^ »

De ^erre lasse^ les exécuteurs testamentaires allaient céder lorsqu'on leur remit une protestation du prévôt des marchands, a 11 est à craindre^ disait-il; que ceste aduance de la demy lune^ venant à etrecir le canal de la Riuiere en cest endroit; uis-à-uis duquel la pluspart des batteaux sont à l'encrC; ne porte preiudice à la navigation et au commerce; et que dans les grands desbordemenS; lorsque les glaces viennent à rompre en hyuer; que les batteaux n'en soient endommagés, que le Louure mesme n'en reçoive des incommodités. Et que cela estoit d'assez grande importance

Beauvais. Il touchait au collège des Cholets, dont rentrée était rue Saint-Jacques et la face droite rue Saint- Étienne-des-Grés .

1. Registre des délibérations du conseil de la fondation du collège Mazarini, Archives de l'Empire, MM, 462, p. 38.

au public pour se donner le temps d'examiner ces inconvénients*. »

Tout se trouva dès lors remis en question. Il y avait un an et demi que l'on discutait^ et l'on n'était pas plus avancé que le premier jour. Les exécuteurs testamentaires commençaient à être fort embarrassés^ quand en juin 1662^ le duc de Mazarin proposa d'établir le Collège dans les bâtiments du Luxembourg^ alors palais d'Orléans ; il allait être mis en vente, et on pouvait l'avoir pour onze à douze cent mille francs*. Cette nouvelle' fut accueillie avec enthousiasme, et le projet aussitôt soumis au roi.

Mais, dans l'intervalle, Levau avait dressé un plan qui représentait le Collège construit sur les terrains de Nesle ; la chapelle s'élevait au milieu

1. Registre des délibérations du conseil de la fondation du collège Mazarini, Archives de TEmpire. MM, 462, p. 54. Une autre protestation, conçue d'après les mêmes idées, se trouve à la bibliothèque de l'Institut, cartons de Godefroy, portefeuille n" 190. Elle a été publiée par M. de Laborde dans la Revue de V Architecture ^ année 1847, p. 4 et suiv.

2. Dans une transaction qui eut lieu le 26 mai 1646 entre Louis XIV et Gaston, le Luxembourg, dix-huit arpents de terre sis au Mont-Parnasse, et quelques autres domaines qui avaient été constitués en dot à Marie de Médicis, furent estimés 1,800,000 livres. Plus tard, le Luxembourg fut cédé, moyennant 500,000 livres, à Anne- Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier ; c'était en réalité l'estimer un million, caria duchesse était déjà, en vertu de ses droits personnels, propriétaire de la moitié du fonds.

d'une Taste place demi-circulaire, et le portail se trouvait faire face à celui du Louvre. Cette dernière considération avait paru toucher beaucoup Louis XIV ; aussi^ quand on lui parla du Luxembourg, éleva-t-il d'abord quelques objections fondées sur la dépense qu'entraînerait l'appropriation des bâtiments. Il déclara ensuite que ce palais étant MAISON royale S un collège ne pouvait y être établi, et finit par ordonner l'adoption du projet de Ck)lbert et des plans de Levau.

L'hôtel de Nesie faisait partie de l'enceinte de PliiUppe Auguste ; et, dans l'origine, il couvrait tout le terrain aujourd'hui circonscrit par le quai Conti, la rue Hazarine et la rue Guénégaud. Peu d'endroits dans Paris ont eu une histoire plus fertile en événements.

En i308, Amaury de Nesle le vendit à Philippe le Bel moyennant c( cinq mille bons petits parisis '. » Devenu la propriété de Philippe le Long, il passa à Jeanne de Bourgogne, sa femme^ et c'est à elle que la tradition attribue les crimes qui ont rendu fameuse la tour de Nesle. On raconte qu'elle appelait les jeunes gens qui passaient sous ses

1. Le palnis du Luxembourg avait été bâti par Marie de Médicis. Le 2 avril 1602, elle acheta pour 90,000 livres l'emplacement et les constructions légères qui le couvraient. Les travaux commencèrent en 1615 et furent achevés en Ifi'^O. Marie de Médicis légua ce palais à Gaston de France, son second fils.

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